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Le parti socialiste, les verts, l’écologie et le nucléaire

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La vidéo de l’intervention de François Hollande à France 2 nous montre une fois de plus un candidat tout à la fois pugnace et responsable, alerte et précis dans ses réponses.

Voilà qui est fort loin de l’image donnée par Nicolas Sarkozy au G20, un Sarkozy éteint, hésitant et presque hagard. Cette piètre prestation est peut-être la raison pour laquelle l’annonce du deuxième plan de rigueur UMP en trois mois a été faite par François Fillon et non Nicolas Sarkozy alors que ce dernier se précipite d’habitude à la tribune dès que l’occasion se présente, y compris lorsqu’il s’agit  d’un chien écrasé. Nico-fait-tout considérerait-il le pilotage d’une crise équivalente à celle de 1929 comme un point très secondaire ?

Mais le propos de mon post du jour n’a pas de rapport avec le gouvernement sarko-fillon : je souhaite en effet revenir sur la séquence de François Hollande à propos du nucléaire (à 7’40s de cette vidéo) :

Les écologistes ont une position claire et appuyée sur le nucléaire : ils veulent en sortir immédiatement (ou plus exactement à marche forcée en 25 ans), coûte que coûte. C’est leur droit le plus strict, comme c’est leur droit de défendre cette position devant les Français.

Le PS, et ici François Hollande, a également une position claire que nous voulons nous aussi appuyer et défendre devant les Français. Nous savons parfaitement quels sont les problèmes posés par le nucléaire et c’est pourquoi nous voulons en sortir. Mais pas à n’importe quel prix, pas n’importe comment. Contrairement aux écologistes, nous prenons en considération à la fois les écosystèmes et les sociétés humaines. Contrairement aux écologistes nous ne considérons pas les sociétés humaines comme un élément second qui passe après dame nature. C’est là notre immense différence. Alors oui sur ce sujet, nous prenons résolument le chemin de la sortie du nucléaire, mais sur l’exemple précis de l’EPR de Flamanville, nous prenons aussi en considération les investissements déjà faits, les besoins plus que criants en matière d’électricité, et ceci au  même titre que les risques induits par cette technologie. Je préfère donc me battre pour fermer les centrales les plus vieilles dès l’ouverture de Flamanville, que de me battre pour ne pas finir de construire cette centrale. Parce que c’est l’intérêt des citoyens Français qui nous demandent de trouver le meilleur compromis entre leurs besoins en électricité et les risques industriels.

Que cela soit clair et que les écologistes le comprennent : le PS a désormais une pensée autonome en matière d’écologie. Cette pensée est du point de vue des buts à atteindre, tout à fait compatible avec celle d’EELV, mais en matière d’outil pour atteindre ces buts, nous différons d’eux. Les sociaux-démocrates ont plus l’habitude de la négociation et du compromis que les écologistes, et il me semble pour cela bon de se montrer patients et compréhensifs même lorsque certains militants d’EELV s’enflamment sur ce sujet. Ceci dit le compromis n’est pas la compromission, et une alliance électorale doit se faire sur des bases saines, idéologiquement et électoralement.

Nous allons retourner devant les électeurs pour gagner la présidentielle et la législative. Nous irons donc avec un programme auquel nous croyons, et un programme compréhensible et acceptable. J’habite une circonscription en bout de ligne ERDF, dans une région déficitaire en énergie. Je me vois mal faire une campagne en expliquant aux électeurs que l’on va développer une politique industrielle énergétique qui sera plus coûteuse pour moins d’énergie produite. Une politique qui empêchera le développement de la voiture électrique, une politique qui mènera à des coupures du réseau. Non, je veux leur dire que je souhaite sortir du nucléaire, que cela prendra le temps qu’il faut, et qu’en attendant nous développerons et implanterons toutes les solutions les plus sures et les plus performantes pour qu’ils puissent continuer à avoir du courant à moindre coût (voire dès que ce sera possible, que la partie minimale d’électricité vitale pour chaque foyer soit accessible gratuitement).

Voilà le programme que je défendrai, avec les écologistes je l’espère, en tous cas avec tous ceux qui veulent concilier les impératifs collectifs des citoyens et les contraintes des écosystèmes.

_________

Quelques références :

6 thoughts on “Le parti socialiste, les verts, l’écologie et le nucléaire

  1. Isabelle Demo on said:

    Chacun voit midi à sa porte…

    Les défenseurs du nucléaire affirment que cette énergie est à un prix très compétitif. Mais combien coûte le démantèlement d’une centrale nucléaire trop vieille, le traîtement des déchets radioactifs, les assurances, les réparations d’un éventuel accident, etc ?
    1/ L’énergie nucléaire est-elle si peu chère ?
    2/ Combien coûte la fermeture d’une centrale nucléaire ?

    1/ L’énergie nucléaire est-elle aussi peu chère que certains le prétendent ?
    Dans les années 50, le général Eisenhower avait prophétisé que l’énergie nucléaire allait fournir à l’humanité une énergie gratuite en quantité illimitée.

    Il a fallu déchanter : les coûts d’exploitation sont plus importants qu’on ne l’avait d’abord imaginé.

    Le nucléaire a pourtant gardé la réputation d’être peu coûteux. Or, s’il semble compétitif, c’est uniquement parce qu’on ne prend pas en compte ses coûts réels.

    De très nombreux coûts ne sont pas intégrés dans le calcul du prix du kilowattheure nucléaire :
    • les investissements énormes de la mise en place de la filière
    • le coût futur du démantèlement, c’est à dire de la fermeture des centrales nucléaires trop vieilles
    • le coût total de la gestion à long terme des déchets nucléaires, qui reste inconnu
    • le coût des exercices de crise, la distribution de pastilles d’iode, la protection des centrales, etc. qui sont caractéristiques de cette industrie
    • les assurances, pour lesquelles le nucléaire bénéficie d’un régime exceptionnel dérogatoire,
    • le coût éventuel d’un accident grave

    « L’électronucléarisation de la France a commencé en 1974 à l’occasion de la crise pétrolière, alors qu’aux Usa notamment les industriels étaient perplexes sur la rentabilité de la filière. Aujourd’hui le nucléaire français s’appuie toujours sur quatre illusions : la rentabilité, l’indépendance énergétique, le recyclage et la maîtrise total du risque.

    Ces dernières années, l’industrie nucléaire a misé sur la lutte contre le changement climatiques pour amorcer un retour de la filière, et quelques leaders politiques ont cru que c’était une bonne idée… Si EDF aujourd’hui annonce un cout moyen de production du KW.h électrique à 2.7 c€, le futur réacteur nucléaire EPR fait monter la facture à 5,5 c€ le KW.h (source officielle EDF)… »
    source : http://energie-verte.blogspot.com/2009/04/nucleaire-pas-rentable.html

    2/ Combien coûte la fermeture d’une centrale nucléaire ?
    Qu’advient-il quand, après plusieurs décennies de fonctionnement, il faut fermer une centrale ?
    Aussi incroyable que cela paraisse, lors de la conception des centrales, les constructeurs ne se sont pas souciés de prévoir leur démolition.
    Aujourd’hui, même si quelques chantiers de démantèlement ont commencé en France, les ingénieurs ne savent pas encore totalement comment ils vont s’y prendre.
    20 ans sont prévus pour le démantèlement total de chaque réacteur.
    Mais le démantèlement est dangereux car la plupart des matériaux qui constituent la centrale elle-même sont devenus radioactifs.
    • Les déchets à très faible activité sont rassemblés dans un site de stockage à Soulaines, depuis 2003. Mais ce site ne suffira pas à accueillir les énormes volumes de matières irradiées que représente un bâtiment tel qu’une centrale.
    • D’autre part, les opérations de démantèlement présentent des risques importants pour les travailleurs, qui sont souvent exposés dans des zones très irradiantes.
    Le démantèlement coûte cher.
    Au total, la note annoncée pour démanteler les 58 réacteurs EDF est de 15 milliards d’euros, mais le chiffre réel risque d’être au moins cinq fois plus élevé. Qui va payer ?

    site: nucleaire-nonmerci.com

    Combien va coûter en humains -surtout- et en sous, la catastrophe de Fukushima???

    (Attention à ne pas être une victime consentante du lobby pronucléaire…)

  2. Merci tout d’abord de cette réponse posée et circonstanciée.

    Ce que vous dites ici est pertinent, mais encore une fois, le choix politique énergétique n’est pas fondé que sur un aspect, c’est un compromis (au moins) entre le coût (que vous évoquez largement), le risque (Fukushima en est un exemple) et le besoin.

    Le cas de l’EPR est en plus un peu particulier parce qu’il est déjà en construction et que nous avons déjà largement consommé de l’argent. Mais c’est un bon cas d’école. Nous allons ouvrir cette centrale, et comme nous voulons aller vers la sortie du nucléaire, il faut faire l’effort de fermer les plus vieilles, les plus risquées, les plus coûteuses. Par contre, cela signifie aussi que la puissance électrique mise en production ne suffira pas, donc il faut nécessairement investir dans d’autres énergie. Le cas du Finistère nord est un bon terrain de réflexion. Par quoi comble-t-on ce déficit ? Des éoliennes terrestres : nous en avons déjà pas mal et elles ont leurs détracteurs. Une centrale au gaz : une est prévue à Guipavas est cela ne soulève pas l’enthousiasme sans oublier que côté bilan carbone ce n’est pas terrible. Du solaire : des efforts sont faits et l’efficience n’est pas extraordinaire ici. Reste l’hydrolien et l’éolien offshore : de mon point de vue c’est vraiment une piste d’avenir et il faut faire les efforts pour que cela marche, mais ce n’est pas pour demain matin.

    A court terme, on n’a que peu de vraies solutions, il faut faire des compromis. Le devoir du politique est de faire et d’assumer ces compromis, de prendre le risque de se tromper, mais d’annoncer ce qu’il veut, de dire pourquoi et de soumettre ce choix à la décision des citoyens. C’est ce que nous faisons.

  3. Et en ce qui concerne le démantèlement d’une centrale nucléaire, les bretons sont bien placés pour savoir ce qu’il en coûte : http://fr.wikipedia.org/wiki/Site_nucl%C3%A9aire_de_Brennilis

  4. Selon les informations données par EDF en juillet 2011, l’EPR serait mis en service commercial en 2016 (en fait c’est décembre 2016) pour un coût de construction de six milliards d’euros.

    Le coût de 5,5 centimes le kWh pour l’électricité de l’EPR est largement dépassé, car l’EPR ne coûterait pas (s’il était achevé) trois milliards comme compté en 2008-2009 mais six milliards.

    Sur cette base, le coût de l’électricité est maintenant évalué à 8,1 centimes le kWh (81 euros le MWh).

    Lire le document : http://energeia.voila.net/nucle/reacteurs_trop_chers.htm

    Citation :  » Le coût serait de 81 euros par MWh pour l’EPR de Flamanville construit pour EDF. Ce réacteur nucléaire devait coûter 3,3 milliards d’euros à construire et produire de l’électricité pour 46 euros le MWh (mégawatt-heure), soit 4,6 centimes le kWh (kilowatt-heure), selon une brochure EDF d’octobre 2006, reprise en juillet 2008. En juillet 2010, le coût de construction de l’EPR devient quatre milliards d’euros.

    Le coût de l’électricité de 60 euros/MWh en 2009/2010 se décompose en un coût du capital de 70% (soit 42 euros) et de 30% pour le reste (soit 18 euros). Avec un coût de construction de six milliards annoncé en juillet 2011 (au lieu de 4 Mds d’euros), pour une mise en service en 2016, le coût du capital devient 63 euros dans le coût du MWh, soit un coût total de 81 (63+18) euros/MWh, ou de 8,1 cts/kWh. Ceci est le coût de production à la sortie de la centrale électrique, auquel il faut ajouter d’autres coûts (transport, distribution …) avant d’obtenir le prix visible sur sa facture EDF.  »

    Et l’on sera surpris, à la lecture d’autres articles, de constater que l’électricité d’origine éolienne est moins chère que celle qui pourrait sortir de l’EPR et surtout qu’il en sera de même dès 2016 pour la plus grande partie de l’électricité photovoltaïque, chez nous, en France.

    Alors, mieux vaut passer par pertes et profits le chantier EPR et ne pas persister dans l’erreur.

    EDF a déjà dépensé beaucoup plus avec ses investissements hasardeux à l’étranger.

    Pour produire de l’électricité, il y a aussi la géothermie (qui démarre bien en Allemagne), la cogénération chaleur / électricité avec la biomasse (optimale en hiver), le solaire thermodynamique avec stockage de l’énergie (comme en Espagne, valable dans le sud de la France), le biogaz … Donc une bonne partie de génération d’électricité mobilisable à la demande. Sans oublier l’hydraulique grande et petite avec les STEP.

  5. 2/ Combien coûte la fermeture d’une centrale nucléaire ?
    Qu’advient-il quand, après plusieurs décennies de fonctionnement, il faut fermer une centrale ?
    Aussi incroyable que cela paraisse, lors de la conception des centrales, les constructeurs ne se sont pas souciés de prévoir leur démolition.
    Aujourd’hui, même si quelques chantiers de démantèlement ont commencé en France, les ingénieurs ne savent pas encore totalement comment ils vont s’y prendre.
    20 ans sont prévus pour le démantèlement total de chaque réacteur.
    Mais le démantèlement est dangereux car la plupart des matériaux qui constituent la centrale elle-même sont devenus radioactifs.
    • Les déchets à très faible activité sont rassemblés dans un site de stockage à Soulaines, depuis 2003. Mais ce site ne suffira pas à accueillir les énormes volumes de matières irradiées que représente un bâtiment tel qu’une centrale.
    • D’autre part, les opérations de démantèlement présentent des risques importants pour les travailleurs, qui sont souvent exposés dans des zones très irradiantes.
    Le démantèlement coûte cher.
    Au total, la note annoncée pour démanteler les 58 réacteurs EDF est de 15 milliards d’euros, mais le chiffre réel risque d’être au moins cinq fois plus élevé. Qui va payer ?

    +1

  6. La Bretagne est bien placée pour savoir quelle est la complexité de démontage d’un réacteur avec le site de Brennilis.

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