jan
28

Brèves de campagne (présidentielles) : le bilan de la semaine en deux images


 

 

 

 

 

 

 

 

Merci au Canard Enchaîné pour son expertise maritime et à la défunte ORTF pour sa mire datant de la préhistoire de l’information télévisuelle.

jan
26

Les 60 propositions de François Hollande pour 2012



François Hollande – Mes 60 engagements pour la… par francoishollande
 


Pour ceux qui aime lire, le [ texte est ici ] ou encore là :


Projet Presidentiel Francois Hollande

jan
25

Sarkozy : ce n’est plus un bilan mais un désastre apocalyptique !

On se disait qu’il ne restait plus que quelques semaines avant de pouvoir dégager Nicolas Sarkozy et que dans ce faible laps de temps il n’arriverait pas à enfoncer un peu plus la France dans l’abîme. Mais c’était vraiment sous-estimer cet homme qui vient de battre un nouveau record avec les chiffres du chômage qui montrent sur un an une augmentation de 152000 chômeurs soit 5.6% !

Pour situer un peu ce chiffre faramineux, c’est comme si une ville comme Brest n’était habitée que par des gens mis au chômage en 2010 et n’ayant pas du tout travaillé ! Toutes catégories de chômeurs confondues, ce chiffre monte à 225200 (soit un peu moins que Lille), et ce chiffre n’est pas en décélération ni même en voie de stabilisation avec 29700 chômeurs de plus en janvier.

Nulle doute que dans son opération publicitaire sur 5 chaînes de télévisions dimanche, Nicolas Sarkozy invoquera la crise, la mondialisation, et sortira tout son arsenal d’excuses, mais ses choix sont pour une grande part dans cette catastrophe. Car la situation est d’autant plus grave que s’il avait fait les bons choix, la France aurait pu tirer pleinement parti de la chance historique que lui offrait sa courbe démographique et aurait pu, comme l’a fait l’Allemagne, largement absorber ce problème et éviter le pire.

Mais voilà, Nicolas Sarkozy a préféré arrêter la lutte contre le chômage lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il a préféré faire voter des mesures qui accélèrent ce problème en cas de crise économique (en l’occurrence en privilégiant les heures supplémentaires à l’emploi), il a préféré nous promettre la baisse du chômage et voter les lois qui l’aggravent. Et le résultat est hélas édifiant, que l’on en juge ici :

Lorsque la gauche a quitté le pouvoir en 2002, elle avait réussi à faire passer le taux de 11,5% à 8,3%. Au rythme de ces derniers mois, l’UMP avec Nicolas Sarkozy à sa tête est sur le point d’annuler 15 années d’efforts des Français !

Dans mes derniers posts, j’appelais chacun à prendre à son compte les propositions de François Hollande, de les défendre comme si nous étions tous les futurs députés qui devront en juin voter les mesures de sauvetage et de redressement de la France. Cet appel est plus que jamais nécessaire, il est plus que jamais vibrant.

Oui il est urgent de créer les 150000 emplois d’avenir !

Oui il est impératif de soutenir les PME et les TPE, et en qualité de citoyen de la région de Brest, je sais combien ce tissu de petites entreprises, d’artisans et de commerçants est plus que vital pour l’emploi et l’économie.

Et je sais aussi qu’il faudra aller encore plus loin, frapper encore plus fort, être infiniment plus imaginatifs et audacieux. Je ne sais pas ce que va proposer François Hollande demain, je l’encourage à se pencher sur les nouvelles formes d’économies (voir mes posts passés sur l’économie quaternaire par exemple), en tout cas il aura besoin de tout notre soutien, de toutes les bonnes volontés, de toutes les bonnes idées. Il ne faut pas avoir peur de la mondialisation il faut se l’approprier. Il ne faut pas avoir peur de la croissance, il faut la maîtriser dans le temps. Il ne faut pas se replier sur son bout de champ mais le cultiver de façon innovante et en partager les fruits.

Alors soyons au rendez-vous demain soir, et pour ceux qui habitent le nord Finistère, soyons au grand meeting de la Penfeld à Brest lundi ! Quant à Sarkozy dimanche, il n’aura droit qu’à un seul message : dégage !

 

jan
24

Présidentielles : pourquoi défendre les propositions de François Hollande

Comme promis dans mon dernier post, je reviens aujourd’hui sur quelques uns des thèmes abordés par François Hollande dans son discours du Bourget. Ces thèmes sont justes, ce sont les nôtres, et nous devons les porter et les défendre comme s’il revenait à chacun d’entre-nous de les voter à l’Assemblé Nationale. Nous sommes tous les députés de la future majorité et il nous appartient d’aller batailler contre la droite qui depuis 10 ans a accumulé les erreurs et les échecs.

J’ai choisi pour ce billet, des thèmes qui touchent à l’intime du quotidien, à ce qui fait nos vies et que les adorateurs du palais ont depuis longtemps perdu de vue.

La vie du citoyen commence réellement à sa majorité, au moment où il s’apprête à prendre toute sa place dans la société, au moment où il doit contribuer à construire sur la durée. Or ce qui devrait être une évidence est aujourd’hui une vaine illusion. Car à certains la République interdit la possibilité de bâtir une famille et à beaucoup, beaucoup trop, elle ne permet plus de se bâtir un avenir tant les jeunes générations se retrouvent désespérément déclassées.

À tous ces jeunes et ceux à venir, nous socialistes par la voix de François Hollande promettons tout autre chose. D’abord nous voulons une redéfinition de la cellule de vie qu’est la famille pour la République. Chacun de nous a sa propre définition du mariage, qu’il soit fondé sur l’amour, la religion, le patrimoine, le patronyme, et bien d’autres choses encore qui sont personnelles et intimes. Mais ce n’est pas de cette définition dont il est question ici. La République n’a pas à dire à chacun ce qu’est le mariage pour lui, non, la République a sa propre définition pour son propre usage, et cela n’entre pas en conflit avec l’intime qui nous construit. Or si la République s’intéresse au mariage, c’est parce que cette cellule élémentaire est gage d’un projet de vie à long terme, d’une implication plus raisonnée et plus forte dans la vie de la citée, et aussi parce que c’est au sein de cette cellule familiale que sera accueilli le futur citoyen de demain, qu’il sera éduqué. Pour la République, le mariage est un contrat qui lie deux personnes ayant un projet d’enfant, et qui les unit pour longtemps. Ceci ne s’oppose pas aux convictions de chacun, mais cela justifie que les interdictions actuelles soient levées et c’est pourquoi nous défendrons cette réforme.

Mais que peut construire une famille lorsqu’elle n’a pas de toit ? Dans nombre de villes, la situation du logement est catastrophique, indigne du grand pays que nous sommes et que nous voulons rester. Cette situation inacceptable est rendue encore plus critique par les changements climatiques en cours et l’enchérissement rapide de l’énergie. Il est plus que temps de construire, de construire plus, de construire mieux et de construire pour tous. C’est tout l’enjeu du défi du million de logements neufs et anciens avec une « isolation de qualité ». Et cela passe par une baisse du coût du foncier avec la mise à disposition des terrains constructibles appartenant à l’État au profit des collectivités locales. Cela passe également par des sanctions multipliées par cinq pour les communes qui ne respectent pas la loi de solidarité urbaine (SRU). Honte à ces communes trop souvent nanties qui préfèrent les instituts pour Yorkshire obèses aux logements sociaux pour locataires au revenu trop maigre.

Vivre au quotidien ne peut se faire sans eau et sans énergie. Alors oui il faut instaurer un tarif progressif pour l’eau, le gaz et l’électricité. Et j’espère bien qu’un jour, il existera même un seuil de gratuité pour tous ces besoins élémentaires. Je l’ai défendu jadis avec l’Allocation Citoyenne Universelle, peut-être le retrouvera-t-on avec la généralisation des modèles économiques freemium, mais en attendant il appartient à la République d’imposer des règles minimales pour tous les besoins élémentaires.

Et enfin, ce qui sera le grand défi et peut-être la dernière chance d’éviter la révolte, il est plus qu’urgent de sortir les jeunes générations du train vers l’abattoir social dans lequel notre société les a mis ! La génération qui part et qui à bien des égards à tout eu ne peut pas laisser la génération qui arrive dans une telle situation. Alors oui, moi qui suis entre ces deux générations, je soutiens de toutes mes forces la mise en place des contrats de génération, et ces contrats doivent aller bien au-delà du cadre professionnel. C’est toute notre société qui doit retisser un lien inter-générationnel, c’est toute notre société qui doit rééquilibrer les efforts et les récompenses, qui doit apporter des chances nouvelles là où se sont infectées des plaies anciennes. Cela passera par la création de 150 000 emplois d’avenir destinés en priorité aux jeunes des quartiers populaires, mais cela passera aussi par l’engagement de tous. Cette génération déclassée, ce n’est pas une génération d’inconnus, ce sont tous nos enfants, d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, nos enfants !

Allons défendre tout cela fasse à la droite qui en 10 ans a massacré notre vie quotidienne, a condamné l’immense majorité de notre jeunesse au profit de son modèle d’égoïsme vaniteux !

jan
23

Elections 2012 : à chacun de nous d’y aller maintenant

Le Bourget fut bien plus qu’un meeting de lancement de la présidentielle. Il y a bien longtemps que l’on avait pas entendu un discours qui parle de la France avec les valeurs et les mots de la France, qui parle aux Français avec les références culturelles françaises, un discours porté par un homme dont les paroles, les émotions, la présence sur scène sont en harmonie et tournées vers le but que nous lui avons désigné.

Nous avions réussi les primaires, François Hollande a réussi la transition vers la campagne présidentielle et ce combat que nous allons tous mener est maintenant signé de son nom. Il est présent, et bien présent, avec force et détermination, à nous maintenant de remplir les rangs pour aller à la bataille.

Et soyons concret : nous avons l’homme et en attendant le programme complet, nous en avons déjà une liste de combats à mener. Et en attendant de les mener ensemble, nous pouvons déjà dire pourquoi ils sont importants à nos yeux, nous pouvons déjà dire pourquoi ce sont nos combats et pas ceux des camps d’en face.

Sur la cinquantaine de propositions du Bourget, je retiendrai aujourd’hui celles qui concernent mes derniers posts sur la transformation numérique de nos vies, de nos sociétés.

Le numérique ce peut être la promesse du meilleur avec la promesse « d’un ouverture en très haut débit numérique de la France d’ici 10 ans ». Militant anonyme, élu local ou futur élu dans l’assemblée qui votera les lois de la nouvelle présidence, nous devons défendre cette transformation, et je veux défendre cette transformation. Parce que ces canaux numériques sont la source moderne de la liberté, parce que ces canaux sont la source moderne de la richesse économique, parce que ces canaux sont les outils modernes qui nous permettront de tirer le meilleur de la mondialisation et non de la subir et sans doute in fine de périr, parce que ces canaux numériques sont la source de jouvence d’une démocratie qui est en train de se réinventer.

Mais le numérique ce peut être aussi le pire dans ses usages avec l’exemple de la finance mondiale qui a construit un monde déconnecté, et de la réalité et de la plus élémentaire morale.  Le pire encore avec des lois et une répression à contre-sens qui cherchent à restaurer la prééminence du maréchal ferrant à une époque où l’on va vers la voiture électrique. Hadopi incarne à elle seule le terrible décalage entre un monde déjà mort et les nouvelles règles d’une société en construction. Alors c’est avec joie que nous nous battrons pour sa suppression, avec joie que nous voterons les nouvelles lois sur la propriété numérique, les nouvelles règles de l’économie numérique, celles qui permettront aux commerçants, artisans, TPE, PME de commercer, d’innover et de grandir, celles aussi qui interdiront l’hégémonie meurtrière qui a rendue possible la crise actuelle.

François Hollande est là en général de bataille, et bien là. Que chacun fasse siennes les annonces du Bourget. Je l’ai fait ici sur le numérique, et j’espère avoir le temps de revenir sur bien d’autres aspects très rapidement. Allons expliquer à chacune et chacun pourquoi ces propositions sont importantes pour nous, et pourquoi nous voulons les défendre, pourquoi nous voulons les voter dès fin juin à l’Assemblée Nationale.

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jan
22

Elections 2012 : décollage au Bourget !

La vidéo complète


François Hollande pose l’égalité et la justice… par LCP

 

Voici la synthèse des propositions du discours de François Hollande au Bourget :

  1. Inscription dans la constitution de la loi de 1905 sur la laïcité
  2. Élargissement des droits du parlement
  3. Lancement d’un « nouvel acte de la décentralisation »
  4. Le rôle des partenaires sociaux sera inscrit dans la constitution (vive la sociale-démocratie !).
  5. Partage du pouvoir de nomination des commis de l’État
  6. Abandon de la nomination des présidents de l’audiovisuel public par le président de la République et retour de cette prérogative à une autorité indépendante.
  7. Non-cumul des mandats pour les parlementaires.
  8. Introduction d’une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale.
  9. Introduction du droit de vote des étrangers aux élections locales.
  10. Liberté de la presse et protection de leurs sources d’information.
  11. Réduction de 30 % des indemnités versées au président de la République et aux ministres.
  12. « Le droit d’adopter et de se marier pour les couples qui le veulent », autrement dit redéfinition du mariage.
  13. Retrait des troupes françaises d’Afghanistan en mai 2012.
  14. Renégociation du traité Européen signé le 9 décembre.
  15. Élaboration et signature d’un nouveau traité Franco-Allemand en janvier 2013.
  16. Rétablissement de l’équilibre budgétaire à la fin du mandat.
  17. Loi obligeant les banques à séparer leurs activités de crédit et de placements financiers.
  18. Interdiction pour les banques françaises d’être présentes dans les paradis fiscaux.
  19. Stock-options supprimées.
  20. Encadrement des bonus.
  21. Taxe sur les transactions financières avec « ceux qui voudront la mettre en place avec nous ».
  22. Création d’une agence publique de notation en Europe pour remplacer les agences privées
  23. Mise en place d’un fonds européen d’intervention.
  24. Intervention accrue de la Banque centrale européenne
  25. Création d’Euro-obligations
  26. Instauration d’une contribution écologiste aux frontières européennes.
  27. Suppression des niches fiscales afin de dégager 30 milliards d’euros de recettes supplémentaires
  28. Introduction d’une tranche à 45 % pour les revenus dépassant 150 000 €
  29. Le cumul des différents avantages fiscaux ne devra pas dépasser 10 000 €.
  30. Création d’une banque publique d’investissement.
  31. Allégements fiscaux pour les entreprises qui localisent leur production en France.
  32. Financement des PME innovantes par l’épargne publique.
  33. Élargissement du crédit impôt recherche pour les PME.
  34. Couverture en Très haut débit numérique de la France d’ici 10 ans.
  35. Suppression de la loi Hadopi.
  36. Un million de logements neufs et anciens avec une « isolation de qualité ».
  37. Mise à disposition des terrains constructibles appartenant à l’État au profit des collectivités locales dans un délai de 5 ans.
  38. Sanctions multipliées par cinq pour les communes qui ne respectent pas la loi de solidarité urbaine (pourcentage de logements sociaux).
  39. Encadrement des loyers « là où c’est excessif« .
  40. Création de 150 000 emplois d’avenir (destinés en priorité aux jeunes des quartiers populaires).
  41. Mise en place des contrats de génération.
  42. Gel du nombre de fonctionnaires, mais arrêt du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux.
  43. 60 000 postes supplémentaires dans l’Éducation nationale affectés en priorité aux maternelles et aux écoles élémentaires.
  44. À la fin du quinquennat, le nombre de jeunes sortant sans diplôme du système scolaire (150 000 aujourd’hui) aura été divisé par deux.
  45. Instauration d’un tarif progressif pour l’eau, le gaz et l’électricité.
  46. Départ à 60 ans pour ceux qui ont cotisé 41 années.
  47. Ouverture d’une nouvelle négociation sur les retraites (pénibilité, décote, financement…)

« Français, le plus beau nom qu’on peut donner à un citoyen du monde », François Hollande

 

jan
22

Condoléances

La vie politique n’est pas faite que de combats d’idées, et même au démarrage d’une campagne aussi intense que la présidentielle, il est des week-ends où certains événements demandent de prendre le temps du recueillement.

J’ai appris hier la disparition prématurée d’un militant de ma section suite à une maladie, et dans la journée le suicide de l’épouse de Luc Chatel, ministre de l’éducation.

Mes pensées vont ce soir à leurs familles et à leur proches.

jan
20

Mega Upload et mega problème posé par l’économie numérique

Même si vous n’y connaissez rien, si vous n’avez pas entendu parler du site méga upload aujourd’hui c’est très probablement que vous êtes très vieux et connecté à aucun média, qu’il soit numérique ou vieille technologie. Figurez-vous que l’affaire a même réussi à tirer notre pourtant peu numérique président de son lit pour faire un communiqué AFP au contenu quelque peu surréaliste.

Mais ce qui m’intéresse dans cette affaire, ce n’est pas tant le buzz mis en scène par le FBI et ses relais médiatiques, mais bien tous les problèmes soulevés par les usages numériques face aux États et à nos lois.

D’abord, si seuls quelques acteurs ont été arrêtés ou sont sous le coup d’un mandat international d’arrestation, il faut savoir que, rien que pour ce site, ce sont en fait plus de 150 millions de personnes qui sont impactées de près ou de loin avec cette affaire, dont à peu près 5 millions de Français. Tous ne se livraient pas à des actes illégaux, mais même en prenant l’hypothèse basse que seulement la moitié des utilisateurs succombaient peu ou prou à la tentation, cela devrait faire tout de même beaucoup, beaucoup de monde à poursuivre si c’est de justice que l’on parle. Pire que cela, dans un pays démocratique, il est bon de se souvenir que

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » — Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Article 3 

Oups, un usage aussi massif d’un média « illégal » pose une question fondamentale de droit et l’action d’une police étrangère appuyée par un communiqué vespéral n’y répond que fort imparfaitement…

Autre élément dérangeant dans cette affaire, c’est que l’arrêt brutal de service est transfrontalier et impacte directement des consommateurs dont l’honnêteté et le comportement n’est pas mis en doute. Que penseriez-vous si demain le FBI arrêtait la distribution d’électricité en France en mettant en avant le fait que des groupes mafieux utilisent cette électricité de façon illégale et que la direction d’EDF le sait parfaitement et peut parfaitement en identifier certains ?

Oups, « Tuez-les tous dieu reconnaîtra les siens » ne fait pas partie du droit français, et sans préjuger de la pertinence de l’action de police et du jugement final, il y a là une ingérence policière étrangère fort dérangeante avec des conséquences personnelles ou économiques qui restent à évaluer…

Autre élément de fond, qui est celui de la notion de propriété avec la révolution numérique en court. Une des conséquences possibles de cette numérisation, est la disparition de la nue-propriété puisque l’usage et le fruit, avec le numérique, sont de moins en moins liés à l’aspect matériel des choses. C’est ici un des aspects du problème. On met en avant la notion de propriété intellectuelle (des artistes en l’occurrence), alors que le problème est en fait un problème d’obsolescence de l’industrie de distribution des œuvres. Les artistes sont toujours propriétaires de leurs droits intellectuels et certains ont parfaitement compris comment valoriser financièrement ces droits dans un modèle économique numérique. Mais, hélas pour elles, les compagnies de distribution n’ont que très peu de place dans ce nouveau monde numérique et font jouer au maximum la coercition des anciennes lois. Il faut donc effectivement retravailler les lois sur la propriété, mais les penser en fonction du nouveau monde et des nouveaux usages, et non des vieilles lois et des vieux modèles économiques. Le code de la route est établi en fonction des automobiles, pas des diligences…

L’affaire FBI vs Mega Upload pose donc un problème de démocratie (qui est à l’origine des lois ?), un problème d’ingérence policière étrangère dans un pays souverain (le FBI n’est pas la police de la planète), un problème de modèle économique (comment aider la création artistique à avoir des revenus dans un monde numérique ?), un problème de définition de la propriété (quel est le sens de la nue-propriété lorsque le support physique n’existe pas ? Que devient la propriété intellectuelle lorsque l’information numérique a par nature une propriété d’ubiquité multiforme ?).

Voilà quelques uns des vrais problèmes posés par cette affaire, et j’en connais un qui aurait mieux fait de dormir cette nuit au lieu d’applaudir benoîtement. La nuit est mauvaise conseillère en matière de communication, cela se confirme.

jan
19

Chronique d’une mort annoncée

Gabriel García Márquez qui fut en son temps un grand admirateur de Che Guevara et des combats révolutionnaires, aurait sans doute avec l’accord EELV-PS l’occasion de revisiter son roman.

On y parlerait aussi d’un mariage, de faux-semblants autour de ce mariage, de la dissonance entre la morale et la réalité vénale, de ce que tout le monde sait inéducable mais ce dont personne ne veut être tenu responsable. Ce mariage c’est bien sûr l’accord EELV-PS qui semaines après semaines s’achemine lentement mais avec détermination vers son inévitable destin.

Du péché idéologique originel ont très rapidement surgi les protestations, aussi bien dans un camp que dans l’autre, et de manière générale, cet accord a été jugé très durement et négativement, une large majorité de Français (63%) le désapprouvant.

Le temps passant a-t-il permis ne serait-ce que de faire semblant de l’accepter ? En Iroise comme ailleurs, non, chacun ayant jusqu’ici certes accepté de ne pas entrer en rébellion mais avec des positions claires de refus, dignes et en total respect avec les convictions et les intérêts des sympathisants de gauche qui s’étaient déplacés à la primaire.

Nul espoir donc d’aller cahin-caha à la législative avec cet accord, et c’est même tout le contraire qui se passe : après les positions fortes de Delanoë, Collomb, Montebourg ou Daniel Cohn Bendit, c’est maintenant les bataillons des moins gradés qui s’avancent.

Ce fut le cas cette semaine à Fougères (Bretagne, Ile et Vilaine), où Louis Feuvrier se présente sous l’étiquette divers gauche dans une circonscription réservée aux écologistes. Plus impactant encore, à Sénart (Seine et Marne), c’est bien un socialiste encarté cette fois et investi par les militants de sa circonscription qui se présente en dépit de l’accord sur les désaccords, à savoir  Olivier Faure qui de plus est membre de l’équipe de campagne de François Hollande.

Est-il indispensable d’attendre que l’irréparable soit définitivement commis ou la raison peut-elle reprendre le dessus ? Il n’est nul besoin de se marier pour passer un obstacle et il n’y a aucun sens à se lier avec chaînes et serments lorsque l’on sait que les routes que l’on veut suivre ne sont pas les mêmes.

jan
14

EELV ou l’évaporation d’une illusion

Les signes étaient là depuis plusieurs mois, mais l’échec d’EELV a été acté officiellement cette semaine par Daniel Cohn-Bendit qui, même s’il y a mis les formes, a clairement appelé à voter pour François Hollande au 1er tour de la présidentielle et non pour la candidate écologiste Eva Joly. Cette déclaration qui s’ajoute aux enquêtes d’opinion montrant une « disparition » progressive des intentions de vote pour EELV n’est pas un accident de parcours, un épisode maladroit. DCB est un fin politique et sait parfaitement que s’il y a un scrutin qui mesure l’impact des idées d’un parti, c’est bien le 1er tour de la présidentielle. C’est sans doute le seul suffrage qui ne soit pas lié à des arrangements d’appareil, le choix du « vrai choix » de chaque Français.

Daniel Cohn-Bendit a acté de l’échec d’EELV, répondant a posteriori à un post récent où je m’interrogeait sur les électeurs d’EELV. Cet article a eu un retentissement tout à fait étonnant. En effet, là où un de mes articles sur lepost.fr a une moyenne de 2000 lecteurs, celui-ci en a eu plus de 14.000, qui plus est avec plus de 260 commentaires. C’est tout à fait exceptionnel et les commentaires, là aussi d’une qualité inhabituelle, ont été très instructifs, condamnant tout à la fois les égarements idéologiques d’EELV, les reniements des cadres EELV au profit de leur carrière à court terme, mais aussi la personnalité d’Eva Joly, trop tranchée, trop « exotique », trop peu consensuelle et en déphasage avec les attentes des Français.

Cet échec marque sans doute aussi la fin de la singularité du parti écologiste, qui en fait tient plus du mouvement d’idées que d’un parti. Or la prise en compte des contraintes des écosystèmes, l’aspiration à une vie plus en phase avec des rythmes naturels, un développement plus cohérent, un plus grand soucis du futur, … ont commencé à être intégrés par les autres partis, en particulier par le PS. Pour autant, les idées écologistes intégrées au corpus socialiste ne sont pas celles défendues par EELV. On peut prendre en compte les écosystèmes sans pour autant défendre la décroissance qui n’est qu’une forme plus soft de la récession, on peut prendre en compte les risques nucléaires sans pour autant s’engager dans une politique de rareté et de chèreté énergétique, on peut pendre en compte les impératifs de développement durable sans pour autant ruiner les agriculteurs. Et il y a tant d’autres exemples où le discours d’EELV n’a pas sû s’adapter aux demandes de la société et des Français.

Quelles conséquences pour la présidentielle et les législatives ? Il n’y aura sans doute pas d’impact pour la présidentielle tant la position des verts était devenue décalée et marginale. Leur sort financier est par contre plus que jamais hypothéqué et la trésorière d’EELV aurait mieux fait de conclure un accord financier discret avec le PS plutôt qu’un accord électoralo-financier sur les désaccords idéologiques. Ce qui est plus impactant par contre, c’est la législative où l’accord donne une place démesurée, non fondée idéologiquement et en déphasage avec les attentes des Français, ce qui a déclenché des réactions de rejet, le dernier en date étant celui d’Arnaud Montebourg dont la proximité était peut-être pourtant la plus grande avec EELV. Le PS a besoin d’alliés pour gouverner mais doit de fait acter de la fin de l’illusion d’une majorité plurielle bis qui serait à l’image de celle de 1997. Ce fut alors une période fructueuse, mais c’est le passé, un passé qui n’aura pas de suite. Deux possibilités s’offrent au PS : le front de gauche et le modem. Ces deux possibilités ne sont pas équivalentes.

Idéologiquement, avec le FdG si nous sommes en bisbilles sur les outils de gouvernement, nous sommes en accord sur la finalité à long terme. Inversement, avec le Modem, si nous pouvons nous accorder sur des mesures à court terme pour redresser la France, l’horizon lointain est différent. Ni le FdG ni le Modem ne sont le PS, ne nous leurrons pas. Mais nous pouvons faire un certain nombre de choses ensemble, ne serait-ce que s’accorder sur des éléments de bonnes relations républicaines.

L’objectif d’une immense majorité des Français est de ne plus voir Sarkozy, le lutin noir qui a plongé la France dans une situation épouvantable et a soldé nos valeurs et notre image. Nous devons mener ce combat de concert pour la présidentielle.

L’objectif des électeurs allant de la gauche radicale au centre (et sans doute au-delà ! ) est d’avoir une majorité capable de reconstruire la France sur ses valeurs, d’en finir avec l’individualisme et la loi du « démerde-yoursel », avec un exercice cynique et clinquant du pouvoir. C’est l’objet de la bataille des législatives, et ceux qui ont cru pouvoir la gagner avec EELV se sont trompés car les problèmes internes d’EELV sont beaucoup trop importants pour qu’ils soient d’une aide efficace. Le mouvement écologiste doit faire son examen de conscience, doit retrouver le sens de ses valeurs de son combat, mais il s’agit là de la tâche des militants qui se reconnaissent dans l’écologie. Les cadres et militants PS qui se sont trompés lors des négociations avec EELV doivent eux aussi réfléchir à l’intérêt du parti et des Français. La situation est complexe car il faut acter d’une erreur, acter de la mauvaise analyse d’une situation, acter de l’annulation d’un accord sans pour autant se montrer supérieur ou méprisant. L’exercice est difficile, mais nécessaire. Si le PS veut aider EELV, ce qui me paraît louable, il devra être fort et courageux, intègre et honnête, s’accorder sur les points d’accord pour pouvoir travailler ensemble à l’avenir et acter des désaccords pour éviter les faux-semblants et les compromissions. Nous pouvons y arriver, nous avons tout à gagner à mener cette bataille.

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