Voter pour trancher

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Bruits et fureurs

Je ne me souviens pas qu’une élection présidentielle se soit passée dans un tel climat.

Deux candidats à droite et à l’extrême droite pris directement ou indirectement dans des affaires d’emplois fictifs aux détriments du contribuable, un candidat sortant d’un gouvernement de gauche et recomposant un parti de centre droit, deux candidats de gauche dont un veut tuer le parti historique alors que celui-ci a été sauvé par 2 millions d’électeurs et sympathisants, voilà le tableau confus de cette élection.

Outre le désordre politique, on constate un écart flagrant entre les scénarios annoncés par les sondages et les statistiques de recherche internet. Depuis des mois, on nous annonce que le front national sera au second tour alors que rien ne valide cette hypothèse dans les statistiques du web. Je rappelle qu’ayant utilisé une extraction pourtant simple sur les 4 derniers scrutins (ceux des primaires), ces statistiques ont toujours eu raison, parfois contre les résultats des sondages. Et pour l’instant, on constate que si Macron bénéficie d’un léger avantage en moyenne, les courbes des 4 premiers candidats se coupent très régulièrement. En clair il est très malhonnête d’annoncer un quelconque duel de second tour en l’état !

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Alors dans ce grand flou, que faire ?

Puisque certains Français ne semblent donner que peu de valeur à l’honnêteté et que l’art de la précision et du détail n’est pas une vertu cardinal dans une élection, allons à l’essentiel.

Voter FN, de n’importe façon que l’on tourne le problème, c’est voter pour un régime violent, coercitif qui a de grandes chance de mettre fin à la Vème République en la remplaçant par un régime très autoritaire et très peu démocratique. La cosmétique et le marketing peine à cacher les démons de ce parti. Si vous voulez m’envoyer en prison pour avoir écrit ces lignes, votez pour eux.

Normalement, l’alternance et l’insatisfaction des Français auraient du mener à un plébiscite pour la droite. La primaire a confirmé un fort élan avec un ancrage très puissant sur des positions dures et conservatrices. Hélas pour ces électeurs, le candidat choisi se révèle être un homme immoral et inconséquent dans son comportement politique. Là encore, la République n’aurait que peu de chance de survivre à l’élection d’un Président corrompu. La fin justifiant les moyens est peut-être suffisante pour gagner, en aucun cas pour gouverner un pays démocratique et éviter une crise institutionnelle ravageuse.

L’aventure Macron semble devoir se cristalliser autour d’une recomposition du centre droit, ce qui est finalement en phase avec le parcours d’un homme qui incarne dans cette élection le mieux le système aristocratique français. Le soucis est que ce parti est né du départ d’hommes ancrés et élus à gauche et qui devront composer avec une politique traditionnelle de droite et réformatrice à la marge d’un monde pourtant condamné. Politique qui est celle habituellement défendue par des hommes comme Bayrou qui incarne bien la bourgeoisie française. Comment trouver une majorité de gouvernement dans ce cas et comment réparer une République plus qu’usée sinon par un retour à la faiblarde IVème République ?

L’aventure Mélenchon ressemble parfois étrangement au parcours de Bayrou, éternel outsider et candidat récurrent de la présidentielle, mais également à celui de Macron dans la position de celui qui a été nourri par un système qu’il dit honnir. La providence liée à un homme est pourtant bien faible face aux idées portées par un groupe. On voit l’impasse est le tord qu’elle peut faire à la gauche, mais comment en sortir ? Problème d’égo…

Benoit Hamon est la surprise de gauche, comme François Fillon l’a été à droite. Mais contrairement à ce dernier, non seulement la réputation de Hamon ne pose pas de problèmes judiciaires, mais elle est en plus portée par un projet réellement en rupture et en phase avec l’époque et l’ambition de changement très fort. Le candidat issu des primaires de gauches a la légitimité pour lancer la refondation institutionnelle d’une VIème République et la mettre en œuvre de l’audacieux et révolutionnaire projet de Revenu Universel.

So what ?

On peut comprendre que les citoyens soient désorientés et que peu finalement voteront pour un candidat de cœur.

  • Mais alors faut-il voter pour une personne à l’évidence malhonnête parce que l’on est de droite ?
  • Ou pour un candidat flou parce que si c’est mou au moins cela ne devrait pas être trop douloureux ?
  • Doit-on voter pour un candidat en sachant que cela condamne la gauche ?
  • Ou doit-on voter pour le candidat dont le programme porte la plus grande rupture avec le système qui nous a mis dans la douloureuse impasse actuelle ?

Oui, je crois qu’il faut avoir le courage d’acter de la fin de ce monde, et même si personne n’est en mesure de dire précisément le chemin à suivre, il faut accepter de confier notre avenir à un homme qui a le courage de s’y engager. Et il ne s’y engage pas inconsidérément, ni seul instruit par les dieux. En bon rocardien, il s’y engage en fixant l’horizon mais en demandant à toutes les bonnes volontés de participer à la construction de ce chemin. C’est ensemble que nous avancerons dans un battement de cœur commun.

Regardons les faits :

  • Les Français rejettent la République actuelle. Alors il faut qu’une majorité donne un mandat clair pour la changer.
  • La numérisation du monde est en train de casser tous les anciens modèles, personne depuis 30 ans n’a su en finir avec le chômage alors que les robots et l’IA étaient balbutiants. Bill Gates nous dit qu’il faut taxer les robots, Elon Musk nous dit que le Revenu Universel est notre planche de salut. Alors il faut que les Français donnent un mandat clair pour changer le modèle social en tenant compte de la réalité économique.

Nous devons acter de la fin du monde tel que nous l’avons connu car tout nous dit que c’est fini. Si nous ne le faisons pas, si nous ne votons que pour des petites réparations, qui plus est contre notre âme et conscience, alors nous n’avons aucune chance d’avoir une transition réussie et aussi douce que possible. Par contre, si nous avons le courage de nous engager franchement dans la construction collective d’un nouveau monde, alors nous avons une réelle chance d’arriver à bon port avec le minimum de casse. Et dans cette élection, un seul homme porte des idées assez grandes pour cela, c’est Benoît Hamon.

4 pensées sur “Voter pour trancher”

  1. Mouai

    Je ne suis pas convaincu par Hamon. Je vous trouve bien sévère avec Macron. Mêm si son projet était de centre droit, ce qui ne me parait pas évident, lorsqu’on compare avec le projet novateur mais qui manque d’applicabilité, et flou (pour le coûp aujourd’hui c’est le projet Hamon qui est le moins charpenté et lisible il me semble)de Hamon, il faut bien choisir… Je me retrouve assez bien dans les positions de DelanoË ou de De Rugy.

  2. La réforme selon Macron c’est « la boîte à outils de Hollande » c’est à dire une série d’ajustements qui est censée améliorer le système actuel et le prolonge. Cela peut paraître rassurant, mais tout indique que ce système est en train de mourir.

    La réforme selon Hamon acte de la mort du système actuel mais est confronté à une situation difficilement vendable : si on sait globalement ou l’on veut aller, il n’existe aucune référence passée sur le comment. Si je dois faire un parallèle avec l’époque, Hamon c’est la startup qui a la bonne idée mais qui cherche son marché face à la grosse boîte vieille économie qui ne peut pas faire sa mutation.

    Pour le financement, Hamon ne fait pas assez appel aux mécanismes de l’économie numérique transposés à l’État. En allant chercher sur la longue traîne ou encore la valorisation du troc de services, on peut faire le pari de couvrir largement tous les besoins. Le problème est que c’est un pari.

  3. La vie a toujours été fondée sur un pari, qu’il s’agisse du pari de Pascal (et personne ne viendra jamais donner la réponse) ou d’options plus personnelles, quelles qu’elles soient.
    Un pari est toujours fondé aussi sur une certaine forme de confiance.
    Et j’ai confiance en Benoît Hamon, en son projet, plus qu’un projet, une vision cohérente de la société, capable d’unir, au lieu de diviser, comme on l’a toujours fait jusqu’ici, chacune de ses composantes, capable aussi de montrer la transversalité qui relie chacun des grands domaines politiques.
    Il est d’ailleurs le seul candidat à connaître parfaitement tous les dossiers, et donc à souhaiter un vrai débat, et non des bretteurs de foire.
    Et pour pouvoir déléguer, il faut à la fois être collectif, et connaître parfaitement ce que l’on délègue.
    Les interventions des uns et des autres ont montré que, justement, ils ne connaissaient rien ou presque, la palme en ce domaine revenant à Macron, pour qui on voudrait nous faire voter.
    Comment et avec qui gouvernerait Macron ? Avec des traîtres, de quelque camp qu’ils viennent ?
    Réaliser de vrais sondages coûte cher, et cet argent est réservé aux financiers. Les sondages électoraux ont pour objectif de dire à la gauche « surtout ne votez pas Hamon, il dérange.
    On peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas l’objectif de la candidature Macron, laminer la gauche, pendant que la finance s’organise en coulisses.

  4. C’est avec surprise que j’ai lu le premier commentaire : le seul projet charpenté, pour qui prend la peine de le lire, est bien évidemment celui de Benoît Hamon.
    Macron me rappelle certains élèves qui piochent à droite, qui piochent à gauche (c’est d’ailleurs le cas de le dire) sans se soucier de la cohérence et de la véracité de l’ensemble : comment en effet concilier amélioration du service public et suppression de 120 000 fonctionnaires ? Comment parler de classes à 12 élèves sans expliquer où on les hébergera ?
    Comment parler de justice sociale quand on supprime l’isf ?
    Comment peut-on dire qu’on connaît la France quand on ignore tout des dom tom, historiquement et géographiquement, sans parler, bien sûr, des régions métropolitaines ?
    Comment peut-on dire qu’on connaît l’agriculture, quand on soutient qu’agriculture intensive et bio peuvent cohabiter, sans aucune diminution de l’intensif ?
    Comment dire qu’on a vécu avec peu, en donnant comme exemple un revenu d’étudiant de 1000 euros, valeur 2000 ?
    Et tout est à l’avenant.
    Comment dire qu’on est libre, quand on est financièrement soutenu par Bolloré, Lagardère, Valeurs actuelles, et tant d’autre du même tonneau ?
    Bref, Macron, une solution de repli pour la droite au cas où le candidat officiel n’aurait pas convenu, et surtout, une grenade dégoupillée, destinée à faire exploser la gauche.
    Macron est comme le furet : demandez-vous par où il est passé (et pour que faire ?) et où il passera !

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