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Question d’éducation (1ère partie)

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L’éducation est peut-être l’une des plus belles victoires de la République. Nous avons élevé au rang des grandes valeurs la connaissance. Nous avons imposé l’école pour tous comme un bienfait universel.

Si la profonde révolution numérique amplifie l’élan vers la connaissance, elle va pourtant très probablement remplacer le modèle de l’école de Jules Ferry tel que nous le connaissons par quelque chose qui n’est pas encore clairement défini. Il faut s’attendre à un choc immense, un choc comparable à celui de l’invention de l’écriture par les Sumériens, puis à son « industrialisation » par l’imprimerie. Le numérique est l’équivalent de cette double révolution, mais en un laps de temps incroyablement court, rien de moins.

Dans un premier temps, la numérisation a permis la diffusion universelle de l’information (internet à la fin du XXème siècle).

Dans un deuxième temps, des outils ont permis de structurer ces informations pour permettre cette fois-ci la diffusion universelle de la connaissance (moteur de recherches évolués, wiki, …). À ce stade, la technologie numérique permet « l’externalisation » de notre mémoire et donne à chaque homme un niveau de connaissance (brute) sans équivalent.

Le numérique nous rend plus « savants ».

Nous abordons très probablement actuellement une phase où de nouveaux outils vont abattre les barrières des langues et des handicaps (traducteurs universels des langues, traducteurs son/écrit, …) et nous commençons à entrevoir les outils qui vont « augmenter » nos intelligences (vous demandez le temps qu’il fait à votre ordinateur et il vous conseille de prendre votre parapluie parce votre agenda lui a dit où vous alliez). Cette nouvelle étape permettra une « externalisation » d’une partie complémentaire de nos capacités cognitives.

Le numérique nous rend plus « comprenants ».

Cette série de changements s’accompagne d’un autre élément majeur, à savoir la gratuité in fine de la connaissance, ce qui est en soit à la fois un succès philosophique et un cataclysme économique puisque la connaissance est un élément fondamental de la valeur (s’il n’est pas l’élément fondamental d’une société qui ne serait fondée ni sur la religion, ni la puissance militaire, ni le capitalisme de marché !).

Du point de vue de l’éducation, les conséquences sont majeures. Tout d’abord, la connaissance que l’on met tant de temps à assimiler est maintenant disponible, accessible, gratuite et globalement plus riche et plus fiable et actualisée que ce dont peuvent se souvenir tous les Pic de la Mirandole réunis.

Comment justifier alors des années d’études si le savoir est accessible en quelques secondes ?

L’enseignement devra très probablement s’orienter vers l’enseignement de savoir-faire, l’enseignement de compétences, l’enseignement de la capacité à raisonner, le développement du sens critique, de la compréhension profonde des choses, et ceci dès le plus jeune âge. Mais même ces enseignements là seront en concurrence avec les capacités des outils numériques à venir : comme nous l’avons écrit, le numérique va également externaliser de façon incroyablement efficace certaines de nos capacités cognitives. L’enseignement ne serait dans ce cas nécessaire que pour permettre l’émancipation de l’homme par rapport à sa « greffe numérique ». Mais qui sera prêt à assumer des années d’efforts pour s’émanciper d’une connaissance universelle ?

Une telle évolution peut paraît effrayante et elle l’est. Pourtant elle ne fait que réaliser nos idéaux sur la connaissance universelle apportée à chacune et chacun. Il va falloir s’affranchir de ce paradoxe.

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