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Été morose, nez dans la sinistrose ?

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SocdemJe ne sais pas si c’est la crise économique,  les soldes en berne qui n’ont pas permis de se défouler, ou encore l’été qui tarde à commencer vraiment dans les esprits, mais de ronchonnades en silences renfrognés, de petites phrases assassines en condamnations définitives, les socialistes grognent. Certains le font écolo version arbre sec, d’autres scientifique nappé de formol, d’autres encore la joue grande muette à coup de grands tambours médiatiques, et même certains philosophes en mal de certitudes métaphysiques nous la chante requiem. Et pour le coup, je trouve cela décalé, joyeux et stimulant. Pourquoi donc ?

Eh bien, je crois que fondamentalement nos visionnaires ronchons ont un an de retard sur le calendrier. Il y a un peu moins d’un an en effet, du bout de ma lorgnette de militant lambda j’écrivais des choses, certes moins poétiques, moins scientifiques, moins spectaculaires et moins universelles, assez similaires à celle de notre orchestre de ténors. C’était à l’occasion de l’université d’été de La Rochelle ou un peu plus tard à la lecture des résultats sur les motions en vue du futur congrès de Reims. Mais à l’époque, mon inquiétude était surtout celle d’un militant qui voyait que son parti avait du mal à prendre en compte toute l’ampleur des problèmes, un parti qui parlait avenir tourné vers le passé (2002, 2007), un parti qui croyait au mythe du sauveur, un parti qui déclarait croire au changement en campant sur ses positions, un parti qui n’arrivait pas à sortir du déni post-mitterrandien. Mais aujourd’hui, cela n’a plus court et c’est bien cela qui a profondément changé, et c’est bien ce qui me rend optimiste.

Certes, nous ne savons pas encore très bien ce que sera demain le PS, mais dans l’immense majorité des cas, il me semble que les militants ont compris qu’il fallait vraiment aller de l’avant, et vraiment y aller dans les faits, pas seulement dans les mots. Contrairement à il y a un an, les cris de Jack, Arnaud, Manuel et des autres, ne sont pas des cris yakafocon, oui mais pas ça, mais ce sont des cris de deuil, ce deuil absolument nécessaire pour pouvoir rebondir et se projeter à nouveau dans l’avenir.

Certes, il reste encore une vague illusion, après celle du sauveur, qui est celle du bouc émissaire, ou en l’occurrence de la chèvre à bouffer en brochettes. Mais au fond, nous savons bien que Martine n’est en rien la cause de la fin de cette époque, qu’elle n’a reçu au congrès aucun moyen de l’éviter. Je suspecte même les autres prétendants de se laisser aller parfois à pousser un soupir de soulagement en pensant à ce à quoi ils ont échappé…

Alors oui, nous avons des raisons d’espérer à nouveau car nous avons probablement passé un cap psychologique. Et j’ajouterai même que certains d’entre nous ont même déjà commencé à se projeter dans l’avenir si j’en juge par les idées qui s’échangent à besoin de gauche ou ailleurs. Idées par exemple sur les impacts des évolutions de la société induites par la prise en compte de l’écologie, celles des technologies permettant la dématérialisation, et leur signification sur des sujets historiques tels que la définition de la propriété ou encore la nature du capital dans cette nouvelle société qui se construit sous nos yeux.

Alors finalement, je suis nettement plus optimiste qu’il y a un an, et je crois que nous serons bientôt très nombreux dans ce cas. Il faudra du temps parce que la tâche est d’ampleur, mais la mécanique de la refondation est bien en train de s’enclencher.

One thought on “Été morose, nez dans la sinistrose ?

  1. admin on said:

    1.

    Je pense qu’il est utile de souligner un point que nous avons tous oublié.
    Lors de la dernière présidentielle, l’appareil du parti, dans ses structures essentielles, a opté pour une candidate avec une seule raison en tête : elle était devant dans les sondages.
    Le profil, le comportement, les idées de la candidate n’ont pas pesé.
    Bien sûr, quelques irréductibles dont le dskistes n’ont pas marché, mais la majorité a pris une position qui a fini par faire classer les opposants internes à cette candidature, comme des traitres à leur parti.

    Ceci démontre que le Parti a un mauvais rapport aux sondages, qu’il ne s’en explique pas et qu’il est près à faire la même connerie, quelque soit le ou la candidate à venir.

    Comment by Maurice-Alain.baillergeau — 30 July 2009 @ 8:25 am

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