Triste symbole d’une fin d’année qui s’achève sur la pendaison de Hussein.
Cet homme fut un grand criminel envers son peuple et les peuples voisins et il fallait que justice soit rendue. Il a été pendu, mais justice n’a pas été rendue.
La justice ne se limite pas aux apparences d’un tribunal réunissant juges et avocats, accusés et témoins. Elle se nourrit d’un droit reconnu légitimement, en l’occurrence par le peuple irakien mais également pas la communauté internationale, puisque les crimes ont été commis par un président en exercice. A qui peut-on faire croire que le droit irakien tel qu’il a été dit par ce tribunal est légitime et indépendant ? A qui peut-on faire croire qu’un tribunal encadré par une armée étrangère est plus légitime que le Tribunal Pénal International ?
Ce procès manqué semble de plus accumuler les bévues. En pendant le dictateur irakien à la veille de la fête musulmane du sacrifice, on transforme symboliquement un bourreau en victime. En condamnant à mort un homme, on abaisse l’idéal de justice à une simple vengeance, qui plus est d’un président impérialiste symbole d’une culture occidentale honnie. Cette pendaison humilie l’orient autant que l’occident et elle renforce les antagonismes.
Et tout cela pour quoi ?
Toutes mes excuses pour la rareté de mes posts en ce moment, mais ce contre-temps est dû aux mauvaises relations entre Free et France Télécom : ma ligne ADSL est en rade depuis début novembre et bien que le diagnostic soit clair (qualité de connexion très dégradée et boîtier FT qui pendouille sur la façade), l’opérateur historique ne se trouve aucune obligation d’un quelconque service à rendre…
En tout cas, j’espère que nous aurons tous collectivement assez d’énergie pour améliorer notre société en 2007. Il y a temps à faire !
Avez-vous regardé Clochemerle à la télé il y a quelques semaines? Si ce n’est pas le cas, c’était l’histoire politique d’un petit patelin juste après la guerre de 14. Sur fond de lutte droite / gauche, le maire (de gauche) décide d’installer une pissotière sur la place du village, juste en face de l’église et sous les fenêtres de la bigote du coin. Il en fait le symbole hygiéniste du progrès et de fil emberlificoté en aiguille tordue, la vespasienne devient le symbole national du réformisme social contre le conservatisme calotin. L’hypertrophie médiatique s’achèvera dans une émeute entre les villageois clochermerlins et des trouffions désœuvrés en mal d’aventures (galantes principalement), faisant deux victimes : l’idiot du village tué d’une balle en plein cœur et le ministre de l’intérieur sacrifié sur l’autel de la paie sociale.
La morale de l’histoire ? Grande autant que désabusée, elle arrive dans le dernier dialogue où le maire (devenu député grâce à la publicité faite autour d’une oeuvre aussi triviale que populaire) avoue à la fois son cynisme politique et son amour de l’humanité, plus encore pour les faiblesses que la grandeur. Le peuple n’aime pas la grandeur, les grands hommes lui sont un affront, et il choisit chaque fois qu’il le peut, la pissotière au panthéon, le médiocre qu’il peut moquer à la lumière qu’il craint d’admirer ou qui lui renvoie sa part d’ombre et de faiblesse.
La France n’a été conduite par des hommes exceptionnels qu’en période d’exception. Profitons-en, le temps des pissotières pourrait bien s’achever avec notre obstination à ne pas comprendre où est le bien social et le changement…