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Les ateliers du changement à Brest

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J’étais jeudi soir à l’atelier du changement de Brest, rencontre organisée par le PS avec des citoyens, militants, sympathisants ou simplement des gens ayant eAteliers du changement Brestnvie d’échanger sur la politique.

L’exercice rappelle quelque peu les tentatives de « débat participatif » mis en place lors de la campagne présidentielle de 2007. Ce genre d’exercice est tout à la fois nécessaire, périlleux et jusqu’ici insatisfaisant.

Nécessaire car malgré tout ce qui est répété à l’infini, telle une antienne usée jusqu’à la corde, les Français s’intéressent à la politique, ils aiment débattre, et lorsqu’on leur en donne la possibilité, ils viennent volontiers et nombreux. La salle comble de jeudi soir le démontre d’ailleurs sans ambiguïté, tout comme les demandes pour s’exprimer, interpeler, questionner et parfois aussi critiquer. Alors oui ces rencontres avec les citoyens non-militants sont une excellente chose, oui elles représentent un lien précieux entre eux, les partis, et dans notre cas, les élus aux commandes du pays.

Périlleux également car en dehors d’une période électorale et dans le cas d’un parti au gouvernement, on s’expose à des critiques voire des attaques. Et alors ? La période entre deux élections n’est pas un long trou noir où le lien avec la population se réduit à l’application des lois que l’on fait voter. La critique peut parfois être injuste, dans une démocratie elle est toujours légitime. Par ailleurs, il me semble que le courage est une vertu importante pour les citoyens et qu’ils nous regardent avec d’autant plus de respect que nous montrons du courage dans les difficultés, de l’humilité lorsque nous les rencontrons, et de la sincérité vis-à-vis d’eux et de la réalité. J’en veux d’ailleurs pour preuve les échanges de jeudi où les intervenants n’ont pas hésité à nous rappeler leur attente, leur impatience, leur préoccupations et leurs difficultés journalières. Il n’y avait pourtant pas d’hostilité, pas d’outrance. C’est à mes yeux une vraie marque de confiance : le PS a gagné le droit de gouverner au nom des Français, mais en l’occurrence ceux qui étaient là jeudi ont vu qu’il cherchait aussi et surtout à avancer avec eux.

Insatisfaisant enfin, car l’exercice a ses limites. En 2007 les débats participatifs avaient suscité l’intérêt mais au final n’avaient accouché de rien de décisif, n’avaient pas permis de gagner l’élection. Et c’est normal. Ces débats sont par nature intellectuels. Il s’agit de proposer et de débattre autour d’idées. Mais ce mode ne convient pas à tous les citoyens, voire, il ne convient qu’à une ultra-minorité de citoyens. Espérer faire émerger une idée politique sur l’économie ou la décentralisation de l’État à partir de ces rencontres tient plus de l’espoir du joueur de loto que de la réflexion rationnelle. L’intérêt n’est donc pas celui là. Pourtant je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle l’engagement étonnant des citoyens, tout particulièrement en Finistère. Si très peu finalement d’entre nous se sentent prêts à s’engager dans la réflexion, a contrario nombreux sont ceux qui s’engagent avec force dans l’action. Faire, coopérer plutôt que débattre, tel me semble être le maillon qui manque encore pour que les efforts du PS aillent au bout de l’innovation politique.

Avec les travaux en court sur la rénovation du fonctionnement de l’État (ce qui fut un temps appelé acte III de la décentralisation), nous avons une opportunité de prendre à notre compte cette attente d’action. La République 2.0 que j’appelle de mes vœux peut commencer à naître et à se développer à partir de la rencontre de ces attentes d’action des citoyens et de la nécessité de redéfinir la distribution des pouvoirs au sein de la République. D’autres ateliers sont prévus, il me semble que ce thème peut y être aborder, et que peut-être cela pourrait me faire mentir pour aboutir à une totale satisfaction de ces rencontres avec les Français.

 


Questions-réponses avec Harlem Désir à l… par PartiSocialiste

2 thoughts on “Les ateliers du changement à Brest

  1. Ecrire aux gens directement en charge du dossier, écrire aux députés et sénateurs amis, écrire, écrire…. silence.

    « Les Elus et les gens de pouvoir ont trop de sujets à traiter pour répondre, aussi je jette ma bouteille à l’eau du Port-Louis (56)

    Les Banques Alimentaires qui approvisionnent les circuits de distribution des produits alimentaires de première nécessité pour les plus pauvres d’entre les pauvres, n’ont plus les ressources pour faire leur job et demandent 0, 10 à 0,15 € /kg pour les produits distribués.

    Quand l’association de distribution n’a comme richesse que les bras de ses bénévoles, elle se retourne vers les bénéficiaires.

    Demander de l’argent à ceux qui n’en ont pas assez pour vivre de façon décente, c’est une première.

    Certains n’hésitent pas à parler de «responsabilisation des pauvres» sans mesurer la dimension de leur mépris.

    Cette démarche ne peut être acceptée par les gens que les règles de vie en « société bonne » (Ricoeur) ne laissent pas indifférents. »

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr/

  2. Merci Maurice-Alain. On retrouve bien dans ton message ce que je disais dans mon post. Les gens veulent faire et font les choses, ils s’impliquent sans se poser de questions philosophico-politiques. Mais oui, hélas, l’implication parfois ne suffit plus lorsque les manques sont trop criant et l’appel à l’action publique, aux élus est alors la solution.
    Lorsqu’un atelier se tiendra près de chez vous, allez-y, témoignez sur ce que vous faites, et demandez le soutien sur ce qui vous manque.

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