L’honneur d’un homme, l’honneur d’un parti, l’honneur d’un pays


J’ai rencontré une fois Dominique, il m’a fait l’honneur d’une mention dans 365 jours et je crois avoir toujours été digne des idées qu’il partage avec notre courant, courant dont je défendais encore hier l’identité alors que les circonstances compliquées du moment entrainaient chacun vers des choix aussi divergents que peu satisfaisants. C’était hier, il y a une éternité après cette nouvelle journée improbable, et tout cela prouve au moins qu’un combat sincère mené avec intelligence et honnêteté apporte solidité et légitimité à la parole !

Aujourd’hui et même si la procédure judiciaire n’est pas encore terminée, Dominique a commencé à recouvrer son honneur, malgré l’incroyable construction médiatique mondiale d’une culpabilité voulue par on ne sait qui. Ce soir il rentrera chez lui en homme libre, en homme qui reprend le contrôle de son destin. Il est attendu en ses foyers, qu’il sache qu’il est aussi attendu en France.

Le parti socialiste peut lui aussi présenter fièrement son front aux Français. L’immense majorité des militants du parti se sont sentis sincèrement blessés par les attaques de l’UMP et très peu ont eut l’imbécilité d’essayer d’exploiter la situation à des fins politiciennes. La justice américaine a franchi aujourd’hui une étape quI démontre que le PS n’a en aucun cas à rougir des valeurs que nous défendons : oui nous sommes un parti pour lequel le mot « morale » a un sens. J’appelle mes amis sociaux-démocrates à reprendre leur combat commun, à se réunir autour de notre identité, à combattre sous notre bannière en qualité de courant du PS. Comme je l’ai écrit plusieurs fois, il n’y a aucune urgence à choisir un candidat par défaut, cela n’en est que plus vrai aujourd’hui : affichons nos valeurs, défendons nos idées, préparons le terrain de la victoire, et nous verrons bien d’ici l’automne qui symbolisera cette victoire, et faisons-le avec ce qui est notre force, notre identité collective.

Quant à la droite,  j’appelle les hommes d’honneur de son rang à faire le ménage : les propos calomniateurs d’un Lefebvre ou plus encore d’un Debré sont autant de tâches honteuses que le temps n’est pas prêt d’effacer. Et j’ose espérer que cela s’arrête à quelques individus. Nous ne sommes pas des inquisiteurs, vous avez la possibilité de montrer que de tels agissements ne sont pas le symptôme d’une immoralité politique viscérale, alors faites-le !

Enfin je veux qu’à travers ce coup de théâtre ce soit Marianne qui relève la tête, Marianne que l’on a présentée faible et perverse, Marianne que l’on a voulu ridiculiser. Mais mon pays n’a rien à voir avec cette image, la France n’est pas une contrée de compromissions avec les dictateurs ou les boursicoteurs. La France est un pays de justice et de liberté, un pays fier et confiant en son avenir et c’est pourquoi je me suis engagé dans le militantisme politique, pour que mes enfants ne vivent pas dans un petit pays marécageux gouvernés par des esprits étriqués, mesquins et stupides. Reprenons notre destin en main, que cette campagne soit une campagne de reconquête et de reconstruction de notre pays, que cette campagne mène au pouvoir des hommes et des femmes capables de courber le destin !

Socdem Inside

Finalement, Pierre Moscovici a renoncé à y aller en notre nom, nous expliquant le pourquoi. Explication rationnelle, mais ayant un petit faible pour Dan Ariely, je sais aussi que nos décisions sont issues de facteurs dont la clarté est rarement évidente.

Dont acte, la politique est ce qu’elle est et depuis l’improbable déterminisme de l’empêchement de DSK, il est devenu difficile de me surprendre.

Ce qui m’ennuie objectivement le plus, c’est que les choix qui s’offrent à chacun de nous ne sont en rien évidents, transcendants, et du coup les sociaux-démocrates se déterminent en ignorant la question d’Ariely « avons-nous le contrôle de nos propres décisions » ce qui les amènent à faire des choix différents avec les mêmes variables, et nous amènera donc à nous opposer avec les mêmes arguments pour des candidats différents. Comme j’ai de l’humour, je trouve la situation cocasse et comme j’ai le sens pratique je propose à mes amis sociaux-démocrates d’utiliser le logo « Socdem Inside » sur leur blog ou pour leur avatar, histoire de ne jamais oublier qui nous sommes vraiment et de ne pas nous affronter même lorsque nous soutenons un candidat différent en attendant la fin de l’automne.

Pour ceux qui ne connaissent pas Dan Ariely :

 



Pierre Moscovici : Les primaires auront-elles le candidat qu’on n’attend pas ?


Arnaud Montebourg, Emmanuel Valls, Ségolène Royal sont partis en campagne il y a déjà de très nombreux mois et force est de constater que ces candidatures prématurées n’ont pas déclenché une vague d’enthousiasme et de soutien.

François Hollande est parti depuis moins longtemps mais sa campagne ayant mieux été préparée, en particulier en renforçant les liens internes qu’il maîtrisait par ailleurs bien grâce à sa longévité à la tête du PS, il bénéficie actuellement d’un avantage en ce début officiel de campagne.

Martine Aubry a su respecter le calendrier décidé, et ayant bénéficié de l’improbable empêchement de DSK et de sa position de 1ère secrétaire, elle se présente aujourd’hui au niveau de FH, à un souffle derrière lui.

Est-ce terminé ? Le casting est-il complet et surtout satisfaisant ? Le plateau présenté nous prépare un combat entre (ex)premiers secrétaires du PS, ce qui est certes un gage de légitimité interne mais n’est pas exactement une promesse de réformes radicales, d’originalité, d’ouverture à l’innovation. Peut-être sauront-ils le faire, mais nos deux favoris vont devoir « se faire du mal ».
L’autre difficulté qui vaut pour tous les candidats déclarés et d’apparaître pour des candidatures « moi-je« , certes tout à fait dans l’esprit du combat de la Vème République, mais peu en phase avec un espoir collectif, une solidarité de groupe, le dessein d’un avenir commun.

« Soyons dès lors clairs : je ne crains pas, par ma candidature, de provoquer la désunion, puisque le pluralisme existe. Ma préoccupation est ailleurs : a-t-elle un sens, peut-elle éclairer le débat ? (PM) »

Est-ce une malédiction de la Vème République ? Les Français doivent-ils se résigner à choisir entre d’honnêtes mais ternes travailleurs là où la situation nécessite tout à la fois compétence, imagination, innovation, transgression, panache, et un quelque chose de « différent », un effet Obama où un cadre du parti prend de l’épaisseur au fil de la campagne, conteste la partition écrite par avance et renverse l’ordre établi. Cela me semble toujours possible, et à mon sens, si un tel candidat émerge, il sera issu des troupes de socialisme & démocratie, reprenant la force des idées sociales et économiques de Dominique Strauss-Kahn et porté par l’esprit collectif qui nous anime.
Nous pouvons contester la logique de la Vème République qui a permis la catastrophique élection de Nicolas Sarkozy, entraînant l’accélération du déclin de la France. Nous contestons la fatalité du choix de l’honnête médiocrité faute de mieux. Notre espoir va au-delà de ce qui est écrit d’avance. Pierre Moscovici a demandé notre avis, la réunion prévue par notre courant aura lieu finalement mercredi à Paris, et il a indiqué sur son blog qu’il annoncerait sa décision jeudi.

« il est essentiel à mes yeux que le groupe que j’anime et continuerai à animer quoi qu’il arrive fasse un choix éclairé, que nous prenions position ensemble, si possible unanimement, à défaut de façon très majoritaire, afin de peser puissamment sur les échéances à venir. (PM) »

Pierre Moscovici est-il le candidat que la paresseuse logique actuelle n’attend pas ? Rendez-vous mercredi pour la dernière consultation collective et jeudi pour le savoir.

Social-démocratie : le dormeur s’éveille !


Cette semaine, il m’est arrivé un petit truc amusant qui me semble être tout à fait significatif de la réalité politique et citoyenne du moment.

J’ai reçu comme cela nous arrive à tous parfois, un mail d’un administrateur d’un des canaux sociaux-démocrates (celui de Besoin de Gauche pour ne pas le nommer). Or ce petit mail purement technique a déclenché une avalanche de réponses, non pas au problème technique, mais profondément politiques. La communauté fédérée par ce canal s’est réveillée alors qu’elle était en sommeil depuis bien des mois.

Et que dit cette communauté ? D’abord tout heureux de se retrouver de façon inopinée, chacun en est allé de son commentaire et de ses doutes sur l’attitude à tenir pour les primaires. Certains pensant se rallier à Martine Aubry tout en ayant à l’esprit l’étrangeté de la démarche tant Martine donne des gages à l’aile gauche du PS alors même qu’elle nous ignore superbement depuis l’empêchement de DSK. D’autres évoquent la possibilité de soutenir François Hollande bien que gênés aux entournures par l’absence de positions clairement en faveur de la social-démocratie pendant son long mandat de 1er secrétaire aussi bien que par son refus obstiné de tirer un bilan de ces même mandats. Lui non plus n’a pas par ailleurs fait beaucoup d’efforts pour convaincre les sociaux-démocrates de venir le rejoindre.

Voilà des choix par défaut qui ne nous enchantent guère alors que par ailleurs les idées que nous défendons et que nous avons fait évoluer ont été plébiscitées par la crise mondiale qui a marqué la défaite des fantasmes ultra-libéraux comme jadis l’effondrement soviétique a marqué celle du marxisme. La victoire idéologique social-démocrate n’aurait-elle d’autre écho qu’un choix de leader sur le critère du moins pire ?

A l’évidence, voici qui ne plait à aucun d’entre nous alors qu’il suffit d’un petit bruit sur le réseau pour réveiller des militants qui ne demandent qu’à porter le fer. Quel écart entre l’autisme de candidats déclarés ou pressentis, les mouvement de ralliement individuel de quelques cadres et nous, militants et sympathisants internet qui avons construit et porté une bonne partie du combat social-démocrate, qui avons créé des canaux structurés où l’échange est intense et créatif, nous qui faisons de la politique d’une façon moderne, où chacun peut avoir sa place et la parole, où chacun est respecté du moment qu’il respecte les autres et avance des idées au lieu de postures ou d’injures !

Alors non nous n’acceptons pas comme une fatalité de devoir choisir par défaut. Nous demandons collectivement aux cadres sociaux-démocrates, mais aussi au-delà aux militants et élus qui n’ont pas été convaincus par le casting qui s’est dessinés ces derniers mois, aux sympathisants qui lisent ce post et au-delà aux Français qui attendent plus et mieux du parti socialiste, de se manifester sur les blogs de leurs élus PS ou au sein de leurs sections. Exigeons d’eux qu’ils se manifestent pour des candidatures de combat, des candidats capables d’aller chercher chacun et chacune au lieu d’attendre de savoir comment se fera la distribution aléatoire des voix ! Nous ne battrons pas une UMP déliquescente juste parce qu’ils ont été mauvais et que ce serait automatiquement notre tour. Nous battrons nos adversaires parce que nos idées et notre programme sont les bons, parce nos troupes ont décidé de gagner, parce que nous aurons trouvé un leader ayant gagné ses labels d’honneur, de compétence, de courage, de probité, de fierté partagée avec tous ceux qui le soutiennent.

Cette semaine verra se dévoiler les vraies candidatures à l’investiture PS. Mardi à Paris se tiendra une réunion des sociaux-démocrates. Que ceux qui le peuvent aillent à cette réunion porter la voix des e-militants socdem avec force et conviction : nous exigeons un leader dont l’attachement à nos idées soit sans faille, nous exigeons un leader qui portera en son cœur et son âme nos attentes et nos espoirs. Camarades, que chacun d’entre nous porte la voix de tous les autres. Le dormeur social-démocrate est réveillé, choisissons maintenant un chef et prenons la route de la reconquête.

Deux semaines de réflexion

Plus que quelques jours avant l’ouverture officielle de la campagne des primaires du parti socialiste. Cela vaut bien le temps d’arrêter le temps et de prendre un peu de hauteur.

L’année écoulée n’a pas été inutile, très loin de là. La meilleure preuve selon moi en est le texte du socle programmatique du PS. Nous avons été capable de produire un texte clair, dans lequel chaque personne de gauche (et peut-être un peu au-delà) peut se reconnaître, dans lequel nous retrouvons à la fois une voie vers des outils politiques neufs, comme la réutilisation d’éléments qui ont permis les succès de 1997-2002 et qui sont toujours d’actualité. Les socialistes sont cohérents et politiquement crédibles et les Français ne s’y trompent pas me semble-t-il.

Cette année aura aussi été illustrée par la folie de notre système politique, folie tout entière incarnée par le destin DSK. DSK c’est l’homme qui aurait dû sauver la gauche en 2007 et nous éviter Sarkozy, c’est l’homme qui en réformant le FMI a sans doute évité le pire au monde en 2008, c’est l’homme qui n’a pas cessé d’être désigné comme le diable par tous ceux qui voyaient en lui l’adversaire à abattre en 2012, l’homme qui depuis son empêchement n’est plus en mesure de cacher la « légèreté » de ceux-là même qui prétendaient lui barrer le chemin, ces impatients qui voulaient parler avant le début de la campagne, se plaignant de ceux qui respectent le calendrier fixé collectivement. Peut-on espérer pour la suite que la leçon a été comprise, que l’on se battra pour demander plus et mieux à ceux qui sont en place, que la critique sera factuelle et argumentée et non le fruit d’un effet de manche ou d’une hystérie, que le débat portera sur des idées et les moyens de les réaliser et non la capacité à être invité au 20h ? Peut-on l’espérer ?

Dominique était le leader naturel des sociaux-démocrates, mais la socdem ne se limite pas à DSK, et ne se définit pas juste par rapport à lui. Si sans Royal il n’y a plus de royaliste, sans Hollande de hollandais, DSK ou pas les socdems sont toujours une communauté d’idées, une façon de voir et de faire de la politique, des outils et une vision d’avenir. Reste donc à voir ce que nous allons faire…

De part le pacte de Marrakech, Martine Aubry a naturellement hérité du flambeau socdem. Mais qu’en a-t-elle fait ? Il y a quelques semaines j’avais écrit un post où j’exprimais mon attente vis-à-vis de Martine, lui demandant « de réunir les forces social-démocrates pour décider ensemble de l’avenir. Qu’elle écoute ce qu’ont à dire Pierre Moscovici, Gérard Collomb, Michel Destot, Michèle Sabban, Jean-Jacques Urvoas, Marisol Touraine et tous les autres dont la liste est trop longue pour être complétée ici !« . Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Pourquoi n’a-t-elle pas cherché à parler aux militants sociaux-démocrates ? Cela n’est pas bien, cela n’est pas acceptable.

Si ce n’est pas Martine, sera-ce François ? L’homme ordinaire (au passage quelle est l’andouille qui veut faire croire que les Français attendent un homme ordinaire à la présidence alors que le navire est en pleine tempête !) qui se revendique social-démocrate. Soit, de la social-démocratie il pratique largement le dialogue et la négociation (mais un peu trop consensus mou à mon sens), cependant en 2007 il n’a en rien favorisé cette voie, bien au contraire, au Mans il me semble qu’il avait promis des choses qu’il n’a pas tenues, son parcours à la tête du PS n’a pas révélé chez lui un réformateur radical, très loin de là. Par ailleurs lui non plus n’a pas cherché à parler aux militants socdems. Pourquoi ce silence ? Parce que ces « cons de socdem finissent toujours par signer ?« . Là non plus, ce n’est ni bien ni acceptable.

Quid des autres candidats déclarés ? Royal est l’antithèse de notre façon de faire de la politique, Montebourg serait prometteur, il a fait un bout de chemin avec Besoin de Gauche, mais il est par trop « désarticulé ». Quant à Valls, il est trop souvent dans l’excès.

À ce jour, nous n’avons aucune raison de faire un choix si ce n’est le devoir d’en faire un d’ici l’automne. Je sais que certains de mes camarades pensent encore possible un retour de Dominique au cas où un complot était démontré, mais je crois foncièrement qu’il faut être fidèle à nos idées (qui sont également celles de Dominique) et considérer que nous devons construire notre destin, qu’avec DSK cela aurait été parfait mais qu’avec quelqu’un d’autre issu de nos rangs ce sera très bien, que nous gagnerons collectivement si nous soutenons une personnalité qui nous ressemble et incarne nos idées. 2012 est une élection pour les sociaux-démocrates, elle ne nous échappera pas, nous ne voterons pas par dépit ou par défaut, nous voterons pour nos idées parce que la refondation social-démocrate, ce « flux libéral dans un tuyau marxiste » est la seule voie qui ne soit entachée pas les échecs épouvantables du marxisme et du libéralisme débridé, parce que c’est le bon équilibre entre trop d’État et pas assez d’État, entre égalité de tous et équité de chacun, entre économie et social, entre passion et raison.

Il reste quelques jours de réflexion, mais d’ores et déjà j’appelle de mes vœux une candidature authentiquement social-démocrate, héritière de notre histoire socialiste, tournée vers l’avenir, prête à porter le projet qui reconstruira la France.

 

Une vision social-démocrate pour la politique étrangère de la France


En attendant que nous nous choisissions un leader qui portera nos couleurs en 2012, et pour combler un tant soit peu le peu d’échos (pour ne pas dire la pauvreté) des propositions en la matière des candidats déclarés, je vais prendre ma plume de blogueur citoyen pour dessiner les contours d’une politique étrangère vue par un militant social-démocrate.

Le bilan

Commençons donc par tracer un bilan de bientôt 10 années de gouvernement UMP. Que reste-t-il de saillants dans nos mémoires ?

Napoléon III capitule devant Bismark

En matière militaire, la réintégration de la France au sein de l’OTAN, notre enlisement en Afghanistan, et comme allégorie de l’ensemble le périple grotesque du Clemenceau ancien vaisseau amiral, fierté de la marine française. J’ai beau chercher quelques éléments à décharge, et j’aurais aimé pouvoir citer une évolution positive de l’action de l’armée française en Afrique par exemple en retenant l’épisode Bgabo, mais le pas est difficile à franchir.
En matière européenne, c’est là catastrophique. L’Europe n’existe plus que par son administration et sa monnaie, elle a été vidée de son élan créateur et n’a jamais réussi à être régénérée par une vitalité démocratique et citoyenne. Quel gâchis ! Chirac autant que Sarkozy n’ont jamais été capables de retisser des liens comparables à ceux qui unissaient Helmut Kohl et François Mitterrand. Pire, la France est redevenue le pays dont on se méfie. Il y a dans l’époque comme un parallèle entre Bismark / Merkel et Napoléon III / Sarkozy. Est-il encore temps d’éviter Sedan ?

Mais à mon sens, les plus gros dégâts sont à porter au discrédit personnel de Nicolas Sarkozy. Il est l’homme qui a permis à Poutine de gagner sa guerre en Ossetie, il est l’homme qui a rendu les plus grands honneurs de la République à Kadhafi et Assad, aujourd’hui plus que jamais despotes totalitaires tortionnaires de leurs peuples, celui qui ne comprend ni la révolution Tunisienne, ni celle d’Égypte. C’est encore l’homme grossier qui snobe l’ouverture du G20 alors que la France en reçoit la présidence. C’est aussi l’homme qui a réussi à nous fâcher avec le Mexique (encore un goût de Napoléon III) pour une question juridique qu’il a voulu utiliser à son profit.

Qu’oppose Nicolas Sarkozy à ce bilan ? Le sauvetage culotté mené par Cécilia Sarkozy au début de son mandat, et la grossesse de Carla Bruni exhibée au G8 de Deauville. Voilà une source de méditation.

Et le PS ?

Aurions-nous fait mieux ? Que pourrons-nous faire d’autre que d’être ballotés comme un fétus de paille sur le torrent mondial ? En bon social-démocrate je crois qu’il est possible de répondre à ces questions en partant d’une idée déjà fort ancienne puisqu’on la retrouve dans « La flamme et la cendre ». Il s’agit de la politique euro-méditerranéenne. Cette idée a tentée d’être reprise par Nicolas Sarkozy, mais sous sa direction cela n’a abouti qu’à une espèce de curieux et inutile club.

Il y a deux éléments fondamentaux au cœur de ce projet : la Méditerranée a longtemps été le cœur de la culture et du commerce européen. La Méditerranée a réuni les peuples, elle a irrigué la gloire des peuples, elle a été la richesse des peuples. Le projet euro-méditerranéen a pour ambition de recréer au troisième millénaire les conditions d’une renaissance unissant le bassin de la péninsule ibérique à la mer noire. En pratique cela signifie favoriser les échanges commerciaux du bassin, retisser le lien culturel qui unit tous ces pays, et se donner les moyens militaires pour résoudre, au nom de l’intérêt de tous et sur des valeurs méditerranéennes communes des conflits comme ceux du Maghreb. Ceci inclut également une vraie implication dans le conflit israëlo-palestinien. La gauche a trop longtemps démissionné devant ce conflit, partagée entre le soutien aux palestiniens et la résolution du problème de territorialité d’Israël. Il me paraît faux autant que lâche de considérer que le temps finira à lui seul par arranger les choses. On peut le voir soit de façon mystique et citer les prophètes, soit de façon rationnelle en constatant que le temps augmente inexorablement les moyens de destruction, mais en l’état, si l’on continue ainsi, la seule issue est la mort symbolisée par les prophéties de destruction de Jérusalem. Il paraîtra sans doute facile de donner son avis du fond de la Bretagne sur un conflit plus que millénaire, mais la seule issue que je vois est de créer les conditions d’un seul état confédéral israëlo-palestinien. Ceci a peut-être une chance de marcher si c’est appuyé par la reconstruction d’une identité méditerranéenne partageant les mêmes valeurs, dont la démocratie appuyée par une force de police méditerranéenne.

Enfin je n’ignore pas que l’Europe ne se limite pas à sa mer du sud. Il me paraît important de construire le pendant au nord en renouant cette fois avec l’histoire de la Hanse, ce qui permet alors de faire le lien avec le voisin russe. Le projet Hanse-Méditerranée doit à mon sens soutenir la politique internationale Française en attendant d’avoir recouvré assez d’honneur et de crédit pour retrouver notre place sur la tribune mondiale.

Conclusion

Réflexions sans doutes trop courtes et trop rapides publiées sur le blog d’un citoyen anonyme. Il ne tient qu’aux candidats de 2012 de faire plus et mieux, de dépasser les cris de la cours de récréation et de projeter une vision d’avenir qui redonne à la France sa place dans le concert international. Commençons par l’Europe, et lorsque ce sera fait, le monde nous admirera et nous écoutera à nouveau.

A mes amis sociaux-démocrates III

Après quelques jours, chacun a pu reprendre ses esprits. Du coup, le petit train de la pré-campagne des primaires a pu repartir.

Lorsque les militants PS attendaient (ou redoutaient suivant les cas) la déclaration de candidature de DSK, le paysage politique de gauche s’était peu ou prou organisée entre les tenants d’une réforme social-démocrate marquée et largement illustrée par la réforme keynésienne qui avait pu être menée au FMI et les tenants d’une ligne qui a défaut d’être claire s’opposait à la première.

DSK étant empêché de se déclarer à court terme, on aurait pu s’attendre à ce que l’audace soit à l’ordre du jour. Hélas, le PS est en train de s’approcher d’un débat bipolaire entre l’ancien premier secrétaire et la première secrétaire en titre. Si ce devait être le cas, autant dire que les primaires ne vont pas passionner les Français car la cuisine interne leur est tout  la fois incompréhensible et indifférente.

Pire que cela, l’adoubement mou de Largarde par Martine Aubry et François Hollande est une faute. Nos députés se sont battus pour que les accusations portées par les organes de contrôle de l’État ne finissent pas aux oubliettes et ils sont désavoués, mais en plus le PS apparaît comme le parti qui accepte sans sourciller la mise à mort des réformes  keynésiennes du FMI, ouvrant ainsi largement les portes des pillards qui se pressent déjà sur le corps moribond de la Grèce. Plutôt que de reprendre l’erreur de stratégie de Royal en 2006 en partant en voyage avec l’illusion de se forger une stature internationale, Hollande ferait mieux d’être en France et de défendre avec force les principes d’une politique internationale en accord avec nos idéaux.

Reste l’espoir et le temps de reconstituer une vraie voie qui sort le PS de son « grumeau » et qui annonce effectivement l’ère des réformes radicales dans un monde où les dangers mortels cognent à la porte. C’est bien là que doivent intervenir les sociaux-démocrates. Avec ou sans Dominique, nous sommes prêts à changer et le parti et la France. Nous savons que nos outils sont efficaces, que notre analyse est la bonne. Nous devons changer l’État providence en État assurance. Nous devons tuer à la fois le libéralisme débridé des marchés et le marxisme. Nous devons construire les conditions d’un avenir collectif, commun et égalitaire qui respecte l’équité entre les individus. Nous devons fixer nos objectifs en fonction des défis gigantesques en face de nous : sortir du désastre économique et social de la sarkozie, affronter la rupture énergétique, la rupture climatique, la bascule démographique et l’accélération de la dématérialisation.

J’invite une fois encore Martine Aubry qui a hérité du flambeau socdem dans les conditions que l’on sait a réunir les forces social-démocrates pour décider ensemble de l’avenir. Qu’elle écoute ce qu’ont à dire Pierre Moscovici, Gérard Collomb, Michel Destot, Michèle Sabban, Jean-Jacques Urvoas, Marisol Touraine et tous les autres dont la liste est trop longue pour être complétée ici ! Les troupes sarkozystes ont mis en route une machine qui nécessitera bien plus que d’être candidat par hasard et parce que l’on croit que c’est notre tour. En 2012, nous aurons subit 10 ans d’une longue maladie qui a fait de la France l’ombre d’elle-même, et le système des partis politiques actuel est partie prenante de cette maladie.

Il reste un an, ce qui est très long et je ne pense vraiment pas que dans 6 mois le paysage politique ressemblera beaucoup à celui d’aujourd’hui. Faisons confiance aux forces et talents de notre parti ! Faisons confiance à l’expression démocratique au sein de notre parti ! Acceptons a priori et créons les conditions de l’émergence d’un porte-drapeau en dehors des normes RH du parti parce que la situation est en dehors des normes. Que les cadres lisses du parti deviennent les effrontés qui osent monter sur le char et défier l’ordre agonisant !

Plus que jamais l’époque n’est pas celle de l’homme ordinaire, les défis sont trop grands, les dangers trop pressants. Le navire France a besoin d’un capitaine et d’un équipage d’exception. Nous constatons chaque jour que cela ne se trouve pas à droite, mais la gauche saura-t-elle offrir cet équipage à notre pays ?

A mes amis sociaux-démocrates

L’actualité new-yorkaise donne une étrange lecture de mon post de la semaine dernière « l’homme est la mesure de toute chose« . Il faut attendre la fin de la semaine pour pouvoir en dire un peu plus sur l’avenir de Dominique Strauss-Kahn, laisser le temps à ses avocats de rassembler les éléments de sa défense et entendre (enfin) sa version des faits.

En attendant la prochaine audience, je tiens à rappeler à tous que le combat des sociaux-démocrates est d’abord celui de l’idéal d’un monde plus juste construit par la réforme, un combat d’idées que Dominique a alimentées et mises en œuvre avec force et réussite. Or si DSK est aujourd’hui empêché d’agir politiquement, les idées et le combat demeurent et nous en sommes dépositaires. Ne laissons-pas cela se déliter, ce serait le trahir autant que nous trahir ! Si DSK est en mesure de revenir, il ne doit pas trouver un bâtiment déserté, et s’il ne l’est pas, ce serait lâcheté et injure que d’abandonner un combat mené au nom de l’avenir de la France et des Français.

A court terme, notre position ne doit pas changer : nous avons un pacte entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, il doit être respecté plus que jamais. Je n’ignore pas évidemment les aspirations divergentes qui existent, mais les circonstances exceptionnelles doivent nous amener à une conduite plus qu’exemplaire. Si, et seulement si, Dominique n’est effectivement pas en mesure de reprendre sa place dans les toutes prochaines semaines, alors il appartiendra à Martine de réunir la famille social-démocrate, de présenter clairement sa position et de faciliter la présentation d’une candidature socdem à la primaire, candidature fondée sur la rationalité autant que sur l’envie de gagner cette élection.

Le travail de structuration effectué ces derniers mois représente un atout majeur pour gagner une élection qui ne s’annonce plus aussi simple. Il faut se souvenir que sans DSK, la gauche n’apparaît plus majoritaire actuellement : nous ne sommes plus favoris mais challengers.

Notre avenir est toujours entre nos mains, les Français attendent beaucoup de nous, faisons-leur savoir que nous sommes toujours là et que nous gagnerons le combat de 2012 pour eux.

L’homme est la mesure de toute chose


La pensée complète de Protagoras étant d’ailleurs «L’homme est la mesure de toute chose : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas». Je crois qu’il aurait bien des sujets de réflexion à propos de l’effervescence mêlant les délires et fantasmes de ces deux dernières semaines.

Est-ce l’image (fut-elle volée) qui est devenue la mesure des choses ?

Est-ce la capacité à générer du marketing viral à partir de cette image qui est sur le point de devenir un message politique ?

 

En elle-même l’image en question (la Porsche) répond aux éléments symboliques de la réussite : la voiture de sport, un couple souriant et dynamique dans une des plus belles capitales du monde.
Mais cette image a été déconstruite : d’abord elle a été fallacieusement enrobée avec le parfum du secret (c’est une image de paparazzi, non « officielle », volée donc plus vraie que vraie, etc). Le secret, fut-il créé par un story telling murement réfléchi, est forcément plus vrai que la vérité dans un monde où depuis X Files on sait que la vérité est ailleurs. Mulder est devenu plus fort que Protagoras !

Puis l’image a été marketée pour répondre à un segment de marché bien précis : les adversaires de DSK à gauche. Les derniers marxistes d’abord et par extension tous ceux qui réduisent la politique à un choix de personne. L’image symbole de réussite a alors été racontée comme l’image de la richesse, l’argent devenant une valeur (négative), la nouvelle mesure de la chose. C’était d’autant plus facile à ancrer dans les esprits que cette mise en scène avait aussi pour but de relativiser l’image bien présente du bling bling qui colle à la peau de Nicolas Sarkozy. Puisque dans son cas, l’argent est affichée comme une valeur, toute personne ayant de l’argent doit forcément partager ces valeurs. Les amis (mêmes valeurs) de mes ennemis (« contre-valeur ») étant mes ennemis, le virus pouvait être libéré ! Voilà au moins un sophisme dont Protagoras aurait pu sourire…

A l’arrivée, internet appuyé (timidement) par quelques média est devenu le lieu d’une caricature de combat politique : l’argent devenant le marqueur universel de l’e-idéologie politique. Le combat n’est plus celui d’un choix entre marxisme, social-démocratie refondée ou libéralisme échevelé (ou autre chose), mais un choix entre ceux qui ont ou pas de l’argent. Étrange combat d’ailleurs où l’on se préserve bien de situer une frontière et où l’on interdit de facto à tout un chacun d’améliorer sa condition sous peine de passer dans le camp honni d’en face.

Et bien je refuse ce diktat du niveau zéro de la pensée. Non l’argent (ou ses supplétifs) n’est pas la mesure de la chose politique et encore moins de toute chose. Les valeurs de mon combat restent celle de la liberté, de la vérité, de la recherche du bonheur et du progrès par la réforme, de l’égalité de la société et de l’équité entre citoyens, de la solidarité qui construit un avenir commun.
Je ne combats pas Nicolas Sarkozy à cause de son compte en banque, mais à cause des dégâts que son comportement de Rastignac a infligé à la fonction présidentielle et à la France. De Gaulle l’économe ne dédaignait pas la DS décapotable car l’image est flatteuse pour la fonction. Pompidou avait sa Porsche et l’on se souvient du chassé croisé entre la XM de Mitterrand et la CX de Chirac. Hélas avec Sarkozy nous sommes passé au yacht de l’homme d’affaires, au clinquant du show biz. La question n’est ici pas celle du coût de ce qui est vu dans l’image, mais du ressenti de chaque Français. On peut être fier de la DS de De Gaulle, on ne voit pas bien comment être fier de l’image de Sarkozy sur le Yacht de quelqu’un qui a des intérêts économiques personnels à l’accueillir. La grande majorité des Français accepterait de passer un week-end au volant d’une voiture de sport, et cette même majorité ne se sentirait pas à sa place sur le bateau d’un riche homme d’affaires (sans d’ailleurs en vouloir à ce dernier, s’il a réussi tant mieux pour lui, mais que l’image du Président des Français ne soit pas ostensiblement liée à des intérêts particuliers).

Je combats aussi la politique UMP pour ses échecs (que cette histoire vient obligeamment remettre au second plan). Croissance, dette, chômage, désespérance, voilà des motifs de combats. Voilà la cible (et que l’on nous évite l’argument de la crise, le mal était déjà là bien avant 2008 : l’ump est au pouvoir depuis presque 10 ans, la crise a bon dos !). Quelques exemples :

La dette française (source wikipedia) :
(c) creative commons : Gedefr pour la version actuelle, MaCRoEco pour la version initiale

Taux de chômage en France (sources Google, données Eurostat) :

PIB en euro courant (sources http://www.france-inflation.com/evolution_pib_france.php)

Évolution de la pauvreté en France (en pourcentage du salaire médian, sources observatoire de la pauvreté) :

On notera l’état de la France lorsque la gauche a cédé le pouvoir à la droite UMP en 2002 et l’état en 2007, juste avant la crise.

Conclusion

Le bruit autour de l’image de Dominique Strauss-Kahn présage mal de l’évolution du débat démocratique sur internet. Les médias traditionnels n’ont pas que des qualités mais ils sont comptables de leurs erreurs et par conséquent les rédactions, même lorsqu’elles sont partisanes, tombent rarement dans la calomnie ou l’hystérie. Il n’en n’est pas de même d’internet ou tout un chacun peut publier et n’a pas forcément le recul et la maturité pour éviter les phénomènes d’auto-intoxication : il est si facile de prendre pour argent comptant quelque chose que l’on voudrait être vrai.

La faute ultime n’est cependant pas celle des quelques individus transformés en activistes aveugles, mais bien celle des groupes constitués qui jouent avec le marketing viral pour répandre rumeurs et calomnies. Le site dskvraifaux.fr a décortiqué l’origine de cette affaire : honte à ceux qui ont tenté de manipuler le débat démocratique ! Pas plus que l’argent, la préservation d’une situation personnelle, fut-elle présidentielle, n’est la mesure de toute chose. Je crois en la démocratie et c’est pourquoi je continuerai à combattre ceux qui veulent la pervertir.

 

 

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Le buzz contre l’information

Semaine instructive. Le monde médiatique a eu cette semaine deux raisons de s’intéresser à Dominique Strauss-Kahn.

La première est bien sûr le « scoop » dont la mèche a été allumée par le sémillant Brice Hortefeux, scoop sous la forme d’une photo de paparazzi montrant Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair à côté de la Porsche Panaméra d’un proche du couple. Il semble clair que le but de la manip’ était de jouer sur l’image de la richesse censée rendre incompatible tout engagement de gauche, vieux procès fait naguère à Léon Gambetta, Léon Blum, Pierre Mendès France et tant d’autres. L’UMP a allumé la polémique et a vite reçu le renfort d’une certaine gauche décidément obsédée par l’argent en tant que valeur (même si c’est pour eux une valeur négative, cela ne vaut guère mieux que la conception de l’argent en tant que valeur positive).

Mais chose intéressante, si l’histoire a fait beaucoup de bruit, je ne suis pas sûr qu’elle été si négative pour DSK :

  • d’abord parce que les leaders de la gauche ne sont pas tombés dans ce piège déjà mille fois utilisés et certains même telle Ségolène Royal ont appelé leurs militants à ne pas aider l’UMP dans sa tentative de manipulation.
  • ensuite parce que l’UMP s’est trompé de symbole. Certes une Porsche cela évoque la richesse, mais la voiture de sport est d’abord dans l’imaginaire collectif des Français un symbole de réussite, un rêve que l’on peut toucher du doigt car même si rares sont les Français ayant les moyens de ce payer ce genre de bolide, c’est un rêve réalisable le temps d’une ballade. Cette image de DSK est d’abord celle de la réussite et ne remet pas en cause son engagement à gauche.
  • enfin, l’UMP cherchait également à relativiser le bling bling de Nicolas Sarkozy, mais là aussi, c’est à mon sens raté. Ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy c’est son amour ostentatoire de la richesse sur des choses qui ne plaisent pas au Français. Une victoire aux élections cela se fête dans la convivialité d’une bonne bouffe entre amis et militants, pas au Fouquet’s. Les montres hors de prix c’est un truc aussi inutilement has been que clinquant. Le salaire que l’on s’augmente de 140% avec nos impôts est un trait de caractère à la Rastignac, sans grandeur. En comparaison, le vroum vroum de cette image de Dominique Strauss-Kahn est certes peu modeste, mais elle est l’image de la réussite sociale d’un couple. Entre le bling bling et le vroum vroum, il me semble que le coeur des Français penchera vers DSK.

Voilà donc pour la première actualité dont tout le monde ou presque a entendu parler. Mais quelle est donc la seconde me direz-vous ?

La seconde est un article du prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, qui fut un critique plutôt acerbe des institutions comme le FMI. Et que nous dit ce Nobel cette semaine ? Il nous explique comment DSK a changé le FMI en profondeur. Quelques extraits :

« La crise a démontré que des marchés libres et sans entrave ne sont ni efficients, ni stables. De même, ils ne sont pas nécessairement performants pour fixer les prix (voyez la bulle immobilière), y compris les taux de change (…).

L’Islande a démontré que répondre à la crise en imposant des contrôles de capitaux peut aider les petits pays à limiter son impact. Et la politique non conventionnelle de « quantitative easing » (QEII) de la Réserve Fédérale américaine a inévitablement signifié la mort de l’idéologie des marchés sans entrave : l’argent va là où les marchés pensent que les rendements sont les plus élevés. (…).

L’afflux d’argent dans les marchés émergents provoqué par la politique des Etats-Unis a convaincu les ministres des finances et gouverneurs de banque centrale, y compris ceux qui y sont idéologiquement opposés, de la nécessité d’intervenir. (…).

Le FMI a finalement établi un lien entre inégalité et instabilité

(…)

Pour les progressistes, ces réalités épouvantables font partie de la litanie habituelle de frustration et d’outrage justifié. La nouveauté est que le FMI a rejoint le choeur. Pour reprendre les mots par lesquels Strauss-Kahn a conclu son discours devant la Brookings Institution quelques jours avant la réunion récente du Fonds : « En fin de compte, l’emploi et l’équité sont des éléments de stabilité économique et de prospérité, de stabilité politique et de paix. Cela est au coeur du mandat du FMI. Cela doit être placé au coeur de l’agenda politique. »

Strauss-Kahn se révèle être un leader sagace du FMI (…)« 

Ceci me rappelle une autre intervention, celle de Stéphane Hessel au début de l’année dans un entretien à Rue89 :

« Je souhaite qu’aux législatives qui vont suivre l’élection présidentielle de 2012, plusieurs partis de gauche travaillent ensemble : communistes, verts, socialistes, et même des candidats du centre républicain. Mais attention : il ne faut pas qu’ils présentent quatre candidats différents à l’élection présidentielle. Je ne vois que deux candidats possibles en l’état actuel : Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.

Rue89 : Mais Dominique Strauss-Kahn dirige le FMI, qui fait partie des institutions que vous dénoncez…

DSK a pris le FMI à un moment où il fallait le dénoncer, mais il est en train de le transformer assez utilement. On ne sait pas encore bien tout ce que DSK a fait. Par exemple, le FMI ne fait plus d’ajustements structurels, c’est un progrès.

Personnellement, je préfèrerais Martine Aubry : je la considère comme plus énergiquement de gauche ; mais je sais, pour le connaître, que Strauss-Kahn est aussi un homme de gauche. S’il devient Président, il réformera l’économie française selon les même lignes que celles qu’il a soutenues du temps de Jospin ou de Rocard.

Il y a eu en France une gauche qui a fait des choses, je pense au RMI, à la couverture médicale universelle… Et elle peut en faire demain davantage.« 

Voilà deux actualités de la semaine. Il me semble que l’ordre d’importance n’est pas en phase avec l’intérêt réel et que cela méritait un article pour remettre les choses en perspective.