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L’honneur socdem et la fierté de la France

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À l’évidence, 2011 ne manquera pas d’inspirer tragédiens et romanciers. Quatre révolutions autour du bassin méditerranéen, la Grèce en quasi faillite, le Portugal, l’Espagne et sans doute l’Italie et la France aspirés à terme dans une spirale de dislocation financière. Et en France, les contre-coups de la déflagration Strauss-Kahn : il n’est pas sûr que Dominique soit coupable des accusations portées contre lui, mais à l’évidence l’onde de choc est arrivée dans les salons parisiens du pouvoir si l’on en juge par l’affaire Tron et la dénonciation de Luc Ferry.

Est-ce juste un hasard ? Certains répondront que lorsque des événements improbables se déroulent simultanément, le hasard n’est pas de la partie. Qu’est-ce donc alors ?

La fin d’un système il me semble. Les systèmes politiques méditerranéens donnent tous les signes de fin de cycle. Défiance des peuples et rejet du pouvoir, aristocraties politico-financières perdant le sens des échelles de richesse et de sa répartition, acceptation d’écarts à la loi pour ces mêmes élites qui par ailleurs n’en méritent que de plus en plus rarement le nom, perte de l’intérêt général et du destin commun. Il est à noter que le premier à tomber n’a pas été Berlusconi pour ses affaires de mœurs, ou Sarkozy pour son incapacité à incarner la fonction présidentielle et à représenter la France, mais DSK l’un des très rares justement à être reconnu mondialement pour ses capacités et ses résultats dans la réforme, pour son combat cherchant à remettre le social au niveau des impératifs économiques. Depuis qu’il s’est retrouvé prisonnier à New York, la dislocation s’est accélérée : plus personne pour stopper le dépeçage grec, plus personne pour empêcher la reprise en main du FMI par les groupes financiers appuyant la candidature de l’une des leurs en la personne de Christine Lagarde (elle a fait une très grande partie de sa carrière dans l’un de ces groupes).
Le cas de cette dernière est d’ailleurs très intéressant : elle aussi est prise dans un maelström judiciaire, tempête d’ailleurs beaucoup plus fondée que les accusations contre Georges Tron car, à la différence de ce dernier et sans préjuger des faits et de leurs conséquences, l’accusation portée contre Lagarde n’est pas parole contre parole, mais issue d’une procédure de contrôle menée par la cours des comptes et relayée par le parlement. C’est la République qui accuse Christine Lagarde !

Comment sortir de cette fin de cycle ? D’abord en en accélérant le dénouement. J’invite chacun et chacune à libérer sa parole, mais aussi à le faire sans haine ni esprit de revanche. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, la déliquescence des mœurs du pouvoir n’est pas une question de machisme (il faut vraiment être naïf ou partisan pour croire qu’une femme de pouvoir ne peut être qu’une sainte – on se rappellera par exemple l’empire Ottoman lorsqu’il était dirigé par les femmes), mais une question d’affaiblissement des organes de contrôle et de démission de l’esprit citoyen. Indignez-vous, indignons-nous ! Mais surtout arrêtons de nous comporter comme tous ces jeunes dont l’indignation consiste à être « contre » et à ne pas croire qu’il y a au sein des partis un souffle et une force suffisante pour renverser la table et monter sur le char.

Ensuite en tenant compte du fait que la République est soumise à de nouvelles règles d’information, qu’on ne peut plus avoir des procédures judiciaires napoléoniennes lorsque twitter ou dailymotion sont en mesure de créer les conditions d’un procès sans règle devant l’agora. Je l’ai écrit et je le redis, cette nouvelle donne de l’information immédiate et universelle pose avec force les conditions et la nécessité de nouvelles dispositions constitutionnelles. Les femmes et les hommes politiques sont faillibles, ce qui n’est pas grave si les dispositions nécessaires sont mises en place.

Enfin, il faut se préparer à crier « dégage » au pouvoir en place certes, mais aussi à tous ceux qui veulent ou croient pouvoir maintenir ce système vivant. J’espère simplement que personne n’aura besoin de s’immoler pour cela. Et je crois qu’il est de l’honneur des sociaux-démocrates en particulier, de faire sonner le « démocrate » bien haut pour que la France puisse à nouveau être fière de montrer son visage au monde.

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