Les compteurs Linky vont arriver à Plougonvelin

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Linky s’invite à Plougonvelin (et ailleurs !)

linky-compteurVu le peu d’information fait par la municipalité, vous ne savez peut-être pas que les nouveaux compteurs Linky vont être déployés par ERDF sur la commune de Plougonvelin en remplacement des compteurs actuels. Or ce déploiement qui a déjà commencé dans d’autres communes de France (mais aussi d’autres pays avec des appareils équivalents) posent des questions et génèrent un débat de plus en plus important.

Qu’est-ce qu’un compteur Linky ?

Linky est un compteur électrique qui comme tous les compteurs électriques a pour objet principal de relever votre consommation d’électricité. La nouveauté est ici que ce compteur est doté de possibilités de communication extérieures à la maison est d’un ensemble de fonctions telles que le relevé et le suivi de consommation à distance, le changement de puissance, …

Pour réaliser ces fonctions, le compteur est capable de communiquer vers l’extérieur de l’habitation mais également dans le logement à travers vos fils électriques par une technologie dite CPL (Courant Porteur en Ligne).

Quels sont les avantages annoncés ?

ERDF met en avant des avantages clairs comme la facilité de gestion (mise en route, relevé de consommation) et d’autres qui sont plus sujet à caution (développement des énergies renouvelables, satisfaction client).

Quels sont les problèmes avérés ou potentiels ?

Potentiel : dangerosité des ondes générées par le CPL

La technologie CPL existe depuis longtemps mais n’est pas largement utilisée dans les habitations. De façon objective, le CPL génère des ondes mesurables classées comme potentiellement novices. À ce stade, nous n’avons pas encore assez de recul pour savoir si oui ou non les compteurs Linky pourraient avoir un impact sur la santé. Les personnes électro-sensibles auront par contre à souffrir de façon certaine de cette installation.

On relèvera cependant, qu’à moins de faire signer une décharge, si ce risque devait se réaliser d’ici quelques années, ERDF se trouverait probablement face à quelques dizaines de millions de plaintes pour mise en danger de la vie d’autrui.

Potentiel : augmentation du prix de l’abonnement

Dans un faible nombre de cas, l’installation d’un compteur Linky peut aboutir à obliger l’abonné à augmenter la puissance de son abonnement (et donc d’alourdir sa facture).

Potentiel : risque d’incendie

Lors de l’expérimentation, il y a eu 8 cas recensés d’incendie pour 300 000 compteurs installés. Ceci est faible mais pas nul.

Potentiel : risque de surveillance policière

« L’écoute » des circuits électriques d’un domicile est a priori possible mais la nouveauté du dispositif la place probablement dans une zone grise du droit qui sera sans doute rapidement précisée. Il est cependant clair qu’un État autoritaire voire totalitaire disposerait d’un moyen intrusif puissant de surveillance à vaste échelle.

Avéré : cela a un coût pour l’utilisateur

Le remplacement des compteurs actuels dont l’immense majorité peut encore fonctionner pendant des dizaines d’années n’est bien sûr pas gratuit. Si ce coût n’est pas facturé directement, il sera naturellement répercuté d’une façon ou d’une autre.

Dans un second temps, la question de la réduction du coût de gestion (relevé des compteurs, etc…) répercuté par une baisse du prix de l’abonnement se pose.

Avéré : ces compteurs sont piratables

Comme tout système informatique connecté, il est possible de pirater ces appareils. Des pirates allemands en ont fait la démonstration sur des équipements équivalents. Ils ont en outre démontré que grâce à ce type de compteur, il était non seulement possible de connaître les habitudes des habitants mais également le type de biens électriques qu’ils possédaient.

Enfin, au-delà de l’utilisation de ces compteurs, on sait qu’il est possible de prendre la main sur un système informatique connecté, mais aussi de le détruire par différents moyens (création de surtensions, mouvements mécaniques répétitifs ou antagonistes, etc…).

Autres conséquences possibles d’un accès pirate : il est possible de connaître vos habitudes de consommation et de revendre les fichiers ou encore de savoir si vous êtes présents dans votre domicile ou pas et de planifier des cambriolages.

Avéré : l’intérêt pour le consommateur est nul

L’abonné ne demande rien quant à son compteur et Linky ne lui apporte vraiment pas grand chose.

Et alors ?

Le Canada a fait machine arrière sur l’installation de ce type de compteur.

Le refus d’installation des nouveaux compteurs monte en puissance. Certaines communes ont pris des arrêtés municipaux pour interdire leur installation. La validité juridique de ces arrêtés n’est à ce jour pas claire.

Concernant les habitants, certains se sont organisés pour interdire aux installateurs de stationner dans les rues et comme ils n’ont pas le droit d’entrer dans un logement privé, l’accès à un votre domicile n’est en rien une obligation.

En tout état de cause, les communes ont un vrai rôle à jouer, ne serait-ce que par la diffusion d’une information digne de ce nom.

Pour y voir un peu plus clair, nous vous proposons de visionner la vidéo ci-dessous et de remplir ce questionnaire.

Merci d’avance.

La section PS du pays d’Iroise ouvre ses canaux numériques

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parti_socialiste_rose_logo1Bien décidé à aller à la rencontre des sympathisants de gauche et de ses électeurs, la section PS du Pays d’Iroise a ouvert une série de canaux numériques :

Voilà une bonne initiative qui permettra à ceux qui veulent s’exprimer et échanger plus largement sur des sujets politiques de le faire !

La section PS du pays d’Iroise invite Jean-Jacques Urvoas pour sa réunion de rentrée

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ccommons-Ericwaltr-Jean-Jacques_UrvoasLa section PS du Pays d’Iroise organise le vendredi 25 septembre une réunion de rentrée avec Jean-Jacques Urvoas, député finistérien et président de la Commission des lois à l’assemblée nationale.

La réunion est ouverte aux militants et sympathisants PS et aura lieu à la Maison Pour Tous, rue de la mairie à Porspoder à 20h15.
Jean-Jacques Urvoas y abordera des sujets tel que :

  • l’avancée de l’application de la
    charte des langues régionales,
  • les motivations et impacts de la loi sur le
    regroupement des communes
  • et naturellement les défis posés par les migrants et
    réfugiés.

N’hésitez pas à diffuser cette invitation et nous vous attendons nombreux pour cette rentrée politique en pays de Brest.

communiqué de la fédération du Finistère du Parti socialiste à propos de l’accueil des réfugiés.

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PRESSEJe retransmets un communiqué de la fédération PS du Finistère.


Réfugiés, l’accueil pour nous c’est oui !

Des enfants, des femmes et des hommes meurent à nos portes en Europe. Face à cette réalité menaçant notre humanité, la Fédération du Finistère du Parti Socialiste tient à réagir.

Nous voulons d’abord rappeler que les « migrants» dont on parle sont des « réfugiés ». Les mots ont un sens. Réfugiés désigne ceux qui fuient la guerre, les tortures, les destructions et l’effondrement des Etats, que ce soit en Syrie, en Afghanistan, en Irak ou en Libye. Cela leur donne des droits au regard des accords internationaux. Cela nous donne des devoirs, que nous avons contractés librement dans le cadre de la Convention de Genève de 1951, instituant le droit d’asile.

Le monde entier regarde l’Europe réagir face à cette crise humanitaire. Ses indécisions se paient tous les jours par des vies perdues. Nous soutenons les initiatives du Président de la République et du gouvernement français pour faire cesser ce scandale. Nous condamnons l’attitude d’une partie de l’opposition et de l’extrême-droite. On ne peut prétendre représenter la France en tournant le dos à ses valeurs et à son héritage. Comment se fait-il qu’en France, pays des Droits de l’Homme, s’indigner et réagir soit devenu un signe d’angélisme, une honte, un manque de pragmatisme ? Les Allemands ont témoigné clairement de leur solidarité, non dénuée d’un certain pragmatisme d’ailleurs car beaucoup de ces réfugiés, nous le savons, sont qualifiés.

Quelle est notre voix en Bretagne ? Les Bretons se reconnaissent-ils dans ceux qui prônent le chacun pour soi ? Nous ne le croyons pas. Ici, en Bretagne, nous avons accueilli, il y a des décennies, des « boat people » qui ont trouvé dans notre terre d’accueil et de tolérance, la possibilité d’intégrer et de nourrir notre destin collectif. Nous savons qu’opposer humanisme et pragmatisme est une erreur et une manipulation.

Les Bretonnes et les Bretons ont, de tout temps, soutenu le projet européen. Aujourd’hui, il est clairement mis en péril s’il se réduit à l’indifférence. Nous appelons nos concitoyens et les élus nationaux et locaux de tous bords à exiger officiellement de l’Europe une autre politique. Il en va de sa survie. En montrant, concrètement, que nous sommes prêts à recevoir nos frères et sœurs réfugiés, nous pourrons enfin dépasser le piège terrible de l’inaction. Nous serons ainsi fidèles aux valeurs qui font de la Bretagne et de la France une terre ouverte et solidaire.

Brest le 3 septembre 2015

Hommage

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jeanne-pellenJ’ai appris à mon retour de vacances le décès d’une figure de la gauche en Iroise : Jeanne Pellen est partie mi-août à l’âge de 95 ans.

Jeanne faisait partie de ces femmes et de ces hommes de gauche qui ont porté nos idéaux, nos valeurs et nos combats sur notre petit bout de territoire. Même si cela peut étonner les plus jeunes cette terre d’Iroise était, il n’y a pas si longtemps, une vraie terre de conquête où le terme de combat politique n’était pas toujours qu’une métaphore et le fait de s’afficher comme socialiste était une marque de courage.

Cet engagement aux côtés des sympathisants de gauche, ces années de militantisme au sein du PS ont porté leurs fruits. Le bruit et la fureur médiatique nous font trop souvent croire que l’action politique se juge à l’aulne de quelques indicateurs économiques qui en fait n’ont de réelle signification que pour de rares techniciens de la chose. Mais l’action politique en vérité est une présence de tous les jours, une façon de vivre la solidarité autour de soit et l’humanité au-delà de l’horizon, une construction collective faite de mille et une inflexions de notre société dans le but de rendre notre monde plus juste, moins inégalitaire, au service de tous et dans le respect de chacun.

Et lorsque l’on embrasse le temps sur la terre d’Iroise, on voit combien ce territoire a évolué. Merci donc à toi Jeanne et à ceux qui t’accompagnaient hier, non seulement cet engagement a été fructueux mais il est en plus le socle solide de l’engagement des militants PS d’aujourd’hui au service de nos concitoyens.

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Hommage rendu lors des obsèques de Jeanne

JEANNE PELLEN

Avec toutes et tous les amis de JEANNE, membres de la section socialiste de l’ancien canton de Ploudalmézeau et désormais du Pays d’Iroise nous tenons à lui rendre ici un hommage pour ses engagements à nos côtés.

Passionnée de lecture depuis toujours, JEANNE avait compris, avant beaucoup, l’intérêt de règles du bien vivre ensemble, de l’éducation à la citoyenneté et du respect des choix fondamentaux de chacun à partir du moment où ils ne portent pas atteintes aux droits d’autrui.

Autodidacte passionnante, femme de convictions, JEANNE aimait débattre et souhaitait l’évolution des mentalités.

Elle a été de tous les combats pour l’éducation, la liberté , la justice , le partage, et bien entendu pour la libération des femmes afin de leur donner à la fois cette liberté bien sûr mais aussi des responsabilités y compris politiques.

Travaillant et habitant Brest à cette époque JEANNE fut une militante de la première heure au sein du parti socialiste, sous la municipalité de Francis Le Blé.

En vraie Portsallaise sans complexe, JEANNE n’hésitait pas à interpeller les élus, quelle que soit leur fonction, du député au maire en passant par le ministre, leur disait sa façon de penser, ceci dans un climat de camaraderie et d’amitié que tous lui rendaient volontiers : comment résister à son merveilleux sourire ?

Dès son retour à Portsall JEANNE adhéra à notre nouvelle section du Parti Socialiste et nous montra le chemin. A une époque où être de gauche à Ploudalmézeau était loin d’être une évidence – les anciens se rappellent la fameuse réunion des présidentielles de 1974 à laquelle elle participa – JEANNE accepta en effet de se présenter au nom du Parti Socialiste, aux élections cantonales de 1986 puis aux élections municipales, et en 1989 elle fut élue conseillère municipale avec nos camarades Hervé Salaun, Gaby Le Dreff et Victor Fourn, première équipe de gauche à Ploudalmézeau.

JEANNE fut aussi profondement marquée par la tragédie de « L’AMOCO » qui, disait-elle, lui révéla sa « Bretonnitude » voire sa « Portsallitude »

Constamment au service des autres elle laissera derrière elle l’image de cette femme simple , amoureuse de la vie qui écrivait il y a quelques années :

« Je n’ai rien fait d’extraordinaire, j’ai tout simplement vécu »

« Je suis contente et heureuse d’être en vie. J’aime la vie. C’est tout »

Merci JEANNE pour ton amitié partagée, ton enthousiasme communicatif,

Merci pour tes engagements, tes investissements ,

Merci pour ta vision du socialisme vécu comme une véritable philosophie de la solidarité et de l’humanité .

Quelque part entre front national et affront républicain

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Ce samedi aurait dû être une belle journée républicaine à Ploudalmézeau puisque les élus et le préfet étaient réunis pour inaugurer la nouvelle gendarmerie, un des grands corps de la République.

marguerite-lamour-voit-rougebleunvenMais c’était sans compter sans le maire, Madame Lamour, qui a eu un comportement tout à fait sidérant vis-à-vis de Jean-Luc Bleunven, député de la 3ème circonscription. Non seulement aucune chaise n’avait été prévue pour notre député mais madame Lamour a également refusé de lui donner la parole comme les règles républicaines le veulent.

A-t-elle eu peur que le discours de notre député ne pervertisse nos gendarmes au garde-à-vous ou s’agit-il plus tristement d’une mesquinerie assez pathétique d’une candidate battue aux élections législatives en 2012 et frustrée par les résultats de l’ex-UMP aux dernières départementales ? Je peux comprendre que madame Lamour n’aime pas monsieur Bleuven, je craints d’ailleurs qu’elle n’aime pas grand monde, mais même dans ces conditions, l’important ce ne sont pas ses sentiments mais son rôle en qualité d’élue de la République accueillant d’autres élus de la République lors d’une cérémonie républicaine.

L’élu sert ses concitoyens et représente la République, il ne sert pas ses états d’âme. S’il n’est pas capable de mener la mission qui lui a été confiée, s’il n’est pas capable de mettre son ego de côté pour respecter les règles de la République alors il doit en tirer les conséquences.

La République exige de la vertu et de la hauteur, tout le contraire de comedia del arte de ce matin à Ploudalmézeau.

ploudalmezeau-inoguration-gendarmerie

Quinzaine de la laïcité

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JAURESLaïcité, un si joli mot si mal compris, si mal traité. Pour en mieux expliquer le sens autant qu’en défendre la valeur, le PS organise une quinzaine de la laïcité.

Se replonger dans les pensées de Jaurès permet sans doute de prendre du recul, sur le fond, sur l’origine et sur l’évolution depuis plus d’un siècle.
Article paru dans La Dépêche le 16 juin 1889 sous le titre « Laïcité ».

[…] Nous n’avons pas voulu mettre la guerre dans les villages, mais, au contraire, la paix ; et le vrai moyen d’avoir la paix c’est de mettre chacun à sa place, chaque chose à sa place : le maire dans la mairie, avec pouvoir administratif ; le curé dans l’église, avec la religion ; l’instituteur dans l’école, avec les éléments de la science et de la morale.
[…] Ce n’est pas au Gouvernement à s’occuper des affaires de religion. Le Gouvernement représente les droits et les intérêts de tout le monde, et, dans les questions de religion, tout le monde n’est pas d’accord.
[…] La seule chose que le gouvernement doive faire, c’est d’assurer à chacun sa liberté. Que ceux qui veulent aller à la messe y aillent, que ceux qui ne veulent pas aller à la messe n’y aillent pas. Que chacun soit libre en respectant la liberté des autres. L’Église est parfaitement maîtresse de prêcher dans toutes ses chaires, d’enseigner aux enfants dans toutes les paroisses : « hors de l’Église point de salut ». Mais si le gouvernement obligeait les instituteurs à le dire dans les écoles, si lui, Gouvernement, qui doit protection, liberté et respect à tous, faisait dire dans ses écoles par ses instituteurs : « hors de l’Église point de salut », ce serait abominable.
[…] Nous avons mis des centaines et des centaines d’années à conquérir la liberté de conscience, c’est-à-dire le droit pour chacun de penser et d’agir comme il lui plaît dans les choses de la religion. Il y a des siècles, au Moyen-âge, l’Église était maîtresse de tout…
[… ] Mais les rois et les empereurs ne travaillaient pas pour les nations; ils ne travaillaient que pour eux-mêmes. Et, quand ils eurent affranchi leur pouvoir de l’Église, ils voulurent se servir de l’Église pour maintenir leur pouvoir sur les peuples ; ils comprirent que, si les hommes pouvaient discuter en liberté les choses de la religion, ils discuteraient avec la même liberté les choses de la politique.
Voilà pourquoi il persécutèrent les protestants ; voilà pourquoi ils persécutèrent les jansénistes ; voilà pourquoi ils proscrivirent les livres de Voltaire et de Rousseau, l’Encyclopédie, toutes le œuvres libres ; voilà pourquoi ils livrèrent à l’Église les registres de l’état-civil c’est-à-dire la société tout entière.
[…] La Révolution française a voulu briser ce système de domination, et nous luttons depuis un siècle pour maintenir et affirmer son œuvre ; le despotisme politique et le despotisme religieux ont fait alliance sous l’ancien régime, cette alliance dure encore ; et, si nous ne résistons pas, elle ramènerait, sous forme hypocrite mais odieuse encore, l’ancien régime.
Il n’est pas mort tout entier, car la pensée même dont il vivait, c’est-à-dire l’alliance des rois, des puissants de la terre et des curés, en vue de la domination commune, n’est pas morte encore. Oui, il n’y a plus de religion d’État ; mais, il y a quelques années encore sous le vingt-quatre mai, ceux qui voulaient aller reposer en terre sans être accompagnés d’un prêtre ne pouvaient faire que la nuit leur dernier voyage. Oui, il n’y a plus de tribunaux ecclésiastiques ; mais il y a quelques années, l’influence du clergé arrêtait la justice quand elle voulait toucher à un prêtre. Oui la loi ne connaît plus ni catholique ni protestant ; mais on vient de trouver, dans le dossier d’une affaire civile remontant à une trentaine d’années, cette note, insérée au dossier par un magistrat de l’empire : « Cet homme est une canaille, il n’a pas fait ses Pâques ». Oui, il n’y a plus de religion d’État ; mais tous les hobereaux qui veulent indéfiniment asservir les paysans de France sont groupés autour de l’Église ; mais les hautes compagnies financières, comme celle de Montceau-les-Mines, qui veulent assujettir les travailleurs, les envoient au mois de Marie sous peine d’expulsion.
Et vous voulez que nous introduisions dans les écoles du gouvernement, si peu que ça soit, cette insatiable domination, qui veut étreindre toute la société française ? Non : les écoles publiques appartiennent à la nation et à la liberté. Si nous mettions seulement le petit doigt dans l’engrenage des ambitions cléricales, nous y passerions bientôt tout entiers ; ce n’est point par esprit de guerre, mais par esprit de liberté et de légitime défense, que nous avons exclu de l’école toutes les questions de religion, qui, se mêlant au pouvoir, deviennent immédiatement des questions cléricales.

Pour aller plus loin :

Loi Macron en demi-ton

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Emmanuel Macron était vendredi dernier à Brest avec pour objectif d’expliquer sa loi qui passe cette semaine à l’assemblée. Voici quelques réflexions sur sa prestation.

macron-ferrandCette loi est un assemblage de mesures différentes, elle n’assume pas l’ambition d’une vision à long terme mais celle d’un ensemble de déverrouillages de blocages. Pourquoi pas, et même s’il est un peu surprenant et inhabituel de dépenser tant d’énergie pour dégripper une machine, si cela permet effectivement d’avancer tout le monde y gagnera.

Cette loi assume une orientation générale claire : la priorité de la politique économique est de diminuer le chômage, pas l’augmenter le pouvoir d’achat. Que l’on soit d’accord ou pas avec cette priorité, j’apprécie personnellement le fait qu’on assume une direction forte et lisible et qu’un gouvernement ne louvoie pas entre la chèvre et le chou en fonction du vent. Alors oui, puisque nous ne semblons pas avoir les moyens de mener plusieurs batailles de front, commençons par redonner un emploi à beaucoup de gens qui aujourd’hui n’en n’ont pas et soutenons ce choix pour que cela réussisse.

photo-evolution-du-e-commerce-1Une des mesures faisant particulièrement couler de l’encre est celle du travail du dimanche. Il est exact que pour les socialistes cette mesure pose un problème de fond puisqu’avec raison, notre position est de défendre à la fois l’idée d’un jour de repos où toute la famille puisse se retrouver et celle que le pouvoir d’achat étant ce qu’il est, hors zone touristique l’extension des heures d’ouverture n’entraîne que peu d’extension du chiffre d’affaires.

Oui, mais ces dix dernières années le monde a profondément changé et en particulier, la vente sur internet a fait exploser cet argument. Les sites internets de vente fonctionnent 24h/24 7j/7 et il n’est pas possible de les empêcher d’ouvrir (problème de non-territorialité de l’économie numérique). Si les secteurs impactés ne s’adaptent pas, ils continueront de perdre des parts de marchés et fermeront au profit du commerce numérique. Le désastre sera consommé pour le commerce de centre ville.

Actant également du fait que plus de 30% des salariés travaillent déjà le dimanche, Emmanuel Macron a donc choisi d’autoriser l’ouverture de 12 dimanches avec des compensations (qui n’existent pas aujourd’hui) plutôt que de rester dans une situation actuelle, anarchique et au final inefficace.

Ce choix assumé acte d’une réalité qui ne nous fait pas plaisir mais nous ne devons pas nous voiler la face : mieux vaut travailler pour le progrès social dans le monde tel qu’il est plutôt que de rester bloqué sur des principes, aussi justes soit-ils, d’un monde qui n’existe plus.

Serions-nous avec cette loi sur la bonne voie du déverrouillage économique ?

Pendant toute l’intervention du ministre de l’économie, je n’ai pas pu m’empêcher d’être assez mal à l’aise. Une partie de ce sentiment était sans doute dû, comme je l’ai écrit plus haut, au fait que le monde nous oblige à changer sur des points que nous n’aimerions pas abandonner. Mais pas que. La majeure partie de mon ressenti venait du fait que j’avais le désagréable sentiment qu’Emannuel Macron ne semblait pas correctement intégrer l’économie numérique, ce qui paraît (presque) surprenant vu sa position et le nombre de conseillers qui l’entourent.

Lorsque qu’il évoque le développement des lignes de cars face au co-voiturage, j’ai un doute sur le fait qu’il ait intégré correctement le modèle d’affaires du covoiturage, que l’intérêt ne se limite pas qu’au prix et qu’il est tout à fait envisageable d’envisager un système de co-voiturage freemium, c’est à dire à tarif d’entrée de gamme nul…

Lorsqu’il évoque la mesure du crédit entre entreprises, j’ai un doute sur le fait qu’il ait intégré complètement les mécanismes de financement participatifs (question osée vis-à-vis d’un ex-banquier), la diminution des besoins en capitaux de l’économie numérique, l’attaque de plus en plus frontale des banques par des acteurs numériques qui ne sont pas des banques (pour le coup, cette mesure va accélérer ce mouvement).

Et lorsqu’il évoque les startups du numérique, là a contrario je craints d’entendre un discours forgé par la fascination du cas de quelques gagnants du grand loto numérique, oubliant que l’avenir « normal » d’une startup du numérique est d’aller au tapis et pire encore, que lorsque l’on a fait le choix de l’emploi, on devrait porter son effort sur la bascule numérique des entreprises existantes, surtout les TPE/PME, plutôt que sur les startups. Oui il faut de nouveaux entrepreneurs et de nouvelles jeunes entreprises, mais le savoir-faire est aujourd’hui dans les entreprises « vieille économie ». Il est plus facile d’adapter un savoir-faire au numérique que de créer une coquille numérique puis d’acquérir un savoir-faire. Dit autrement, je dit bravo à Uber d’avoir créé un nouveau modèle économique, mais si j’étais ministre de l’économie, je ferais en sorte que les sociétés de taxi adaptent à marche forcée leur modèle économique à l’économie numérique (et qu’elles n’essaient pas de bloquer le tsunami, c’est totalement illusoire).

La série de mesures de la loi Macron s’applique d’abord à l’ancienne économie, elle est nécessaire. On jugera in fine de son efficacité, mais en qualité de militant je la soutiendrai puisqu’il s’agit de choix nécessaires, précis, clairs et assumés. En parallèle, je ne peux que conseiller (aussi humblement que possible) de lancer un vrai plan de mutation vers l’économie numérique. Les grandes sociétés n’ont (peut-être ?) pas besoin d’un tel plan, mais les PME/TPE risquent de tomber les unes après les autres face aux milliers de Uber qui attaquent leur marché avec des modèles qu’elles ne comprennent pas à temps.

Richard Ferrand le rapporteur de cette loi parle de clé de 12 pour décoincer la machine. Ok pour l’économie classique. Pour ce qui est de l’économie numérique je conseille un reformatage et un passage dans le cloud.

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Des cameras pour la surveillance publique à Plougonvelin

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Lors de ses vœux, le nouveau maire de Plougonvelin a annoncé l’arrivée de cameras de surveillance sur l’espace publique.

security_camera_street_viewLes lieux surveillés seraient a priori la place des écoles, la place de l’église, le complexe sportif, l’office du tourisme, la piscine et Kéraudy.

Cette annonce m’inspire un certain nombre de réflexions.

D’abord de la surprise puisque je ne savais pas qu’il y avait un projet sur le sujet, que le thème de la sécurité publique n’avait pas fait la une de la campagne municipale de 2014, loin s’en faut, et qu’à moins d’avoir mal lu le programme de la majorité actuelle, le projet d’installation de cameras n’avait pas été évoqué.

Mais après tout pourquoi pas, rien n’interdit de faire pendant son mandat des investissements qui s’avèrent nécessaires ou simplement utiles, même s’ils n’avaient pas été anticipés.

En quoi ces cameras pourraient-elles donc être si nécessaires ou utiles ?

Même si la délinquance n’est pas absente de Plougonvelin, notre petite ville ne souffre pas il me semble de problèmes majeurs. Si les rares crimes qui s’y produisent alimentent les conversations pendant des années, on souffre plus de problèmes d’incivilités idiotes que d’un fléau de criminalité. Fort heureusement, on ne s’attend pas à découvrir ici des terroristes aussi décérébrés qu’exaltés.

L’utilité des caméras dans ce cas est d’ailleurs sujet à discussion. Au mieux, elles permettraient de déplacer la délinquance et dans quelques cas d’aider à apporter des preuves en cas de crimes ou délits.

L’urgence d’un tel projet n’apparaît donc pas clairement au citoyen que je suis.

Par quoi la municipalité justifie-t-elle ce projet ?

La motivation prioritaire de l’installation de ces caméras ne semble d’ailleurs pas vraiment sécuritaire strito censu, mais plutôt économique. On constate en effet, objectivement, que les bâtiments publics de Plougonvelin sont souvent dégradés (week-end, vacances scolaires….) et que cela a un coût non négligeable sur les finances de la ville (réparations, temps passé, répercussion sur les assurances….).

Dont acte sur le problème. Mais question subsidiaire, est-ce que cela sera rentable si c’est l’objectif suivi ?

Concernant la rentabilité, la commune semble avoir prévu un budget de 30.000€ d’investissement (pour 6 caméras minimum si l’on en place une par lieu ciblé) moins une subvention de l’État de l’ordre de 9.000€.

Tout d’abord, les études de coût arrivent à des chiffres assez variables en terme de coût. Mais dans un rapport de juin 2011, la cour des comptes nous renseignait sur le coût de ces équipements et sur les problèmes engendrés. Elle a établi que le coût moyen pondéré d’une caméra était de l’ordre de 36.600€ / an. En effet, outre l’investissement du matériel, il faut intégrer les coûts de maintenance et surtout de surveillance (à moins de mettre des caméras factices bien sûr). La cour des comptes relevait également que la surveillance vidéo induit généralement des problèmes de légalité puisque les personnes qui visionneront les enregistrements devront être agréés (problème de respect de la vie privée), chose qui n’est pas toujours respectée. Il serait dramatiquement paradoxal de vouloir faire respecter la loi en la violant…

Donc même si par un effet déflationniste inespéré le coût moyen avait diminué de 50% depuis 2011, la facture pour les Plougonvelinois serait plutôt de l’ordre de 6*13.300 = 79.800€ / an. Même avec ces hypothèses très optimistes, la rentabilité attendue a peu de chance d’être au rendez-vous.

Est-ce que ce sera au moins efficace ?

Je craints fort que la majorité municipale ne comprenne pas bien l’univers des jeunes générations. Ils vivent dans un monde hyper-connecté où l’image est omniprésente et valorisante. Rien à voir avec l’ancienne génération, léornarde qui plus est, qui elle a plus tendance à cultiver la discrétion et fuir la fanfaronnade vidéo.  Les jeunes aiment se filmer, et les jeunes délinquants trouvent même cela stimulant. Non seulement les caméras ont peu de chance de leur faire peur mais elles ont une probabilité non nulle de les stimuler. Autant envisager de leur ouvrir une chaîne youtube pour qu’ils y déposent le film de leurs « exploits ».

Conclusion

De manière générale, je suis très dubitatif quant à l’efficacité et l’efficience de la surveillance vidéo, mais j’accepte sans problème d’en débattre. Or de débat public, pour l’instant il n’y a pas eu.

Par ailleurs, il me semble que Plougonvelin est une ville suffisamment petite pour que ce problème de petite délinquance puisse être traité par de la prévention directe, par la sensibilisation et la participation de tous les habitants. Nous ne sommes pas en banlieue parisienne et nous connaissons généralement nos voisins et leurs éventuels gamins turbulents. La technologie ne règlera pas les problèmes de désœuvrement ou de dérive incivile.

Enfin, si la préoccupation première est le coût sur le budget de la commune, là c’est plus clair, il faut faire machine arrière toute.

Autres sources :