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Le bilan d’un an et demi de campagne.

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Nous avons gagné, et c’est très bien.

Gagné le pari des primaires, gagné la présidentielle, gagné la législative.

L’heure est maintenant au travail intense pour les élus, mais aussi à la réflexion pour les militants et sympathisants. La victoire n’est pas une fin en soit et je refuse de tomber dans la facilité paresseuse.

Les leçons nationales depuis 2007

Notre parcours depuis 2007 a été ponctué de trois grands tremblements.

  • l’impossibilité en 2007 de nous choisir une personnalité sur des critères rationnels, une personne acceptable par la majorité (symbolisé par le cas Royal).
  • l’extraordinaire difficulté dans les années qui ont suivi à retrouver le sens du débat collectif, à évacuer l’affectif et  nous remettre à travailler dans un cadre commun pour un but commun (symbolisé par le congrès de Reims)
  • enfin l’impossibilité d’établir une ligne de conduite commune en ce qui concerne les liens entre morale privée, morale publique et efficacité opérationnelle (symbolisé par le cas Strauss-Kahn)

Par apport à ces éléments, deux attitudes sont possibles : soit on considère que la victoire permet en elle-même de passer à autre chose et de ne pas les traiter, soit on considère que la victoire donne au contraire la force de traiter chaque problème sur le fond et de prévenir le retour de tels tremblements. Pour ma part je préfèrerais la deuxième solution, mais faut-il encore ne pas être le seul.

Il me paraît fondamental de tracer les contours privés, professionnels, intellectuels et idéologiques de l’élu socialiste type et de créer les conditions pour favoriser de tels profils. Le darwinisme politique s’oppose il me semble au projet idéologique que nous portons.

Les leçons issues de la législative en Iroise

Ce qui s’est passé en Iroise est à la fois singulier et emblématique.

Singulier parce que ce territoire avait été abandonné à la droite : elle ne pouvait pas être gagnée parait-il. Or les militants qui ont labouré ce pays depuis 40 ans avaient vu l’évolution et les moins anciens comme moi avaient bien vu qu’objectivement la réalité n’était pas celle qui était présentée à tous.

Emblématique parce que cet écart a provoqué une indignation et un refus des militants, au nom des citoyens de gauche et de nos idées. Nous nous sommes retrouvés avec un affrontement entre deux légitimités : celle de l’appareil du parti et celle des militants et sympathisants (renforcés par le poids des primaires). Cette situation s’est reproduite dans de multiples circonscriptions et a plus ou moins bien été gérée selon les cas (La Rochelle ayant été probablement le pire).

Or lorsque l’on oppose légitimité hiérarchique à légitimité d’idée ou de projet, cela m’évoque immédiatement une opposition qui est en fait générationnelle et que l’on retrouve en entreprise. Le mode hiérarchique fort est la marque des générations les plus anciennes, l’adhésion prioritaire à des idées ou à un projet celle de la génération la plus jeune (dite Y), la génération intermédiaire (la mienne dite X) faisant actuellement le travail de passage d’un mode à l’autre.

L’emblème est donc celui d’un renouvellement générationnel qui induit un changement de mode de management. Qui plus est, ce changement sur le fonctionnement d’un parti et les responsabilités de chacun est amplifié par l’évolution numérique qui court-circuite complètement les canaux classiques de communication. C’est une des leçons des révolutions méditerranéennes, mais aussi de façon moins visible, une des leçons de cette législative : aucune organisation hiérarchique n’est aujourd’hui en mesure de verrouiller la communication, donc le message politique.

Autre constat démographique en Finistère : nous avons réussi la parité ! Ce n’est pas le cas partout en France, mais cette avance locale nous permet d’envisager l’étape suivante qui est de voir si cette parité tient dans la durée sans obligation explicite. C’est dans ce cas et seulement dans ce cas que nous pourrons affirmer qu’électoralement au moins, une femme et un homme c’est un(e) citoyen(ne) comm(e) un(e) autre ! Il est à noter que sur ce point également, les relations hommes/femmes ne posent pas les mêmes problèmes en fonction des générations.

Conclusion

Un de mes commentateurs avait qualifié (avec un brin d’ironie) de révolution bruyère ce que je décrivais en Iroise. Or sur notre terre parfois bien rude, ce qui s’est passé aux législatives est exemplaire car non seulement nous avons réussi à envoyer un député qui représente la gauche de Brest Rural au parlement, mais la contestation et l’évolution qui en découlent se font de façon positive sans casse majeure. Voilà un dernier message positif adressé cette fois à tous ceux qui traceront le contour idéologique de notre prochain congrès.

François Hollande est le pivot qui doit faire enfin entrer la France dans le XXIème siècle : reste à conquérir l’espace qui s’ouvre !

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