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Quelle semaine !

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Il y a des semaines politiques plus agitées que d’autres et, en dehors du rendez-vous européen dont la trame est devenue pour les Français aussi excitante que les Feux de l’Amour, nous n’aurions normalement pas dû avoir de quoi nous distraire en matière d’actualité politique.

C’était sans compter sans la maladresse du rédacteur du discours de François Hollande au congrès des maires, maladresse qui a immédiatement enflammé l’espace numérique et a nécessité 48h d’efforts pour rétablir les choses et le fond de la pensée présidentielle : le mariage pour tous entrera bien en vigueur et sera mis en œuvre dans toutes les mairies de la République, conformément à l’esprit et aux textes républicains.

Plus spectaculaire encore et cette fois dans la veine de la critique satyrique des Simpson, nous avons eu droit également à l’ubuesque feuilleton de l’élection du président de l’UMP. Je ne commenterai pas l’écume de cet événement (de nombreux autres s’en sont déjà donné à cœur-joie), je me contenterai de souligner la difficulté, presque le paradoxe, de l’exercice démocratique dans la désignation d’un chef au sein de notre système politique actuel. Une telle désignation par un vote libre et honnête s’avère être complexe (on l’a vu dans le passé au sein du PS qui pourtant est par nature un parti de débat démocratique), mais dans le cas de l’UMP, c’est sans doute une illusion, voire un contre-sens. Ce parti met d’abord en avant des valeurs d’autorité, de force, valorise celui qui abat ses adversaires, ce qui ne va pas dans le sens du débat démocratique apaisé et du choix électoral raisonné. Le PS a sur ce terrain une avance considérable sur la droite car nous avons prouvé pouvoir mettre en phase notre représentation idéalisée de la politique avec le processus de désignation de certains de nos élus. Il nous faudra encore beaucoup batailler pour prolonger et développer l’exercice qui a été mené lors des primaires présidentielles (et localement lors de la désignation des nouvelles instances fédérales), mais au moins savons-nous que c’est possible et que c’est bien ce qu’attendent nos électeurs.

L’autre point sur lequel je voulais intervenir à propos de la fracture à l’UMP, concerne les conséquences en terre d’Iroise. Que la fracture de l’UMP amène ou pas à une scission, nulle doute que cela aura des répercutions locales marquées dans un territoire où il existe entre la gauche et la droite un espace pour les « étiquettes politiques non-marquées ». Déjà lors des dernières élections législatives, la candidate UMP Marguerite Lamour nous rappelait son passé au CDS et n’hésitait pas à citer Jaurès. Je doute fort que pour les prochaines campagnes, en particulier pour les municipales et les sénatoriales, elle et les autres candidats de son camp insistent avec force sur leurs liens actuels avec l'(ex?)-UMP.

Il est assez probable que ceux qui se sont inscrits dans la dérive droitière défendue par Copé iront renforcer les rangs du front national local, qui jusqu’ici et bien que progressant, n’avait à proposer comme lors des dernières législatives, que des candidats fantômes. Il n’est pas impossible que cette fois que le FN marque de sa présence « décomplexée » quelques conseils municipaux en Iroise.

La droite plus modérée va elle avoir un vrai dilemme à résoudre : rejoindre l’UDI naissante (avec le risque qu’elle soit en fait évanescente), le MODEM (peu probable à moins de se renier) ou se trouver une place sous une étiquette plus ou moins locale.

Le vrai enjeu de la politique sur notre territoire est de savoir quel sera le choix des candidats qui jusqu’ici n’affichaient pas une appartenance très visible. Le combat qu’a mené le PS lors des législatives va à mon sens peser de tout son poids. En effet, à l’époque nous avions dû faire un choix complexe et courageux entre justement une position nationale du parti qui posait problème et une position locale qui respectait à la fois les idées défendues et les attentes des gens d’ici. Et nous avons réussi à faire élire une personnalité locale, Jean-Luc Bleunven, qui bien que de sensibilité de gauche, n’avait justement pas l’étiquette PS. Nous sommes totalement en phase avec la réalité politique d’Iroise, ce qui nous a permis d’ailleurs de réussir ce que certains considéraient comme impossible.

Les futurs candidats non encartés aux municipales peuvent nous faire confiance alors qu’à l’évidence, le spectacle donné à l’UMP n’inspire que des sentiments de rejet voire de dégoût. Je militerai pour que nous soyons digne de cette confiance et pour que nous trouvions un équilibre entre nos alliés traditionnels à gauche et les personnalités politiques d’Iroise qui seront prêtes à travailler en bonne intelligence avec nous pour servir au mieux nos concitoyens et leur construire un avenir meilleur.

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