De l’art de manipuler l’opinion en général, et les internautes en particulier
Chers internautes, amis lecteurs, rebelles de tous poils, j’ai une petite histoire à vous raconter.
Il était une fois, une charmante jeune fille que personne n’aimait et à qui tout le monde voulait du mal. Mais comme cette jeune fille était très courageuse et qu’elle voulait sauver le monde, elle a fait de la politique. Et tout le monde a continué à ne pas l’aimer et à lui vouloir du mal. Comme elle était très courageuse et n’était mue que par l’intérêt de son prochain, elle s’est présentée à la présidentielle du peuple de France. Et personne ne l’aimait et tout le monde lui voulait du mal, en particulier les vieux messieurs et 53% des français. Mais comme elle était très courageuse et désintéressée, elle a voulu changer son parti politique après avoir essayé de le contourner. Mais personne ne l’aimait et tout le monde était contre elle, en particulier 71% des gens de son parti.
Voilà, c’est l’histoire de la vie de la charmante jeune fille : elle a toujours été seule contre tous et les vieux messieurs ont toujours voulu lui faire du mal.
Après cette belle histoire, permettez moi de vous présenter une galerie de portraits de ceux qui soutiennent ou ont un jour soutenu la dame :
A tout seigneur tout honneur, François Mitterrand sans qui Ségolène n’aurait jamais rien été. |
Moins connu mais non moins important, Pierre Bergé milliardaire mécène sans l’argent duquel rien ne serait possible, ou si peu, aujourd’hui encore |
François Hollande, ex 1er secrétaire du PS qui renonça à sa propre candidature pour soutenir sa compagne d’alors. Il a changé d’avis depuis. |
Francois Rebsamen, ex-numéro deux du parti lors de la campagne présidentielle, soutien toujours inconditionnel. |
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L’inoxydable Jack Lang, recordman de la longévité ministérielle pour la Vème République, ex-numéro 3 du parti et soutien de la candidate à la présidentielle. Il a changé d’avis depuis. |
Jean-Louis Bianco, recordman de la longévité au poste de secrétaire général de l’Elysée, soutien inoxydable à Royal. |
Georges Freche très contreversé président de la région Languedoc Roussillon, exclus du PS pour des propos en opposition avec les valeurs du parti. Toujours un soutien incontournable dans cette région. |
Patrick Mennuci directeur adjoint de la campagne présidentielle, secrétaire fédéral délégué aux élections de l’ancienne fédération des Bouches du Rhône, soutien toujours inconditionnel. |
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Le ché Jean-Pierre Chevenement, ex-baron remuant du socialisme, soutien à la présidentielle, un peu moins depuis. |
Pierre Mauroy, ex 1er ministre, figure historique du socialisme mitterrandien, baron de la puissante fédération du nord, soutien de Royal à la présidentielle. A changé d’avis depuis. |
Jacques Attali, penseur de la mitterrandie, soutien royaliste depuis la présidentielle. |
Bernard-Henri Levy, autre penseur de la gauche version plus people, soutien royaliste depuis la présidentielle. |
Voilà donc des soutiens qui ne sont bien sûr ni des vieux, ni des hommes, ni des représentants du parti socialiste ou de la gauche. Voilà des perdreaux de l’année, défenseurs acharnés d’une vision moderne et féminisée de la gauche. Voilà donc des gens qui sont tous issus de la classe ouvrière, laborieuse, de la France qui souffre. Voilà donc des gens en dehors de l’appareil, de simples militants. Voilà donc des gens qui n’incarnent pas la Vème République. Voilà donc les pilons des briseurs de tabous, les bulldozeurs, les bougeurs de ligne. Voilà donc ce qu’on a réussi à vous faire avaler…
Pour ma part, je crois qu’être un homme, un militant qui a défendu les valeurs de la gauche n’est en rien une tare honteuse. Cela mérite il me semble un minimum de respect, surtout lorsqu’ils vous apportent ou vous ont apporté un soutien plus qu’actif. Notre société est faite de jeunes et d’anciens, tant que les générations se parleront et s’entraideront, elle sera forte. Mais un leader politique qui projette une image méprisante et fausse d’une partie de ses militants et de ses propres soutiens est un leader qui voue son parti à la déliquescence. On ne doit jamais jouer la division des siens pour se faire une place au soleil.
Alors oui, l’histoire de la pauvre jeune fille à qui tout le monde en veut, particulièrement les vieux machos archaïques est une fable, un bien triste mensonge. Une mauvaise blague markettée à l’usage des gogos webeurs, une ineptie qui a failli faire exploser le PS à Reims.
Moins connu mais non moins important, 



Quand on construit sciemment une fable, une apparence, et qu’on veut l’imposer en lieu et place du réel, cela ne dure qu’un temps. Quand c’est de la lessive, on change de marque, après Omo, Ariel, on change la composition, on change le packaging et le même produit est habillé de différents costumes. Faire de même avec le politique ne fonctionne pas sur le long terme.
Comment by jpb — 27 November 2008 @ 7:09 pm
Excellente, ta petite fable, si tu le permets je vais mettre un lien sur mon site ! Et tu pourrais rajouter aussi
les faits suivants :
- la pauvre jeune fille ayant perdu les élections accusa bien sûr tout le parti en disant qu’ils ne l’avaient pas
aidée ou (pire) qu’ils lui avaient savonné la planche, alors qu’elle était allée chercher refuge dans le parti
voisin, de droite, entre les deux tours. Mais elle raconta qu’elle allait “courir vers d’autres victoires” en
oubliant, quelle étourdie, qu’elle avait perdu !
Et puis elle eut l’idée de prendre le parti et de devenir Première Secrétaire de ce parti tant honni. Mais comme
elle n’était pas sûre d’y arriver toute seule, elle se cacha derrière un homme (Collomb) sur une liste où elle
n’apparaissait qu’en soutien . Et puis comme la liste en question arriva en tête (presque 30%) elle revendiqua
la première place, laissant ce personnage fort marri, et les militants pantois. Au second tour, elle se retrouva
avec un peu plus de voix, ce qui lui fit penser que peut-être, alors, on l’aimait ? Mais quand elles ne furent plus
que deux (son adversaire était alors une autre femme, elle n’eut plus la possibilité de crier “au secours, un homme
me veut du mal”), elle perdit. Mais ne l’accepta pas et préféra menacer, hurler qu’elle allait tout détuire et en
tous cas elle accusa ce parti de représailles et de tout casser…
- et enfin elle eut l’idée que peut-être il valait mieux être libre et se préparer pour les prochaines échéances
présidentielles (qui n’étaient que trois ans et demi plus tard mais il n’est jamais trop tôt pour une victoire
individualiste, alors que les autres batailles, plus proches (européennes et régionales) ne l’intéressaient pas car
elles sont collectives et pas individuelles.
Or, cette jeune femme n’aimait qu’elle, et son ex-compagnon, qui ne l’a jamais demandée en mariage, et c’est pour
cela qu’elle se venge…
Ah, l’amour!!!
Comment by sylvie mennesson — 27 November 2008 @ 7:25 pm
[…] Après la fable de la jeune fille que personne n’aimait, je voudrais vous raconter une autre histoire. C’est une histoire de méchants qui font peur, le conte des vieux croutons qu’en ancien françois l’on nommoit sociaux-démocrates. […]
Pingback by Bloggy Bag » De l’art de manipuler l’opinion et les internautes en particulier, acte II — 1 December 2008 @ 11:31 am