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Pour renaître, le PS devra-t-il exploser à la Rochelle ou à Reims ?

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Août 2008.

Car pour le moment, on voit mal comment il en serait autrement. De quelque façon que l’on prenne le problème, il y a au sein du PS trois blocs.

Un bloc pour l’aile gauche qui ne peut réellement s’exprimer aujourd’hui faute d’avoir retrouvé une alternative au modèle radical qui l’a inspiré jusqu’à la fin du siècle dernier. Par défaut d’une vision refondée forte, l’aile gauche du PS en est réduite à peser sans exister, c’est-à-dire à choisir le moins pire pour elle, même si elle n’approuve pas les outils qui seront employés (je parle d’outils car la divergence ne porte pas sur les finalités : que l’on soit strauss-kahnien ou emmanuelliste, le but ultime est bien le même, égalité, émancipation de l’individu, recherche d’un monde plus juste et solidaire). Même si je n’appartiens pas idéologiquement à ce groupe, j’espère qu’ils trouveront eux-aussi la voie de la refondation car je suis fondamentalement attaché au débat contradictoire fondé, au questionnement, et même si la social-démocratie porte aujourd’hui tous les espoirs, elle doit continuer à être questionnée pour elle aussi progresser.

Le deuxième bloc est constitué par les lambeaux de la campagne présidentielle, bloc fait d’abord d’émotion, d’affectif, mais hélas aussi de ressentiment et de besoin de revanche sinon de vengeance (créée de toute pièce par les fantasmes véhiculés lors de la campagne et le déni de la défaite). L’offre politique est un peu particulière pour la gauche, sorte de séguinisme mâtiné de féminisme (sur ce dernier point, les anciens conflits homme / femme du PS alimentent de façon sourde le désir de revanche cité plus haut alors que la problématique homme / femme au sein de la société française est fort différente). La finalité politique m’apparaît toujours obscure, les outils trop violents et coercitifs à mon goût.

Enfin, le dernier bloc est social-démocrate, héritier de Michel Rocard et aujourd’hui inspiré par DSK, toujours intellectuellement très présent malgré son « exil » au FMI, utile à l’économie du monde bien que pour l’heure son éloignement soit préjudiciable au PS. Etrange facétie de l’histoire : celui qui est le plus à même d’éviter le chaos au PS est celui-là même que les militants ont rejeté imprudemment à la primaire… Mais, de la social-démocratie sur le modèle actuel européen à la réinvention d’une nouvelle social-démocratie, il y a là tout un panel qui a du mal à être définitivement refondé tant le débat sur le fond est parasité par les batailles de personnes venant de l’extérieur de ce courant. La plus efficace des méthodes utilisées par le noyau d’activistes du deuxième bloc est d’ailleurs de polluer le débat idéologique en ne parlant que de personnes ; la réflexion tourne alors rapidement court.
C’est au sein du groupe social-démocrate que j’essaie de faire avancer la réflexion parce que c’est ici que je trouve la plus grande ouverture d’esprit, les approches les plus novatrices, la plus forte volonté de réforme cohérente.
Pourquoi est-ce que je pense que l’existence même du parti socialiste est menacée ? Parce que le deuxième bloc ne peut exister que par l’écrasement ou la capitulation des deux autres, le compromis est par nature impossible : pour eux, il faut soit adhérer, soit se taire… soit partir. On le voit actuellement sur le web, tout contradicteur est soit un droitier suppôt de l’UMP, soit un sectaire, après avoir longtemps été taxé avec mépris « d’éléphant machiste ». Le seul espoir pour ce deuxième bloc est que le sous-ensemble des militants qui subissent en silence l’activisme outrancier d’une poignée d’individus, ces derniers leur portant un très grand tord, tant du point de vue de l’image que de celui des idées, que ces militants donc reprennent la parole et portent le débat, non sur les personnes, mais bien sur le choix des outils politiques, la refondation idéologique. S’ils n’y réussissent pas, leur échec entraînera peut-être le PS dans la tombe.

Les blocs de la gauche radicale et de la social-démocratie pourraient-il s’entendre ? Dans le combat, sans aucun doute. D’expérience, je me suis retrouvé plus d’une fois à combattre avec des militants de cette gauche radicale. L’exemple le plus éminent a sans doute été le combat contre l’idée sarkozyste de faire assumer la culpabilité de la Shoah à des enfants du CM2. Sans aucune concertation préalable, je me suis retrouvé dans la bataille côte à côte avec eux, alors que du côté royaliste on en était alors à peser le pour et le contre et de considérer que tout n’était pas mauvais. Mais à terme, soit la gauche radicale évolue profondément pour accepter les orientations sociale-démocrates (ce qui est peu probable), soit nous devrons nous en tenir à des contrats de gouvernement pour constituer des majorités électorales (ce qui sur le principe n’est pas forcément un handicape).
Ces deux blocs peuvent-ils constituer une majorité contre le deuxième ? Cela n’aurait aucun sens idéologique, cela n’irait pas dans l’intérêt de la France et je ne crois pas que c’est ce qu’attendent les français. Fondamentalement, ils se moquent de savoir quel courant du PS est le plus beau, le plus fort ! Ils attendent, je crois, seulement, surtout, un parti politique cohérent, force de propositions et d’alternative, un parti crédible sur le fond idéologique autant que sur les compétences de ceux qui devront mettre en œuvre les réformes indispensables pour vaincre les dangers qui menacent notre pays. Trouvez 100 militants socialistes capables de relever et d’incarner ce défit et les français en feront le premier parti de France, et je ne doute pas que le PS en compte plus que 100 !

J’aimerais sincèrement qu’il en soit autrement, mais à la vitesse où montent les stériles batailles de personnes à l’approche du congrès, je crois que le risque d’éclatement du PS est effectivement énorme, soit par l’éjection de l’ensemble des militants du deuxième bloc (si la scission était limitée au noyau d’activistes on pourrait limiter la casse), soit par le départ des éléments les plus réformateurs de la social-démocratie et de la gauche radicale.
J’espère pour une fois me tromper, mais à défaut d’être sûr de l’avenir, je veux être clair et sincère dans mon combat.

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