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Sarkoléon le (tout) petit

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SarkozySarkozyLe début d’année est traditionnellement la période des vœux, mais je crois que pour cette année ce sera soit des vœux très pieux, soit des bouteilles à la mer remplies d’espoir… Puisque notre parait-il président est rentré de son agréable séjour au Brésil pour nous présenter ses vœux avec l’ambition d’être à la fois réaliste et optimiste, j’aimerais faire le point sur deux ou trois choses découlant de ses ambitions politiques affichées en 2007.

Comment ne pas commencer par se souvenir de son « travailler plus pour gagner plus » affiché à côté de son inébranlable capacité à générer à lui seul de la croissance, quitte à aller la chercher (dixit) « avec les dents ». Pathétique promesse d’édenté abandonnée début 2008 et comme la vie a beaucoup d’humour très noir, depuis atomisée par une double crise, financière d’abord et économique maintenant, crise que ses résultats économiques laissait présager sans ambigüité bien avant que la baudruche subprime n’explose, mais crise qui non seulement n’a pas été anticipée, mais a été démultipliée à la fois par l’incroyable aveuglement de Christine Lagarde qui promettait ½ point de PIB de plus que le consensus des économistes et aussi, puisque cela ne suffisait pas, par une série de mesures à contre-emploi comme une aide fiscale aux plus plus riches lorsqu’il fallait aider les PME, des mesures purement idéologiques visant à supprimer les 35h via les heures supplémentaires au moment où la production industrielle baissait (et les heures travaillées avec) enclenchant mécaniquement un effet de levier accélérateur du chômage (fin accélérée des CDD et intérim puisque les heures supplémentaires permettraient de faire l’appoint si nécessaire). A l’arrivée, alors que la France avait une chance historique de résoudre durablement le problème du chômage, la politique de Sarkozy a réussi a le relancer, et très fortement ! Et que l’on ne vienne pas nous raconter qu’il s’agit de la faute à pas de chance et que tout le monde est dans le même sac : l’Allemagne qui est le pays le plus comparable à nous, fait mieux que nous (production industrielle -4,1% contre -3,9%, solde commerciale -40,9Geuro contre +136,8, chômage sur 12 mois +2,4% contre -11,3%). Et la liste est longue. Échec total !

Doit-on alors se souvenir de ses promesses sécuritaires ? Michèle Alliot-Marie aura beau nous expliquer que rien de grave ne s’est passé en cette fin d’année, 30% de voitures en plus ont brulé par rapport à l’an dernier, les prisons débordent au point de nous faire honte, les épidémies de suicides de prisonniers perdurent telles une maladie nosocomiale et les établissements pénitentiaires flambants neufs doivent être fermés sans que l’on sache s’il s’agit d’un problème de gestion (déléguée au privée parce que paraît-il l’administration pénitentiaire ne sait pas le faire) ou un problème de mal-façon. Et pour clore ce chapitre, notre ministère de l’immigration qui se faisait fort de bouter hors de France tous ceux venus manger le bon pain des français, ne sait plus comment reconduire chez eux tous ces manants puisqu’après avoir humiliés l’identité africaine dans son discours de Dakar, ces mêmes africains ont certaines difficultés à reconnaître leur ressortissants… Échec encore.

Succès par contre pour la casse du service public. Certes la loi imbécile visant à obliger les maires à accueillir les enfants scolarisés en cas de grève est sans effet (les maires qui ont refusé de l’appliquer ne seront pas poursuivis), mais si l’on en juge par les deux décès dramatiques dans les hôpitaux de Paris, le manque de personnel est plus que critique (si vous avez un doute aller faire une visite dans un de ces établissements dimanche prochain) et ce ne sont pas les explications honteuses de Roselyne Bachelot qui y changeront quelque chose. Oui madame, pour cet homme mort d’une crise cardiaque alors que le SAMU cherchait désespérément une place en réanimation pour lui, il est vrai que son cœur n’était pas en parfait état, mais c’est justement pour cela qu’il avait besoin d’une assistance médicale, et à moins de considérer que les hôpitaux sont faits pour des bien-portants, il était la règle à prendre en compte, pas la malheureuse exception due à la malchance. Honte à vous qui en refusant à l’hôpital des moyens minimum sur des critères purement financiers avez violé votre serment de Galien (de ne faire rien témérairement sans avis de Médecin, ou sous espérance de lucre tant seulement) ! Échec toujours.

Je terminerai par notre politique étrangère puisque le service de com’ de l’Elysée nous a fait part du grand succès de la politique étrangère sarkozyste. Cohn-Bendit a eu (pour une fois) le grand mérite de dire clairement son fait à notre globe-trotteur : la Chine nous a à plusieurs reprises humiliés et à chaque fois nous avons accepté l’humiliation. Mais s’il n’y avait que cela. La France qui fut un jour patrie des droits de l’homme, pays des lumières, s’est semble-t-il fait une spécialité d’être l’amie des dictateurs, qu’ils s’appellent Kadhafi visitant Paris telle une terre conquise, Assad revenu en grâce sans avoir à se mouiller ou notre grand ami Vladimir Poutine qui a dû sabrer le champagne en voyant rappliquer Sarkozy au matin de son annexion de l’Ossétie, intervention quasi miraculeuse qui a empêché les américains et les européens de faire quoi que ce soit et lui a permis de figer les positions géorgiennes à son avantage. Échec dramatique.

Nous avions cru qu’avec Chirac digne de Deschanel nous avions touché le fond en matière d’incurie gouvernementale. Mais Sarkozy est arrivée ce qui nous a rappelé que si la Corse nous avait légué la famille Bonaparte, la Hongrie nous a envoyé la famille Sarkozy avec l’aide du communisme et que Sarkozy dispute sans rougir le titre de petit à Napoléon III.

Nous pouvons combattre et gagner contre la crise, nous pouvons combattre et gagner contre l’abaissement et la décadence de notre pays, mais il faut commencer par changer et ce gouvernement et son omniprésent chef. Nous pouvons le faire légalement et démocratiquement en promulguant la Vième République, ou alors continuer à contempler les échecs qui s’accumuleront jusqu’à un deuxième Sedan.

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