Appel au-delà de Bad Godenberg : allez avec notre époque !

J’appelle mes camarades sociaux-démocrates à revenir dans le processus démocratique de la primaire du peuple de gauche. Aussi imparfait que soit la primaire, aussi déroutant que soit le résultat, l’aventure césariste d’Emmanuel Macron est en train de toucher ses limites à l’heure où un 2nd tour Melenchon / Fillon devient plus que probable.

Depuis des mois, les statistiques internet invalidaient la présence de Marine Lepen au second tour. Depuis quelques semaines, ces mêmes statistiques annonçaient un trio Fillion / Mélanchon / Macron pour le second tour. Le sens de l’histoire de ces dernières années valide la possibilité d’un scénario Syrisa en France.

Contrairement au diagnostic Macron, les peuples affichent depuis quelques années la volonté d’un fort clivage politique accentué par le rejet des institutions et du personnel politique en place. En Marche incarne une tentative d’annulation des idéologies et regroupe un nombre étonnant de ce vieux personnel politique contesté.

Quant à François Fillon, aussi malhonnête soit-il jugé, il est porté par le sens historique de l’alternance et par un camp qui est en train de se ressouder malgré tout.

Les expériences de gouvernements radicaux ne montrent pas que leur politique aide les peuples à aller mieux et la France risquerait de suivre la Grèce de Syrisa avec des conséquences bien plus grandes.

Les sociaux démocrates français, orphelins d’un leader idéologiquement fort, doivent cependant se rependre et retrouver le sens des réalités et des responsabilités. Entre une droite sans âme ni morale et une aventure Syrisa létale, nous pouvons faire la différence. Nous devons revenir à ce qui est notre ADN : le choix sur la réflexion et des idées fortes mais tempérées et porteuses de progrès et d’avenir.

  • La VIème République est une nécessité plus qu’évidente : nous devons contribuer à lui donner corps. La démocratie doit être réinventée et redonnée au peuple.
  • Le Revenu Universel, ou plutôt l’Allocation Citoyenne Universelle est une nécessité créée par les cataclysmes de la numérisation de la société mais aussi l’arrivée à maturité de l’Intelligence Artificielle. Cela s’imposera rapidement, mieux vaut l’avoir théorisé et préparé.
  • Le projet européen, malade, exsangue, doit être sauvé et redéfini.
  • L’espoir Bad Godenberg qui nous a longtemps guidé mais qui n’a jamais pu être réalisé doit être dépassé pour reconstruire une pensée sociale-démocrate cohérente en phase avec un monde qui depuis longtemps n’est plus un monde de lutte de classe, qui n’est plus un monde de simple opposition économique entre travail et capital, un monde où la notion de groupe, d’organisation, de société a profondément changé.

Cette campagne marque peut-être le paroxysme d’une crise qui acte de la mort du vieux monde, comme un miroir plus pacifique de la crise du début du XXème siècle qui à travers la guerre avait tué l’âme du XIXème siècle pour entrer dans la modernité. Les sociaux démocrates sont il me semble le seul groupe idéologique capable de faire basculer la France vers un avenir construit et non subi. C’est pourquoi j’appelle mes camarades sociaux-démocrates égarés ou abstentionnistes à rejoindre Benoît Hamon et à peser de tout notre poids pour construire le plus rationnellement possible l’avenir de la France et des Français.

Démocratie j’écris ton nom et je me bats pour toi

Plus de deux millions de personnes se sont déplacées pour faire un choix libre, ouvert et sincère à la primaire de la gauche. Tous les électeurs et candidats qui se reconnaissaient dans les valeurs et combats de gauche pouvaient y participer. La campagne s’est bien déroulée, le scrutin n’a pas été entaché de contestation et les résultats ont été clairs.

Lorsque l’on est attaché à l’idée de démocratie, je crois que l’on peut légitiment s’enorgueillir d’un tel processus, quel que soit la couleur politique des organisateurs.

Le principe des primaires est cependant contesté et les contestataires s’appuient sur la calamiteuse campagne en cours pour appuyer leur démonstration. Ceci est dans le meilleur des cas une profonde erreur de raisonnement.

Si aujourd’hui nous assistons à une dislocation de la pensée politique ce n’est pas à cause d’une déficience citoyenne ou d’un vice de la démocratie mais bien à cause de la perversion de la Vème République qui a fini par aboutir à donner l’impression de ne plus être en mesure de présenter un personnel politique globalement jugé honnête à titre privé et intègre sur le plan idéologique.

La couleur d’une personnalité politique relève plus aujourd’hui d’un choix de module optionnel fait à sciences po que de l’expression des valeurs profondes qui construisent chaque citoyen et donc devraient construire un élu. Non un citoyen n’est pas le fruit du relativisme ambiant et tout n’est pas dans tout. Nous pouvons être conservateur ou réformateur, nous pouvons préférer un chemin collectif à un chemin individuel, nous pouvons préférer la liberté à l’autoritarisme, nous pouvons donner la priorité à l’État plutôt qu’à l’entreprise, nous pouvons préférer la valeur des choses plutôt que l’argent, nous pouvons privilégier l’égalité aux privilèges d’une minorité et tant de choses encore. Nous faisons des choix de vie personnels qui participent à la construction la communauté nationale et nous attendons que la République soit le reflet de cette communauté.

C’est pourquoi, en démocratie, nous affirmons que toutes ces valeurs qui nous construisent doivent être traduites dans la politique du pays dans lequel nous vivons. Le peuple est souverain et nul n’a le droit de lui contester son choix. Le faire revient à s’auto-proclamer au-dessus du pouvoir du peuple et on constate une tendance lourde dans cette élection pour remplacer la démocratie soit par une aristocratie soit par un régime autoritaire.

Le parti socialiste, comme la société, subit une violente crise de mutation. Au sein de notre section du pays d’Iroise nous avons toujours fait le choix de rester en connexion forte avec les sympathisants et citoyens du territoire, parfois même en devant lutter contre certaines tentations non démocratiques qui se manifestent si fortement aujourd’hui. Nous condamnons sans faiblesse ni outrance toutes les actions qui visent à éviter, nier ou invalider les choix démocratiques. Les citoyens de gauche ont voté avec force et choisi un candidat, et au-delà du soutient de Benoît Hamon, c’est le principe même de la démocratie que nous défendons par ce soutient.

Le vrai danger aujourd’hui n’est pas de porter l’extrême droite au gouvernement, mais d’abandonner et de trahir la démocratie ce qui aboutirait à la fois à cette élection d’extrême droite et à la destruction de qui sont les Français et de ce qui a construit la France. Les socialistes du pays d’Iroise se battront contre ceux qui veulent tuer la démocratie.

Démocratie j’écris ton nom et je me bats pour toi avec mon vote !

Choisir son destin

Je pleure sur les cendres du grand pays qui fut le nôtre.

Certes, nous ne pouvions pas espérer rester en marge de la convulsion épileptique qui parcourt le monde depuis plusieurs années, mais oh combien il est douloureux de voir une partie de l’aristocratie française et du miroir populaire qui la soutient sombrer dans une aliénation totale du sens moral et de toute dignité.

La cinquième République aura finalement mis moins de cinquante pour accoucher d’une élection mort-née pourrissant et se décomposant au fil des semaines devant des Français médusés. Cette République a été bâtie pour des hommes forts capables de se projeter loin à l’horizon. Des hommes qui ayant connu la guerre savaient le coût de la faiblesse de l’âme, des convictions et de la main qui tremble. Pourtant, au fil du temps, les ambitions des uns ont fini par prendre le dessus sur l’ambition collective de tous. Au fil du temps les esprits qui osent et construisent ont été remplacés par les insipides gestionnaires des carrières et de l’instant.

Pas étonnant alors que de la pourriture la bête immonde ressurgisse plus forte que jamais, qu’elle soit à une longueur de lâcheté du trône républicain qu’elle rêve de prendre et de brûler depuis si longtemps.

Pas étonnant alors que le poison paralysant de l’énarquie n’ait fini par stériliser le débat politique créatif au nom de l’unique solution en toute circonstance, de l’incontournable conformisme de toute réponse. Le poison a tué l’épine dorsale de la révolte et de la résistance avant de répandre la gangrène au sein des forces vives de la République.

Et tout ceci arrive en ce temps précis où la furie du changement climatique tue et menace de tuer plus encore. Ceci arrive en ce temps où l’homme triomphant accouche de machines et d’intelligences artificielles plus efficaces que lui. Ceci arrive précisément à l’instant où nous vivons dans un monde qui n’existe plus, nous qui ne sommes déjà plus vraiment Homo Sapiens sans être déjà de nouveaux humains dans ce maelström.

Nous n’avons pas su nous préparer à affronter ce changement, et c’est plus que regrettable. Mais nous ne pouvons pas pour autant fermer les yeux et baisser les bras. Non il n’est pas acceptable de céder devant le fascisme. Non il n’est pas acceptable de renoncer à tous nos principes moraux. Non il n’est pas possible de s’en remettre à la froide et lisse mécanique de la pensée préformatée.

Nous n’avons pas dans cette élection le candidat évident, supérieur, sans tâche et auréolé d’actes glorieux. Les actes passés peuvent même peser sur le jugement présent que nous portons. Mais lorsque le passé n’est pas infamant, alors c’est bien sur l’avenir qu’il faut se concentrer.

Il nous faut reconstruire une nouvelle République, non pas parce que cela serait intellectuellement intéressant, mais bien parce que l’odeur de la pourriture de la cinquième République nous rappelle à quel point nous sommes près de la tragédie nationale.

Et au-delà de la République, c’est toute la société qu’il faut maintenant s’apprêter à reconstruire. Par quelle aliénation de l’esprit peut-on croire que l’on va éviter la destruction de l’emploi humain alors que l’économie numérique a déjà commencé à faire exploser les chaînes de valeur, qu’un robot construit en quelques jours une maison, que l’IA constitue et traite des dossiers complexes mieux que des spécialistes ? Rien de ce qui fait notre société quotidienne ne tient plus, nous devons acter du changement de monde.

Pour autant, ne cédez pas aux pulsions destructrices. Ne vous reniez pas. Ne renoncez pas à donner à nos enfants un avenir à la hauteur de la grandeur passée de la France. Il n’existe pas d’homme parfait pour porter nos espoirs et construire l’avenir, mais il existe au moins un petit homme qui ose porter de grandes idées en phase avec ce que nous vivons. L’avenir n’est pas écrit car personne n’a l’expérience d’une telle situation. Mais il peut être écrit si nous faisons face avec force et conviction. Révoltez-vous, luttez !

IBM Watson

Robot imprimante 3D

Voter pour trancher

Bruits et fureurs

Je ne me souviens pas qu’une élection présidentielle se soit passée dans un tel climat.

Deux candidats à droite et à l’extrême droite pris directement ou indirectement dans des affaires d’emplois fictifs aux détriments du contribuable, un candidat sortant d’un gouvernement de gauche et recomposant un parti de centre droit, deux candidats de gauche dont un veut tuer le parti historique alors que celui-ci a été sauvé par 2 millions d’électeurs et sympathisants, voilà le tableau confus de cette élection.

Outre le désordre politique, on constate un écart flagrant entre les scénarios annoncés par les sondages et les statistiques de recherche internet. Depuis des mois, on nous annonce que le front national sera au second tour alors que rien ne valide cette hypothèse dans les statistiques du web. Je rappelle qu’ayant utilisé une extraction pourtant simple sur les 4 derniers scrutins (ceux des primaires), ces statistiques ont toujours eu raison, parfois contre les résultats des sondages. Et pour l’instant, on constate que si Macron bénéficie d’un léger avantage en moyenne, les courbes des 4 premiers candidats se coupent très régulièrement. En clair il est très malhonnête d’annoncer un quelconque duel de second tour en l’état !

Suivi des statistiques de recherche sur 90 jours :


Suivi des statistiques de recherche sur 7 jours :

 

Alors dans ce grand flou, que faire ?

Puisque certains Français ne semblent donner que peu de valeur à l’honnêteté et que l’art de la précision et du détail n’est pas une vertu cardinal dans une élection, allons à l’essentiel.

Voter FN, de n’importe façon que l’on tourne le problème, c’est voter pour un régime violent, coercitif qui a de grandes chance de mettre fin à la Vème République en la remplaçant par un régime très autoritaire et très peu démocratique. La cosmétique et le marketing peine à cacher les démons de ce parti. Si vous voulez m’envoyer en prison pour avoir écrit ces lignes, votez pour eux.

Normalement, l’alternance et l’insatisfaction des Français auraient du mener à un plébiscite pour la droite. La primaire a confirmé un fort élan avec un ancrage très puissant sur des positions dures et conservatrices. Hélas pour ces électeurs, le candidat choisi se révèle être un homme immoral et inconséquent dans son comportement politique. Là encore, la République n’aurait que peu de chance de survivre à l’élection d’un Président corrompu. La fin justifiant les moyens est peut-être suffisante pour gagner, en aucun cas pour gouverner un pays démocratique et éviter une crise institutionnelle ravageuse.

L’aventure Macron semble devoir se cristalliser autour d’une recomposition du centre droit, ce qui est finalement en phase avec le parcours d’un homme qui incarne dans cette élection le mieux le système aristocratique français. Le soucis est que ce parti est né du départ d’hommes ancrés et élus à gauche et qui devront composer avec une politique traditionnelle de droite et réformatrice à la marge d’un monde pourtant condamné. Politique qui est celle habituellement défendue par des hommes comme Bayrou qui incarne bien la bourgeoisie française. Comment trouver une majorité de gouvernement dans ce cas et comment réparer une République plus qu’usée sinon par un retour à la faiblarde IVème République ?

L’aventure Mélenchon ressemble parfois étrangement au parcours de Bayrou, éternel outsider et candidat récurrent de la présidentielle, mais également à celui de Macron dans la position de celui qui a été nourri par un système qu’il dit honnir. La providence liée à un homme est pourtant bien faible face aux idées portées par un groupe. On voit l’impasse est le tord qu’elle peut faire à la gauche, mais comment en sortir ? Problème d’égo…

Benoit Hamon est la surprise de gauche, comme François Fillon l’a été à droite. Mais contrairement à ce dernier, non seulement la réputation de Hamon ne pose pas de problèmes judiciaires, mais elle est en plus portée par un projet réellement en rupture et en phase avec l’époque et l’ambition de changement très fort. Le candidat issu des primaires de gauches a la légitimité pour lancer la refondation institutionnelle d’une VIème République et la mettre en œuvre de l’audacieux et révolutionnaire projet de Revenu Universel.

So what ?

On peut comprendre que les citoyens soient désorientés et que peu finalement voteront pour un candidat de cœur.

  • Mais alors faut-il voter pour une personne à l’évidence malhonnête parce que l’on est de droite ?
  • Ou pour un candidat flou parce que si c’est mou au moins cela ne devrait pas être trop douloureux ?
  • Doit-on voter pour un candidat en sachant que cela condamne la gauche ?
  • Ou doit-on voter pour le candidat dont le programme porte la plus grande rupture avec le système qui nous a mis dans la douloureuse impasse actuelle ?

Oui, je crois qu’il faut avoir le courage d’acter de la fin de ce monde, et même si personne n’est en mesure de dire précisément le chemin à suivre, il faut accepter de confier notre avenir à un homme qui a le courage de s’y engager. Et il ne s’y engage pas inconsidérément, ni seul instruit par les dieux. En bon rocardien, il s’y engage en fixant l’horizon mais en demandant à toutes les bonnes volontés de participer à la construction de ce chemin. C’est ensemble que nous avancerons dans un battement de cœur commun.

Regardons les faits :

  • Les Français rejettent la République actuelle. Alors il faut qu’une majorité donne un mandat clair pour la changer.
  • La numérisation du monde est en train de casser tous les anciens modèles, personne depuis 30 ans n’a su en finir avec le chômage alors que les robots et l’IA étaient balbutiants. Bill Gates nous dit qu’il faut taxer les robots, Elon Musk nous dit que le Revenu Universel est notre planche de salut. Alors il faut que les Français donnent un mandat clair pour changer le modèle social en tenant compte de la réalité économique.

Nous devons acter de la fin du monde tel que nous l’avons connu car tout nous dit que c’est fini. Si nous ne le faisons pas, si nous ne votons que pour des petites réparations, qui plus est contre notre âme et conscience, alors nous n’avons aucune chance d’avoir une transition réussie et aussi douce que possible. Par contre, si nous avons le courage de nous engager franchement dans la construction collective d’un nouveau monde, alors nous avons une réelle chance d’arriver à bon port avec le minimum de casse. Et dans cette élection, un seul homme porte des idées assez grandes pour cela, c’est Benoît Hamon.

Les cartes sont redistribuées

La victoire de Benoît Hamon à la primaire citoyenne redistribue profondément les cartes d’une présidentielle que les forces conservatrices voulaient verrouillée d’avance.

Loin du naufrage annoncé, cette primaire a vu le peuple de gauche se mobiliser fortement entre le premier et le second tour pour atteindre environ 2 millions de votants. Le résultat final est clair avec un rapport 59% / 41% en faveur de Benoît Hamon. Il n’est pas contesté et Manuel Valls a eu le grand mérite de reconnaître clairement la victoire de Benoît Hamon. Il l’a fait avec dignité et sens du devoir, ce qui le caractérise parfaitement. Je l’ai soutenu pendant cette campagne, comme militant je le remercie et comme je l’avais d’ailleurs écrit, je soutiendrai désormais sans problème Benoît Hamon.

Mais au-delà de cette primaire, l’impact politique est très important. Il n’est désormais plus possible de raconter que le candidat issu de cette primaire n’a aucune légitimité face à Jean-Luc Mélanchon ou Emmanuel Macron. Ces deux adversaires pourront bien raconter ce qu’ils veulent, tous leur soutiens revendiqués sont moins nombreux que les 1,2 millions de votants de Benoît Hamon (ajouté au report des voix des autres votants de la primaire). On a toujours tord de se soustraire à la démocratie !

Cette victoire sans discussion permet aux électeurs les plus à gauche de se repositionner autour du programme de Benoît Hamon. Mais au-delà, il permet aux électeurs des classes populaires défavorisées qui étaient depuis longtemps partis à l’extrême droite, de se reposer la question de savoir qui du clan Lepen qui pollue la vie politique française de puis plus de 50 ans ou d’une nouvelle offre politique singulière issue du PS est la plus à même de les sortir de leurs difficultés quotidiennes.

Quant à l’autre alternative, on ne peut que paraphraser Jean d’Ormessons et refuser de participer au bal des cocus. La primaire de droite a montré que leur électorat voulait un projet conservateur marqué à droite. La primaire de gauche vient de montrer que le peuple de gauche voulait un projet réformateur marqué à gauche. Le discours consistant à dire le contraire est à l’évidence soit erroné, soit un mensonge.

En dehors de l’instinct de conservation d’un groupe hétérogène qui perçoit l’immense changement sociétal en cours et le refuse pour préserver un monde où il se sent bien, tout le reste de la société demande un président capable d’oser construire un nouveau monde. Avec un horizon comme le revenu universel ou une sixième république, Benoît Hamon ose aller vers ce nouveau monde et aucun autre candidat n’a affiché une telle ambition.

En politique, j’ai toujours été sensible aux idées de Michel Rocard, comme B. Hamon et M. Valls d’ailleurs. Je suis entré en politique comme militant social-démocrate et j’ai participé en son temps aux réflexions sur le manifeste de socialisme & démocratie. Aujourd’hui, je vois que certaines des idées discutées à l’époque avec mes camarades (comme le revenu universel) sont tout à fait compatibles avec celles de l’aile gauche du PS. Et le lien me semble bien être la méthode réformiste du rocardisme. Dans un monde qui explose complètement, nous n’avons d’autre choix que de réussir une fusion des idées et des énergies de la gauche. Les affrontements passés ne nous seront d’aucune utilité, pas plus que les certitudes liées à un monde qui n’existe déjà plus. Il faut retravailler ensemble, avec nos différences, pour réussir ce monde radicalement différent. En soutenant Benoît Hamon, je ne renie rien de mes combats socdem mais je veux travailler pour la re-construction d’une France en phase avec les défis du millénaire et les attentes plus qu’inquiètes des Français.

La candidature Mélanchon est une aventure individuelle conservatrice.

La candidature Macron est une candidature opportuniste au service d’un monde qui tel l’ancien régime, refuse l’inconnu de la bascule dans une ère qui s’impose à nous. Qu’ils relisent Tocqueville.

La candidature Fillon est bâtie avec les fils de la rancœur et de l’argent, ce qui est incompatible avec la probité gaullienne affichée. L’affaire Pénélope et la faiblesse des arguments avancés laissent penser que cela ne peut pas bien finir pour François Fillon.

Enfin, la candidature Lepen fille ressemble de plus en plus à la candidature de la dernière chance d’un clan qui n’a eu à offrir à la France que le seul projet de l’éructation et la haine de l’autre.

Toutes les dernières élections en Europe et aux Etats-Unis nous disaient que notre élection présidentielle serait elle aussi une élection pleine de surprises. À quelques mois du premier tour de la présidentielle, la primaire citoyenne vient d’accoucher d’un candidat surprise avec un programme totalement inédit.

Avec Benoît Hamon, le chemin vers la victoire de la gauche est plus qu’ouvert.

Lettre aux démocrates et à la gauche

Ces derniers temps, on voit fleurir dans la presse et sur les réseaux sociaux des appels à un désistement du candidat qui sortira vainqueur de la primaire de gauche. Il n’y a rien de surprenant à voir des manœuvres d’intimidation et de désinformation sortir en campagne électorale, mais au-delà du côté peu glorieux de la chose, celle-là et particulièrement une stupidité et une provocation.

Stupidité parce qu’à moins de considérer qu’il n’y aura que 100.000 votants à cette primaire et qu’en conséquence on peut balayer leur vote d’un coup de pied de l’âne méprisant, on voit mal la ou le vainqueur expliquer que finalement elle ou il désire passer aux yeux de tous comme le traitre qui s’assoit sans vergogne sur un choix ouvert, libre et démocratique. Rappelons-le haut et fort : de la gauche au centre gauche, tous ceux qui le souhaitaient pouvaient venir s’expliquer dans cette primaire devant les français. Il n’y avait aucun piège et comme on le constate à l’issue du premier débat, ils sont respectueux et le résultat final reste totalement ouvert. Ne pas y participer signifie clairement se placer dans une opposition politique alors oui, qu’un opposant demande un désistement immédiat à un futur candidat après son élection est vraiment stupide.

Mais aussi provocation car qui peut imaginer que le vainqueur de la primaire trahirait dans le même élan sa parole, ses convictions et ses électeurs ? Il serait immédiatement mis en charpie par les autres compétiteurs et tous les votants de la primaire. Retraite immédiate assurée et ce ne serait que justice !

Il faut faire fi de ce genre de communication politique pour revenir à l’essentiel qui est d’avoir un processus électoral sain capable de choisir celui ou celle qui a une vision claire et en phase avec l’époque associée à la solidité émotionnelle et la compétence requise par la fonction.

Le premier débat a permis tout d’abord de montrer que nous avions des candidats qui avaient des choses à dire, qui pouvaient les dire de façon posée, qui pouvaient défendre leur différence, parfois marquée, sans s’invectiver.

Ces candidats ne sont par ailleurs ni trop jeunes ce qui évite l’effet aventurier opportuniste, ni trop vieux ce qui nous évite les vieux routards de la politique qui tentent leur chance une dernière fois.

Ces candidats osent également des orientations qui sont objectivement différentes. Parmi tout ce qui a été proposé à droite ou à gauche, combien d’idées avancées  vont au-delà de l’outil qui ne sert qu’à ajuster l’existant ? Combien ont une chance de changer votre quotidien demain ?

À l’extrême droite, il y a eu la proposition du clan Lepen de sortir de l’euro et de l’Europe, mais ce n’est plus si clair ni plus si certain, et à mon sens pas souhaitable.

Chez Fillon, il y a l’idée de se passer d’une partie des moyens de l’administration publique en supprimant un demi millions de fonctionnaire et d’attaquer la protection sociale à la hache, mais là non plus, ce n’est plus si sûr et pas souhaitable.

Quant à la gauche, il y a au moins une réforme majeure et marquante susceptible d’en finir avec la misère et la précarité : le revenu universel / décent (ou de toute façon que l’on voudra bien l’appeler) qui est une mesure effectivement capable de changer en profondeur notre modèle social et la vie quotidienne de chacun. Ce n’est par ailleurs pas une utopie car des tests de cette idée sont déjà en cours dans certains pays (c’est tout à fait finançable sans doubler les impôts !). C’est réellement une vraie réforme profonde de progrès et pas un ajustement fait pour conserver un modèle de société pourtant devenu insupportable à la majorité des français mais très confortable pour une minorité. Cette idée peut reconstruire cette société où l’on ment depuis trop longtemps à notre jeunesse en leur disant que s’ils travaillent bien à l’école ils trouveront le job de leur rêve qui leur permettra de construire une famille et une belle vie. C’est un mensonge ! De plus en plus, les bons jobs seront verrouillés par ce qui devient une caste qui se réduira fatalement à cause des progrès foudroyants de l’économie numériques. Aujourd’hui, on fait croire que les robots menacent « juste » l’emploi manuel, mais la réalité c’est que l’intelligence artificielle est championne du monde d’échec depuis 1999, championne du monde de go et que le meilleur diagnosticien sur le cancer c’est Watson, le robot d’IBM. Demandez à Cortana (ou Siri) qui est installée sur votre ordinateur et qui sera très bientôt votre indispensable majordome numérique si vous ne me croyez pas !

Alors, oui, il faut passer à une très profonde mutation politique. Il faut que les électeurs fassent émerger une personne capable de défendre de réels changements profonds, pas des mesurettes. Une personne capable de les assumer, pas de vaguement y adhérer sans conviction et valeurs affirmées. Une personne capable de s’appuyer sur une équipe solide, pas une équipe de mercenaires opportunistes. C’est pour cela que les débats des primaires sont essentiels

S’auto-proclamer révolutionnaire et homme providentiel est une hérésie en démocratie. Expliquer qu’un vote libre et démocratique n’a pas d’importance est indigne. Alors que tous ceux qui croient que la démocratie a un sens et qu’une voix a une importance viennent voter à la primaire de gauche. Moi j’y crois et je sais que nous sommes encore nombreux à y croire. Il y a dans cette primaire la possibilité de voter pour des programmes classiques ou radicalement différents. Il y a dans ces candidats des personnalités aux parcours et caractères différents. Il n’y a certes pas de perfection, mais il y a la possibilité d’un vrai choix, dans une vraie élection.

Peuple de gauche, ne te laisse pas abuser, indigne toi des offenses faites à ta liberté, révolte toi contre ceux qui veulent te forcer la main, fais un choix fier et émancipé !

Sondages contre statistiques internet : observatoire des présidentielles

L’élection de Trump ayant montré que les statistiques internet avaient une valeur prédictive très supérieure aux sondages, cette page permettra de suivre l’évolution de la campagne pour E. Valls, F. Fillon, E. Macron, A. Montebourg et M. Lepen aux élections présidentielles.

Les autres candidats n’apparaissent pas pour cause de résultats trop faibles.

Les résultats sur 30 jours glissants avec un décalage de quelques jours (4) par rapport à la date de visualisation


Les résultats sur 7 jours glissants en temps réel


Primaires de gauche sur le mois de janvier



Google avait prédit l’ordre d’arrivée.

23 janvier 2017

Google avait encore prédit l’ordre d’arrivée : Hamon, Valls et Montebourg. Tout au long de la journée du 22 janvier (avant les premiers résultats de 19h), les recherches des internautes indiquaient clairement ce qui allait être le résultat et même le cas Pinel ne perturbait plus l’interprétation des statistiques.

Pour le second tour, Hamon et Valls ont été naturellement conservés mais nous avons ajouté Mélanchon en élément de comparaison puisque c’est à gauche l’adversaire du futur vainqueur de la primaire.

En tout cas, entre les sondages et les statistiques google, Google a encore gagné à plate couture.

21 janvier 2017

Un jour avant le 1er tour des primaires de la gauche, deux candidats semblent d’être détachés en matière d’intérêt de recherche pour les internautes : M. Valls et B. Hamon. Le premier a bénéficié d’un fort effet d’actualité avec son agression. Bien qu’un peu en marge du débat politique, on peut supposer que ce mouvement lui profitera au final. Quant à B. Hamon, il bénéficie probablement de l’effet de ses propositions en rupture. Il est difficile de voir qui est vraiment le 3ème candidat : S. Pinel est à cette place mais il y a toujours le doute sur le fait que les internautes cherchent quelque chose sur son programme politique ou quelque chose sur la défiscalisation.

Concernant l’ensemble des candidats, on mesure combien l’intérêt global est faible à travers le fait que l’actualité de l’agression de Valls a réussi à écraser pendant plusieurs jours les recherches des autres candidats. M. Lepen semble entamer un début de remontée.

16 janvier 2017

Une courbe à 90 jours glissants à été ajoutée pour comparer les recherches web entre les primaires de la droite et de la gauche. Après le deuxième débat, la primaire de gauche ne génère pas la croissance constatée pour celle de droite. Mais en fait, c’est tout le débat politique qui semble se dérouler dans une certaine apathie. Si E. Macron est un peu au dessus des autres, on constate qu’il est à moins de 10% du score maximum de recherche internet  pour F. Fillon fin novembre (NB : Mélanchon n’apparaît toujours pas car bien en dessous de B. Hamon dans les recherches).

Dit autrement, si le premier tour avait lieu dimanche, la courbe d’E. Macron donne l’illusion qu’il a la meilleure chance d’être au second tour et qu’il pourrait se retrouver contre n’importe lequel des autres candidats apparaissant sur ce graphique. Ceci est au bémol non négligeable près que Valls ou Hamon bénéficieront du report des voix de la primaires et qu’en conséquence, c’est bien le candidat issu de cette primaire qui pourrait finalement virer en tête à l’issue du premier tour de la présidentielle même avec un report moyen de voix à gauche. Résultats tout à fait inattendus remontés par les recherches des internautes…

NB : le pic de S. Pinel est difficile à interpréter (à nouveau à cause du « parasitage » de la loi Pinel – les résultats ne sont pas filtrés et corrigés).

5 janvier 2017

En ce début d’année, la situation est extrêmement confuse et les courbes à 7 jours n’arrêtent pas de se croiser. On notera le retour de F. Fillon qui a sans doute fait l’erreur de perdre sa dynamique des primaires et qui se retrouve au même niveau que les autres.

Du côté des primaires, le trio Valls / Hamon / Peillon semble devoir prendre l’ascendant sur les autres.

27 décembre 2016

Juste avant la fin d’année, l’intérêt des recherches des internautes se portent sur 4 prétendants : E. Valls, F. FIllon, E. Macron et M. Lepen. Les courbes à 7 jours se croisent allègrement en fonction de l’actualité du jour.

A. Montebourg semble décroché il est remplacé par B. Hamon qui fait un meilleur score de recherche.

Il faut noter que parmi les 4 candidats, le cas E. Macron devient complexe à analyser car c’est lui qui regroupe le plus de recherches « négatives ». De plus ces recherches négatives sont de nature variée. À ce stade, aucun filtre n’est appliqué mais il est probable que la nature prédictive sur E. Macron est sur-estimée par les courbes brutes.

Un graphique regroupant les candidats de la primaire de gauche les plus google-sés a été ajouté. Le cas de S. Pinel est sans doute sur-estimé à cause des recherches sur la loi qui porte son nom.

Il faut noter que JL Mélanchon est toujours aussi inexistant dans les statistiques de recherche ce qui est une vraie interrogation par rapport aux sondages.

Au démarrage de ce suivi (07/12/16), sur 30 jours glissants l’ordre des candidats est

  1. F. Fillon (bénéficie de l’effet primaire à droite)
  2. E. Valls (1er sur 7 jours glissants)
  3. E. Macron
  4. M. Lepen
  5. A. Montebourg

On notera que F. Fillon et E. Valls ont réussi le lancement de leur campagne en terme de notoriété, que celui de E. Macron a été noyé par la primaire à droite.

Contrairement à ce que disent les sondages, à ce stade JL Mélanchon est inexistant en terme de statistiques de recherche.

Et si l’élection avait lieu dimanche, le vainqueur serait…

Je me relance cette semaine encore sur la prédiction de vote en me basant sur une analyse simple des données google. Pour pimenter un peu les choses, j’ai choisi d’ajouter deux candidats déclarés qui ressortent un peu des statistiques : E. Macron qui est effectivement en campagne et M. Lepen qui est candidate mais pas en campagne.

Il est à noter que les autres candidats déclarés sont « écrasés » statistiquement parlant (JL Mélanchon et A. Montebourg pour ne citer qu’eux).

Pour affiner un peu les choses, il a été nécessaire de supprimer des recherches fortes mais non liées à la campagne pour A. Juppé, E. Macron et enfin le cas de M. Lepen résiste un peu à l’analyse simple qui est faite ici car ce nom recouvre l’ensemble des recherches sur le clan Lepen et pas sur la seule candidate.

Ni F. Hollande ni E. Valls qui font l’objet de recherches google importantes n’apparaissent ici car ils ne sont pas (encore) candidats et en plus les résultats sont perturbées par leurs fonctions respectives.

Et les résultats pour dimanche seraient…

election-novembre-2016

Premier tour des primaires à droite : le tiercé gagnant ?

Allez, je vais prendre un peu de risque. Vu qu’en matière de prédictions électorales les élections américaines ont montré que le web donnait de meilleurs résultats que les sondages, je suis allé chercher les stats de recherche des internautes histoire de voir si en 5mn on pouvait deviner le résultat des primaires de la droite.

A priori, Fillon sera en tête dimanche. Pour le deuxième, c’est moins sûr car sur ces derniers jours, Sarkozy et Juppé se croisent. De plus, si Fillon a très peu de recherches « négatives », les recherches sur Sarkozy et Juppé sont teintées de pas mal de frite, Takieddine et autres prisunic…


Le crépuscule de l’intelligence

maxresdefaultGrèce, Espagne, Italie, Royaume Uni, Islande, pays de l’Est, Turquie, Irak/Syrie et maintenant États Unis.

Toutes ces zones du monde dont la liste n’est hélas pas exhaustive, ont en commun d’avoir fait d’étranges choix de gouvernement depuis quelques mois ou au plus quelques années. Il y a bien sûr une énorme différence entre le proto-état Daesh et le parti pirate en Islande, mais dans tous les cas ces pays ont évolué vers des choix politiques qui à l’évidence ne vont pas dans le sens de solutions pouvant rationnellement permettre de construire l’avenir de façon sereine.

Les peuples semblent vouloir choisir ou a minima accepter des gouvernements souvent brutaux du moment que cela marque une cassure avec leur présent.

Certes, il s’agit dans tous les cas de se débarrasser d’une classe politique jugée illégitime, une classe politique qui au fil du temps semble s’être changée en aristocratie de plus en plus fermée. Mais pas seulement.

Le pari de cette classe dirigeante était sans doute que les progrès, objectifs, qu’ils apportaient à leur peuple seraient suffisants pour les maintenir au pouvoir. Et ces progrès ne sont ni nuls ni négligeables. L’espérance de vie planétaire a largement augmentée (+6 ans ces 12 dernières années), grâce à internet il n’est plus impossible d’avoir un accès universel à la connaissance, le développement économique a enrichi de plus en plus de peuples, et la liste pourrait encore être longue.

Alors pourquoi rejeter si brutalement un personnel politique certes impopulaire mais loin d’être inefficace ?

Plusieurs éléments sont évidents :

  • il y a eu progrès certes, mais en même temps explosion des écarts inégalitaires
  • l’accès universel à l’information et la connaissance va de pair avec une plus grande autonomie d’analyse et donc de choix
  • l’écart entre le discours markettée et la réalité vécue et perçue au quotidien a atteint un tel point qu’elle tend à devenir une crise schizophrénique

Mais à mon sens, il y a encore au moins un autre élément extrêmement puissant qui est le vrai déclencheur de ces choix destructeurs de gouvernants. Les peuples comprennent ou perçoivent parfaitement que le monde dans lequel ils ont vécu jusqu’ici est au mieux en train de mourir et très probablement déjà mort. Il ne s’agit pas là d’une évolution conceptuelle mais d’une réalité très triviale et sensible.

Dans un monde d’hyperconnectivité, la notion de vie privée et probablement d’individu disparaît. Personne n’a jamais vécu quelque chose de semblable.

Dans ce mode de biologie avancée, un enfant ne nait plus de deux parents mais potentiellement de 6 (deux parents légaux, une mère porteuse et potentiellement trois parents génétiques). Ceci en attendant qu’une greffe d’utérus puisse être fonctionnelle chez un « homme ».

teaserbox_40464574Dans ce monde à la technologie triomphante, les champions d’échec et de go sont des machines, tout comme les meilleurs spécialistes diagnosticiens. Et ces intelligences greffées sur des robots sont maintenant en train de rendre réel ce qui n’était que science-fiction. La bonne vieille bagnole qui gonflait d’orgueil James Dean n’existera plus dans quelques années.

Dans ce monde au climat vacillant, on ne produira bientôt plus le même vin à Bordeaux et les blés de la Beauce seront bientôt remplacés par des orangers.

Et la liste pourrait être encore longue…

Que ce soit conscient ou pas, l’homme de la rue sait que le monde de demain n’est pas celui qu’il connait et il constate que les gouvernements actuels sont incapables de lui parler de cet avenir. Comment dans ce cas ne pas choisir ceux qui au moins lui disent qu’ils ont un projet pour demain, même lorsque c’est à l’évidence peu crédible. Peu crédible c’est toujours mieux que rien du tout !

Et en France ? Comme partout ailleurs, on se convint qu’aux futures élections cela sera comme d’habitude et que les discours extrémistes, excluants, violents, obscurantistes autant que complètement stupides ne passeront pas. Pas chez nous, pas ici ! Mais en quoi proposons-nous  une alternative différente de ce qui s’est passé ailleurs ? En quoi Juppé / Sarkozy, Hollande ou autres Macron sont-ils différents d’Hillary Clinton ?

Battre le clan Le Pen aux futures élections est simple et plutôt facile. Il suffit juste de présenter des candidats inattendus (à défaut d’être neufs) et de dire comment on va construire ce monde qui de toute façon changera de gré ou de force.

Il faut parler survie climatique.

Il faut parler survie de l’individu et de sa vie privée.

Il faut parler place des personnes dans un monde du travail où la machine et l’IA le surpasse.

Il faut faire ensemble les choix de l’avenir d’Homo Sapiens.

Il faut dire que l’on va ensemble affronter l’avenir et qu’on ne laissera tomber personne.

Il faut avouer que personne ne sait comment construire ce demain, mais qu’avec le courage, l’intelligence, le profond sens de l’intérêt commun on a une chance de réussir. Il n’y a pas de retour en arrière possible, autant se donner toutes les chances en commençant par ne pas choisir le crépuscule mais en recherchant où se lève le soleil.