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Et vous, auriez-vous assassiné Jaurès ?

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Si l’histoire en marche est le plus souvent tragique, celle dont on est amené à se souvenir est souvent ironique. Quel plus bel exemple que celui de la commémoration de l’assassinat de Jean Jaurès ?

198-10Pourtant, à condition de sortir d’un hommage aussi béat que paresseux, il y a sans doute encore des choses à apprendre de la pensée de cet homme.

À mes yeux, ce qui reste le plus marquant, c’est certes que nous gardons de l’homme une ou deux images cultes mais surtout l’expression d’une force incroyable des idées, même si finalement peu de gens sauraient encore en donner le contenu ou simplement la ligne directrice. Jaurès n’a pas survécu dans nos mémoires parce qu’il fut un grand bâtisseur d’empire, un général victorieux ou un sauveteur des âmes, non, il a survécu parce qu’il a mis la puissance de sa réflexion au service des combats de son époque. Il a survécu également parce que globalement sa vision pacifiste, réformatrice, progressiste et volontariste était la bonne.

Parmi ceux qui se précipitent pour célébrer Jaurès aujourd’hui, combien incarnent une vraie réflexion politique en phase avec les réalités et au service d’un combat pour un Homme et un monde meilleur ? Le combat d’image ou « d’habitude » se sont depuis longtemps substitués au combat réformateur et d’idées. La gestion du quotidien a depuis longtemps pris la place de la construction de l’avenir.

Le monde de Jaurès était un monde remplit de certitudes et qui préparait la guerre. Le monde d’aujourd’hui est un monde en mutations extraordinairement profondes qui s’accommode des guerres en cours (Israël, Ukraine, Syrie, Mali, Irak, Afghanistan, …).

Il y avait derrière les combats de Jaurès un idéal de monde meilleur alors qu’il n’y a guère aujourd’hui qu’un combat pour ne pas perdre ses « acquis » ou par simple refus du changement. En ce sens, notre société est infiniment plus bourgeoise aujourd’hui (dans sa totalité !) qu’elle ne l’était au début du XXème siècle.

Nous n’avons pourtant pas le choix de prendre ou pas le chemin de la réforme et du changement. Les défis qui s’imposent à nous ne nous laissent pas d’autres alternatives que la réforme radicale et volontairiste. Mais cette réforme ne doit pas être subie, elle doit être pensée et partagée. Si elle ne l’était pas, la bascule dans le nouveau monde serait chaotique et inutilement douloureuse.

Un individu, fut-il Jaurès, ne peut empêcher les accidents de l’Histoire. Mais sa pensée peut parfaitement en orienter le sens.


Jacques Brel – Jaurès [1977] par tonio000001

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