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Guaino, le cruciverbiste amateur

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Ils sont sympas à l’UMP. On aurait pu pensé qu’après les réaffectation de Lefebvre et Paillé, après les bévues de Rantaplan à l’assemblée nationale, après l’évacuation sous le tapis d’Hortefeux et le retour de MAM aux réalités du canton de Saint Jean de Luze, la droite avait épuisé son stock de gaffeurs impénitents.

Et bien non ! Le ci-devant sieur Guaino, troisième premier ministre de ce gouvernement et tout frétillant d’être enfin sous les feux de la rampe a dignement pris le relais. Certes sa saillie verbale sur la croisade du preux chevalier pompadourien aurait pu en rester au niveau de la maladresse regrettable, mais quand on est à l’UMP, en matière d’ânerie, on aime persister et signer. Au lieu d’esquiver et d’admettre la maladresse, notre jihadiste de la définition littéraire nous a sorti ses dictionnaires à l’assemblée nationale pour essayer de nous convaincre par a plus b que décidément le mot croisade ne renvoyait en rien à une image impérialiste, extrémiste et religieuse, particulièrement sur les rives de la Méditerranée. Ceci dit, sans doute avons-nous mal compris son intention et peut-être ne cherchait-il ici qu’à rendre hommage au défunt maître Capello, ou peut-être s’agissait-il là d’un acte de contrition et que tel un pénitent de l’opus dei, Guaino cherchait là à serrer son cilice et se donner la discipline à l’assemblée, qui sait ?

Comme pour ma part j’ai quelques souvenirs d’histoire, je comprends combien ce terme de croisade est malvenu, combien il ne correspond en rien au sens que nous voulons donner à notre action en Libye. Et d’ailleurs, quel sens devons-nous y donner ?

Certes pas une action d’assassinat ciblée contre le camp Kadhafi. Ce type a beau être un tyran qui figurera en bonne place parmi les pires que nous ayons connu, des États de droits démocratiques doivent rendre justice par la loi, non par les pratiques que l’on reproche justement aux tyrans.

S’il y avait un brin de vision géopolitique au sein du gouvernement sarko-fillon-juppé-guaino, le projet euro-méditerranée aurait pu être cette vision, une vision de démocratie, de paix, de prospérité forgée par une histoire commune. Mais hélas, bien qu’ayant essayé de reprendre une idée qui n’était pas de lui, Sarkozy n’a même pas pu amorcer un démarrage dans ce sens. Du coup, au lieu d’une volonté commune des peuples de la Méditerranée, on va rapidement se retrouver avec une action occidentale de police internationale contre les musulmans d’Afrique du Nord, action qui risque fort de s’enliser qui plus est. En résumé, il y avait en Afrique du nord matière à un grand mouvement d’union démocratique, mais parce que nos dirigeants n’ont d’autres talents que la joute verbale plus ou moins foireuse, tout ceci risque fort de finir en une soupe indigeste. Hélas, mille fois hélas !

Dégageons-les, et commençons à le faire dès dimanche en allant voter.

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