Bloggy Bag
twitter facebook rss

Le rose et le vert ne sont pas des couleurs complémentaires

Lis moi avec webReader

Il y a eu hier soir une réunion PS à Milizac réunissant les militants des différentes sections de la troisième circonscription du Finistère. L’ordre du jour aurait dû être le choix du candidat à la législative de 2012, mais étant donné qu’administrativement cette candidature est bloquée par l’accord EELV-PS, la réunion n’a pas permis de nous choisir un candidat. Rappelons pour ceux qui reviendrait d’un long voyage extra-terrestre, que cet « accord sur les désaccords » est condamné par 71% des sympathisants de gauche et la quasi totalité des militants d’Iroise.

La réunion a commencé sur une introduction du premier fédéral expliquant les milles et une raisons électoralistes qui justifient notre absence de participation à la législative. Même s’il y a fort à dire sur ces « justifications », le décalage entre cette position administrative d’un côté et les attentes et enjeux de l’autre est tellement énorme, que je ne prendrai pas la peine de les commenter ou les réfuter.

Plus intéressants ont été les échanges suivants. Il apparaît d’abord clairement qu’une disparition de l’accord soulagerait tout le monde, sans exception. Je n’ai pas détecté de volonté interne cherchant à déstabiliser le PS en Iroise. La plus grande divergence étant en fait liée au résultat attendu et deux positions s’affrontent :

  1. La minorité « légaliste » justifie sa position par le fait qu’une alliance avec les verts est nécessaire pour gagner la présidentielle.
  2. La majorité « contestataire » justifie sa position par le fait qu’une alliance avec les verts est de peu d’utilité pour la présidentielle mais surtout risque fort de nous empêcher d’avoir une majorité solide pour gouverner ensuite.

Dans les faits, sur beaucoup de points idéologiques saillants, non seulement nos choix sont différents de ceux d’EELV, mais qui plus est, ils sont en opposition radicale. C’est bien pourquoi EELV a annoncé qu’ils ne participeraient pas à un gouvernement, c’est bien pourquoi il faut en conclure que les députés EELV que le PS aura contribué à faire élire à ses dépends, voteront contre notre politique, contre le mandat que nous aurons donné les électeurs.

L’absurdité masochiste de la situation imposée par Solférino a abouti au rejet plus que massif de la proposition du premier secrétaire d’associer un suppléent PS au candidat EELV-UDB. EELV ira donc sans nous à la bataille dans la troisième circonscription.

La possibilité de soutenir un candidat DVG hors PS a également été évoquée. Quoi que l’avenir nous réserve, il apparaît cependant que cette candidature ne recevra pas non plus le soutien officiel du PS finistérien. Je suis pour ma part également réservé sur cette idée :

  1. Pour gagner contre l’UMP il faut à mon sens réunir deux conditions qui sont un engagement total des militants socialistes et avoir la maîtrise des canaux numériques. Une candidature non officielle peut éventuellement être optimale pour ce qui est d’internet, mais pas sur l’engagement total si la fédération PS ne suit pas.
  2. D’ici la clôture officielle des candidatures, il y a de fortes chances que l’accord sur les désaccords finisse par se résumer à ses seuls désaccords, et donc qu’il soit abandonné. Le plus tôt sera le mieux mais si nous soutenons à demi-mots une candidature DVG il sera compliqué de se ré-engager complètement dans un processus simple et clair dument estampillé PS. A minima, il faut que le candidat DVG soit clair sur ce qu’il fera dans ce cas.

Au final, la seule vraie question qui apparaît est de savoir si, ayant acté massivement du rejet de cette situation, nous pouvons ou non nous contenter de faire bonne figure en laissant les verts gérer leur sort, et en nous disant qu’il y aura d’autres élections où nous pourrons être nous-même et défendre nos idées et nos électeurs. La réponse majoritaire semble être oui, ma position personnelle était de dire clairement non.

Pourquoi ?

Nous ne sommes pas dans une époque lambda. Nous sommes à un moment de l’histoire de l’humanité où jamais les risques n’ont été aussi grands. Et ce n’est pas un effet de manche rhétorique. Nous sommes maintenant certains de devoir activement agir sur le climat si nous ne voulons pas disparaître. Nous sommes certains de devoir gérer à court terme la fin de l’ère pétrolière au profit d’une énergie qui est très probablement l’électricité. Nous sommes certains d’être dans une situation démographique explosive, d’autant plus explosive que nous avons vu ce que pouvaient donner la non-maîtrise des événements démographiques dans le bassin méditerranéen (les fondamentaux natalité, alphabétisation et structure familiale ne sont pas identiques mais il y d’étranges échos modernisés). Enfin, la numérisation accélérée de nos vies va induire des vertiges psychologiques et philosophiques radicaux. Nous ne pouvons pas nous contenter de bouder, de délayer. Nous devons agir, prendre nos responsabilités, qui sont écrasantes.

L’époque n’est pas aux lâches, aux gestionnaires, aux tacticiens. Si EELV portait une politique capable de nous aider à affronter ces défis, alors nous pourrions les soutenir. Ils ne le sont pas, et pour notre avenir et celui de nos enfants, il est de notre devoir d’aller défendre notre vie.

3 thoughts on “Le rose et le vert ne sont pas des couleurs complémentaires

  1. Comme quoi on peut être d’accord avec certains écologistes : http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2011/12/07/non-au-marchandage-electoral-nous-demissionnons-deelv-227307

    Extrait :
    « Relations schizophréniques avec le Parti socialiste

    Alors qu’on nous appelle au rassemblement, la démarche de la direction apparaît de plus en plus incohérente, contradictoire et électoraliste.

    A cela s’ajoute la confusion des orientations politiques entre notre candidate Eva Joly, que nous soutenons et en qui nous avions beaucoup d’espoirs, et nos responsables nationaux, à qui la tribune médiatique donne toute la place, laissant ainsi surgir de plus en plus de stratégies personnelles, d’incohérences et de contradictions dont nous refusons d’assumer la responsabilité puisque nous ne les partageons pas, pis nous les refusons avec force et détermination.

    Nous savons que nous sommes nombreux et nombreuses à partager ce constat désastreux.

    Nous avons pris conscience que la force de l’écologie politique, qui nous avait amené à faire confiance à EELV, est abandonnée au profit de manœuvres d’appareil et de relations schizophréniques avec un Parti socialiste qui nous méprise, nous ridiculise et veut nous mettre sous tutelle. Mais nous le disons avec force, nous ne sommes pas des supplétifs, et nous ne serons jamais ni des collaborateurs, ni des godillots ! « 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Submitted in: Actualités, Info politique, Législatives 2012 | Étiquettes : , ,