La section PS du pays d’Iroise invite Jean-Jacques Urvoas pour sa réunion de rentrée

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ccommons-Ericwaltr-Jean-Jacques_UrvoasLa section PS du Pays d’Iroise organise le vendredi 25 septembre une réunion de rentrée avec Jean-Jacques Urvoas, député finistérien et président de la Commission des lois à l’assemblée nationale.

La réunion est ouverte aux militants et sympathisants PS et aura lieu à la Maison Pour Tous, rue de la mairie à Porspoder à 20h15.
Jean-Jacques Urvoas y abordera des sujets tel que :

  • l’avancée de l’application de la
    charte des langues régionales,
  • les motivations et impacts de la loi sur le
    regroupement des communes
  • et naturellement les défis posés par les migrants et
    réfugiés.

N’hésitez pas à diffuser cette invitation et nous vous attendons nombreux pour cette rentrée politique en pays de Brest.

Et vous, auriez-vous assassiné Jaurès ?

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Si l’histoire en marche est le plus souvent tragique, celle dont on est amené à se souvenir est souvent ironique. Quel plus bel exemple que celui de la commémoration de l’assassinat de Jean Jaurès ?

198-10Pourtant, à condition de sortir d’un hommage aussi béat que paresseux, il y a sans doute encore des choses à apprendre de la pensée de cet homme.

À mes yeux, ce qui reste le plus marquant, c’est certes que nous gardons de l’homme une ou deux images cultes mais surtout l’expression d’une force incroyable des idées, même si finalement peu de gens sauraient encore en donner le contenu ou simplement la ligne directrice. Jaurès n’a pas survécu dans nos mémoires parce qu’il fut un grand bâtisseur d’empire, un général victorieux ou un sauveteur des âmes, non, il a survécu parce qu’il a mis la puissance de sa réflexion au service des combats de son époque. Il a survécu également parce que globalement sa vision pacifiste, réformatrice, progressiste et volontariste était la bonne.

Parmi ceux qui se précipitent pour célébrer Jaurès aujourd’hui, combien incarnent une vraie réflexion politique en phase avec les réalités et au service d’un combat pour un Homme et un monde meilleur ? Le combat d’image ou « d’habitude » se sont depuis longtemps substitués au combat réformateur et d’idées. La gestion du quotidien a depuis longtemps pris la place de la construction de l’avenir.

Le monde de Jaurès était un monde remplit de certitudes et qui préparait la guerre. Le monde d’aujourd’hui est un monde en mutations extraordinairement profondes qui s’accommode des guerres en cours (Israël, Ukraine, Syrie, Mali, Irak, Afghanistan, …).

Il y avait derrière les combats de Jaurès un idéal de monde meilleur alors qu’il n’y a guère aujourd’hui qu’un combat pour ne pas perdre ses « acquis » ou par simple refus du changement. En ce sens, notre société est infiniment plus bourgeoise aujourd’hui (dans sa totalité !) qu’elle ne l’était au début du XXème siècle.

Nous n’avons pourtant pas le choix de prendre ou pas le chemin de la réforme et du changement. Les défis qui s’imposent à nous ne nous laissent pas d’autres alternatives que la réforme radicale et volontairiste. Mais cette réforme ne doit pas être subie, elle doit être pensée et partagée. Si elle ne l’était pas, la bascule dans le nouveau monde serait chaotique et inutilement douloureuse.

Un individu, fut-il Jaurès, ne peut empêcher les accidents de l’Histoire. Mais sa pensée peut parfaitement en orienter le sens.


Jacques Brel – Jaurès [1977] par tonio000001

Mandela day

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mandelaIl n’a pas amassé une fortune colossale en ruinant des boursicoteurs naïfs.

Il n’était pas un artiste marketé survendu à coup de j’aime sur Facebook.

Il ne faisait pas partie de ces sportifs se plaignant de payer trop d’impôts.

Il n’était pas un de ces penseurs dont les pensées profondes sont rythmées par les rentrées littéraires et les salons où ils faut être.

Il n’était pas de ceux qui renoncent en se justifiant d’un gauche / droite c’est tous les même.

Il n’était pas un politique bateleur de foire, carriériste, vendeur de discours chamallow.

Non, il était de ceux qui écoutent encore plus qu’ils ne parlent, de ceux qui risquent leur liberté pour de nobles et grandes idées, de ceux qui combattent pour la justice, de ceux qui ont l’humilité d’apprendre de leurs erreurs, de ceux qui pensent qu’un honnête homme doit s’occuper des affaires publiques, de ceux qui tissent des liens entre les hommes, en particulier lorsqu’ils sont différents.

Il était Mandela et il montre le chemin à tous ceux qui veulent avancer.

Le boss, il bosse, faut bosser !

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5789176-hollande-pense-toujours-pouvoir-faire-baisser-le-chomage-en-2013L’avantage, si je puis dire, de ne pas être populaire c’est qu’au moins on n’a plus la crainte de déplaire et que du coup, il est possible de faire ce qui est nécessaire plutôt que ce qui pourrait vous rendre joli dans le miroir.

C’est finalement un des enseignements de cette semaine où François Hollande a largement occupé le terrain.

Ce qu’il était nécessaire de faire (et va forcément déplaire), c’est d’abord de remettre sur la table la question des retraites. En son temps, j’avais pris parti contre la réforme de l’UMP parce que je pensais qu’elle ne résoudrait pas le problème du financement. Eh bien elle ne résout pas le problème du financement. Un peu plus tard, j’avais porté un regard critique sur notre propre discours qui pouvait laisser penser au retour de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous. Eh bien ce ne sera pas le cas, les 60 ans n’étant que l’âge où il est possible de partir, mais certes pas à taux plein pour tout le monde. Il va donc falloir remettre l’ouvrage sur le métier, et je l’espère cette fois traiter vraiment le problème. J’attends de voir ce qui sera présenté, j’espère que cela se fera par le dialogue (fut-il musclé) avec tous et pour ma part j’espère pouvoir défendre un des éléments qui me semble fondamental dans cette histoire, à savoir le paramètre d’espérance de vie en bonne santé. On peut bien en effet demander aux gens de travailler jusqu’à 100 ans (ne reculons devant rien !), quand ils ne peuvent plus, ils ne peuvent plus. Et que ce soit du côté de l’individu usé par l’âge qui n’est plus en mesure de travailler correctement, que du point de vue de l’employeur qui n’a aucun intérêt à employer des salariés forcément chroniquement malades et absents, cette espérance de vie en bonne santé me semble un critère incontournable de la future réforme.

moscoviciAutre élément de l’intervention de François Hollande, il ne doit y avoir qu’une seule ligne politique. Tout à fait d’accord mais du coup, il va falloir réorganiser Bercy. Ces derniers temps, Pierre Moscovici a fait l’objet d’attaques qui venaient d’un peu partout et hélas aussi de la gauche. Le ministre des finances incarne la ligne social-démocrate ce qui pour certains esprits courts est une tare définitive. De plus du côté ministère de l’économie, on trouve aussi Arnaud Montebourg et Benoît Hamon qui ne partagent pas cette vision socdem (et on oubliera l’épisode Cahuzac qui pour d’autres raisons a participé à plomber l’action gouvernementale). Nos trois ministres ont chacun leur légitimité et que l’on en choisisse un plutôt que les deux autres sera tout aussi acceptable. Mais quel que soit le choix, s’il n’y a qu’une ligne il ne doit y avoir qu’un ministre à la manœuvre. En attendant je ne goûte guère les snipers qui visent opportunément Moscovici alors que ce dernier a  totalement joué la carte de l’apaisement, de la discrétion et de la solidarité gouvernementale bien qu’il ait sans doute moult choses à dire.

Enfin, pour terminer ce post, j’ai apprécié l’effort de relance du discours européen. Les propositions ne sont pas radicalement nouvelles, mais elles vont dans le sens de la construction de quelque chose et pas dans l’ajustement des engrenages obscures. Les élections européennes approchant, j’espère que ce souffle sera aussi celui de la future campagne et que l’on osera regarder les Français les yeux dans les yeux. J’en ai marre de perdre les élections européennes pour de mauvaises raisons, et je me dis que si nous osons être force de (vraies) propositions, les Français en auront aussi marre de voter pour la droite qui gouverne l’Europe depuis trop longtemps ou pour les extrémistes qui font semblant de contester le système alors qu’ils ne rêvent que d’apparaître « propres » pour en faire partie. Fermons le cirque des attrape-couillons !

J’espère pouvoir revenir ultérieurement sur l’économie et en particulier le discours sur les TPE/PME et le volet économie numérique.

 

Retour sur le rendez-vous de la semaine politique

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Francois-HollandeL’actualité cette semaine c’était naturellement l’intervention du chef de l’État à la télévision.

La prestation a été très bien préparée et exécutée, on n’en attendait pas moins de François Hollande. Cette intervention était manifestement vue comme une sorte de rapport d’étape, très factuelle et sans artifice de séduction. Le président m’a semblé particulièrement conscient du fait que quoi qu’il fasse, tant que sa politique n’aura pas donné les premiers résultats positifs, les Français ne lui accorderont aucun satisfecit. Et comment leur en vouloir d’ailleurs ?

Dans ce « rapport d’étape », François Hollande a voulu insister sur les éléments structurels mis en place (il est loin le temps de la politique des coups médiatiques sans lendemain du précédent gouvernement) :

  • la banque publique d’investissement «pour apporter des fonds propres aux entreprises»,
  • un effort de 10 milliards d’euros pour les grandes entreprises,
  • l’accord pour la sécurisation de l’emploi,
  • les contrats de génération,
  • les emplois d’avenir.

Il aurait pu également ajouter les mesures de « colmatage » de la coque du bateau France qui prenait financièrement l’eau de toutes parts lorsque les Français nous ont donné leur confiance en 2012.

Manque-t-il quelque chose ? A mon sens oui. Un vrai travail courageux a été fait (on ne nous a pas épargné les mesures impopulaires !), un travail sérieux et rigoureux. Mais au-delà du nécessaire, du réaliste, du classique, il manque il me semble un élan supplémentaire,  une ouverture vers des pistes résolument novatrices. Nous sommes à la fois dans une crise sans précédent depuis celle des années 30 et dans une exceptionnelle période de ruptures (climatique, énergétique, démographique & numérique). Toute la compétence et les connaissances accumulées dans le monde d’avant ne suffiront probablement pas pour construire le monde d’après.

Du point de vue économique, le monde d’après sera très probablement construit par les TPE qui ne sont que très peu concernées par les emplois d’avenir, les contrats de génération, la sécurisation de l’emploi et la banque publique.

C’est pourtant là que l’on invente(ra) la façon de produire de demain, au plus près des consommateurs. Ce sont pourtant ces entreprises là qui invente(ront) les nouveaux modèles d’affaires où les frontières classiques de l’entreprise sont redéfinies, où les clients sont tout à la fois initiateurs, concepteurs et vendeurs, où les frontières géographiques lointaines sont redessinées au seuil de votre porte.

C’est pourtant là que l’on est en train de réinventer les services publiques, que l’on amplifie les moyens de la citoyenneté, que l’on réinvente les façons de mettre en œuvre l’action publique.

Alors oui, François Hollande a fait une prestation sérieuse cette semaine et nous pouvons acter de la mise en d’œuvre de décisions sérieuses et nécessaires. Mais la boîte à outils ne suffira pas et il est nécessaire d’oser tracer les contours de nouveaux modèles et d’ouvrir les espaces de liberté nécessaires à leur expérimentation d’abord, de leur généralisation ensuite. Il faut aller plus loin, plus vite, plus fort.

 

L’honneur des salopards

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Ce week-end, le congrès du parti de gauche a réussi à faire une sortie de route ordurière pour finir par s’enfoncer dans le marais nauséeux de la xénophobie et de l’anti-sémitisme.

melanchon-moscovici

Cela avait commencé par une diatribe du lieutenant Delapierre pour finir par une salve inacceptable du commandant en chef Mélenchon.

Le terme de salopard utilisé puis revendiqué par les dirigeants du parti de gauche visaient plus particulièrement Pierre Moscovici. Connaissant l’homme, sa pondération, son sens de la mesure et son histoire personnelle, l’attaque n’en paraît que plus détestable et les propos assumés du front de gauche comme plus méprisables.

Je pensais ce genre d’éructations réservées à une minorité d’extrême droite ou à quelques égarés d’extrême gauche. Je constate avec stupeur et immense tristesse que cela a corrompu la direction du front de gauche. Ceci est indigne d’un combat politique en démocratie.

J’exprime ma sympathie et ma totale solidarité avec Pierre Moscovici.

Mali : bilan d’une semaine de guerre

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Parmi les vœux de nouvelle année, peu de personnes attendaient l’annonce de l’intervention française au Mali, hors de ce pays tout du moins.

mali

La guerre au Mali ne fait que commencer, mais sur bien des aspects, plusieurs batailles ont d’ores et déjà été remportées.

Sur le terrain militaire tout d’abord, la vague djihadiste s’est fracassée au contact des forces françaises et le reflux est entamé. La destruction annoncée de l’État malien n’aura pas lieu, et si l’on en croit les témoignages des réfugiés ou libérés, les troupes de libération sont attendues avec ferveur.

Sur le terrain médiatique ensuite. Après la tentative de destruction de la part des forces djihadistes à l’encontre d’un petit état qui ne demandait rien à personne, il va être difficile aux idéologues islamistes de faire croire au monde qu’ils sont le bien en lutte contre le mal. Justice expéditive, exactions en tous genre contre les civils, destruction du patrimoine historique des populations conquises, trafics cyniques et mercantiles, tentative de destruction d’un peuple qui ne demande rien d’autre que de vivre en paix, les barbus du désert portent toutes les marques de ce que peut produire de pire l’humanité. A contrario, la France dénoncée par ces djihadistes comme l’oppresseur décadent montre son visage de défenseur des peuples opprimés et du droit international. J’aime ce visage en accord avec ce que je ressens de mon pays !

Sur le terrain politique enfin. Certains en France se plaignent de « l’isolement de la France » qui aux côtés de l’armée malienne a pris la tête de la lutte contre les djihadistes. Certains autres se hasardent sur le chemin de la dénonciation d’un retour supposé de la françafrique. Pauvres critiques en vérité ! Se retrouver en première ligne d’un combat pour la liberté est de tout temps la marque et l’honneur de la France. Enfin nous renouons avec le leadership sur ce qui, aux yeux du monde, fait la grandeur de notre pays. Quant à la françafrique, il faut vraiment n’avoir rien à dire pour sortir cela : on ne trouvera pas au Mali les milliards de Bongo !

François Hollande, le grand méchant mou capitaine de pédalo a pris une décision forte et courageuse, une décision en phase avec nos valeurs et nos principes. Il a fait son travail de président et il l’a bien fait. La France a de nouveau un vrai président. La France est de retour.

Point presse de Pierre Moscovici sur la décision de Moody’s

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Mesdames et Messieurs,

 
Je vous ai réunis aujourd’hui pour vous faire part de ma réaction après l’annonce hier soir de la décision de Moody’s d’abaisser d’un cran la notation de crédit à long terme de la République française, avec maintien d’un perspective négative. Elle fait suite à la mise sous perspective négative le 13 février 2012.

 

Permettez-moi tout d’abord de replacer la décision de Moody’s dans son contexte et rappeler que ce changement de notation ne remet en cause ni les fondamentaux économiques de notre pays, ni les réformes engagées par le gouvernement, ni la qualité de notre signature :

– la note de crédit à court terme de la France demeure au plus haut niveau. La note de crédit à moyen et long terme a été abaissée d’un cran et se situe un cran derrière la note la plus élevée. La France demeure l’un des pays les mieux notés dans le monde et en Europe. Concrètement, la France est un cran en dessous de l’Allemagne, mais 7 crans au dessus de l’Italie et 8 crans au dessus de l’Espagne ;
– la France est un pays solide. L’économie française dispose de nombreux atouts : sa taille, sa productivité élevée, la qualité de ses services publics et de ses infrastructures, la diversification de son appareil productif, l’importance de l’épargne privée (plus de 15% du revenu disponible brut), l’endettement relativement modéré des agents économiques privés (ménages et entreprises) ;
– Cette force de l’économie française est reconnue par les investisseurs. Nous empruntons actuellement à des taux très bas. Le coût de financement à moyen et long terme est de 1,87% pour 2012 à ce jour, et de 1,02% toutes maturités confondues. Les précédents records au cours d’une année étaient de 2.53% en 2010 et 2,80% en 2011.

 
Je voudrais également souligner que cette décision, dont nous prenons acte même si nous la déplorons, sanctionne avant tout la situation dont nous avons hérité et qui n’a cessé de se dégrader depuis dix ans. Elle s’inscrit dans la continuité de l’abaissement de la note de la France par Standard & Poor’s le 13 janvier dernier et de la mise sous perspective négative de la note française, le 13 février 2012, et de celles d’autres grands pays européens, le 23 juillet 2012.
L’analyse de Moody’s rejoint en partie celle du rapport Gallois, en mettant en avant les pertes de compétitivité de l’économie française. A cet égard, elle jette à son tour une lumière critique sur les dix années écoulées et l’héritage du précédent gouvernement.
Moody’s insiste en outre sur les risques qui pèsent sur la croissance des autres pays de la zone euro, et donc indirectement sur la France, qui occupe une position centrale et se trouve donc très intégrée commercialement avec eux.
Ensuite, je relève que Moody’s salue les décisions du gouvernement en matière de redressement des comptes publics et de compétitivité. Il est important de rappeler avec force, aujourd’hui, que le gouvernement a déjà engagé et poursuit résolument son agenda de réformes :
– la situation de la zone euro commence à se stabiliser et des efforts sans précédents ont été réalisés, que ce soit au niveau de l’Union européenne avec le Pacte de croissance de juin, les annonces de la BCE, la stabilisation de la situation en Espagne et en Italie et l’approfondissement de l’intégration, avec la supervision bancaire intégrée ;
– le redressement de nos comptes publics a été engagé, avec pas moins de six textes financiers structurants présentés au Parlement en six mois (LFR de juillet, PLF pour 2013, PLFSS pour 2013, projet de loi de programmation pluriannuelle, projet de loi organique relative à la gouvernance et la programmation des finances publiques, PLFR de novembre) et la réaffirmation de nos cibles budgétaires, en particulier l’objectif de 3% en 2013 ;
– notre potentiel de croissance sera amélioré par la mise en oeuvre rapide du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi annoncé par le Premier Ministre, mais aussi par la réforme du financement de l’économie, la négociation en cours sur la sécurisation de l’emploi et la modernisation de l’action publique.
Enfin, je voudrais également souligner que le secteur bancaire français est plus solide qu’il y a un an : il a réduit sa dépendance au financement de marché, ainsi que son exposition à certains pays et il a accru ses fonds propres par la mise en réserve de ses bénéfices pour atteindre un ratio de fonds propres durs de 9%.
J’entends déjà les critiques des uns qui, oubliant leur responsabilité dans la situation actuelle, chercheront à instrumentaliser la décision de Moody’s pour dénigrer l’action du gouvernement, comme des autres qui jugeront que nos efforts sont bien vains puisque le gouvernement n’aurait pas réussi à inverser le cours des choses.
Aux uns comme aux autres et aussi aux investisseurs, je veux dire que le gouvernement est pleinement engagé dans un programme de réformes sans précédent. Le Président de la République a fixé le cap, le rythme et la méthode de ce programme.

Le cap est ambitieux – le redressement de la croissance et de l’emploi – et le rythme est soutenu – beaucoup a déjà été fait depuis six mois –, la méthode est sérieuse et inclusive – un pacte de confiance qui doit concilier justice sociale et efficacité économique.

 
Nous nous y tiendrons : non pas parce qu’une agence de notation ou une organisation internationale le recommande mais parce que nous estimons que ce programme de réformes est nécessaire et utile pour l’économie française, pour l’emploi et la justice. Nous demandons à être jugés sur nos résultats.

Cliquer [ICI] pour charger le texte officiel du MINEFI.

Liberté de gourance

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Je craints fort que la plume qui a écrit le discours de François Hollande pour le congrès des Maires de France ne se soit emmêlé les touches du clavier entre la déclaration Dignitatis Humanae de Vatican II et les textes fondateurs de la République.

Tout d’abord, le laïc, du point de vue de la République, n’est pas le non-religieux, mais simplement celui ou celle qui exerce sa citoyenneté en faisant abstraction de ses convictions philosophiques et religieuses, les siennes et surtout celles des autres.

Que Vatican II ait reconnu la liberté de conscience des laïcs est fort aimable de la part de la papauté, mais la laïcité n’est pas le symétrique de la religiosité.

La République n’a pas à accepter ou réfuter la religion et ses obligations.

Elle n’a pas à imposer ou réfuter une liberté de conviction.

Elle ne s’intéresse qu’à l’écriture de lois démocratiquement établies et à leur application, en permettant à chacun d’avoir et d’exercer ses convictions religieuses comme il l’entend du moment qu’il respecte la loi.

De deux choses l’une :

  • soit les députés écrivent et votent la loi sur le mariage pour tous en lui donnant la définition qui est celle de la République et pas d’un groupe religieux, philosophique, ethnique, culturel ou de n’importe quelle autre nature. Dans ce cas la loi s’impose à tous et pour tous sur le territoire de la République
  • soit ils jugent une telle loi comme allant contre la volonté démocratique dont ils sont les représentants, et ils ne la votent pas.

La liberté de conscience pour un Maire dans le cas qui nous occupe se limitera donc soit à officier en personne, soit à déléguer la charge de la cérémonie à un autre élu de son conseil municipal, soit à démissionner. Je pense qu’au-delà de l’expression maladroite qui fait buzzer tout internet, c’est bien là la pensée de François Hollande.

L’idée générale de liberté de conscience dans l’application de la loi semble d’ailleurs tellement étrange que je ne vois pas bien comment elle passerait le conseil constitutionnel. Dans le cas contraire, n’importe qui pourrait objecter sa liberté de conscience pour toutes les lois qui le heurtent : voilà qui ravira les groupes anarchistes…

Le mariage est fondamental pour la République, il est nécessaire à sa survie, la question n’est pas que d’ordre privé.

La définition républicaine pourrait être (de mon point de vue) : une union entre deux personnes majeures ou émancipées, s’engageant formellement sur la durée et ayant un projet d’enfant.

En contrepartie, l’État aidera les mariés à travers des lois ad hoc et des avantages fiscaux. On notera que cette définition est suffisamment large pour y inclure naturellement les couples homosexuels et traite sans soucis les versions transsexuelles