Lorsque Sarkozy renouvelle les séries comiques de l’été

Comme c’est l’été, la télé nous a offert hier soir une de ses éternelles redifusions mais avec une évolution en forme de parodie politique de la filmographie de Louis de Funès et des comédies bien françaises.

Le film

Commençons par le décor inspiré à l’évidence de cette scène de la cage aux folles où la salle à manger kitch et olé olé a été remplacée pour l’occasion de la venue de Galabru (notable et politicien) par un décor on ne peut plus monacal. Qu’on se le dise, le moment se voulait grave et profond.

Le jeu d’acteur

Pour le film lui-même, il faut bien avouer que le scénario était convenu mais que l’acteur s’est employé à nous montrer tout son talent :

D’abord touché, sombre, soucieux, presque triste sur l’affaire Bettencourt / Woerth. Ah quelle belle envolée tout de même lorsqu’il réitère sa confiance à Eric Worth, homme honnête et compétent. Quelle sollicitude lorsqu’il lui conseille, juste un conseil pas un reproche ni même un ordre, de mettre fin à ce petit problème de conflit d’intérêts. On attend avec impatience le jour où Sarkozy réitèrera ce même conseil en direction d’Alain Marleix, secrétaire d’Etat à l’intérieur et aux collectivités, en charge de la nouvelle carte électorale et accessoirement secrétaire national de l’UMP en charge des élections, ou encore d’un certain Nicolas, à la fois président de tous les Français et accessoirement président de l’UMP.

L’instant tragique

Et puis il y a aussi l’indignation limite colère pour défendre Liliane et s’emporter contre ceux qui n’aiment pas l’argent.

L’acteur est ici très bon mais on s’étonnera que le scénariste ait été si peu crédible : je pense qu’il doit s’agir d’un scénariste américain qui ne comprend pas très bien la culture judéo-chrétienne…

Excellent également le coup de mamie Liliane payant une montagne d’impôts : des millons chaque mois (en fait moins de 20% de son revenu semble-t-il). Par contre on ne peut qu’être choqué par cette scène où l’acteur affirme une fois de plus sa détestation de la famille en jugeant anormal, presque indécent, de bénéfier à la fois de l’allocation logement et d’une demi part d’IRPP.

La meilleure blague

Ma scène préférée restera sans doute celle où, dans une réplique digne d’Audiard, Nico nous fait ce merveilleux lapsus au début du film à propos de Courroye en mélangeant les fonctions de juge et de procureur. Décidément, il a bien fait d’arrêter d’être avocat (mais il aurait dû choisir autre chose que président…).

On ne vantera jamais assez le comique de situation !

Les faiblesses du scénario

La scène nous expliquant les raisons de la panade économique actuelle me semble un peu trop cliché et ne convaincra que les spectateurs peu cinéphiles : on y apprend que tous nos maux économiques ont un nom : les 35h (malgré les 8 ans que l’UMP est au pouvoir tout de même…). Le scénario trop court manque ici terriblement de crédibilité.

Même problème lorsque Sarkozy se présente à la fois comme celui qui a imposé contre vents et marée le maintien de l’ISF et celui qui tiendra jusqu’au bout pour maintenir le bouclier fiscal (dont la justification est l’existence d’un ISF supposé confiscatoire). Ce n’est ni cohérent ni crédible.

Un nouvel opus ?

Pour la suite, je suggèrerai un peu plus de glamour et plus d’action et de musique : c’est l’été après tout et il faut bien oublier un temps les mois calamiteux que nous venons de vivre !

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Vous trouverez [ ici ] et [ ici ] quelques critiques sur l’incohérence du scénario.

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