Loi Macron en demi-ton

Lis moi avec webReader

Emmanuel Macron était vendredi dernier à Brest avec pour objectif d’expliquer sa loi qui passe cette semaine à l’assemblée. Voici quelques réflexions sur sa prestation.

macron-ferrandCette loi est un assemblage de mesures différentes, elle n’assume pas l’ambition d’une vision à long terme mais celle d’un ensemble de déverrouillages de blocages. Pourquoi pas, et même s’il est un peu surprenant et inhabituel de dépenser tant d’énergie pour dégripper une machine, si cela permet effectivement d’avancer tout le monde y gagnera.

Cette loi assume une orientation générale claire : la priorité de la politique économique est de diminuer le chômage, pas l’augmenter le pouvoir d’achat. Que l’on soit d’accord ou pas avec cette priorité, j’apprécie personnellement le fait qu’on assume une direction forte et lisible et qu’un gouvernement ne louvoie pas entre la chèvre et le chou en fonction du vent. Alors oui, puisque nous ne semblons pas avoir les moyens de mener plusieurs batailles de front, commençons par redonner un emploi à beaucoup de gens qui aujourd’hui n’en n’ont pas et soutenons ce choix pour que cela réussisse.

photo-evolution-du-e-commerce-1Une des mesures faisant particulièrement couler de l’encre est celle du travail du dimanche. Il est exact que pour les socialistes cette mesure pose un problème de fond puisqu’avec raison, notre position est de défendre à la fois l’idée d’un jour de repos où toute la famille puisse se retrouver et celle que le pouvoir d’achat étant ce qu’il est, hors zone touristique l’extension des heures d’ouverture n’entraîne que peu d’extension du chiffre d’affaires.

Oui, mais ces dix dernières années le monde a profondément changé et en particulier, la vente sur internet a fait exploser cet argument. Les sites internets de vente fonctionnent 24h/24 7j/7 et il n’est pas possible de les empêcher d’ouvrir (problème de non-territorialité de l’économie numérique). Si les secteurs impactés ne s’adaptent pas, ils continueront de perdre des parts de marchés et fermeront au profit du commerce numérique. Le désastre sera consommé pour le commerce de centre ville.

Actant également du fait que plus de 30% des salariés travaillent déjà le dimanche, Emmanuel Macron a donc choisi d’autoriser l’ouverture de 12 dimanches avec des compensations (qui n’existent pas aujourd’hui) plutôt que de rester dans une situation actuelle, anarchique et au final inefficace.

Ce choix assumé acte d’une réalité qui ne nous fait pas plaisir mais nous ne devons pas nous voiler la face : mieux vaut travailler pour le progrès social dans le monde tel qu’il est plutôt que de rester bloqué sur des principes, aussi justes soit-ils, d’un monde qui n’existe plus.

Serions-nous avec cette loi sur la bonne voie du déverrouillage économique ?

Pendant toute l’intervention du ministre de l’économie, je n’ai pas pu m’empêcher d’être assez mal à l’aise. Une partie de ce sentiment était sans doute dû, comme je l’ai écrit plus haut, au fait que le monde nous oblige à changer sur des points que nous n’aimerions pas abandonner. Mais pas que. La majeure partie de mon ressenti venait du fait que j’avais le désagréable sentiment qu’Emannuel Macron ne semblait pas correctement intégrer l’économie numérique, ce qui paraît (presque) surprenant vu sa position et le nombre de conseillers qui l’entourent.

Lorsque qu’il évoque le développement des lignes de cars face au co-voiturage, j’ai un doute sur le fait qu’il ait intégré correctement le modèle d’affaires du covoiturage, que l’intérêt ne se limite pas qu’au prix et qu’il est tout à fait envisageable d’envisager un système de co-voiturage freemium, c’est à dire à tarif d’entrée de gamme nul…

Lorsqu’il évoque la mesure du crédit entre entreprises, j’ai un doute sur le fait qu’il ait intégré complètement les mécanismes de financement participatifs (question osée vis-à-vis d’un ex-banquier), la diminution des besoins en capitaux de l’économie numérique, l’attaque de plus en plus frontale des banques par des acteurs numériques qui ne sont pas des banques (pour le coup, cette mesure va accélérer ce mouvement).

Et lorsqu’il évoque les startups du numérique, là a contrario je craints d’entendre un discours forgé par la fascination du cas de quelques gagnants du grand loto numérique, oubliant que l’avenir « normal » d’une startup du numérique est d’aller au tapis et pire encore, que lorsque l’on a fait le choix de l’emploi, on devrait porter son effort sur la bascule numérique des entreprises existantes, surtout les TPE/PME, plutôt que sur les startups. Oui il faut de nouveaux entrepreneurs et de nouvelles jeunes entreprises, mais le savoir-faire est aujourd’hui dans les entreprises « vieille économie ». Il est plus facile d’adapter un savoir-faire au numérique que de créer une coquille numérique puis d’acquérir un savoir-faire. Dit autrement, je dit bravo à Uber d’avoir créé un nouveau modèle économique, mais si j’étais ministre de l’économie, je ferais en sorte que les sociétés de taxi adaptent à marche forcée leur modèle économique à l’économie numérique (et qu’elles n’essaient pas de bloquer le tsunami, c’est totalement illusoire).

La série de mesures de la loi Macron s’applique d’abord à l’ancienne économie, elle est nécessaire. On jugera in fine de son efficacité, mais en qualité de militant je la soutiendrai puisqu’il s’agit de choix nécessaires, précis, clairs et assumés. En parallèle, je ne peux que conseiller (aussi humblement que possible) de lancer un vrai plan de mutation vers l’économie numérique. Les grandes sociétés n’ont (peut-être ?) pas besoin d’un tel plan, mais les PME/TPE risquent de tomber les unes après les autres face aux milliers de Uber qui attaquent leur marché avec des modèles qu’elles ne comprennent pas à temps.

Richard Ferrand le rapporteur de cette loi parle de clé de 12 pour décoincer la machine. Ok pour l’économie classique. Pour ce qui est de l’économie numérique je conseille un reformatage et un passage dans le cloud.

macron-2 macron-3

Le Sénat planche sur le bitcoin

Lis moi avec webReader

bitcoinsÉtrange sentiment en regardant cette vidéo.

Le bitcoin, une monnaie qui n’ose pas dire vraiment que c’en est une, aux fluctuations erratiques très rapides, au fonctionnement qui reste mystérieux au commun des mortels, dont on vous dit à la fois qu’elle est anonyme tout en affirmant plus loin que « tous le monde regarde si les bitcoins du FBI sont utilisés », un nombre maximum de bitcoin disponibles fixes mais des destructions régulières certaines (suite à des pannes informatiques par exemple), une fragilité intrinsèquement liée à sa nature technologique, un délai important entre l’ordre d’achat et l’achat.

Il ne suffit pas d’être fasciné par une nouvelle technologie, même acceptée ailleurs, pour se jeter dessus. La monnaie est un attribut régalien des États et que n’a-t-on pas dit sur la perte de souveraineté lorsque nous sommes passés à l’euro.

À quel(s) besoin(s) répond le bitcoin ? Qui peut garantir sa valeur ? Quel intérêt a-t-il pour un pays et ses citoyens ?

Complément : FAQ sur le bitcoin

Un thème (central ?) pour la future campagne municipale

Lis moi avec webReader

imageVoici une vidéo du site Acteur Public sur une table ronde « Le numérique, un challenge démocratique pour les territoires ».

Ceux qui pensent encore que le numérique est un élément mineur du débat démocratique ont sans doute intérêt à envisager de faire autre chose que de la politique…

L’écho des taxes

Lis moi avec webReader

imagesLe gouvernement a mis de côté l’écotaxe, ce projet initié par l’UMP sous la houlette de Jean-Louis Borloo après le grenelle de l’environnement. Je ne sais pas si l’euthanasie est proche mais il serait bon d’éviter l’acharnement thérapeutique… En tout cas, il est plus que judicieux d’avoir arrêté les frais car le niveau de violence était monté au-delà du raisonnable et le mouvement assez largement partagé il me semble, commençait à être parasité par des aspects indépendantistes plutôt radicaux et des appels à la casse.

Cette histoire est révélatrice de bien des choses.

D’abord, et comme le ministre de l’économie Pierre Moscovici l’avait déjà relevé pendant l’été, nous sommes arrivés à un niveau de pression fiscale maximale. Les Français, bon gré mal gré ont accepté de payer pour les carences passées mais il n’est plus envisageable d’en demander plus, et il me semble même souhaitable de commencer à sérieusement réfléchir au calendrier de retour à une pression fiscale plus soutenable. On peut voir que les efforts consentis n’ont pas été vains, mais on voit aussi que la situation budgétaire n’est pas encore assainie. Reste-t-il des marges de manœuvre pour diminuer la dépense ? On veut nous faire croire « qu’à l’évidence c’est oui« , mais lorsque je vois nos gendarmes réduire leur présence sur le terrain parce que leurs véhicules sont usés voire tout simplement que le budget carburant est épuisé, j’ai des doutes. Je craints qu’il ne faille songer à vendre une partie des meubles mais aussi, plus problématique encore, songer à diminuer certains salaires ou indemnités, si possible les plus hauts puisqu’en bas de l’échelle on a déjà atteint le seuil des travailleurs pauvres et que le stade d’après c’est la misère.

On ne doit pas non plus faire l’économie d’une réforme complète de la fiscalité. Je crois me souvenir que c’était dans le programme pour lequel j’ai voté. Pataquès pour pataquès, il faut s’y mettre et lancer le grand chambardement pour le budget 2014.

Mais il n’y a pas qu’une simple histoire de taxe ici. La situation économique en Bretagne est belle et bien spécifique mais elle pourrait aussi être emblématique. Des erreurs stratégiques ont été commises dans l’industrie agro-alimentaires, avec des responsabilités qui semblent largement partagées entre les dirigeants de certaines entreprises et un système de financement national et européen qui aboutit à une impasse. Comme dans le même temps on doit gérer (pour ne pas dire improviser) une transition énergétique sur fond d’impératif climatique, on aboutit à de la casse sociale et à des réactions de révolte. L’agro-alimentaire va mal, les transports vont mal, la situation sociale est très mauvaise, l’État devenu faible ne répond plus aux attentes : que l’on soit rustre ou cultivé, quand c’est amer il faut cracher !

Le rôle des élus est donc il me semble de recoller les pots cassés, de fédérer les acteurs et de co-bâtir un plan global de sortie de crise. Si certains pensent s’en sortir seuls ils périront seuls, si l’État croit qu’il peut tout qu’il regarde la santé des services publics. Les Bretons savent travailler ensemble, ce n’est pas en pleine tempête qu’il faut se disperser.

Enfin, un an et demi est passé depuis l’élection de François Hollande. Le bilan n’est pas en lui-même catastrophique mais il est loin des attentes des Français. Il me semble nécessaire de réfléchir à une nouvelle étape, avec une équipe resserrée et cohérente soudée autour d’objectifs réaffirmés. Notre programme contenait de bonnes choses, certaines ont été mises en œuvre, mais on attend toujours par exemple que la facture soit présentée à la finance, notre ennemi commun ai-je entendu. Ces gauchistes d’américains ont bien réussi à faire condamner JP Morgan pour l’affaire des subprimes (5,1 millard de dollar). Après avoir sauvé le système bancaire, j’attends toujours que ces financiers qui ont semé ruine et malheur participent à la réparation des dégâts causés par leur cupidité.

La révolte gronde et le bruit est arrivé à Matignon, tant mieux. Maintenant on a le choix entre tout casser ou bâtir du neuf et du solide. Je ne crois pas au renoncement, je ne crois pas à la décadence, je ne crois pas que l’autre est mon ennemi. Je crois qu’il faut du courage et des convictions et je crois que nous serons nombreux sur le pont.

La mondialisation ne converge pas vers une société unique

Lis moi avec webReader

Global_Corp_Control_470x260J’étais cette semaine à Brest pour une conférence donnée par Emmanuel Todd. Le sujet était en substance de voir si le phénomène de mondialisation que nous vivons va conduire à une convergence des sociétés mondiales vers un modèle unique.

Tout d’abord, Emmanuel Todd a rappelé que ce n’était pas la première fois que nous subissions un mouvement de mondialisation. Le début du XXème siècle était déjà dans ce mouvement (avec d’autres mécanismes qu’aujourd’hui). Or ce mouvement n’a non seulement pas abouti à une convergence des modèle, mais au contraire a abouti à une exacerbation des différences qui, mal maîtrisées, ont fini en guerre mondiale.

Todd analyse la nature des sociétés à partir de trois grands marqueurs : la natalité, l’alphabétisation et la structure familiale (dans une moindre mesure, le vieillissement de la population intervient également dans le sens d’un frein ou d’un accélérateur des changements). Or ce qui semble expliquer fondamentalement les choix de société c’est le modèle familial.

Si l’on constate bien une convergence mondiale vers une famille type (duo parental dont le niveau d’éducation est en hausse, fécondité aux alentours de 2 enfants / couple), la nature des relations au sein de cette famille reste profondément différente.

Rien qu’en Europe, on trouve par exemple des types familiaux français et anglais qui sont plutôt proches mais qui diffèrent toutefois sur des relations plus libérales outre-manche et plus égalitaires en France. Ce qui explique selon Todd que les modèles économiques soient plutôt de nature très libérales au Royaume Uni et que nous restions si attachés à l’égalité en France.

Les Allemands eux (comme les Japonais) fonctionnent sur un modèle naturellement inégalitaire où prime le respect de l’ordre établi, parfois même selon un mode très martial. Là aussi, on ne manquera pas de se souvenir de l’attitude actuelle de l’Allemagne dans la crise européenne, attitude dure sans grande considération pour les plus faibles.

Enfin, il reste dans le monde beaucoup de sociétés marquées par des liens familiaux fondés sur le cousinage qui rendent très difficiles l’ouverture vers l’extérieur.

On remarque donc que le fait économique et la marche vers la mondialisation ne sont pas les éléments structurants de nos sociétés.  Ce n’est pas parce que nous échangeons et consommons les mêmes produits que cela nous définit. En ce sens, la mondialisation n’est pas une menace identitaire. Ce pourrait être même le contraire puisque cela rend finalement plus visible le modèle du voisin et nous incite à réaffirmer notre identité… comme cela avait été le cas au début du XXème siècle. Todd semble penser qu’en fait, cette réaffirmation identitaire est un facteur de performance. Il est vrai que l’exemple de l’Allemagne qui justement a récemment fait sa révolution identitaire grâce à l’accident historique de la réunification fait partie des gagnants de la mondialisation tout en affirmant clairement sa différence identitaire.

La mondialisation est un facteur économique important, mais elle ne change pas notre identité. Nous sommes Français (et Bretons et citoyens d’Iroise pour ce qui me concerne) de part notre histoire collective et notre construction familiale. L’affirmation de cette identité n’est pas un archaïsme qui serait économiquement ridicule. Elle est une affirmation nécessaire aux chemins que nous pouvons tracer pour l’avenir, aux actions que l’on peut collectivement mener.

2013-09-17 18.09.15

 

Le noyau dur de l’économie mondiale

Lis moi avec webReader

Trois chercheurs suisses ont récemment publié un excellent travail sur l’organisation de l’économie mondiale, en cherchant tout particulièrement à identifier ses centres de contrôle.

Entres autres, ils ont établi que 1318 sociétés contrôlent 60% de l’économie mondiale, et que 147 d’entre elles (1%) contrôlent 40% de l’économie. Toutes ces sociétés appartiennent au secteur financier. Voilà qui explique bien des choses…

Global_Corp_Control_470x260

Sources : « S. Vitali, J.B. Glattfelder, and S. Battiston: The network of global corporate control« 

Pas content

Lis moi avec webReader

Ecoutez-nous !Le ciel d’Iroise a beau être bleu en cette fin de semaine, je suis d’humeur ronchonneuse.

Et ce ne sont pas les condamnations de justice de la semaine qui me chagrinent. La justice passe sans entrave et je tiens à rassurer nos concitoyens. Avoir un gouvernement de gauche n’induit pas de protection et de traitement de faveur pour la droite : leurs élus qui auront fauté d’une façon ou d’une autre auront eux aussi droit à leur procès en bonne et due forme. Même si en face on semble avoir plus de mal à avouer ses fautes, il est de l’intérêt de tous les Français que la probité soit garantie à gauche, mais aussi à droite. Aidons donc l’opposition dans cette tâche difficile…

Non ce qui m’énerve c’est la reculade sur l’encadrement des salaires du privé. Et comprenons-nous bien là aussi. Il ne s’agit pas d’un réflexe paléo-gauchiste mais bien d’une position réfléchie dans l’intérêt général. Les dérives constatées sur les plus hauts salaires sont tout à la fois indécentes, injustifiables et scandaleuses.

Tout d’abord, en matière de rémunération (ce qui inclut plus que le salaire), je suis contre l’idée de plafonner le montant lui-même. Dans une audace libérale débridée, je défends l’idée de salaires les plus hauts possibles. Gagner un million d’euro par an ? Merveilleux ! Oui mais à une petite condition : puisque l’on parle de rémunération en entreprise et que les rémunérations distribuées sont le fruit du travail de tous, ce fruit doit être équitablement réparti. Si celui ou celle qui gagne le plus a 1 million alors cela doit vouloir dire que tous les salariés à temps plein touchent au moins 100 000 € (et comme je suis socdem, je suis prêt à discuter de l’échelle pour trouver un compromis).

Ne pas avoir d’encadrement des rémunérations et permettre le versement de sommes exorbitantes ressemble de plus en plus à du détournement de fonds légalisé. Et si cela ne peut pas être géré rationnellement par un encadrement réfléchi alors cela finira forcément au tribunal un jour ou l’autre. Dans un système de conseils d’administration incestueux, dans un système qui couillonne les actionnaires minoritaires (souvent avec leur bénédiction), dans un système qui a démontré une aliénation dramatique du sens moral et de l’intérêt général, il est inacceptable de s’en remettre à de vagues engagements. Voilà pour l’indécence et le scandale.

Mais en plus, cela est injustifiable. Il est faux et largement démontré comme tel par l’économie comportementale, de prétendre qu’une forte rémunération est nécessaire pour récompenser la performance des hauts dirigeants. C’est même très exactement le contraire : l’incitation financière rend idiot (cf. la vidéo ci-dessous).

Lorsque le cerveau humain doit prendre une décision, contrairement à ce que nous aimerions croire (ou que le libéralisme voudrait le faire croire), une décision est rarement rationnelle, logique, objective. Il en est de même pour la fixation du montant des rémunérations. Dans ce cas, notre cerveau va naturellement chercher un « ancrage » et va s’ancrer vers ce qui le séduit, ici les plus hauts salaires existants. C’est ce mécanisme qu’il faut casser avec l’encadrement salarial, car au lieu de creuser l’écart de rémunération au détriment des plus bas salaires, l’encadrement par rapport aux plus basses rémunérations permettra de tirer tout le monde vers le haut. Si le patron progresse, alors il entraîne tout le monde avec lui et du coup il sera vu positivement comme une locomotive au lieu d’apparaître comme celui qui fait main basse sur les fruits du travail de tous !

Le système actuel est celui du divorce cupide au sein de l’entreprise. Le système de l’encadrement des revenus sera celui de l’équipe qui partage équitablement les fruits du travail. Aussi bien du point de vue moral qu’économique ou managérial, il faut faire passer la loi sur l’encadrement des rémunérations.

Il faut en finir avec le discours schizophrène sur l’entreprise et cela commence par ce qui est le plus scandaleusement visible : la rémunérations des (quelques) patrons de grandes entreprises. À l’égal des traders qui ont construit le naufrage de 2008 par pure cupidité, l’image de ces patrons salit tous les dirigeants d’entreprise (dont certains ne se paient même plus en ce moment pour essayer de sauver leur entreprise et leurs salariés !) et humilie les salariés.

Une loi qui arrimerait les bas salaires au plus haut revenu d’une société est une loi qui construirait une solidarité de destin au sein des entreprises. Nous avons tous besoin d’une telle loi.