Le Yes We Kahn de la semaine pour la Corse


Une déclinaison corse pour tous ceux qui attendent la déclaration de candidature de Dominique Strauss-Kahn.

Plaidoyer pour un nouvel urbanisme


Depuis longtemps j’utilise régulièrement une petite loi universelle personnelle qui dit que lorsque l’on a un problème qui semble impossible à résoudre, il faut essayer de trouver un autre problème à résoudre et chercher une solution pour les deux en même temps (je suis preneur d’une référence si quelqu’un a déjà découvert cette vérité profonde avant moi…).

Et bien cela tombe bien en ce moment puisque le futur président de la République française aura à résoudre une équation impossible qui inclut la relance de l’économie, le sauvetage des finances, la bascule énergétique (d’abord pétrole ensuite nucléaire), le changement climatique (pas sûr que nous en restions longtemps à la douce langueur d’un printemps hors norme) et bien sûr nos rééquilibrages démographiques.

Donc, côté problèmes impossibles nous sommes servis.

En plus de ma petite loi universelle personnelle, j’avais co-écrit il y a déjà bien longtemps un texte intitulé « Le O.U.I. de la Social-Démocratie française : Outils – Utopies – Idéologie« . L’idée de ce texte un peu méthodologique était d’avoir un énoncé politique qui permette à la fois de dire où l’on va (l’utopie) et comment on y a (les outils).

Et bien je crois que pour résoudre nos problèmes insolubles, il existe un outil puissant, outil que Dominique Strauss-Kahn avait mis à son programme lors des primaires de 2006 (mais beaucoup trop timidement à mon sens). Cet outil c’est l’urbanisme, ou plutôt la création ex-nihilo d’un nouvel urbanisme capable à la fois de prendre en compte les impératifs de basculement énergétique (nouveaux modes de consommations énergétique, mais aussi nouveaux modes de production), capable de prévenir les effets catastrophiques du changement climatique (souvenez-vous de Xynthia), capable aussi de retisser les liens sociétaux si distendus, capable enfin de relancer de façon coordonnée l’économie (de façon rentable dans le temps qui plus est !). J’avais décrit plus précisément l’intérêt de cette approche dans le texte « Des villages pour le XXIème siècle : Reconstruire une France solidaire répondant aux défits« , mais que ce soit à travers la construction de villages ou simplement de nouveaux quartiers, l’outil me semble extraordinairement puissant et bel et bien en mesure de résoudre les plus graves de nos problèmes.

C’est de plus un outil simple à comprendre, un outil qui s’ancre dans l’histoire de nos sociétés (connaissez-vous les quartiers castor ou des gens comme Robert Owen ?), c’est un moyen fantastique pour associer les citoyens à la mise en œuvre d’un changement politique majeur, c’est un moyen de gérer au mieux le risque futur lié aux changements climatiques et c’est un moyen fantastique de construire les infrastructures de la société du XXIème siècle.

Nous tenons-là à mon sens l’outil de la construction d’un destin commun et solidaire, l’outil d’un État qui intervient quand il faut où il faut, qui donne le cap et l’impulsion, qui permet aux citoyens de participer activement et librement à la construction de cet avenir. Voilà un outil que les sociaux-démocrates ont dans leur besace : il est temps de l’offrir à tous les Français !

Le socle du programme socialiste


Depuis des mois, deux visions s’affrontaient au sein du PS pour le déroulement de l’avant-campagne des primaires.

La première, s’appuyant sur le fonctionnement de la Vème République, avançait qu’il était nécessaire de désigner un chef rapidement, et que sous la direction de ce chef, le parti devait mettre au point un programme.La seconde, largement défendue par les sociaux-démocrates, défendait au contraire l’idée qu’il fallait d’abord améliorer le fonctionnement du parti, puis travailler sur des propositions pour enfin trouver un chef qui pourrait reprendre ce texte, l’incarner, le développer avec ses qualités et sa vision.

Les tenants de la première solution sont partis très tôt (en décembre) ou un peu plus récemment, mais avant que le socle du programme PS soit connu. Force est de constater que ceux qui sont partis en décembre n’ont pas percé et ne pèsent pas sur le débat, quant à Hollande parti en dernier pour ce premier groupe, un peu plus d’une semaine après le souffle commence déjà à manquer.
La ligne défendue par les sociaux-démocrates semblait donc être la bonne. Mieux que cela, un récent sondage montre que les Français ont accueilli très favorablement ce socle de programme : ils l’approuvent à 70% ce qui tient carrément du plébiscite !

Voilà donc un motif de satisfaction qui nous conforte dans notre vision de cette future présidentielle.

Mais revenons rapidement sur les points de ce programme.

D’abord, j’ai lu les commentaires UMP avec un certain amusement. Ils ont essayé de jouer sur tous les clichés sans se rendre compte à quel point certains arguments tenaient du comique vu la situation. Essayer de faire croire que les socialistes ne savent pas gérer le pays tient de la farce tant la comparaison avec la période 1997-2002 (et surtout 1997-99) avec la période UMP depuis 2002 tient de la gifle cinglante.

Sur le contenu lui-même de ce programme, je dois avouer mon ravissement lorsque j’ai lu le premier chapitre et le tire du premier paragraphe « Le changement climatique, l’explosion démographique et la fièvre énergétique mettent en jeu l’avenir de la planète » : voilà qui nous renvoie directement à 3 des 4 thématiques que j’avais abordées il y a quelques mois dans le texte du dormeur,  texte qui lui-même était l’évolution d’un texte de… 2006. Voilà qui montre au moins que le PS est bien une communauté d’idées et que le débat n’est pas un vain mot. Il ne manque donc à ces 3 thématiques (climat, énergie, démographie) que le 4ème sur la dématérialisation, bouleversement sans doute encore trop récent pour être clairement compris. J’espère pouvoir à l’avenir apporter ma petite pierre à l’édifice sur ce sujet plus que perturbant pour nos identités. Mais revenons aux temps présents.

J’ai déjà donné ces derniers jours, indirectement, mon avis sur le point 26 du programme qui concerne l’évolution de la définition du mariage aux yeux de la République. La notion de mariage sous toutes ses formes (mariage républicain, pacs, …) doit évoluer dans le sens d’une reconnaissance moins discriminatoire de la cellule familiale et, point qui m’est sans doute plus personnel, centré autour d’un couple ayant un projet d’enfants. C’est cela qui aux yeux de la République justifie que l’on s’oblige à légiférer sur cette sphère privée. Quelle que soit la nature du couple, quelle que soit la nature du projet d’enfants, si les deux sont réunis alors l’État doit protéger ce couple et ce projet dans un intérêt mutuel et bien compris.

Quoi d’autres ? Je ne m’appesantirai pas sur les évolutions fiscales, domaine très technique mais elles sont à l’évidence plus que nécessaires. Je me contenterai juste, par prudence, de suggérer une manière de faire pour éviter le travail de sape des lobbyistes. Dès le premier mois de la législature, faisons passer une loi qui annule dans leur intégralité l’ensemble des niches fiscales à la date du 30 septembre 2013 : il restera alors un peu plus d’un an pour rebâtir le système fiscal et au lieu de devoir résister à ceux qui veulent empêcher le changement, nous pourrons travailler avec eux sereinement sur des lois qui quoi qu’il arrive seront forcément nouvelles… Et oui au point 8, utilisons des mécanismes de TVA modulables pour orienter la consommation dans le sens voulu (et revoyons cette modulation chaque année pour éviter le problème de l’éco-taxe des voitures qui n’est pas budgétairement neutre).

Point 4 sur les emplois aidés. Très bien mais là aussi soyons malins. Certaines de nos administrations sont obsolètes dans leur fonctionnement autant que dans leurs objectifs de services publics. Servons-nous de ces emplois jeunes pour construire les nouveaux services administratifs de zéro, nouveaux services qui remplaceront au fur et à mesure du temps d’autres devenus sans objet.

Oui au point 10 sur une sortie raisonnée du nucléaire. A nouveau je vous renvoie à un texte de 2006 qui décrivait un mécanisme lent mais réaliste. Si l’on doit construire de nouvelles centrales nucléaires, arrêtons-en plus qu’on n’en construit.

Ravissement à nouveau lorsque je vois repris l’idée de l’encadrement de l’écart des rémunérations (j’ai bien écrit rémunération et pas salaire !). L’idée est très ancienne (certains l’attribuent à  Henri Ford) mais nous l’avons débattue il y a déjà pas mal de temps. Voilà une mesure qui n’empêche en rien de donner les rémunérations que l’on veut au sein d’une entreprise mais qui évite les dérives qui tiennent parfois plus du détournement de fond ou d’abus de bien sociaux qu’autre chose. J’affirme haut et fort que personne au sein d’une même entreprise en vaut 10000 fois plus que le salarié en CDI le moins rémunéré ! L’écart est sans doute négociable, mais quoi qu’il en soit, il doit être débattu au sein des entreprises !

Le point 12 sur les loyers ne me semble pas être la bonne approche. Oui, les loyers (parisiens surtout) sont à un niveau qui ne correspond pas aux possibilités des foyers. Mais le problème est d’abord un problème de pénurie. Il faut déployer une politique plus qu’ambitieuse de reconstruction, et coupler cette politique avec la résolution des problèmes écologiques et sociaux. Il faut créer ex-nihilo des quartiers, des villages, des petites villes, en associant à la constructions les futurs habitants et les futurs acteurs économiques pour ne pas refaire les erreurs des méga-projets de villes nouvelles. C’est là aussi l’objet d’une déjà vieille réflexion.

Point 16 sur les retraites : pour moi c’est un point foireux car on laisse croire aux Français que l’on discute d’une retraite pleine et entière, ce qui n’est pas le cas. Par ailleurs, c’est le système lui-même qui doit être repensé. Je plaide pour un âge de retraite pleine et entière fixé par rapport à l’espérance de vie en bonne santé (un peu plus de 63 ans actuellement). Si quelqu’un veut et peut partir avant, tant mieux, qu’on l’y autorise avec la décote avenante (et mettons-la à 50 ans si on le veut). Mais soyons honnêtes et clairs sur le sujet.

Le chapitre sur l’égalité réelle défendue depuis très longtemps par les sociaux-démocrates est important, mais il appartiendra au futur candidat du PS de prendre à bras le corps ce difficile chantier. Il faudra innover et dépasser le possible pour que cela dépasse les déclarations d’intentions et les approches habituelles qui n’ont pas réussi à résoudre les problèmes de déclassement sociaux.

En conclusion, je trouve que ce socle de programme est une bonne chose et que sa publication renforce l’approche du PS pour la future présidentielle et invalide la position caricaturale de la droite en pleine déconfiture organisationnelle et idéologique. Nous devons continuer sereinement sur cette voie et choisir d’ici quelques mois le candidat qui nous représentera. Le candidat pressenti pour les sociaux-démocrate reste Dominique Strauss-Kahn, mais qu’il ne précipite pas son entrée dans la campagne. Qu’il finisse son travail gigantesque au FMI, en attendant nous continuerons notre travail de militant, travail que manifestement, anonymes ou élus, nous n’avons pas trop mal mené.

L’UMP et la démocratie 0.0

L’UMP prend décidément l’eau de toute part et ne sachant plus comment stopper l’hémorragie, le ministère des finances en est réduit à essayer de bloquer l’information venant du site dskvraifaux (information révélée par La Tribune) !

N’ont-ils donc rien appris nos gouvernants après les révolutions Tunisiennes, Égyptiennes, la révolution Libyenne en cours, sans oublier le reste du moyen orient ? Ne savent-ils donc pas qu’à l’heure d’internet, on n’arrête plus la vérité d’un décret autoritaire ?

La vérité passera, elle triomphera du mensonge et de la censure, comme nous triompherons en 2012 de ce gouvernement Sarkozy-Fillon-Juppé-Guaino qui a tant abimé la France !

Combattons le mensonge sur internet en attendant de pouvoir le combattre dans les urnes en rejoignant le cercle des amis de DSK sur facebook.

En 2006 le courant social-démocrate était en avance d’une élection sur la vieille idéologie PS, il l’est toujours

Martine Aubry s’est déclarée ouverte à l’idée d’une politique qui tracerait une voie de sortie du nucléaire. Grande nouveauté au PS ? Retournement spectaculaire ? En fait non. Si en 2006, François Hollande alors 1er secrétaire avait bien voulu ouvrir les portes et fenêtres des idées, sans doute ce débat aurait-il eu lieu à l’époque sous l’impulsion des sociaux démocrates.

Voici quelques textes publiés à l’époque.

DANS LE LIVRE « 365 JOURS » (éditions Grasset & Fasquelle, 2006)

PAGES 218-219 (propositions lors des vœux à la presse en janvier 2006)

Axe n° 3 : Le développement durable

« Proposition 8 : Réussir le pari du postnucléaire.

Nous assistons actuellement à un accroissement de la dépendance énergétique. On l’a vu récemment avec la crise du gaz entre la Russie et l’Ukraine ou l’augmentation du prix du pétrole. Nous connaissons les difficultés du nucléaire dans un pays comme le nôtre. Pour y répondre, il faut consacrer un effort de recherche massif aux questions de l’énergie propre. La France a fait dans les années 1950 le pari du nucléaire et elle l’a réussi. Elle doit aujourd’hui faire le pari du postnucléaire et le réussir. »

PAGES 270-272 Mardi 13 septembre

« En Haute-Marne et dans la Meuse, référendum local sur la question des déchets nucléaires. Situé aux confins de la Haute-Marne et de la Meuse, le site de Bure doit accueillir un centre d’enfouissement des déchets nucléaires.

La presse nous apprend aujourd’hui que les riverains demandent un référendum local à ce sujet. Nous sommes là au croisement de plusieurs sujets de société très actuels, au premier rang desquels la demande croissante de « participation ». Avec l’élévation du niveau d’éducation et d’information et les possibilités de débat offertes par l’Internet, les citoyens se forgent de plus en plus leur propre avis sur les sujets qui les préoccupent ou qui touchent leur cadre de vie. Ils veulent prendre une part directe aux décisions. Notre système démocratique ne peut manifestement plus fonctionner sur le seul principe de la délégation.

La pratique du référendum local n’est pas forcément la bonne manière de répondre à cette attente légitime, car la question est trop souvent biaisée. Dans l’exemple de Bure, il me paraît clair que personne – même parmi ceux qui approuvent globalement le choix nucléaire de la France – ne dira qu’il veut accueillir des déchets radioactifs près de chez lui, si on lui pose la question sous cette forme ! Le conflit national entre intérêt individuel et intérêt général ne peut néanmoins plus être tranché par les seuls élus. Les Français ne l’entendent plus ainsi : nous devons introduire de nouveaux instruments de consultation pour permettre la nécessaire « appropriation citoyenne » des grands sujets de société.

Le nucléaire fait typiquement partie de ces domaines où les choix semblent parfois imposés par des instances scientifiques et industrielles situées hors d’un contrôle démocratique visible par les citoyens. En ce qui concerne par exemple les déchets radioactifs le Parlement a voté en 1991 une loi – la « loi Bataille », du nom d’un de mes collègues socialistes qui en était le rapporteur. Cette loi prévoyait une longue phase d’étude permettant à la fois d’analyser les conséquences de leur enfouissement en couches profondes et d’explorer d’autres techniques de traitement des déchets. Il n’est pas sûr que ce protocole ait été parfaitement respecté. Le Parlement doit en principe se prononcer l’an prochain : il faut s’attendre à un joli débat.

L’autre question soulevée par cette affaire est bien évidemment celle de notre politique énergétique. Je suis convaincu que le choix du nucléaire a été bénéfique pour la France. Il a permis de réduire notre dépendance énergétique. Il serait parfaitement absurde de le remettre en cause du jour au lendemain. Mais je suis conscient de ce que le nucléaire ne résout pas à long terme le problème de l’accès aux ressources. Et, surtout, qu’il pose le problème épineux des déchets. Le projet Iter, qui démarre à Cadarache, permettra d’expérimenter l’utilisation d’un composé plus abondant et beaucoup moins nocif : l’hydrogène.

Mais je crois que nous devrons concentrer nos efforts des prochaines décennies sur l’ensemble des énergies propres et renouvelables. La France a réussi dans le domaine du nucléaire dès les années 1950. Elle devra réussir de la même manière dans les énergies nouvelles. Or nous sommes très en retard dans ce domaine. Je ne prendrai qu’un exemple : celui des piles à combustible qui, demain, alimenteront les moteurs électriques de nos voitures et de nos camions. C’est un enjeu décisif puisque les transports terrestres sont une des principales sources de pollution.

Que constate-t-on ? Que Toyota a pris une avance considérable avec ses voitures hybrides. Que les autres constructeurs japonais suivent. Que Peugeot continue à produire des voitures diesel. Que Renault a renvoyé le problème à Nissan ! C’est là que la détermination publique fait défaut. En France, dans ces domaines, il faut une incitation de l’Etat. »

PAGES 274-275 Vendredi 7 octobre

« Je participe à Dunkerque à un colloque sur la politique industrielle organisé en commun par Dominique Voynet et Michel Delebarre. Je veux convaincre, notamment les Verts, que l’on peut mener une politique industrielle respectueuse de l’environnement. Je veux aussi saisir l’occasion de montrer que je ne suis pas, comme certains l’imaginent parfois, un affreux « nucléocrate ».

Je ne suis évidemment pas devenu un croisé de l’antinucléaire. Je persiste à penser que la France a fait un bon choix dans les années 1950 et qu’elle continue d’en percevoir les dividendes. Je suis aussi convaincu que l’électricité d’origine nucléaire nous sera nécessaire longtemps encore. Pour beaucoup de militants Verts, cela suffirait à justifier mon excommunication. Je crois pourtant avec la même force que nous devons tout faire pour raccourcir la période pendant laquelle les réacteurs nucléaires que nous possédons nous seront encore indispensables en investissant massivement dans la recherche et le développement des énergies propres comme dans les économies d’énergie.

Dominique Voynet sait tout cela. Et c’est même pour cela qu’elle m’a invité à venir aujourd’hui. […] »

DANS UNE INTERVIEW A LIBERATION (2006)

« Le monopole privé est la pire des situations », itw au journal Libération du 7 septembre 2006 sur le projet de fusion GDF-Suez.

http://www.liberation.fr/evenement/010159722-le-monopole-prive-est-la-pire-des-situations

Et le nucléaire ?

« Il n’y a aucune raison pour que le sujet soit tabou. Nous avons un avantage en matière nucléaire que nous avons intérêt à maintenir. Sur ce sujet, je ne suis pas pour la politique de l’autruche, consistant à jouer à cache-cache avec les Verts. Il faut aller beaucoup plus loin dans la transparence, notamment sur la question lancinante des déchets et de la sécurité. »

Pourquoi la politique énergétique ne constitue-t-elle pas un sujet majeur du projet socialiste ?

« Je veux présenter aux socialistes d’abord, au pays ensuite, les grands problèmes que le président sera amené à traiter. Il y a des problèmes malheureusement traditionnels : l’emploi, le pouvoir d’achat, la solidarité. Mais il y a aussi de grands problèmes internationaux, parmi lesquels, les questions liées à l’après pétrole : l’épuisement de la ressource, son prix, ses conséquences environnementales, ainsi que ses conséquences géopolitiques notamment l’instabilité que crée la dépendance en hydrocarbures, et aussi le débat sur le nucléaire et les énergies renouvelables. La préparation de l’après pétrole me parait absolument décisive. Et cela relève du président de la République. »

Enfin, plus modestement vous trouverez d’autres références et un texte sur la place de l’écologie dans le renouveau social-démocrate créé écrit après notre échec de 2006.
En 2006, nous aurions pu être prêts, nous avions ce qu’il fallait pour gagner 2007. Souvenons-nous en pour préparer les mois qui viennent et l’élection de 2007.

DSK : Combattre la rumeur, faire triompher la vérité

Le site http://www.dskvraifaux.fr/destiné à mettre les points sur les i et faire taire toutes les rumeurs et les calomnies sur Dominique Strauss-Kahn vient d’ouvrir.

A consommer et faire consommer sans modération.

 

LePen : la seule réussite de Sarkozy et de l’UMP

Après avoir amené la France dans le trou économique, social, géopolitique et philosophique, l’UMP, Sarkozy en tête, s’apprête à écrire le chapitre final de son oeuvre de destruction : comment permettre à l’extrême droite d’achever la France ?
Le dernier sondage LH2/Le Parisien donne Marine LePen en tête du premier tour contre Nicolas Sarkozy et Martine Aubry. Cela appelle quand même quelques analyses et objections.

L’analyse à droite, c’est que Sarkozy ayant depuis des années fait le lit de l’extrême droite avec des thèses sécuritaires aussi fantasmées que vouées à l’échec, l’échec étant avéré il ne reste plus au FN qu’à occuper le lit amoureusement préparé. Alors oui, il est logique d’envisager une éviction de la droite UMP dès le 1er tour, en avril 2012, cela ne tient qu’à un fil !

L’analyse à gauche, c’est que même si nous avons progressé, nous l’avons surtout fait sur notre fonctionnement et pas sur notre idéologie, sur nos idées, sur notre futur programme. Pire que cela, un noyau s’accroche coûte que coûte au marxiste (sans pour autant en afficher clairement la couleur) et flingue à tout va tout ceux qui font la promotion à la fois d’une gauche sociale et d’un marché certes libre, mais surtout régulé dès que des limites sont franchies. Le libéralisme échevelé, comme le marxisme, ont échoué : qu’on nous laisse défendre, mettre en place et développer la seule idéologie socio-économique qui tienne encore la route, même si nous savons qu’il faut en réformer les bases historiques !
Il est tout à fait pitoyable de subir continuellement des attaques de son camp alors que la droite est dans une situation d’échec absolu et est sur le point d’être supplantée par l’extrême droite. C’est gonflant autant que stupide, et cela pourra bien finir par être criminel !

Ce fichu sondage a omis (et ce n’est pas un hasard) de tester l’hypothèse DSK au 1er tour. J’ai peu de doute sur le fait que dans ce cas, LePen ne serait pas arrivée en tête. Or cette candidature est justement la candidature d’une gauche qui se veut réaliste et efficace du point de vue social autant qu’économique. Cette voie n’a que très partiellement été prise lors du mandat de Lionel Jospin, pourtant le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a été profitable à tous, j’ai bien écrit tous, pas les gens X contre les gens Y, mais tous les Français.

Il faut être aveugle ou suicidaire pour continuer à combattre l’espoir porté par les sociaux-démocrates lorsque l’on se dit d’une gauche de gouvernement.

Je dis à ceux à droite qui continuent à jouer le petit jeu de la peur, comme à ceux à gauche qui continuent à jouer celui du suicide, vous avez le droit de tout faire pour favoriser le FN, mais dans ce cas, ayez au moins le courage de prendre une carte au FN, vous serez en harmonie avec vous-même à défaut d’être en paix.

Pour ma part, je continuerai à me battre pour défendre la voix de la social-démocratie, pour construire un avenir avec de nouveaux outils, avec de l’enthousiasme, avec de la force, de la conviction, et surtout, surtout, de l’honnêteté et de la lisibilité dans mes intentions.

Arrêtez de tortiller du popotin et de biaiser : que chacun assume son combat et arrête de calculer.

DSK le plus crédible pour les français

Une interprétation très orientée d’un sondage IFOP récent qui voulait essayer de faire croire, une fois encore, que « DSK il est pas de gôche madame Michu » (alors que ce sondage dégageait bien une majorité relative de gens, 47%, qui le voyait bien à gauche et une majorité large, 68%, qui le situait au centre-gauche) m’a interpellé il y a quelques jours.

Je découvre ce matin un autre sondage BVA, plus précis, dont l’objectif était d’établir la crédibilité du quator DSK / Aubry / Hollande / Royal sur des thématiques de campagne. Ce deuxième sondage me semble plus intéressant car il trace un portrait de chacun d’eux aux yeux des Français..

Commençons par le sujet du moment imposé par le gouvernement sarkofillonjupoguéant (une vraie auberge espagnol du n’importe quoi, soit dit en passant) : la laïcité. Sur ce critère, nous constatons un tir groupé DSK / MA / FH, mais tout de même un peu faiblard à mon goût. Nous sommes loin des hussards de la République bouffeurs de curés ! Quant à Royal, elle semble souffrir sur ce sujet de sa rhétorique marquée par une sorte de catholisme de gauche iconoclaste.

En matière sociale, nous avons là le domaine où le match est le plus disputé. Si DSK est vu comme le plus crédible en matière de réduction du chômage (se souviendrait-on de 1997-99 ?), il est devancé par FH et MA sur la question de réduction des inégalités. Il est aussi à noter que c’est sur ce sujet où il y a le plus de différences entre l’ensemble des électeurs (graphique ci-dessus) et les seuls électeurs de gauche. Clairement, dans la tête des électeurs de gauche, la capacité à réussir en économie n’induit pas une réduction des inégalités (il serait bon de « casser » ce fatalisme).

Côté France (image et sécurité), si à nouveau la position de directeur du FMI propulse DSK à des sommets (une raison s’il en était encore besoin pour laquelle il doit se déclarer le plus tard possible), le match est un peu plus serré en matière de sécurité. Sur ce sujet, DSK affiche une avance moins marquée sur le second, FH dont la position est assez surprenante : on n’imaginait pas le très « rond » François Hollande avec une image sécuritaire. Peut-être sa rondeur le rend-il sécurisant ?

Enfin, côté économie (fiscalité, dette et déficit, …), le professeur DSK écrase tout le monde. Il est vrai que sa formation, son bilan à Bercy de 97 à 99 et son poste au FMI ne laissent aucune chance en ce domaine à qui que ce soit. On notera à nouveau la grande faiblesse de SR dans ce domaine et la bataille très serrée entre MA et FH.

En conclusion, la synthèse des scores reflète bien l’avance d’image d’homme crédible de DSK face à tous ses adversaires (ici de gauche mais ce serait sans doute encore plus marqué à droite vu le niveau d’échec de la politique UMP depuis 10 ans). Et quel que soit le candidat, il sera important de montrer comment l’amélioration de la situation économique peut être traduite en une amélioration de la vie de chacun, une amélioration de l’égalité entre tous, une meilleure homogénéité de la situation de tous.

DSK sur France 2 : le verbatim

Le dimanche 20 février 2011, DSK était l’invité de Laurent Delahousse, sur France 2. Il y eu une excellente audience de 6.9 millions de personnes, soit 7% de plus que l’audience habituelle de France 2 à cette heure.

Voici une synthèse faite par BFM.

Voici un verbatim.

00:45 la crise est loin d’être terminée
00:50 l’éloignement crée une vision de la France par rapport au reste du monde comprendre les avantages et les difficultés
01:20 tout ce que je lis de la presse française, italienne, allemande, l’Europe est dans une situation difficile
01:50 le devoir de réserve au sein du FMI
02:22 je suis un homme plus libre que je ne l’ai jamais été. J’ai la possibilité de dire à tous les chefs d’État de la planète, ce qui va et ce qui ne va pas.
02:40 on a pas dominé la crise sociale, et particulièrement en Europe
04:52 le G20 et la Chine, on a évité l’effondrement mais on a pas évité les souffrances, chacun revient à ses petits problèmes nationaux
05:30 le risque de déclassement de l’Europe, croissance faible, dette forte, prix des matières premières
06:02 souffrance en France, en Europe, les classes moyennes, Jacques Julliard dans Marianne parle du chiffre effrayant du quart des salariés qui gagnent moins de 750 euros par mois
06:39 rigueur ? il faut des finances publiques qui tiennent la route… relancer la croissance, celle de l’Allemagne est plus forte que la française
07:00 d’autres politiques économiques doivent pouvoir être engagées, plus actives
07:37 il n’y a pas d’orthodoxie libérale là dedans, lorsque le FMI a été le premier à dire qu’il fallait faire du stimulus budgétaire, faire de la dépense, parce que sinon l’économie mondiale, on nous a dit “mais on ne reconnait plus ‘notre’ FMI » le fait est qu’il a changé.
07:52 on n’échappe pas à mener des politiques raisonnables, on peut pas se permettre d’avoir des choses qui dérapent… il faut aider les gens sur-endettés à se remettre de façon juste.
8:18 “Vous aimez Keynes, la relance, Jacques Delors avait proposé une politique de grands travaux » : c’est une grande idée, j’ai toujours été un fervent défenseur de la construction européenne, la France toute seule, l’Allemagne toute seule, l’Italie toute seule c’est trop petit face aux géants que sont l’Inde, le Brésil, la Chine ou les États Unis
08:47 On a besoin d’une impulsion européenne plus forte
08:58 ce qui compte c’est ce qui se passe pour les gens dans la rue, dans la vie de tous les jours qui cherche un boulot, qui le trouve pas, qui a du mal à payer ses notes d’électricité, ou son loyer, on peut pas rester aux considérations générales sur la croissance, les grands chiffres macro-économiques, la réalité de la vie, c’est ce qui fait que l’Europe s’en sortira ou pas.

(…)

09:13
Question
On se souvient de Jacques Delors, lui il y quelques années, il s’interrogeait. Il était l’homme le plus populaire à l’époque, il envisageait peut être d’être candidat, puis dans cette interview, faite par une intervieweuse de qualité, Anne Sinclair, il avait répondu finalement “je n’y vais pas”. Qu’est ce que vous évoque cette histoire là, de Jacques Delors
Réponse
J’avais regretté qu’il n’y aille pas.
[long silence]
Question
ça ne vous suscite pas plus de com…
Réponse
C’est de l’histoire.
[hésitation du journaliste… silence]

(…)

09:49 Le monde arabe.
10:16 autocritique, nous avons été trop concentrés, moi-même, sur la macro économie, pas assez sur les inégalités et le chômage, pour ces pays qui reviennent à la démocratie.
10:45 il n’y a pas de bienveillance envers la Tunisie… le jugement qu’on portait il y a deux ans ne portait pas assez sur les inégalités
11:14 il y a 3 mois en novembre au Maroc, on disait que la bombe à retardement dans le Maghreb est la démographie et le chômage des jeunes, c’est exactement ce qui s’est passé et en Tunisie et en Égypte.
11:34 j’ai une mission à remplir, je la remplis… je n’entre pas dans le débat politique français… j’ai toujours dans ma vie essayé de faire en sorte que ce que ma responsabilité et ce que mon devoir me dictait là où je pouvait être le plus utile, je fasse ce qui était le plus utile, eh bien je continue, et aujourd’hui, clairement, c’est au FMI que je travaille

(…)

12:18 question « Votre épouse a eu une idée, c’est qu’elle ne souhaite pas elle que vous fassiez un second mandat au FMI, est-ce que vous êtes un homme qui écoutez parfois votre épouse”
Réponse “Toujours, d’abord on en discute, c’est bien normal, ce qu’elle dit a beaucoup d’importance pour moi, quand elle a quitté 7 sur 7, on a a discuté, c’est elle qui l’a choisit,… quoique je fasse à l’avenir évidemment on en parlera ensemble et son avis comptera”
12:48 mon travail aujourd’hui c’est de faire en sorte que Pays par Pays, on essaye d’arranger les choses, que pays par pays, on essaye de convaincre les gouvernements, et c’est jamais la même chose qu’il faut faire, parce que chaque pays est différent, pour que la situation aille mieux, que les plus vulnérables soient protégés… ça occupe mon temps, c’est ce qui aujourd’hui me semble être ma mission et je la remplis.
13:20 je comprend que vous vouliez m’entrainer sur ce débat, je suis le directeur du FMI aujourd’hui, et je ne suis que ça.

(…)

13:28 sur les attaques… « dans le métier que je fais, je suis capable de supporter des critiques plus dures que celles là »
“mais je vais vous dire autre chose quand même, ce qui m’indigne… c’est qu’il y a mieux à faire pour les responsables européens, en général, français en particuliers, que de la polémique. Les élus ils sont là parce que des gens leur ont demandé de résoudre les problèmes des gens et leur temps, ils doivent le consacrer à résoudre les problèmes des gens, pas à se préoccuper de leur prochaine élection. c’est vrai ici, c’est vrai ailleurs… si les gouvernements ils se préoccupaient de ce pour quoi ils ont été élus plutôt que de savoir comment ils vont gagner les prochaines élections, les choses iraient mieux »

(…)

14:50 Aujourd’hui au FMI, je m’occupe concrètement des problèmes des gens, on a sauvé des pays de l’effondrement, l’Islande qui est le premier pays dans la difficulté et qui aujourd’hui est sauvé… dans la difficulté, dans la douleur, pour les citoyens… c’est mon travail de tous les jours de faire ce qui est utile pour les gens…
15:36 Ce qu’évoque le mot socialiste . “l’espoir, l’avenir, l’innovation”

Espoir, avenir, innovation, voici une conclusion plaisante en attendant la suite.

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