La maison socialiste est toujours debout

Il y a un an, le parti socialiste était déchiré par une série de trahisons.

Pendant presque un an, le PS a disparu du paysage des partis qui comptent et qui étaient susceptibles de construire un avenir politique.

Pendant un an la large place qu'il occupait est restée vacante.

Un an plus tard, nous faisons le constat que cet espace politique n'a été préempté ni par le parti macroniste qui s'est finalement révélé être clairement au centre-bien-à-droite, ni par la gauche radicale qui se révèle finalement être une gauche protestataire ne cherchant pas à offrir une alternative de gouvernement.

Or un an plus tard, le PS bien qu'affaiblit est non seulement toujours là mais il s'est donné cette semaine les moyens de se reconstruire voire, je l'espère, de se refonder. Et il vient de le faire de très belle manière. En effet, alors que le parti macroniste se caractérise par l'omnipotence du chef, que le parti LR se recompose par la force, que le FN est toujours guidé par les seuls intérêts de la famille LePen et que les insoumis sont toujours sous l'étouffoir charismatique de leur chef, le parti socialiste vient de réussir un périlleux exercice démocratique. Le processus de vote n'est pas contesté, la mobilisation a été au-dessus de ce qui était craint, les débats sont restés respectueux et finalement le vote est net en faveur d'Olivier Faure. Dans ce paysage politique confus, le PS apparaît comme l'un des très rares partis au sein duquel la démocratie n'est pas qu'un sticker pour appâter le chaland.

Le PS d'aujourd'hui peut donc reprendre sa place demeurée vacante. Mais il ne le peut pas sur la base de son corpus idéologique passé. Ses valeurs n'ont pas changé, mais les réponses aux deux composantes majeures de son ancien corpus sont en train de devenir obsolètes :

  • l'organisation sociale des moyens de production n'a plus du tout la même sens à l'heure de l'économie numérique
  • l'émancipation de l'individu est percutée de plein fouet par l'hyperconnectivité de ces individus et le questionnement transhumaniste.

Ces questions de philosophie politique auront, voire ont déjà, des impacts directs, profonds et violents sur notre vie quotidienne. Il y a donc urgence à se refonder et à tracer un avenir politique désirable et en phase avec le monde qui se construit. Et il faudra se refonder en ne perdant jamais nos valeurs et nos références aux combats passés. On ne construit rien de durable sans rien de solide. Ce qui est solide aujourd'hui ce sont nos valeurs, notre histoire et un socle d'environ 40.000 personnes prêtes à se battre. Les socialistes sont de retour !

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