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Théorie sur les manifs d’un mauvais genre

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Manif-pour-Tous-Cope-n-accepte-aucune-collusion-avec-l-extreme-droite_article_popinEn pleine campagne électorale, j’ai autre chose à faire que de publier sur les dernières imbécilités du moment, mais je vais quand même prendre quelques minutes ce matin.

Tout d’abord, même si c’était sans doute une idiotie de vouloir théoriser sur les différences sexuées et culturelles à l’école primaire, la manipulation de groupes réactionnaires qui s’en est suivie est abjecte. En qualité de militant socialiste, je me bats pour que la connaissance soit apportée à chacun, pour offrir la liberté de penser par soi-même, pour l’émancipation. Loin des accusations de relativisme, j’affirme avec force qu’il y a des choix meilleurs que d’autres, et que ces choix sont ceux qui sont faits en connaissance de cause par chacun d’entre-nous dans le respect bien compris de l’autre. En matière de modèle familial, si votre choix est celui librement réfléchi de la famille religieuse amish, alors c’est le bon. Si c’est celui librement réfléchi d’une communauté de biens, alors c’est le bon. Si c’est celui du couple homosexuel, alors c’est le bon. Si c’est votre choix libre & éclairé et non celui d’un héritage subit ou d’un bourrage de crâne, alors c’est le bon.

Je me battrai pour que vous ayez les moyens de comprendre et de faire ce choix, je n’ai pas à me battre pour vous imposer le mien, quelle que soit mon opinion sur ce choix du moment qu’il est libre, éclairé et respectueux.

Dans ce cadre, le recul du gouvernement Ayrault suite à la dernière manifestation est une faiblesse aussi coupable qu’inacceptable. Je ne peux en aucune manière soutenir un ministre qui se soumettrait à la pression de la partie la plus réactionnaire de la société française.

Derrière ce débat, il y a aussi la question de  la Procréation Médicalement Assistée ainsi que celle de la Gestation Par Autrui. Ces sujets sont complexes mais surtout ils touchent notre référentiel mental, c’est-à-dire la partie de nous qui construit notre identité. Les réactions sur le mariage pour tous étaient motivées par l’idée fondatrice chez certains, que le couple ne pouvait être constitué que d’un homme et d’une femme, quitte à fermer les yeux lorsque ce n’était pas le cas. Bien après beaucoup de pays, la France a ouvert les yeux et acté sur la réalité en donnant une définition réaliste du mariage.

Qu’on juge cela bon ou pas, que l’on soit contre ou pour, tôt ou tard il faudra acter également du fait que la PMA existe déjà aujourd’hui (illégalement) en France et légalement à nos frontières et qu’on ne peut s’y opposer. Vous pouvez bien fermer les yeux aussi fort que vous voulez, il est aujourd’hui relativement simple pour une femme d’avoir un enfant via la PMA. Ne pas l’encadrer revient à encourager des pratiques potentiellement mafieuses. Au nom du conservatisme, ne pas l’encadrer revient à instituer cyniquement l’immoralité de la société.

Il en est de-même pour la GPA avec un degré de complexité supplémentaire. Aujourd’hui, un enfant peut être issu de la contribution de trois femmes et de deux hommes. Après sa naissance, la thérapie génique complexifie encore le problème de l’identité biologique puisque par nature, les gènes introduits ne sont pas ceux de l’individu concerné. Les progrès médicaux rajoutent un niveau avec les greffes de vagin qui finiront tôt ou tard par être fonctionnelles. Là aussi il faut ouvrir les yeux, un enfant n’est pas forcément le fruit de l’union d’un homme et d’une femme dans le mariage.

Ce qui détruit aujourd’hui le mariage, c’est de maintenir des positions erronées très éloignées de la réalité. Je suis personnellement très attaché à cette idée, mais sous une forme qui a un sens par rapport à ce que sont les individus et la société du XXIème siècle.

Alors oui, notre époque nous oblige à nous reposer la question de qui nous sommes. Et non, il n’y a pas de réponse simple et évidente. Mais ce que je sais par contre de façon certaine, c’est que la réponse ne viendra pas des extrémistes et des fondamentalistes et qu’il faudra des hommes et des femmes éclairés et de conviction pour guider notre société vers un nouveau point stable.

2 thoughts on “Théorie sur les manifs d’un mauvais genre

  1. Tribune

    Pour en finir avec les idées reçues.
    Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre

    A l’initiative de l’Université de Strasbourg,
    des chercheurs et enseignants de l’Université de BREST réagissent.

    Depuis quelques jours, les élèves et les parents d’élèves sont harcelés de mails et de SMS provenant d’associations extrémistes qui propagent la rumeur selon laquelle, parce que « le genre » est introduit dans les programmes scolaires, leurs enfants seraient en danger à l’école. Non seulement cette manœuvre de déstabilisation des parents est révoltante (les enfants ont été privés d’école) mais de plus cette rumeur est totalement mensongère.

    NON, les enfants ne sont pas en danger. Non, il n’y aura pas de projection de films « sexuels » à l’école, et les garçons ne seront pas transformés en filles (et inversement).

    NON, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives. On n’est pas homme ou femme de la même manière au Moyen-Âge et aujourd’hui. On n’est pas homme ou femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie. On n’est pas homme ou femme de la même manière selon qu’on est cadre ou ouvrier. Le genre est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences.

    OUI, les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les stéréotypes de sexe, car l’école, le collège, le lycée sont le lieu où les enseignants promeuvent l’égalité et le respect mutuel, où les enfants apprennent le respect des différences (culturelle, sexuelle, religieuse).

    OUI, l’école est le lieu où l’on permet à chacun, par les cours de français, d’histoire, de SVT, d’éducation civique, d’éducation physique, de réfléchir sur les conséquences néfastes des idées reçues et d’interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés aux cris de « pédés » dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde.

    Les études de genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et le CNRS, et elles ont des utilités nombreuses dans l’éducation et la lutte contre les discriminations : ces études et ces travaux existent à l’université depuis longtemps. Nombreuses sont les académies et Universités de France à organiser des journées de formation ou des cours sur cette question à destination des professeurs et des étudiants de sociologie, de sciences de l’éducation, d’anthropologie, de biologie, etc. Des séances de sensibilisation aux questions d’égalité entre les sexes sont intégrées dans le parcours de formation des enseignants du primaire et du secondaire.

    « Vati liest die Zeitung im Wohnzimmer. Mutti ist in der Küche. » (Papa lit le journal au salon. Maman est à la cuisine). Voilà comment les petits Alsaciens apprenaient l’allemand, à travers les aventures de Rolf et Gisela, dans les années 1980. Réfléchir sur le genre, c’est réfléchir sur les effets de ce type de messages.

    En permettant aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles permettent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.

    Premiers signataires de l’Université de Strasbourg :
    1. Sandra Boehringer, maîtresse de conférences, Faculté des Sciences historiques, Université de Strasbourg
    2. Philippe Clermont, maître de conférences, École Supérieure du Professorat et de l’Éducation, Université de Strasbourg
    3. Jean-Pascal Gay, maître de conférences, Faculté des Sciences historiques, Université de Strasbourg
    4. Estelle Ferrarese, professeure, Faculté des Sciences Sociales, Université de Strasbourg
    5. Céline Petrovic, chargée d’enseignement, Faculté des Sciences de l’Éducation, Université de Strasbourg
    6. Sylvie Monchatre, maître de conférences, Faculté des Sciences sociales, Université de Strasbourg
    Voir les autre signataires à cette adresse : appel de Strasbourg

    Signataires de l’Université de BREST :

    1. Marie-Laure Deroff, maître de conférences, UFR Lettres et sciences humaines, Université de Bretagne Occidentale
    2. Yvonne Claudic-Guichard, maître de conférences, UFR Droit et sciences économiques, Université de Bretagne Occidentale
    3. Christèle Fraïsse, maître de conférences, UFR Lettres et sciences humaines, Université de Bretagne Occidentale
    4. Nicole Roux, maître de conférences, UFR Lettres et sciences humaines, Université de Bretagne Occidentale
    5. Gaïd Girard, professeure des universités, UFR Lettres et sciences humaines, Université de Bretagne Occidentale

  2. Silvia on said:

    Bravo tout est dit ! Je signe cette tribune. Les enfants doivent apprendre que les hommes rt les femmes sont egaux et meritent le même respect

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