Brève de campagne présidentielle 2012 : le sénateur PS François Marc à Milizac

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J’étais hier soir au meeting organisé par la section PS Iroise à Milizac. La soirée présidée par François Marc était dédiée aux éléments fiscaux du programme de François Hollande.

La soirée s’est déroulée en trois étapes, le bilan fiscal de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, les propositions de François Hollande et enfin des échanges avec la salle.

La droite c’est l’impôt et les taxes… sauf pour les plus riches

Je ne vais pas essayer de lister toutes les mesures à contre-temps et contre-emploi prises par Nicolas Sarkozy, tant elles sont nombreuses. Voici simplement quelques éléments parmi le champ de ruine :

  • la France a été promue grâce à Nicolas Sarkozy au 38ème rang de l’injustice fiscale des pays, juste derrière le Tadjikistan (elle était 16ème au début de son mandat). La fierté nationale en prend un coup…
  • Avec son niveau de dette actuel, la France a 13% de risque de faillite dans les 5 ans.
  • En 2012, le gouvernement Sarko-Fillon appuyé par sa majorité UMP a voté les taxes suivantes (sources le Monde) :
    • Taxe sur les loyers élevés des micro-logements ( taxe de 10 % à 40 % sur le loyer des locations de petites surfaces dont le prix dépasse 40 euros du mètre carré, dès le 1er janvier).
    • Taxe sur les sodas et boissons sucrées
    • Hausse du forfait social sur l’intéressement et la participation de 6 % à 8 %.
    • Hausse de la taxe sur les conventions d’assurance de 3,5 % à 7 % (1,1 milliard d’euros de gain pour l’ Etat). Les mutuelles de santé solidaires et responsables, auparavant exemptées de la taxe, seront taxées à 3,5%.
    • Hausse de la taxe sur le tabac et l’alcool  ( bénéficie pour l’ Etat de 940 millions d’euros).
    • Hausse du barème de la taxe sur les véhicules de société.
    • Hausse de l’assiette de la contribution sociale de solidarité des sociétés et contribution additionnelle dans le secteur financier.
    • Taxe  sur les hauts revenus
  • En 2011 :
    • Taxe sur les nuitées d’hôtel supérieures à 200 euros ( 90 millions d’euros dans les caisses de l’ Etat).
    • Taxe sur la provision pour hausse des prix mise à la charge des entreprises du secteur pétrolier ( taxe sur les entreprises pétrolières, bénéfice de 120 millions d’euros pour l’ Etat).
    • Imposition des plus-values latentes lors du transfert d’un domicile fiscal à l’étranger ( gain pour l’ Etat: 189 millions d’euros).
    • Taxe sur les activités privées de sécurité ( 17 millions d’euros pour l’Etat).
    • Taxe de risque systémique pour les banques ( 809 millions d’euros pour l’ Etat).
    • Taxe de droit de timbre pour l’introduction d’une instance dans le cadre de la réforme de l’aide juridictionnelle ( 88 millions d’euros pour l’Etat).
    • Taxe sur les opérateurs ferroviaires privés autorisés à utiliser le réseau ferré français.
    • Taxe sur la capitalisation boursière ( taxe sur les sociétés détentrices de capitalisations de plus d’ 1 milliard d’euros, bénéfice de 12 millions d’euros dans les caisses de l’ Etat).
    • Taxe de 5 % à 10 % sur les sociétés d’assurances qui constituent une réserve d’argent dans certaines conditions.
    • Surtaxe de 5% sur les entreprises dites « de réseau », qui touchent à l’énergie, au transport ou aux télécommunications.
    • Hausse de 2,5 % à 8 % du taux de la contribution payée par le bénéficiaire sur le gain de la levée d’option sur les stock-options, et de 10 % à 14 % de la contribution patronale sur la valeur de l’option.
    • Hausse de la taxe sur les retraites chapeaux ( 110 millions d’euros de gain pour l’ Etat).
    • Hausse du taux de forfait social sur l’épargne salariale de 4 % à 6 % ( 350 millions d’euros pour l’ Etat).
  • En 2010 :
    • Taxe spéciale d’équipement au profit de la société du grand Paris.
    • Taxe sur les exploitants de centrales nucléaires.
    • Taxe sur les bonus des traders ( bénéfice pour l’ Etat de 270 millions d’euros en 2010).
    • Hausse de 6% de la taxe sur le tabac.
    • Hausse du forfait journalier hospitalier et du « forfait social ».
    • Hausse des prélèvements sociaux sur les « retraites chapeaux » sont doublés.
    • Hausse de la fiscalité sur les plus-values mobilières.
    • Taxe sur les complémentaires santé pour participer aux frais générés par la grippe A ( 300 millions d’euros).
    • Taxe de 9,5% sur le produit des appels à des numéros surtaxés effectués dans le cadre des programmes télévisés et radiodiffusés comportant des jeux et concours.
  • En 2009 :
    • Droit affecté au fonds d’indemnisation de la profession d’avoués près les cours d’appel: Dans la loi de finance rectificative pour 2009, le législateur a voté une indemnisation des avoués et de leurs salariés. Cette taxe, d’un montant forfaitaire de 330 euros est due, lors d’un procès, “par la partie qui interjette appel principal, lorsque l’appelant est tenu de constituer avocat devant la cour d’appel”.
    • Droit de timbre perçu en cas de renouvellement anticipé de la CNI : La loi de finance de 2009 impose à tout citoyen de présenter sa carte nationale d’identité afin de la renouveler. En cas de défaut de présentation de la précédente carte, on doit s’acquitter d’un droit de timbre de 25 euros.
    • Taxe sur le certificat d’immatriculation d’un véhicule neuf ou d’occasion.
    • Eco-taxe poids lourds ( taxe sur le transport des marchandises par la route, gain pour l’ Etat de 1,2 milliard d’euros par an).
    • Hausse de lla taxe sur le chiffre d’affaires de la branche santé des assurances complémentaires de 2,5 % à 5,9 % ( gain pour l’ Etat: 1 milliard d’euros)
    • Doublement de la taxe sur les retraites chapeaux.
    • “Forfait social” pour les employeurs.
    • Taxe minière spécifique applicable à la production d’or en Guyane.
    • Taxe sur les véhicules polluants, en fonction de l’émission de CO2.
    • Taxe fixe sur chaque rapport de certification des comptes.
  • En 2008 :
    • Franchises médicales.
    • Taxe sur les distributeurs de pharmacie.
    • Taxe sur les stock-options et les attributions gratuites d’actions.
    • Taxe sur les indemnités de mise à la retraite d’office.
    • Suppression de l’exonération de la taxe sur les accidents du travail et maladies professionnelles.
  • En 2007 :
    • Taxe additionnelle à la taxe sur les certificats d’immatriculation des véhicules ( surtaxe sur les véhicules polluants).

On retiendra que toutes ces taxes n’ont même pas permis d’éviter la dérive du déficit. La droite, non seulement c’est l’impôt et la taxe, mais en plus nous payons en vain !

Le programme de François Hollande

François Hollande veut engager le pays dans une réforme fiscale extrêmement ambitieuse. Et l’actualité étant bien faite, voici la feuille de route de la première année de la future majorité :

François Hollande: « ce que je ferai la première année de mon mandat »

Le 26 janvier dernier, François Hollande présentait son projet pour la France. Aujourd’hui, il partage avec vous les mesures qu’il fera adopter dès la première année du prochain quinquennat. Découvrez la feuille de route qui nous permettra de redresser notre pays.

Du 6 mai 2012 au 29 juin 2012 (fin de la session ordinaire du Parlement)
  1. Réduction de la rémunération du chef de l’Etat et des membres du Gouvernement de 30% – décret signé lors du premier Conseil des Ministres
  2. Signature d’une charte de déontologie et publication des déclarations d’intérêt par les membres du Gouvernement et circulaire du Premier Ministre étendant ces exigences aux membres des cabinets et plafonnant leurs effectifs – lors du premier Conseil des Ministres
  3. Augmentation de l’allocation de rentrée scolaire de 25% – décret sur la base de l’article D543-1 du Code de sécurité sociale après consultation du conseil d’administration de la CNAF.
  4. Blocage des prix des carburants pour 3 mois – décret sur la base de l’article L. 410-2 du code de commerce après consultation du Conseil national de la consommation
  5. Caution solidaire mise en place pour permettre aux jeunes d’accéder à la location – décret pris après concertation avec les partenaires sociaux
  6. Garantie pour l’épargne défiscalisée (livret A et livret d’épargne industrie, successeur du Livret de développement durable) d’une rémunération supérieure à l’inflation et doublement du plafond de ces livrets, pour mieux financer le logement social, le développement des PME et l’innovation
  7. Transmission à nos partenaires européens d’un mémorandum détaillé proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance pour modifier et compléter le Traité de stabilité et réorienter la construction européenne vers la croissance – dès fin mai, en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin
  8. Annonce à nos partenaires au sein de l’OTAN du retrait de nos troupes d’Afghanistan d’ici fin 2012 – G8 à Camp David 18-19 mai puis Sommet de l’OTAN à Chicago, 20-21 mai
  9. Abrogation de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers
  10. Droit de partir en retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités – décret sur la base de l’article L351-1-1 du Code de la sécurité sociale après consultation du conseil d’administration de la CNAV
  11. Fixation d’un éventail maximal de 1 à 20 pour les rémunérations dans les entreprises publiques – décret fin mai
  12. Circulaire sur la lutte contre les « délits de faciès » lors des contrôles d’identité
  13. Dans l’attente de la publication par la Cour des comptes du Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques (publication au cours de la semaine du 24 juin), gel conservatoire d’une partie des dépenses
  14. Arrêt de la RGPP et lancement du Projet de refondation et de modernisation de l’action publique (première étape : établissement par chaque ministre avant fin septembre 2012 d’un projet pluriannuel de modernisation et de simplification des services et des opérateurs sous sa tutelle)

 

Du 3 juillet au 2 août 2012 (session extraordinaire du Parlement)
  1.  Présentation au Parlement du programme de stabilité (avant transmission à Bruxelles) et du projet de loi de programmation pluriannuelle des finances publiques, fixant la trajectoire de retour à l’équilibre budgétaire en 2017
  2. Réforme fiscale dans le cadre d’une loi de finances rectificative : plafonnement et suppression de niches fiscales, modulation de l’impôt sur les sociétés au bénéfice des PME et des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices, surtaxe sur les banques et les sociétés pétrolières, retour au barème de l’ISF, suppression de l’exonération sur les grosses successions, taxation des revenus du travail comme ceux du capital, tranche d’imposition à 75% au dessus de 1 million d’euros
  3. Suppression de la « TVA Sarkozy » dans le cadre d’une loi de financement de la sécurité sociale rectificative.
  4. Loi d’assainissement des activités bancaires : séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives, lutte contre les produits toxiques et les paradis fiscaux
  5. Lancement des principaux chantiers sociaux du quinquennat lors de la Conférence nationale pour la croissance et l’emploi de mi-juillet : politique de l’emploi et de la formation (priorités : emploi des jeunes et des seniors, encadrement des licenciements boursiers, sécurisation des parcours, lutte contre la précarité, égalité salariale et professionnelle), qualité de vie au travail, pouvoir d’achat et politique salariale, sécurisation des retraites.
  6. Lancement du Débat national sur la transition énergétique préalable à la loi de programmation : préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, sécurisation de nos filières énergétiques et développement des filières industrielles des énergies nouvelles, plan massif de rénovation thermique des logements.
  7. Réexamen des conditions concrètes de la rentrée scolaire, notamment les RASED ; recrutement (dans le cadre de l’enveloppe quinquennale de 60 000 postes) d’assistants d’éducation, de personnels d’encadrement ; mesures d’urgence pour compléter la formation pratique des professeurs néo-titulaires
  8. Mise en place de la Commission de préparation de l’Acte II de l’exception culturelle
D'août 2012 à juin 2013
  1. Nouvel acte de décentralisation pour donner plus de responsabilités aux Régions en matière de développement économique, d’emploi et de formation et renforcer la cohésion territoriale ; supprimer les doublons Etat/Collectivités ; supprimer le conseiller territorial et démocratiser les élections locales
  2. Loi de développement économique et social : création de la Banque publique d’investissement pour financer les entreprises, notamment les TPE et PME dans les quartiers, et favoriser l’innovation, la production en France et l’export ; lutte contre les licenciements boursiers et les restructurations « sauvages » ; mise en place des « contrats de relocalisation » ; participation des salariés aux conseils d’administration et aux comités de rémunération des grandes entreprises ; notation sociale des entreprises
  3. Loi d’orientation et de programmation pour l’éducation nationale (réforme de la formation des enseignants, réforme des rythmes scolaires, programmation du recrutement de 60 000 postes dans l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur, création de l’École nationale supérieure de formation pratique des maîtres…)Création des emplois d’avenir –150 000, dont100 000 dans l’année qui suit l’entrée en vigueur de la loi- et du contrat de génération, dans une loi pour l’emploi et la cohésion sociale, afin de permettre aux jeunes d’accéder au marché du travail, en particulier dans les quartiers
  4. Création de 1000 postes (dans le cadre de l’enveloppe quinquennale de 5000 postes) pour la sécurité et pour la justice – loi de finances pour 2013
  5. Fin de la convergence tarifaire public-privé à l’hôpital – loi de financement de la sécurité sociale pour 2013
  6. Lancement du Plan de lutte contre le cancer 2013-2016
  7. Négociation avec les partenaires sociaux sur la réforme globale des retraites : âge de départ, pénibilité, carrières fractionnées, financement durable
  8. Loi sur l’accès au logement : encadrement des loyers à la location et à la relocation, renforcement des sanctions prévues par la loi SRU, réforme du régime de cession du foncier de l’Etat pour faciliter la construction de logements par les collectivités territoriales
  9. Dès l’achèvement de la préparation technique, loi sur la tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz
  10. Droit au mariage et à l’adoption pour tous les couples
  11. Droit de finir sa vie dans la dignité
  12. Constitutionnalisation des principes de la loi de 1905 sur la laïcité, réforme du Conseil supérieur de la Magistrature pour garantir l’indépendance de la justice, réforme du statut pénal du Chef de l’Etat pour le rendre responsable des actes commis sans rapport avec sa fonction, suppression de la Cour de Justice de la République pour que les Ministres soient jugés comme des citoyens ordinaires, droit de vote, loi électorale, suppression du cumul des mandats, inscription dans la Constitution du respect de la démocratie sociale.

Conclusion

Le projet porté par les socialistes et François Hollande est précis, chiffré et il est présenté dans une démarche honnête et ouverte pour que tous les Français puissent voter en pleine connaissance de cause.

Nicolas Sarkozy et l’UMP refusent d’assumer leur bilan, ils n’ont à ce jour fait que des effets d’annonces, proposant le lundi une mesure opportuniste contrecarrée le vendredi par une mesure contraire. À un peu plus de 2 semaines du premier tour, ils n’ont toujours pas présenté un programme complet, chiffré et séquencé.

Mais est-ce si étonnant au regard des erreurs passées. Qui a oublié le bouclier fiscal pour les plus riches ? Qui peut oublier le montant épouvantable de la dette laissée par Sarkozy et dix ans d’UMP ?

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ITW d’Antoine Peillon sur l’évasion fiscale de la France vers la Suisse


UMP & Sarkozy : comment faire campagne sans assumer son bilan et sans programme ?

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Figurez-vous que cette semaine va être déterminante et formidable. En effet, Nicolas Sarkozy, au pouvoir presque sans interruption depuis dix, amnésique ou lâche (au choix) lorsqu’il s’agit d’assumer ses choix et son bilan, condescendra cette semaine à nous éclairer sur son programme.

Ce n’est pas que cela ait en soi de l’importance puisque comme depuis le début de sa carrière, il ne tiendra rien de ce qu’il promettra. Il nous expliquera sans doute d’un air de cocker repentant face aux contradictions douloureuses (pour les Français, pour lui cela va très bien merci) entre ses promesses passées, présentes et futures, que cette fois c’est sûr, qu’il sait où il veut embarquer les Français. Sur ce dernier point, pas besoin d’explication, nous le savons, c’est au fond du trou.

Il est quand même étonnant de constater qu’à 3 semaines de l’échéance, il n’a pas eu la décence et l’honnêteté de présenter ce programme. Décidément avec le sarkozysme, tout est dans l’apparence, dans la capacité à faire un show, sans doute dans la droite ligne de ces émissions où le spectacle est payé par la pub et les sms du spectateur que l’on cherche à embobiner.

Étonnement qui est encore accentué par la quasi absence de campagne de l’UMP sur le terrain. Dans ma région, aucune affiche de la fameuse « France forte » et la discrétion des militants UMP tranche avec le bling bling ostentatoire et bruyant du chef. Je vous propose d’ailleurs un jeux qui consiste à m’envoyer une photo si par extraordinaire vous trouviez une affiche !

Il faut avouer à la décharge des élus et militants UMP locaux que c’est un peu compliqué d’expliquer par exemple à des gens qui travaillent et qui sont passés sous le seuil de pauvreté, que Nicolas Sarkozy a fait du bon boulot et que 5,2% de déficit est un résultat économique formidable qui va bientôt les sortir de la misère ! Copé y arrive certes, avec une bonne émission télé et des journalistes complaisants cela peut passer, mais dans la rue cela pourrait être perçu comme une provocation. Les gens dans la mouise sont peu compréhensifs vis-à-vis des bonimenteurs. Salauds de pauvres !

On peut être assuré que le programme de Sarkozy sera à l’identique de ce qu’il a fait ces cinq dernières années. Je ne prends pas beaucoup de risque puisqu’il a fait tout et son contraire, annulant en fin de mandat la majorité des « réformes » qu’ils avaient fait voter en début. Quant au chiffrage, il a toujours été fantaisistes : aucun des budgets votés par l’UMP n’ayant été sincères, on se demande bien pourquoi ils seraient honnêtes cette fois.

A contrario, le PS a montré de 1997 à 2002 que nous avions les compétences pour diriger un pays, diminuer le déficit, diminuer le chômage, mettre les comptes de la sécurité sociale à l’équilibre, donner du pouvoir d’achat à tous les Français, faire des réformes économiques et sociales. Nous avons un bilan, nous l’assumons. Nous avons un programme en phase avec la période que nous vivons, nous l’avons présenté et nous le défendons.

Si vous aimez les échecs, les menteurs et la voie qui mène à la ruine, vous pouvez toujours continuer avec Sarkozy.

Mais il y a aussi la voie du changement, c’est maintenant, et c’est François Hollande.

Brêve de campagne en Finistère : l’histoire de « cons » de la semaine

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La campagne électorale continue de battre son plein à gauche et nous préparons toujours activement la venue de Benoit Hamon mercredi prochain.

J’ai également remarqué que les militants du FN étaient de sortie pour coller les affiches de leur candidate qui a mis un point final à l’interminable drame familial rejoué à toute les élections présidentielles : la famille LePen aura-t-elle ses 500 signatures pour pouvoir se présenter ?

Et une fois encore, le « miracle » s’est produit, la fille comme son père pourra concourir. Ouf, on a eu peur pour la démocratie !

Côté UMP, cela semble également se préciser puisqu’ils se sont décidés à présenter leurs candidats à la législatives. Et j’ai peut être également trouvé pourquoi l’UMP finistérienne en général et Marguerite Lamour en particulier mettaient si peu d’entrain à entrer en campagne.

Il y a certes un bilan apocalyptique qui peut difficilement être défendu sinon avec une incroyable dose de mauvaise foi et de cynisme, mais il y a aussi une gêne certaine à représenter l’UMP et le sarkozysme lorsque l’on est Breton avec un peu de mémoire. En effet, il n’y a pas que les Basques qui aient quelques sujets de récriminations envers le naufrageur de la France, il n’y a qu’à se souvenir de ses déclaration de mai 2007 alors qu’il devait venir en terre Bretonne : « Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte! ».

Et qui l’accompagnait pour cette mémorable lecture des cartes du Corsen ? Notre députée sortante Marguerite Lamour qui depuis 10 ans vote sans broncher les lois des pirates de la République ! Il est plus que temps pour Messire Hervé de Porzmoguer de reprendre la mer et d’aller faire exploser les vaisseaux ump en mai puis en juin !

La Réunion : après l’indignation, la rébellion

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En pleine campagne présidentielle, Nicolas le bafouilleur du Fouquet’s enchaîne déclamations et incantations à qui veut l’entendre. Mais entre deux annonces contradictoires, il ne dit rien des émeutes qui se déroulent depuis plusieurs jours à La Réunion.

La crise économique est évidemment à l’origine de ce mouvement social, mais contrairement à la métropole, le mouvement est en train de prendre une tournure dramatique. Claude Guéant, fidèle serviteur de la sarkozye, voudrait nous faire croire qu’il ne s’agit là que d’un mouvement de quelques jeunes, s’insurgeant contre des violences «absolument inacceptables», violences qui ne «vont pas permettre de régler les problèmes». Sans blague…


Il est légitime de se demander pourquoi à La Réunion les conséquences de la crise sont arrivées à un niveau inacceptables, et pas sur le continent.

Il y a plusieurs raisons à cela. La crise est d’abord plus aiguë pour les départements et territoires d’outre-mer car du fait de leur isolement maritime, la vie est déjà habituellement plus chère, la République ayant toujours échoué à résoudre cet aspect économique particulier. Et naturellement, les conséquences de l’incurie de 10 années de gouvernement UMP dont 5 particulièrement catastrophiques sont ressenties de façon beaucoup plus dures : le taux de chômage élevé devient explosif (28.9% contre 9% en métropole, et en particulier un taux ahurissant de 53.5% pour les 15-24 ans !), la vie qui était difficile devient alors dramatique (taux de pauvreté de 49% à La Réunion contre 13% en métropole). Pendant que Nicolas Sarkozy bat la campagne en jouant l’illusionniste, sa politique a tout simplement fait entrer ce territoire français dans ce que l’on appelait jadis le tiers monde.

Un dernier élément aggrave la situation réunionnaise, à savoir le fait que la population est jeune (34.4% ont moins de 20 ans), et ce qui pour une société est une formidable promesse d’avenir et un atout économique, est ici un honteux gâchis explosif.

Je ne fais pas partie de ceux qui chantent à tout vent leur amour de la révolution, mais je sais parfaitement voir et comprendre les situations où entre le désespoir et la révolte, les citoyens qui refusent la fatalité et le joug du renoncement créent des barricades et y mettent le feu.

La situation réunionnaise peut-elle s’étendre ? Sans aucun doute. D’abord bien sûr aux territoires dont la situation économique et sociale et très proche de celle de La Réunion, mais également en métropole si la situation devait continuer à s’aggraver. Je l’ai écrit depuis maintenant plus d’un an : ce que l’on a vu en Tunisie, puis en Égypte, puis en Libye, puis en Syrie, ce que l’on voit par épisodes en Grèce, ne sont pas des éléments isolés de quelques États « exotiques ». Ces situations ont en commun des éléments démographiques, des éléments économiques et des éléments liés à la libéralisation des moyens de communication et d’association numériques. La démocratie retarde l’expression violente des peuples car elle porte en son sein la promesse de l’expression de chacun et chacune. Mais en Grèce l’Europe se comporte comme un colonisateur qui refuse l’expression populaire lorsqu’elle ne va pas dans son sens. C’est suicidaire et criminel.

Quant à la France, le cri « dégage » se fait de plus en plus fort, et s’il est envoyé aujourd’hui à l’endroit de celui qui a plongé notre pays dans le puits sans fond de ses erreurs, il est également envoyé comme un rappel impérieux à François Hollande et au PS. Nous ne sommes pas là pour gagner par défaut, mais bien pour redonner à la jeunesse un avenir, à l’économie sa vitalité, à la France sa place et son honneur. Pas une voix ne manquera, mais pas un candidat de notre camp ne doit manquer !

Primaires socialistes : vers un duel Hollande / Montebourg ?

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Va-t-on vers une clarification idéologique de la primaire socialiste ?

C’est une impression qui semble être confirmée par un sondage ce matin ( http://lci.tf1.fr/politique/primaire-ps-hollande-toujours-chouchou-des-sondages-6716628.html ).

Si Hollande est toujours largement en tête avec 44% alors que MA est deuxième à 28%, Arnaud Montebourg prend la 3ème place avec 11% d’intention de vote (devant SR à 9%, Valls 7%, Baylet 1%).

Montebourg est sans doute celui qui réussit, face à Hollande qui tient le rôle du présidentiable le plus plausible, à concilier la position idéologique la plus différente de FH et une visibilité médiatique correctement qualibrée.Il me semble que l’on pourrait s’acheminer finalement vers une question « Hollande ou Montebourg ? ».
Pour ma part, je ne crois pas une seconde que le concept de démondialisation d’AM tienne la route, mais au moins c’est un élément saillant et une originalité que les autres challengers ne présentent pas.

Je ne suis pas sûr non plus qu’il y aura besoin d’un second tour. On verra bien dans les semaines à venir si ma boule de cristal fonctionne toujours correctement.

A mes amis sociaux-démocrates : cette fois il faut choisir

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Pour la première fois depuis 4 mois, Dominique Strauss-Kahn a pu s’exprimer publiquement sur les accusations qui ont été portées contre lui. Il a donné des réponses étayées par le rapport du procureur de New-York, mais a surtout tiré les conséquences de cette situation, reconnaissant sans faux fuyant sa responsabilité morale, aussi bien vis-à-vis de ses proches que vis-à-vis des Français.

L’attitude de DSK était digne, empreinte à l’évidence d’un profond sentiment de douleur et de regret, les mots étaient précis. Précise également l’officialisation de sa décision de ne pas intervenir dans la campagne des primaires, décision que beaucoup de militants sociaux-démocrates avaient entérinée mais que certains hésitaient encore à accepter. L’heure n’est donc plus à l’attente ou à l’espoir d’une candidature qui n’est plus à l’ordre du jour. La deuxième partie de l’émission d’hier soir consacrée à l’économie montre combien le jugement de DSK est irremplaçable et quelle perte cela représente pour cette élection, mais il en est ainsi, Dominique Strauss-Kahn n’est plus dans la course à l’élection  présidentielle de 2012.

Si Dominique n’est plus en course, les idées qu’il porte ne doivent pas pour autant se retrouver sans voix et sans militants. Le courant socdem est puissant, l’espoir qu’il porte est largement soutenu par les Français en attente d’un renouveau. Il appartient donc à chacun et chacune d’entre nous de dépasser ces difficultés pour s’engager pleinement dans la campagne des primaires. J’ai pour ma part déjà choisi de rejoindre mes camarades de B2G pour François Hollande, mais je comprends tout à fait que certains hésitent et puissent faire un autre choix, portés par des motivations ou une réflexion qui ne regardent qu’eux. Quoi qu’il en soit, il nous faut choisir et quel que soit soit votre choix, nous nous retrouverons après la primaire dans la bataille pour la victoire de nos idées, pour apporter l’espoir et le renouveau à nos concitoyens.

J’étais samedi dernier au meeting de présentation des candidatures des 6 candidats du PS à Guipavas. Exercice intéressant et instructif.

À l’évidence, il sera plus que difficile pour les sociaux-démocrates de choisir A. Montebourg qui malgré l’éloquence de Gilbert Le Bris, soutient  l’orientation d’une démondialisation, terme aussi accrocheur que « mal choisi » (dixit G.L.B.). A vrai dire il était même coquasse de défendre un tel concept lorsque l’écran derrière les orateurs fournissait involontairement le parfait exemple de l’incohérence de ce concept. Essayez de « démondialiser » l’ordinateur et les services qui vous servent à lire ce post…

Axel Kahn défendant la candidature de M. Aubry a été intellectuellement brillant (qui aurait pu prétendre le contraire), Martine aurait pu largement bénéficier du pacte de Marrakech et de l’amitié réaffirmée de DSK, il n’en reste pas moins qu’elle s’est montrée un bien piètre manager vis-à-vis des militants sociaux-démocrates, manquant à plusieurs reprises les rendez-vous qu’elle aurait pu prendre avec nous. Par ailleurs, elle devra composer avec des courants qui d’Hamon/Emmanuelli à Cambadélis en passant par Fabius ont quand même des marques de fabrique très différentes. Pour ces raisons, MA n’a pas été mon choix mais je comprends ceux qui hésitent.

A Guipavas, l’intervention pour JM Baylet a été intéressante sur le fond, très européenne, mais je l’ai reçue plus comme une candidature de témoignage qu’autre chose.

Je ne pourrai pas dire grand chose de la candidature d’E. Valls car son représentant à cette réunion a raté son avion. J’y verrai le symbole d’une candidature affaiblie par son manque de représentativité locale, un discours que l’on aurait aimé entendre, et que l’on écoutera avec attention la prochaine fois.

Le représentant de S. Royal a été peut-être le plus décalé, jouant souvent sur l’empathie, pas forcément clair et trop politiquement convenu. SR n’a à l’évidence pas su se renouveler depuis 2007.

Restait donc Bernard Poignant pour François Hollande, qui a su prolonger le message d’un candidat qui apparaît comme le plus présidentiable de tous. Très peu de choses sur le programme lui-même ont été dites (tous défendent le programme du PS d’ailleurs), l’accent ayant été mis sur ses qualités d’homme d’État. Le discours ne serait pas original si les autres candidats avaient fait de même. Mais une césure est clairement apparue entre la candidature de François Hollande et celle des autres, ses challengers. Cela reflète l’opinion actuelle des Français, tous semblent l’avoir acté.

Voilà le résumé d’une sacrée semaine, avec un débat national, une rencontre régionale en ce qui me concerne, et la clôture faite par DSK. Le débat est dense, et les socialistes malgré les difficultés, ont donné une excellente image d’eux-même. Nous avons accepté les débats contradictoires et pour l’heure, nous prouvons aux Français notre valeur. J’appelle donc les derniers indécis des rangs socdem à entrer eux-aussi dans la bataille des primaires, et quel que soit leur choix, de défendre haut et fort nos idées à travers le ou la candidate qui représente à leur yeux le mieux ces idées. Je ne sais pas s’ils feront le même choix que moi avec François Hollande, mais peu importe, je suis certain que mi-octobre nous serons côte-à-côte pour répondre aux attentes des Français : virer l’ump et Nicolas Sarkozy, remettre le pays sur ses pieds et lui rendre son honneur et sa fierté.

Gagner en 2012 !

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En réponse à différents commentaires toujours aussi violents que peu constructifs, je vous renvoie à un texte diffusé entre autres sur le blog de Jean-Jacques Urvoas et qui traite de la campagne de 2012, de notre envie de la gagner (j’espère que cette envie dépasse au PS le seul courant social-démocrate !).

Ce texte est celui d’un courant du PS, courant qui aura quoi qu’il arrive son candidat, courant connu pour son attachement à la réflexion, à la modération, au dialogue, entre autres bonnes choses.

Bonne lecture et avec un peu d’avance, bonne, très bonne, excellente année 2011 (en attendant 2012) !

L’égalité réelle : retour sur un texte très inégal

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J’ai pris le temps de la réflexion avant de commenter le texte présenté par Benoît Hamon sur l’égalité réelle.
Les textes précédents n’étaient certes pas parfaits, mais ils m’ont moins navrés que celui-ci, et je ne pense pas être le seul dans ce cas.

En quoi ce texte est-il particulier ?

Tout d’abord, pour le social-démocrate que je suis, le concept d’égalité réelle recouvre quelque chose de sans doute plus sensible que pour un militant d’un autre courant puisque c’est quelque chose que nous portons depuis plusieurs années (voir ici le texte écrit par Dominique Strauss-Kahn pour la fondation Jaurès en 2004) et c’est quelque chose que nous aurions aimé voir défendu en 2007. Ce ne fut pas le cas et si nous sommes plutôt heureux que ce thème soit repris aujourd’hui, c’est parce que nous en attendons beaucoup de choses nouvelles, originales, puissantes, capables de mobiliser les Français et de les sortir de leur abattement. Et force est de constater qu’avec le texte présenté par Benoît Hamon, nous sommes plutôt dans l’accumulation brouillonne, la collection et non dans l’ambition à l’assaut des montagnes.

Qu’est-ce que l’égalité réelle ? C’est le constat que l’égalité que nous considérons comme un de nos plus importants idéaux ne réussit pas finalement à être au niveau attendu, malgré tous nos efforts. Une des explications est qu’un certain nombre d’éléments structurels conditionnent nos destins, conditionnent les échecs des populations les plus défavorisées en particulier. Or, donner au départ les mêmes éléments à tous (égalité) ne permet pas de corriger ces biais structurels, ce qui fait qu’à l’arrivée l’égalité ne peut jamais être atteinte. Il y a derrière cela aussi l’idée que l’égalité de tous doit être mise en rapport avec l’équité de chacun, ou de façon concrète qu’il faut donner plus à ceux qui ont moins pour espérer arriver au même point (égalité réelle).
Je n’aime d’ailleurs pas trop l’expression “d’égalité réelle” parce qu’elle a quelque chose de bizarre (c’est un peu comme en amour, aimer plus ou bien, c’est moins qu’aimer) et parce que cela recouvre des choses trop complexes pour être correctement exprimées dans la communication politique qui est la nôtre, mais je suis convaincu de l’importance du concept et de la réalité que cela recouvre.

Et que lit-on dans le texte d’Hamon ? Une introduction mal écrite qui surfe sur des poncifs suivie par une collection d’éléments, dont certains sont importants et pertinents, mais je le répète, sans force directrice, sans innovation. Autant j’étais heureux de voir l’idée d’égalité réelle retravaillée pour le PS par son aile gauche (n’est-ce pas là où l’on est censé trouver la révolte, l’impertinence, le mouvement, la contestation ?), autant on se retrouve à l’arrivée avec une sauce plate, qui plus est polluée de vieilleries avec une pointe de mauvaises habitudes.
Je comprends mieux pourquoi ce texte a reçu si peu de soutiens jusqu’ici.

Pour ma part, je ne me vois pas voter pour lui, ce texte est trop décevant alors que l’enjeu est si grand. Par contre, je n’ai pas encore décidé si j’allais m’abstenir ou voter contre.
M’abstenir c’est envoyer un signal d’avertissement sans pour autant que cela soit repris de façon politicienne pour remettre le bazar au PS, mais c’est un peu lâche et tiède, ce que je reproche justement à ce texte.
Voter contre serait exprimer mon impatience d’une révolte constructive de l’intelligence au sein du PS, la volonté de sortir des vieilleries et des poncifs, et aussi de demander à ce que les militants et sympathisants soient plus et mieux associés à la réflexion de ces textes, et pas simplement appelés à les enregistrer. La refondation en passe aussi par là.

Je vais donc échanger avec mes camarades (Pierre Moscovici a d’ailleurs déjà présenté des contre-propositions) avant de me décider. Ce qui est sûr, c’est que pour l’heure je ne suis pas content de l’image et du contenu de ce texte. Il est plus que temps pour tous les dormeurs de se réveiller. Il est plus que temps de sortir de la contestation conservatrice pour passer à la refondation créatrice.
Les Français n’attendent pas un catalogue de mesures, même si certaines sont plus que largement souhaitables, ils n’attendent pas une soupe tiède sortie du vieux chaudron socialiste, ils attendent des réponses à des défis gigantesques, ils attendent l’architecture d’une nouvelle société capable d’enfin atteindre nos idéaux, à commencer comme ici par l’égalité réelle entre tous les citoyens.

Nous n’avons pas le droit d’être médiocre, ou même simplement vaguement bon. L’histoire de la France est exceptionnelle, notre destin ne peut pas être tiède.

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Références :
* “Pour l’égalité réelle Éléments pour un réformisme radical
* “Refondations, PS, Socialisme et Social-démocratie, Le dormeur doit se réveiller
* “Refondations, PS, Socialisme et Social-Démocratie Les Défis

Primaires de Confirmation ou Etats Généraux de refondation ?

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Il y a 6 mois déjà, j’écrivais « Aujourd’hui, je suis plus que circonspect vis-à-vis du principe des primaires, pour une raison technique : dans un tel scrutin il est impossible de garantir l’équité de la campagne, comment alors donner une légitimité au vote si ce n’est l’acceptation mathématique d’un vote structurellement biaisé ? ». Bartolone actualise cette réflexion avec un biais particulier : parmi les candidats susceptibles de l’emporter, un seul se présentera par accord tacite ou explicite avec les autres.

Est-ce logique ? Dans la logique du vieux PS, absolument. Après deux défaites qui n’auraient pas dû avoir lieu, il est absolument normal que la « machine PS » cherche et trouve la meilleure façon de gagner le prochain scrutin, et la meilleure façon est de ne pas créer une lutte suicidaire d’investiture.

Est-ce démocratique ? Non, puisque techniquement nous n’aurons d’autre vrai choix que de voter pour le seul gagnant possible.

Est-ce insupportable ? Ceux qui ne se reconnaîtront pas dans la tendance du vainqueur diront que oui, en sachant qu’ils auraient dit le contraire si le choix avait été différent, ou encore qu’ils l’ont très bien supporté dans le passé.

Est-ce une violation de nos idéaux ? Non, un parti n’est qu’un outil pour atteindre nos idéaux, ce n’est pas un idéal en lui-même. Cet outil passe tour à tour entre des mains qui ont des intérêts particuliers, et parfois ces mains s’égarent. Le secrétariat actuel n’est sans doute même pas le plus mauvais que le PS ait connu, mais il est dans une situation très particulière qui lie la promesse d’un triomphe électoral en 2012 et l’acte de décès du vieux PS. La réforme radicale ne peut pas venir de la direction ; comme je l’ai écrit, « Si changer est généralement une nécessité, c’est très rarement un choix pour chacun d’entre nous. Cela est encore plus vrai pour une organisation ou dans notre cas, un parti politique. Les groupes constitués fonctionnent selon des règles tacites ou explicites qui les stabilisent, qui les font avancer et leur évite d’exploser. La stabilité d’un groupe, bonne ou mauvaise, résulte d’une alchimie entre la volonté d’être ensemble et la réalité de forces antagonistes qui se neutralisent, se stabilisent de façon généralement non consciente, sur un équilibre aussi stable que possible. »

Finalement la situation est simple : si le PS perd 2012, de toute façon c’en sera fini. Pour gagner, la direction et nombre de cadres pensent, raisonnablement, qu’il faut supprimer tout risque préalable, donc éviter que les primaires augmentent les tensions actuelles jusqu’à l’explosion ; ils suppriment de fait le problème de choix démocratique au profit d’un choix rationnel (aptitude, expérience, image, consensus national – en espérant que le candidat ait effectivement ce profil) pour les trois tours (primaires, 1er tour, 2ème tour). Mais en faisant cela, la direction touche au paroxysme du problème du PS : pour sauver le PS, le parti doit biaiser le choix démocratique. C’est logique, c’est rationnel, c’est même peut-être souhaitable, mais ce sauvetage est aussi en lui-même l’acte de décès du vieux PS : logique jusqu’à l’absurde, sans échappatoire possible.

Le ps actuel ne peux structurellement pas faire ce qu’on attend de lui c’est-à-dire une élection ouverte et equitable. Il faut donc le changer. Mais si on le change maintenant on risque de perdre l’élection puis le parti. Ceci dit, ce n’est pas la première fois que le problème se pose : après chaque élection perdue, on évoque une rénovation nécessaire, rénovation vite oubliée car il faut gagner l’élection suivante avant de rénover…

Il me semble qu’en conséquence, la question posée aux primaires n’est plus de choisir notre candidat (à la rigueur de lui donner l’onction formelle – l’élection de confirmation de Bartolone/Fabius), mais sans-doute faut-il aussi saisir l’opportunité d’exiger la refondation avant l’élection, avant une élection que nous pouvons gagner. Nous avons l’opportunité de débattre sur les fondations de la renaissance du PS, renaissance qui sera rendue possible par l’élection d’un président socialiste. Ces primaires seront moins des primaires que la convocation des États généraux du socialisme, voire de la gauche qui a elle-même à se redéfinir.

Le futur président aura pour mission de sortir la France de la crise et de refonder la République largement liquidée par Nicolas Sarkozy.
Cette dynamique présidentielle doit également permettre de redéfinir ce qu’est la gauche et de refonder le parti socialiste sur des bases qui éliminent les incohérences à la fois idéologiques et de fonctionnement, et trace un nouvel horizon tenant compte des défis qui se posent à nous autant que de l’évolution profonde de la société.

Ne nous trompons pas de combat : la situation actuelle est la conséquence directe d’éléments structurels, ce n’est pas un problème de personne. Il me semble qu’en l’état actuel, aucune primaire telle que nous le rêvons n’est en mesure d’être mise en place, mais ce qui va être mis en place peut permettre de redéfinir les futures règles de la vie démocratique du parti.

Nous voulons que le prochain président soit socialiste, il le sera. Mais ce président sera sans parti si le vieux PS avait l’illusion de survivre à l’élection, il sera au contraire infiniment plus fort avec un PS refondé.