Insupportable !

La vidéo de l’arrestation de jeunes à Mantes la Jolie soupçonnés de «participation à un attroupement armé» est tout simplement insupportable dans notre pays.

Mantes la Jolie, 6 décembre 2018

Ces méthodes d’humiliation publique renvoie aux images de la Chine Maoïste ou encore au purp walk des États Unis mais elles n’ont en tout cas rien à faire en France, en particulier lorsqu’elles concernent des mineurs pour la plupart des personnes arrêtées.

La police était très probablement fondée à agir puisque des incidents graves avaient eu lieu. Des interpellations pour contrôle étaient normales, mais en aucun cas elle ne devait se livrer à cet abus d’autorité, cette sentence sans jugement que constitue le ligotage et l’exhibition humiliante.

La France n’est pas (encore) un état totalitaire où l’on arrête des gens, mineurs qui plus est (entre 12 et 20 ans), juste parce qu’ils participent à une manifestation autour de laquelle il y a des incidents. Certains d’entre eux ont peut-être participé à ces incidents, mais il est à peu près certain que beaucoup pris dans cette rafle sont innocents.

Leurs droits élémentaires ont été bafoués.

Dans le mouvement des gilets jaunes, l’image jusqu’ici remarquable des forces de l’ordre a été salie.

Les forces de police et du ministre de l’intérieur sont gravement mis en cause à 24h de l’acte IV des gilets jaunes. Cet incident déverse un tombereau d’essence alors que la situation de notre pays est proche de l’insurrection. C’est totalement irresponsable, insupportable !

Le crépuscule des dieux

En un an et demi, la France est passée de Bel Ami au Crépuscule des Dieux

 

Aurions-nous pu éviter ce week-end tragique ? Comment en sommes-nous arrivé à une situation d'insurrection et de guerilla urbaine ?

Les gens ordinaires ne descendent pas massivement dans la rue par hasard ou parce qu'ils n'ont pas mieux à faire. Le Français moyen, bien que prompt à donner son avis politique, est plutôt réticent à l'engagement et à l'action sur le terrain. Alors lorsqu'il se retrouve dans les rues au milieu de scènes de guérilla urbaine, c'est bien que la situation est hors norme.

Les revendications sont très disparates : trop de taxes, pas assez de revenus, traitement inégalitaire, injustice fiscale, déclassement, mépris des élites, sentiment de peur face aux profondes et violentes mutations climatiques, énergétiques, numériques qui s'imposent à nous sans contrôle.

Et la colère s'exprime d'autant plus facilement contre le système Macron que ce dernier a été particulièrement arrogant du point de vue humain, et terriblement amateur du point de vue politique. Le "vieux monde" comme l'a baptisé le parti LREM, est certes en décalage par rapport aux attentes et façons de faire de l'époque, mais il était et reste le fruit d'une nécessité de fonctionnement de la démocratie. Organiser le débat de façon contradictoire et respectueuse n'est pas une chose qui va de soi. Le parti au pouvoir a prétendu faire disparaître l'opposition droite gauche des idées au nom d'un relativisme qui ne voulait pas dire son nom ("il y a de bonnes idées partout"), mais c'était nier le fait que nos idées sont fondées sur des choses profondément ancrées en nous : nos valeurs, nos croyances, notre construction et notre conscience politique et sociale. Notre vision de la politique nous est très personnelle et ne se concilie pas naturellement avec celle des autres. C'est pour cela qu'il faut organiser le débat si on ne veut pas que cela finisse en violence ou en totalitarisme. Le débat d'idées et consubstantiel à la démocratie et dans notre système politique, l'organisation du débat se faisait autour des partis politiques. Noyer le débat dans le relativisme et une pensée dominante équivaut à tuer la démocratie.

La faute de LREM est immense puisqu'ils ont délibérément voulu détruire aussi bien la pluralité des partis que les corps intermédiaires et de fait devenir une sorte de parti unique sans dimension sociale. Le résultat est qu'aujourd'hui le président de la République se retrouve seul face à la contestation directe d'un peuple qu'il lui est hostile, sans outils de débats ou de négociation.

Une partie de la faute revient aussi à l'évidence aux partis qui n'ont pas su voir à quel point leurs schémas idéologiques étaient en train d'exploser sous la violence des bouleversements qui nous frappent en ce début de millénaire.

  • L'évolution démographique aurait dû être la première alarme mais ni l'allongement de la vie, ni le déséquilibre social de la pyramide des âges, ni le niveau d'éducation n'ont provoqué une prise de conscience à la hauteur.
  • Il a  fallu 20 ans pour que la question climatique soit prise en compte et encore aujourd'hui, on a du mal à nommer correctement le problème en se perdant dans des considérations économiques ou se fourvoyant sur des thématiques d'écologie ou de santé publique qui sont des conséquences et pas les causes.
  • La question énergétique qui est le principal déclencheur de la crise des gilets jaunes n'a pas mieux été comprise par les partis incapables de donner une vision claire des priorités et des objectifs à atteindre et se contentant de se doter d'outils fiscaux qui par nature ne peuvent qu'excéder les gens.
  • Quant à la question de la numérisation du monde et des Hommes, là on en est au stade balbutiant du déchiffrement alors que la mutation se fait à un rythme fou.

Alors oui, les partis du vieux monde ont été déficients, mais une partie d'entre eux en sont conscients. Peut-être plus à gauche qu'à droite puisque la sanction électorale a été plus cinglante de ce côté là. Il faut donc espérer que le travail fait actuellement pour passer de la prise de conscience à la refondation aboutisse rapidement parce que la seule alternative, celle de mouvements comme les gilets jaunes, n'a que très peu de chances d'aboutir à un nouvel équilibre politique bénéfique.

Les nouveaux moyens de communication et de partage permettent des échanges rapides et des mobilisations d'ampleur. Les réseaux sociaux numériques sont des outils d'une extraordinaire puissance au service des actions de terrain. Mais pour structurer une pensée politique ou des revendications cohérentes, il faut plus que cela. On le voit avec les gilets jaunes : que veulent-ils ? La réponse est une liste d’éléments disparates qui ne construisent pas une voie cohérente. La réponse est aussi une prise de parole de quelques individus qui tentent d'émerger mais cela ne fait pas une représentation légitime du mouvement.

Au niveau national, je ne sais pas quelle solution pourrait être trouvée. Par contre au niveau local c'est un peu plus simple. Les expériences de cafés citoyens qui se multiplient donnent une bonne piste de réflexion. Il faut faire évoluer et organiser ces cafés comme des micro-démocraties. Il faut organiser et structurer le débat politique, non pas en créant X micro-partis auto-centrés (ça c'est le vieux monde) mais en créant les conditions démocratiques du débat et des actions sur des questions locales. Le choix des actions ("législatif"), leur mise en œuvre ("exécutif") et le contrôle publique ("judiciaire") doit être réorganisé au niveau le plus proche des citoyens avec toute la panoplie d'outils et d'usages modernes. Les municipalités et collectivités locales pourront ensuite s'appuyer sur les choix des citoyens de façon à ce que l’État se retrouve à nouveau en phase avec la volonté du peuple.

Il y a un an et demi, nous avons eu un récit romantique auquel beaucoup de Français voulaient croire parce qu'il cachait une réalité très difficile. Ce récit s'achève aujourd'hui dans le feu et la fureur. Affrontons la réalité avec le bon niveau de compréhension des choses et utilisons notre énergie et notre génie bien Français pour construire positivement l'avenir.

Rapport du GIEC 2018

Le rapport 2018 du GIEC a été publié et il confirme un scénario très pessimiste.

GIEC 2018

Heureusement, il ouvre également la possibilité à des actions permettant de limiter la casse, mais clairement, si nous n'arrivons pas à sauver ou retrouver une élévation de température de 1.5°C, le futur de l'humanité et de notre planète sera chaotique voire catastrophique.

La difficulté réside sans doute dans le fait d'être capable d'assimiler une telle nouvelle et de la traduire en réalité quotidienne. Le destin de la planète échappe par définition à l'individu, alors comment nous l'approprier ? Commet se dire qu'une personne parmi des milliards a une quelconque importance ?

Arrêtons de nous poser cette question et commençons par regarder ce qui touche notre quotidien. Je vis à la compagne dans une petite commune proche de la mer. Cette commune, de part sa configuration géographique, commencera à être envahie par la mer dès que la température se sera élevée de 1.5°C, soit vers 2030 dans le scénario le plus rapide ou si l'on veut être optimiste, vers 2040 dans un scénario "moyen" si on ne fait rien. Il faut prévenir cette montée des eaux, réfléchir puis agir vite soit pour l'endiguer, soit pour mettre au point un plan d'évacuation. Ne rien faire c'est décider aujourd'hui de tuer des gens un jour de grande tempête par marée haute.

Nous pouvons aussi, et plus facilement, décider de participer à la captation naturelle du CO2. Pour cela, il suffit de demander l'aide de la nature et de planter les bons arbres. Ceci peut nous donner un peu de répits, le temps de déployer des productions d'énergie à partir de ces bois, production capable de stocker le CO2.

Nous devons également aider nos agriculteurs à comprendre ce qu'il devront planter demain pour s'adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Nous devons participer à l'abandon des énergies carbonées au profit des énergies non génératrices de gaz à effet de serre et promouvoir des normes d'urbanisme compatibles avec l'objectif de la diminution de la consommation d'énergie (par exemple, aligner les bâtiments en fonction du soleil et pas du sens de la route, mettre fin aux toits sombres, ...).

Et ce ne sont que quelques exemples. Nous pouvons agir. Nous ne devons pas léguer la mort ou au mieux le désastre à nos enfants. Nous devons agir.

La maison socialiste est toujours debout

Il y a un an, le parti socialiste était déchiré par une série de trahisons.

Pendant presque un an, le PS a disparu du paysage des partis qui comptent et qui étaient susceptibles de construire un avenir politique.

Pendant un an la large place qu'il occupait est restée vacante.

Un an plus tard, nous faisons le constat que cet espace politique n'a été préempté ni par le parti macroniste qui s'est finalement révélé être clairement au centre-bien-à-droite, ni par la gauche radicale qui se révèle finalement être une gauche protestataire ne cherchant pas à offrir une alternative de gouvernement.

Or un an plus tard, le PS bien qu'affaiblit est non seulement toujours là mais il s'est donné cette semaine les moyens de se reconstruire voire, je l'espère, de se refonder. Et il vient de le faire de très belle manière. En effet, alors que le parti macroniste se caractérise par l'omnipotence du chef, que le parti LR se recompose par la force, que le FN est toujours guidé par les seuls intérêts de la famille LePen et que les insoumis sont toujours sous l'étouffoir charismatique de leur chef, le parti socialiste vient de réussir un périlleux exercice démocratique. Le processus de vote n'est pas contesté, la mobilisation a été au-dessus de ce qui était craint, les débats sont restés respectueux et finalement le vote est net en faveur d'Olivier Faure. Dans ce paysage politique confus, le PS apparaît comme l'un des très rares partis au sein duquel la démocratie n'est pas qu'un sticker pour appâter le chaland.

Le PS d'aujourd'hui peut donc reprendre sa place demeurée vacante. Mais il ne le peut pas sur la base de son corpus idéologique passé. Ses valeurs n'ont pas changé, mais les réponses aux deux composantes majeures de son ancien corpus sont en train de devenir obsolètes :

  • l'organisation sociale des moyens de production n'a plus du tout la même sens à l'heure de l'économie numérique
  • l'émancipation de l'individu est percutée de plein fouet par l'hyperconnectivité de ces individus et le questionnement transhumaniste.

Ces questions de philosophie politique auront, voire ont déjà, des impacts directs, profonds et violents sur notre vie quotidienne. Il y a donc urgence à se refonder et à tracer un avenir politique désirable et en phase avec le monde qui se construit. Et il faudra se refonder en ne perdant jamais nos valeurs et nos références aux combats passés. On ne construit rien de durable sans rien de solide. Ce qui est solide aujourd'hui ce sont nos valeurs, notre histoire et un socle d'environ 40.000 personnes prêtes à se battre. Les socialistes sont de retour !

La refondation démocratique a déjà commencée

Refondation démocratique et républicaine

Il circule actuellement une pétition exprimant un refus du statut de première dame. Au-delà des agitations plus ou moins stériles que cela peut susciter, cette pétition est un vrai sujet de réflexion et de constat pour notre système politique.

Première dame ou l'institution de la femme comme second rôle ?

La première réflexion concerne le constat qu'en se focalisant sur cette idée de statut de première dame, dans la République française il y a l'idée que l'on n'élit pas qu'un individu mais un couple et que dans ce couple l'homme est le chef de l’État et la femme sa chargée de mission. Ce non-dit me paraît choquant pour plusieurs raisons :

  • À l'exception de l'expérience étrange du binôme paritaire des élections départementales, le suffrage universel s'applique à un individu et il n'est fait mention à aucun moment de liens familiaux pour l'élection.
  • Avec ce projet, on lie implicitement une fonction élective et des liens familiaux, de type hétérosexuel avec mâle dominant. Étrangement la contractualisation de ces liens n'est plus un pré-requis.
  • Le second membre du binôme se met forcément au service de la notoriété que lui offre sa situation de conjoint et doit donc œuvrer pour un objectif assez flou mais implicitement important.

Que de non-dits pour une fonction qui n'a aucun intérêt démocratique et qui n'est pas nécessaire au bon fonctionnement de la République ! Il existe bien quelques cas où le statut du conjoint doit être précisé comme le protocole des visites internationales mais à part cela la République n'a que faire des liens familiaux de ses élus. Et même dans ce cas, s'il faut un cadre juridique et un budget, une mission sous la tutelle des affaires étrangères permettrait d'avoir un contrôle républicain sur les objectifs et les moyens.

Et cela aurait pu en rester là si le gouvernement actuel n'avait pas voulu faire de ces liens familiaux un sujet politique en interdisant d'employer un membre de sa famille dans le cadre d'un mandat parlementaire. Outre le fait que cette décision est discutable (limite de la définition du cercle familial d'interdiction, ségrégation à l'embauche, licenciement pouvant être jugé abusif, pas de progrès sur le contrôle des activités, ...), elle entre ici en conflit avec ce statut du conjoint présidentiel. On ne peut pas interdire des emplois familiaux d'un côté et les sanctuariser de l'autre.

Montée en puissance des contre-pouvoirs numériques

Un deuxième élément semble apparaître avec la pétition en ligne contre le statut de première dame. À ce jour 300.000 signataires ont exprimé un refus contre ce statut.

L'important ici n'est pas d'examiner leurs motivations mais bien de constater la valeur de cette démarche qui se fait dans un cadre reconnu par la constitution (le droit de pétition) mais aussi par la charte des droits fondamentaux. L'expression de plusieurs centaines de milliers de personnes est facilité par la montée en puissance des services numériques comme change.org. Ces services permettent à chaque citoyen de s'emparer d'un sujet et d'émettre un souhait adressé aux élus. Ce mécanisme d'expression démocratique n'était pas possible à ce niveau il y a encore quelques années et il n'est plus possible de le considérer comme insignifiant. Mais cela signifie aussi que le mécanisme actuel de représentativité démocratique perd de sa puissance au profit d'une expression plus directe. La situation actuelle est un vrai cas d'école : que doit-on prendre en compte ? Un parlement avec une majorité à la fois pléthorique, indigente et mal élue ou l'expression claire de plusieurs centaines de milliers de voix ? Un référendum a-t-il toujours plus de poids démocratique que ces pétitions massives ?

À titre personnel, je ne défends pas l'idée d'un pouvoir législatif directement exercé par les citoyens, entre autres parce qu'on constate bien avec les ratés de la majorité actuelle qu'il est nécessaire d'avoir des compétences législatives et du recul pour bien légiférer. Or la démocratie directe n'apporte pas ces garanties. Cependant, on ne peut pas ignorer une expression forte et claire des citoyens sur un sujet donné.

Le pouvoir médiatique est lui clairement passé aux mains des citoyens, on le constate encore ici avec le fort relais de cette pétition sur les réseaux sociaux. Il faut améliorer la maturité médiatique des citoyens, mais je ne vois pas d'obstacle au fort développement de l'appropriation des médias par les citoyens.

Le pouvoir judiciaire ne doit pas à mon sens passer aux mains des citoyens. On risquerait presque à coup sûr de tomber dans des excès d'émotions et d'aboutir à des lynchages. Cependant, deux pistes nouvelles sont à explorer :

  • introduire un certain niveau de légitimité démocratique au pouvoir judiciaire ce qui lui permettrait de mieux garantir son indépendance face au pouvoir exécutif
  • examiner la question de l'introduction de l'intelligence artificielle dans l'analyse de faits délictueux de façon à donner un premier niveau de jugement.

Enfin le pouvoir exécutif lui-même, en particulier les exécutifs locaux doivent pouvoir tirer de grands avantages d'une démocratie directement exercée par les citoyens. Comme pour le droit de pétition, ce dernier point peut probablement commencer à être exercé sans attendre que le gouvernement réussisse à comprendre de quoi il retourne. Les moyens numériques sont déjà en partie là, il appartient aux citoyens de se les approprier.

Le chaos jupitérien

Un président élu en mai et une assemblée en juin. Fin juillet il ne devrait pas y avoir beaucoup de choses à dire et encore moins de bilan à tirer. Oui mais voilà, ce président s'appelle Emmanuel Macron et cette assemblée est ultra-dominée par le parti LREM et ses alliés.

Et comme il revendique une façon nouvelle de faire de la politique, un souffle nouveau et exemplaire, une efficacité issue de la vie civile, un relativisme faisant office de conviction politique, il fallait bien s'attendre à voir du... différent.

Tout d'abord, un petit résumé de l'histoire de ces deux mois.

Élu en mai, Macron se construit un premier gouvernement. Hélas pour lui, à force d'affaires en cours ou à venir, ce premier gouvernement doit être remanié et perd des poids lourds de la macronerie et du Modem (R. Ferrand et F. Bayrou) plus quelques autres. Le mouvement n'est d'ailleurs pas terminé puisque la ministre Muriel Penicaud qui a dû affronter une fronde et une fuite au sein de son ministère est impliquée dans une affaire d'appel d'offres non géré selon les règles. Macron avait promis de choisir avec soin des ministres compétents et intègres, c'est pour le moins raté.

Le gouvernement n'est pas le seul problème de l'exécutif et par maladresse autant que par égo bien mal placé, le Président est entré en conflit direct et ouvert avec son chef d'état major alors qu'il avait demandé à ce dernier de prolonger son action et de ne pas partir à la retraite. En plus de ce problème relationnel, Macron a cru bon de se construire une image de baroudeur au frais de l'armée (hélitreuillage à bord d'un sous-marin, look topgun déplacé à Istres...). Un politique plus aguerri aurait su que faire la poupée Barbie n'est pas exactement un élément capable d'inspirer le respect auprès des militaires et que leur supprimer une partie de leur budget n'allait pas améliorer les choses. Ego, mépris et amateurisme en matière de défense aboutissent à un cocktail amer pour des gens prêts à mourir pour leur pays.

Côté parlement, on ne parle plus là d'accident de parcours mais de la production d'une pétaudière qui fait honte à une République déjà humiliée lors des dernières élections. Entre désignations grotesques aux postes clés du parlement et incapacité à organiser sereinement les commissions, on constate combien l'idée de renouveler les parlementaires avec des députés sans expérience politique est aussi populiste qu'inique. Non la politique n'est pas un métier, mais cela ne veut absolument pas dire que cela ne demande aucune qualité spécifique, aucune expérience, aucune conviction et que n'importe qui peut être un bon parlementaire. Pour avoir les mains libres, Macron avait besoin d'un parlement godillot. Il l'a, mais il a aussi fait élire à l'assemblée des gens qui à l'évidence n'avaient pas compris à quoi ils s'engageaient et qui surtout n'avaient pas compris que leurs actions et comportement engageaient la France. L'amateurisme de cette assemblée met en danger nos institutions qui n'ont plus que le Sénat pour sauver le pouvoir législatif.

Gouvernement, assemblée nationale et armée, deux mois ont suffit pour créer le chaos. Quid de l'efficacité économique promise ? Il est encore trop tôt pour constater l'effet des erreurs d'analyse de LREM mais on n'a pas tardé à voir la direction très droitière qui allait être prise. Baisser de 5€ les APL a dû apparaître comme très anecdotique à certaines personnes bien nourries, mais il s'agit plus que d'un symbole lorsque l'on n'arrive déjà pas à finir les fins de mois. La ligne de la macronerie est claire : les pauvres vont payer car ils sont nombreux et que c'est budgétairement efficace et les riches vont être aidés parce qu'ils sont les fers de lance de l'idéologie économique dominante.

Emmanuel Macron n'est pas un démocrate et finalement la faiblesse de son gouvernement et de son assemblée pourraient lui permettre de justifier un renforcement de son pouvoir. Mais il a déjà mis contre lui l'armée et on voit mal où il va pouvoir trouver des forces capables de le soutenir lors des prochaines tempêtes qu'il ne manquera pas de déclencher.

Les oppositions de droite et de gauche doivent rapidement se reconstruire et entrer en résistance contre les dérives autocratiques de Macron et le chaos qu'il génère. La gauche en particulier doit procéder non pas à une simple refondation, pas à un aggiornamento, mais à une disruption complète en phase avec la bascule historique de ce début de siècle. Au XIXème siècle, la gauche s'est en partie construite sur l'émergence d'une nouvelle économie industrielle générant des injustices intolérables et créant les conditions de la lutte des classes. Aujourd'hui, le balancier historique est en train de s'inverser et de nouvelles conditions aussi bien économiques que politiques sont en train de se mettre en place. Il est temps d'en prendre la mesure, de définir un nouveau corpus idéologiqe et de faire émerger un mouvement politique y répondant.

Je voterai Jean-Luc Bleunven

Durant les cinq années de son mandat, Jean-Luc Bleunven est resté en contact constant avec les habitants du territoire, en allant en particulier régulièrement à leur rencontre lors de réunions publiques où les grands sujets de politique nationale et locale étaient abordés.

Durant les cinq années de son mandat, il a soutenu le gouvernement comme ses électeurs le lui avait demandé tout en restant indépendant et intègre sur des sujets controversés comme la déchéance de nationalité ou les traités TAFTA et CETA. Là encore il s'est montré responsable et surtout un démocrate à l'écoute des citoyens.

Durant les cinq années de son mandat, il a eu une conduite exemplaire en matière de moralité politique, publiant en particulier la façon dont il utilisait les fonds que le parlement lui attribuait.

Durant les cinq années de son mandat, il s'est totalement consacré à son mandat et a été présent aussi bien à Paris que sur le territoire.

Enfant, durant les cinq années de son mandat, Jean-Luc Bleunven a innové dans la façon de faire de la politique, en utilisant par exemple sa réserve parlementaire pour soutenir des initiatives sur les pays de Brest, d'Iroise et des Abers.

Jean-Luc Bleunven est un homme politique authentiquement de gauche, droit dans ses convictions et ses choix, mais aussi un homme capable d'être constructif et de faire des compromis dans le cadre d'une majorité présidentielle. Face aux inconnues d'une coalition opportuniste aux valeurs et à la solidité mal définies, je voterai pour la solidité rassurante proposée par notre député sortant.

Cap sur les législatives en Iroise

L'élection présidentielles n'est pas encore finie mais un front républicain, même réduit, devrait se mettre en place pour barrer la route à l'extrême droite. On pourra quand même regretter et s'étonner de constater qu'un candidat qui a fait du consensus son image de marque réussisse si difficilement à rassembler le front républicain autour de son nom.

Pour ce qui est du territoire du pays d'Iroise et des Abers, la bataille des législatives a commencé.

Le parti d'Emmanuel Macron n'a pas encore fait connaître le nom de celui ou celle qu'ils veulent désigner sur le territoire. En Marche affiche une volonté de présenter des candidatures paritaires et venant de la société civile mais pour l'instant, les noms qui circulent sont surtout masculins et cumulant parfois plusieurs mandats électoraux, ce qui ne serait ni cohérent ni respectueux des engagements pris (cf. ci-dessous - source le Télégramme).

Sauf rebondissement, Maguerite Lamour sera la représente locale d'une droite qui nationalement en est encore à se chercher une nouvelle direction.

Vieille routière de la politique locale, elle incarne plus une vision très clientéliste de la politique ploudalmézienne qu'un renouveau des idées et des générations.

Par ailleurs son bilan lors de son dernier mandat (2006-2012, cf graphiques ci-dessous - sources nosdeputes.fr) souffre difficilement la comparaison avec celui de son successeur actuel, Jean-Luc Bleunven.

Marguerite Lamour en commission

Pour les forces progressistes de gauche, la situation est cette année beaucoup plus simple et saine.

Le député sortant Jean-Luc Bleunven a donné une bonne image d'élu pendant son mandat et il présente un excellent bilan tant sur son travail parlementaire que sur sa présence et son action sur le territoire (2012-2017, cf graphiques ci-dessous - sources nosdeputes.fr).

Contrairement à de mauvaises pratiques encore trop répandues, il ne cumule pas plusieurs mandats exécutifs d'élus et il a joué le jeu d'une totale transparence quant à l'utilisation des fonds que la République lui octroyait pour mener à bien son mandat.

C'est aussi un agriculteur ce qui est important pour une circonscription fortement rurale.

Il constitue un solide rempart face à la montée des extrémismes et peut tout à fait soutenir au parlement un gouvernement Macron dès l'instant où sa majorité mènerait une politique de progrès et de rassemblement.

Jean-Luc Bleunven en commission

La gauche en Iroise et au-delà tous les citoyens républicains et progressistes auront donc la chance de pouvoir voter pour Jean-Luc Bleunven, un candidat à la fois expérimenté mais qui n'a pas une carrière de politicien professionnel, qui est modéré, ouvert et aux pratiques politiques loyales et transparentes.

Après une présidentielles calamiteuse, cela fait du bien !

Quel résultat électoral pour une élection présidentielle crépusculaire

Terrible campagne présidentielle 2017

Nous arrivons au terme d'une campagne présidentielle qui aura atteint un niveau de détestabilité tout à fait inédit en France, mais finalement et hélas sans grande surprise dans la continuité des dernières élections en Europe et aux États Unis.

Détestable à cause de l'image de malhonnêteté, au minimum intellectuelle, dégagée par des candidats sous instruction judiciaire.

Détestable également par la pauvreté du débat d'idées alors que les défis sont immenses : bascule climatique, changement de modèle énergétique, numérisation accélérée de la société et rupture de fait du pacte social liant les différentes catégories d'âges, les habitants des différentes territoires, les courants de pensée et de spiritualité... Que ce soit par faiblesse de la réflexion, par la lâcheté d'un relativisme bourgeois, ou simplement à cause du bruit médiatique, il est peu probable que cette élection serve à choisir la route à prendre voire même à seulement réaliser qu'il faut aller quelque part !

Détestable enfin puisque cette campagne s'achève dans le sang d'un attentat. Oui nous sommes en guerre mais sommes-nous prêts à élire un chef de guerre et la Vème République est-elle en mesure de nous en présenter un, elle qui aseptise l'offre politique à coup de formatage de l'énarquie et d'un système qui oblige à la professionnalisation du personnel politique ?

Malgré tout cela, je n'aurai pour ma part ni difficulté ni état d'âme pour choisir mon vote du 1er tour. Je voterai pour mon attachement profond et inconditionnel à la démocratie et donc du résultat des primaires. Je voterai pour la fin de la Vème République au profit d'une nouvelle constitution. Je voterai pour la fin de la misère dans un des pays les plus riche de la planète. Je voterai pour acter de la fin d'une époque et de l'entrée aussi pacifique que possible dans une nouvelle. Je voterai donc Benoît Hamon.

À quelques dizaines d'heures du vote, il est aussi intéressant de se re-pencher sur les statistiques internet qui jusqu'ici ont eu plusieurs semaines d'avances sur les sondages (émergence du phénomène Mélenchon, faiblesse de Lepen, maintien de Fillon). Contrairement aux sondages, ces statistiques de recherche se basent sur un échantillon considérable (probablement plusieurs centaines de milliers de recherche par jour pour l'analyse ci-dessous) et surtout sur une action impliquante (je cherche ce qui m'intéresse) et non déclarative comme pour les sondages. À ce stade, ces statistiques sont également moins suspectes de manipulation (mais cela ne devrait pas durer dans les années à venir).

Ma dernière action militante avant la trêve légale sera de vous engager à voter pour vos convictions profondes et pas pour l'humeur (nauséeuse) du moment, à voter avec courage car l'époque n'a rien de paisible et les choix à faire sont difficiles et très impactants. La République, la Démocratie et la France le valent bien !

Évolution des recherches pour les 4 principaux candidats sur les 7 derniers jours de la campagne.


Évolution des recherches pour les 4 principaux candidats sur 90 jours (sans les 4 derniers)


Comment votent les régions (qui arrive en tête) ?

Appel au-delà de Bad Godenberg : allez avec notre époque !

J’appelle mes camarades sociaux-démocrates à revenir dans le processus démocratique de la primaire du peuple de gauche. Aussi imparfait que soit la primaire, aussi déroutant que soit le résultat, l’aventure césariste d’Emmanuel Macron est en train de toucher ses limites à l’heure où un 2nd tour Melenchon / Fillon devient plus que probable.

Depuis des mois, les statistiques internet invalidaient la présence de Marine Lepen au second tour. Depuis quelques semaines, ces mêmes statistiques annonçaient un trio Fillion / Mélanchon / Macron pour le second tour. Le sens de l’histoire de ces dernières années valide la possibilité d’un scénario Syrisa en France.

Contrairement au diagnostic Macron, les peuples affichent depuis quelques années la volonté d’un fort clivage politique accentué par le rejet des institutions et du personnel politique en place. En Marche incarne une tentative d’annulation des idéologies et regroupe un nombre étonnant de ce vieux personnel politique contesté.

Quant à François Fillon, aussi malhonnête soit-il jugé, il est porté par le sens historique de l’alternance et par un camp qui est en train de se ressouder malgré tout.

Les expériences de gouvernements radicaux ne montrent pas que leur politique aide les peuples à aller mieux et la France risquerait de suivre la Grèce de Syrisa avec des conséquences bien plus grandes.

Les sociaux démocrates français, orphelins d’un leader idéologiquement fort, doivent cependant se rependre et retrouver le sens des réalités et des responsabilités. Entre une droite sans âme ni morale et une aventure Syrisa létale, nous pouvons faire la différence. Nous devons revenir à ce qui est notre ADN : le choix sur la réflexion et des idées fortes mais tempérées et porteuses de progrès et d’avenir.

  • La VIème République est une nécessité plus qu’évidente : nous devons contribuer à lui donner corps. La démocratie doit être réinventée et redonnée au peuple.
  • Le Revenu Universel, ou plutôt l’Allocation Citoyenne Universelle est une nécessité créée par les cataclysmes de la numérisation de la société mais aussi l’arrivée à maturité de l’Intelligence Artificielle. Cela s’imposera rapidement, mieux vaut l’avoir théorisé et préparé.
  • Le projet européen, malade, exsangue, doit être sauvé et redéfini.
  • L’espoir Bad Godenberg qui nous a longtemps guidé mais qui n’a jamais pu être réalisé doit être dépassé pour reconstruire une pensée sociale-démocrate cohérente en phase avec un monde qui depuis longtemps n’est plus un monde de lutte de classe, qui n’est plus un monde de simple opposition économique entre travail et capital, un monde où la notion de groupe, d’organisation, de société a profondément changé.

Cette campagne marque peut-être le paroxysme d’une crise qui acte de la mort du vieux monde, comme un miroir plus pacifique de la crise du début du XXème siècle qui à travers la guerre avait tué l’âme du XIXème siècle pour entrer dans la modernité. Les sociaux démocrates sont il me semble le seul groupe idéologique capable de faire basculer la France vers un avenir construit et non subi. C’est pourquoi j’appelle mes camarades sociaux-démocrates égarés ou abstentionnistes à rejoindre Benoît Hamon et à peser de tout notre poids pour construire le plus rationnellement possible l’avenir de la France et des Français.