Mehlang Chang : Un hoax criant de vérité

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Lorsque la désinformation nous éclaire sur notre état…

Dans la galaxie des bobards internet, je viens de tomber sur un hoax qui a la particularité d’être criant de vérité et c’est pourquoi, alors que je passe une partie de mon temps à me battre contre la rumeur sur internet, je relaie celui-ci.
Mes concitoyens, il est plus que temps de réagir pour que ce film ne devienne pas une réalité !

Qu’est-ce qu’être « de gauche » ? Mélenchon, Royal et DSK

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Pour essayer de contrer l’attente qui monte des Français depuis plusieurs mois déjà, ses adversaires politiques de gauche pensent avoir l’argument imparable qui tue : DSK ne serait pas de gauche (sous-entendu, donc la gauche ne peut pas le choisir et voter pour lui).
Il semble que deux groupes en particulier se soient appropriés cet argument : la gauche que j’appelle radicale dont Jean-Luc Mélenchon semble devoir devenir le héraut, et certains royalistes semblant ne pas accepter la décision de Ségolène Royal de ne pas se présenter contre Dominique Strauss-Kahn en 2012.

Au-delà du positionnement tactique de chacun, il est intéressant de se demander ce qu’est être de gauche avant de jeter l’anathème sur tel ou telle.

Adoptant la méthodologie d’un bon étudiant à l’esprit ouvert, je me suis d’abord intéressé à ce que les autres répondaient à cette épineuse question.

Une étude TNS Sofres de 2005 en France posant à 1000 personnes la question « Pour vous, être de gauche, aujourd’hui, qu’est-ce que c’est, qu’est-ce cela veut dire ? » a montré que :
– 27% des gens de gauche ont répondu : « Le social : “faire du social”, “faire plus de social” »
– 17% des gens de gauche ont répondu : « Le dialogue, l’ouverture, l’écoute : “être à l’écoute des citoyens, des hommes, des individus”, “c’est prévoir, c’est le dialogue” »
– 12% des gens de gauche ont répondu : « L’aide aux plus fragiles : “aider les plus démunis”, “aider le peuple”, “aider les pauvres” »

→ social, dialogue, écoute, prévoir, aider

Du point de vue économique

Être de gauche, c’est être anti-libéral, notion très vague finalement dans l’esprit des gens, mais qui peut se résumer à un refus de la liberté totale du marché, voire pour certains secteurs refuser la marchandisation. Suivant les tendances, cela signifiera refuser une quelconque liberté du marché (gauche révolutionnaire) avec des nuances qui aboutiront à l’autre bout du spectre, à une régulation du marché, régulation déterminée par l’intérêt général (position social-démocrate). Naturellement, pour la gauche révolutionnaire, la social-démocratie sera considérée être à droite (et affublée du doux nom de social-libéralisme).

En ayant une considération particulière vis à vis des plus faibles, la gauche se veut plus morale que la droite dont la finalité économique est d’abord de permettre à l’individu de réussir même si cela signifie que les plus faibles perdent. La révolte contre l’injustice est une attitude classique, la volonté de réforme en est une conséquence. À la notion de justice sociale, la droite répondra plutôt par la notion de charité, acte individuel là encore.

→ agir sur le marché dans le sens de l’intérêt collectif, réformer

Être de droite en matière économique c’est d’abord n’entraver en rien le marché, ni par la réglementation, ni par l’impôt. Le marché doit être « pur », il existe une justice immanente (« la main invisible du marché »).

→ liberté absolue, laisser-faire le marché

Du point de vue « référentiel mental »

A gauche on se réfère à la famille en tant que groupe, au cadre social, à la société citoyenne, l’individu est largement contraint par son environnement. L’individu est d’abord un citoyen qui a des droits et des devoirs vis à vis du groupe.
L’homme de gauche veut agir avec force sur son environnement pour le changer et améliorer le sort de chacun, en particulier des plus faibles.

Du point de vue individuel, le combat de gauche est d’abord celui de l’émancipation et la construction de la possibilité d’un choix libre et éclairé : c’est en ce sens que l’éducation a un sens très important pour l’idéologie de gauche. L’émancipation permet également à l’homme de gauche d’être et d’agir potentiellement en dehors de la décision d’un pouvoir politique.
Cette émancipation permet également à l’homme de gauche de ne pas être contraint par sa naissance. Comme le dit Jean-Luc Mélenchon «On a connu de grands bourgeois de gauche et des prolétaires d’extrême droite. Bien sûr, la condition sociale joue un grand rôle dans la perception de l’existence, mais on ne peut pas réduire un homme à cela. »

→ l’individu se définit par rapport au groupe, émancipation, agir et réformer le groupe

À droite on se réfère à l’individu qui est seul arbitre de ses choix, et au chef (ce qui est un peu paradoxal). Le chef est le représentant de l’ordre : l’ordre, la justice, l’intégration par l’uniformisation des comportements depuis le jeune âge (voir les mouvements scouts par exemple) sont les outils de structuration de la société de droite. L’individu en toute occasion dispose de son libre-arbitre (héritage chrétien), libre arbitre cependant contraint par l’ordre rigide et omniprésent de la société.

→ Le triptyque travail (individu libre de son sort et donc de construire son avenir), famille, patrie (chef, autorité) est un bon résumé du référentiel mental de la droite. Au nom de l’ordre établi, l’homme de droite est plutôt conservateur.

Alors, sont-ils de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon Ségolène Royal Dominique Strauss-Kahn
social Élément important du discours Élément important du discours Élément important du discours
Dialogue, écoute Vision musclée du dialogue Vision ambiguë du dialogue Dialogue et contrat sont les outils classiques des sociaux-démocrates
Prévoir La planification était l’outil classique de la gauche « radicale », est-ce toujours le cas ? ? DSK essaye d’introduire un système d’assurance pour gérer les risques de la finance mondiale
Aider / solidarité Élément important du discours Élément important du discours Élément important du discours
agir sur le marché dans le sens de l’intérêt collectif Oui, adepte de l’autorité de l’État Idéologie peu claire : entre blairisme et social-démocratie de l’Europe du Nord Oui, adepte de la régulation qui structure et oriente le marché.
agir et réformer le groupe L’État fort pour réformer la société
Conservateur en matière d’évolution idéologique.
Vision d’un État fort mais décentralisé ?
Conservateur dans certains de ses choix (système présidentiel par exemple).
Prendre les problèmes à l’origine pour changer la donne : politique de la petite enfance. Doctrine du réformisme radical.
l’individu se définit par rapport au groupe oui Confus : DA est un organisme de promotion du chef. oui
émancipation ? Confus : référence à des outils de droite (encadrement militaire) Oui
liberté absolue Refus Refus Refus
laisser-faire le marché Refus Refus Refus
travail Valeur non marquante dans le discours Valeur non marquante dans le discours Valeur non marquante dans le discours
Famille ? Exemple personnel donnant une vision déstructurée de sa conception de la famille. A fini par prendre position pour une évolution du mariage homosexuel. Attaché à la famille et à son évolution (mariage homosexuel)
Ordre / Autorité non Ordre « juste », tribunaux citoyens, autorité du chef non
Le chef vs le groupe Le groupe Le chef Le groupe

Même si mon tableau peut être sujet à caution (nulle doute qu’il sera contesté), on voit tout de même sans ambiguïté que DSK n’a pas grand-chose d’un « homme de droite ».
En fait cette étiquette lui vient très probablement de sa formation d’économiste, d’ex-ministre au Minefi et naturellement directeur du FMI : toutes ces « boîtes » sont étiquetées à droite dans l’imaginaire collectif et finalement, Marx le grand bourgeois théoricien de l’économie pourrait sans doute être taxé d’homme de droite lui aussi…

Sur le fond, le réformisme radical, le contrat négocié, l’attachement au groupe plus qu’à l’individu, l’importance du social dans la vision de l’économie et de la société font de Dominique Strauss-Kahn un homme qui appartient idéologiquement à la gauche, mais à une gauche en évolution, pas à une gauche crispée sur des outils du siècle dernier. Sur les points particuliers de l’ordre (élément principal pour Bourdieu) ou de la vision globale du général à l’individu (élément principal pour Deleuze), DSK apparaît là aussi comme un homme de gauche, largement plus en particulier que Ségolène Royal qui a fait de l’ordre juste son crédo.

Bourdieu : Royal est de droite Deleuze : etre de gauche

Après ce petit comparatif à partir de critères et non d’anathèmes, chacun pourra regarder les campagnes de communication des comités en gauchitude à leur juste valeur. Mais sur le fond, on ne juge pas un homme politique à l’étiquette qu’on lui colle, mais à son parcours, à ses connaissances et compétences avérées, à sa capacité démontrée à avoir amélioré le sort de chacun, à sa bonne volonté, à l’équipe qui l’entoure et enfin à la promesse d’avenir qu’il porte.

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sources :
Terre Politique
Médiapart
Nouvel Obs
Vidéo de Gilles Deleuze
Débat Moscovici/Mélenchon
Bourdieu

Lettre ouverte aux cadres de mon parti : l’antisémitisme fait-il partie de nos armes ?

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J’en ai plus qu’assez de lire çà et là des billets ou des commentaires qui puent l’antisémitisme. Oh pas la version pogrom et chambre à gaz, juste le “banal” vieux fond de commerce malsain qui colle à notre histoire comme l’odeur de moisi colle au mur des habitations humides même lorsqu’on ouvre les fenêtres pour aérer la pièce.

Alors bien sûr, l’actualité nous gratifie régulièrement comme en ce moment, de bonnes raisons de condamner la politique Israélienne, mais il se trouve qu’Israël est un alibi facile : on peut condamner une politique détestable tout en condamnant l’antisémitisme, comme on peut condamner les dictateurs africains tout en condamnant le racisme. Concomitance n’est en rien causalité, sauf ici pour l’âme perverse.

Et si encore nous en restions à des égarements géopolitiques ! Mais non. Là où cela me fait doublement mal c’est lorsque je vois des dérapages antisémites à répétition au sein même de mon parti. Parti de tolérance, parti internationaliste, parti de progrès, parti humaniste, parti cherchant à élever l’homme, cherchant à l’émanciper, à le libérer de ses chaînes physiques autant que morales.

Or vous, cadres de mon parti, de la Première Secrétaire au Secrétaire de la plus petite section, je n’entends que votre silence répondre à des attaques répétées encore et encore. Oh bien sûr, j’ai entendu vos protestations lorsque Georges Frêche a fait le dérapage de trop il y a quelques mois, Frêche le symbole, mais je ne vois rien ici ou ailleurs alors qu’à longueur de journée des militants, insignifiants peut-être mais militants de mon parti quand même, qui se réclament de tel ou tel courant se compromettre dans la moisissure antisémite parce que cela sert à salir leur adversaire du moment.

Pour ma part, je ne considère pas que la fin justifie les moyens et que tout est bon à prendre du moment que cela permet d’attaquer l’adversaire. Honte à ceux qui parmi nous n’ont pas assez de convictions, de probité et de valeurs pour mener un combat propre et fier, honte à ceux qui ne combattent pas ces pratiques, honte à ceux qui par complaisance, paresse, ou même lassitude acceptent ce genre de crachats idéologiques.

Je me suis mis à militer pour participer à la construction d’un avenir meilleur pour mes enfants, et cet avenir ne passe pas par l’avilissement moral.

DSK, le sionisme, Israel et la horde des basses âmes égarées

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Il y a plusieurs années déjà (en 2006 à l’occasion des primaires du PS), je m’étais fendu d’un billet démontant un hoax sur Dominique Strauss-Kahn décrit en substance comme un “agent malveillant du sionisme”. Cela s’appelait “Juif ? Salomon, vous êtes juif ?” (réplique inénarrable de Rabbi Jacob alors que le bon monsieur Pivert apprend que son chauffeur fait le chabbat).
DSK n’ayant pas été choisi aux primaires, ce hoax est alors entré en hibernation jusqu’à ces derniers temps où telle l’épidémie de peste il a largement refleuri çà et là, parfois sous une forme améliorée (naturellement, seuls les esprits chagrins feront un lien entre des événements purement internes au PS et ces basses pratiques largement teintées d’antisémitisme…).

Du coup, j’en profite pour reposter mon billet et le mettre au goût du jour.


dsk sionismeCalomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose…

Juif ? Salomon, vous êtes juif ? (Rabbi Jacob)
Un vieux hoax datant de presque 15 ans est en train de ressortir en ce moment. Ne le répétez à personne, mais il paraît que DSK ne pense qu’au sionisme en se rasant le matin.
Le message diffusé sous diverses formes ressemble grosso modo à cela :

“Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. Tout le monde ne pense pas la même chose dans la Communauté juive, mais je crois que c’est nécessaire. Car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu’un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd’hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l’infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël.”

A l’origine, les propos auraient été tenus dans un journal appelé Passages, mais comme personne n’est en mesure de présenter le journal en question et que ce journal est quasi inconnu, les propos ont migré vers “La vie”, et comme faire du sionisme chez les catholiques n’est pas très crédible, on peut aussi trouver des références à “France Inter” ou “Le Monde”, sans compter tous les blogs où ce hoax circule.

Qu’en est-il vraiment ? La réponse de l’équipe DSK est claire et sans appel :
DSK a déjà démenti publiquement avoir prononcé ce genre de propos. Personne n’a d’ailleurs ressorti cette soit disant interview.”

Zut alors, mais peut-être est-ce un coup du complot judéo-maçonnique qui contrôle la presse. En tout cas chers lecteurs, sachez que moi je suis “blanc, très blanc, un peu pâle, français et catholique comme tout le monde”…


Voilà donc pour le billet de l’époque. Quoi de neuf depuis ?
Toujours pas le début d’un paragraphe authentique de l’article supposé de Passage mais de nombreuses tentatives pour nous en parler avec autant de ferveur que d’indignation. La tentative la plus originale est sans doute ce petit film qui nous présente une jolie manip laissant à croire de prime abord qu’on tient, enfin, la preuve du crime dont toutes les bonnes âmes parlent mais que personne manifestement ne possède.
L’idée est simple, comme les auteurs n’ont pas leur article, ils font un film d’un site qui relate “l’histoire de celui qui connaît celui qui à vu le loup, ou plutôt le fumeux article”. Film pas mal fait du point de vue bobardesque puisqu’il répond à de bons critères de base :

dsk sionisme

  • impression de mauvaise qualité (c’est bien, cela a l’air plus vrai ainsi),
  • création d’une ambiance un tant soit peu anxiogène (ici en n’utilisant pas de son, bien vu !) et sombre,
  • création d’une ambiguïté (visionne-t-on un extrait du mythique article que personne ne montre ?)
  • et surtout un titre accrocheur qui décape “DSK Conseille aux Juifs de Prendre du Pouvoir pour Aider Israël”.

Charmant. Mais maintenant, quelques questions élémentaires pour que chacun se fasse son opinion :

  1. DSK a exercé de hautes fonctions dans notre République et en exerce toujours au niveau mondial. Quelles mesures concrètes, quelles positions publiques a-t-il prises qui justifierait un tant soit peu ces accusations ?
  2. En remarquant que ces rumeurs de traitrise sionisme (on ne dit pas antisémite mais le fond y est bien) ré-apparaissent lorsque DSK est en mesure de prendre le leadership à gauche et en y ajoutant le fait que la droite ne peut utiliser le judaïsme sans mettre Nicolas Sarkozy en porte-à-faux, à qui cela profite-t-il sinon à une certaine gauche en déshérence idéologique et, hélas, de valeurs ?

Et le plus ironique de l’histoire c’est que même si Dominique avait effectivement sorti ces âneries, cela aurait mérité une engueulade mais certes pas que des âmes perdues se vautrent dans la fange des noirceurs méprisables. La haine du juif a décidément encore un bel avenir et nous encore bien du travail !

Autopsie d’un conte

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Après une petite respiration de fin d’élection, et avant je l’espère d’entamer une série d’articles de réflexion sur la refondation du PS, je voudrais revenir sur une manipulation, une de plus, visant à cacher l’absence d’arguments de quelques égarés politiquement en perdition par la génération d’un nuage fangeux et cherchant à discréditer (que savent-ils faire d’autre ?) les hommes et femmes politiques qui les gênent au PS (c’est-à-dire à peu près tout le monde aujourd’hui).
Pendant la période des régionales, je n’ai pas réagi à cette tentative de manipulation du web (en partie estampillée royalistes si l’on en croit le nombre de contributeurs se réclamant de ce courant, même si j’ai bien du mal à savoir s’il s’agit d’une déficience d’encadrement ou d’une volonté au plus haut niveau) pour ne pas polluer le débat de la campagne et me concentrer sur le soutien à nos équipes, mais cela ne veut pas dire qu’il faille ignorer ces pratiques indignes et malfaisantes ; on ne le sait que trop bien, sur le web le bruit peut devenir message si la réalité des faits n’est pas exposée avec force et conviction.

Comme je n’aime pas les posts sans fond et sans arguments vérifiables, j’ai donc construit celui-ci sur une analyse critique de cette campagne de calomnies, analyse soumise à la réflexion de chacun de façon à ce mes propos soient à la fois instructifs, pédagogiques et je l’espère prophylactiques.

Tout d’abord, les faits.

À l’origine de cette “affaire”, il y a la révélation de l’existence d’un club (qui n’a d’ailleurs rien de secret) réunissant des hommes et femmes politiques et d’affaires, Le Siècle. Si vous et moi ne connaissions pas ce club, ce n’est pas à cause d’un complot du style “on nous ment, on nous cache des choses”, mais tout simplement parce que vos préoccupations quotidiennes comme les miennes n’avaient aucune chance de vous y mener.

Sur le fond, ce club ne diffère pas fondamentalement des milles et un clubs professionnels, économiques, politiques ou culturels où peuvent se côtoyer en fonction de leurs intérêts, acteurs économiques, sociaux, mais aussi riches mamies en quête de bons placements et de petits fours, écologistes à la recherche d’action ou de revendications, entrepreneurs à la recherche d’affaires, lobbyistes locaux et pétitionnaires patentés, ou encore entrepreneurs à la recherche d’une interview avec PPDA. Depuis sans doute la nuit des temps de la liberté d’associations, les gens se sont associés au nom de leurs idées, ambitions ou intérêts et les clubs, quels que soient leur nom, les ont toujours accueilli. Le Siècle ne déroge pas à la règle, et malgré ce que l’on a voulu nous laisser à penser, il ne ressemble manifestement pas à une secte millénariste ou malfaisante. Quant au jugement de chacun sur les motivations des gens qui le fréquentent, c’est finalement une affaire de sentiments personnels ; il n’y a pas là trouble à l’ordre public…

Manipulation sur internet : le siecleDeuxième acte, la campagne, faite sous forme d’une révélation intergalactique. Si vous cherchez sur google, vous pouvez voir fleurir une somme assez étonnante d’articles récents sur le sujet, ce qui permet de s’apercevoir qu’il ne s’agit pas d’un simple artéfact aléatoire, mais bien d’un buzz repris et alimenté par des gauchos-complotistes, mais hélas aussi par nos camarades royalistes. Il n’y a qu’à lire certaines signatures associées à ce buzz ou les titres d’article du genre “Le TSS, c’est le SIECLE contre le PS et Ségolène Royal” (article qui arrive en tête de recherche google).

Plutôt que d’en décortiquer fastidieusement la liste (ce que je vous invite quand même à faire à vos moments perdus), je me contenterai de reprendre ce post paru sur lepost.fr et qui a au moins le bon goût d’avoir évité les commentaires personnels pour n’exposer que deux vidéos dont je vais vous décortiquer le mécanisme manipulateur.

Manipulation du web : le siecleTout d’abord l’accroche : Mettre Anne Sinclair au générique, c’est vendeur. Une journaliste belle et connue, cela attire le chaland à coup sûr ! Chaland immédiatement déçu puisque le sourire d’Anne disparaît immédiatement au profit… d’un compte à rebours (faire monter l’adrénaline), puis d’images violentes se succédant sur un rythme rapide (saisir le spectateur pour faire monter l’adrénaline et l’angoisse). Missile explosant sur un char, crash du 11 septembre (avec un bandeau sur le prix du pétrole, angoisse latente), figures honnies de Bush et Ben Laden, figure satanique (en filigrane, jouer de façon subliminale sur un sentiment d’horreur et de rejet), bombes et bombardiers, petit détour cosmique où l’on suggère une connexion extraterrestre, extraterrestres qui arrivent rapidement (le film joue là à la fois sur les peurs et les clichés pour rebondir sur les fantasmes), feux de Saint Elme (i.e. la menace de l’électricité tombée du ciel) dérivant sur de menaçantes expériences scientifiques, OVNI introduisant les mystères de civilisations perdues (peurs ancestrales, mythologie extraterrestre), mystique de l’énergie interne liée à l’explosion nucléaire finale destructrice (à ce stade si vous n’avez pas encore la trouille c’est à désespérer des techniques de manipulation !). Ouf, fin de la première séquence violente, on passe à la suite.

  • Cliquer [ ici ] pour voir le 1er film sur youtube (tant qu’il y reste…).

Manipulation médiatique le siècle

Suite introduite par “tout le monde il est gentil”. La pointe d’humour décalée est destinée à désamorcer le stress de la séquence d’introduction pour vous rendre plus réceptif à la suite avec en substance le message suivant : “Le siècle c’est en apparence un visage aimable et souriant, mais derrière ce n’est que complot et destruction, nous on est là pour vous dire la vérité”. Bien sûr, on se demande à ce stade les relations qu’il y peut y avoir entre les éléments de ce fatras, mais dans la dynamique du film, le spectateur n’a que peu de chances de faire la part des choses, il est prêt pour la suite.

Hors du contexte de cette intro stressante, la suite serait totalement plate (de fait, plutôt ratée du point de vue de la manipulation) : déclaration de (bonnes) intentions, éléments du statut de l’association. Tout cela serait sans intérêt si nous n’avions “appris” combien était malfaisant et subversif ce club… D’ailleurs, la suite n’est qu’une longue litanie ennuyeuse de portraits de quelques membres du siècle et la boîte à rythme associée à l’atmosphère brumeuse et sombre des portraits (destinée à renforcer le côté occulte et malfaisant) a bien du mal à maintenir l’intérêt.

Ce premier film est une parfaite manipulation cherchant à faire des liens entre des choses qui n’ont rien à voir entre elles (d’ailleurs, jamais on ne vous dit qu’elles en ont, le film se contente de le suggérer par la collision des séquences et la bande son), jouant sur des peurs et des fantasmes. Une merveille du genre ! À l’arrivée, ce que vous êtes censé en retenir c’est “le siècle c’est des gros méchants, tremblez braves gens”. Mais que vient faire Anne Sinclair dans cette histoire me direz-vous ? Il faut voir le second film pour le comprendre.

Reprise par la séquence de portraits pour arriver à un extrait d’un reportage (dont la source n’est pas citée). On n’y apprend rien de nouveaux, en particulier pas de scandales particuliers si ce n’est l’inquiétude de la “construction” d’un consensus d’opinions établi lors de discutions au sein du club. On connaît plus décapant comme complot… Plus intéressant est la fin de l’extrait de ce reportage où les monteurs du film tentent de rebondir sur un autre fantasme, Bildeberg, présenté comme un club de gouvernance mondiale. Les propos devaient être tellement intéressants et croustillant que… l’on passe à autre chose. Technique intéressante, là aussi les monteurs de ce bobard ont testé la collision entre le siècle présenté sous la forme la plus fantasmatique possible et Bildeberg dont la menace est évoquée avant de passer à autre chose.
Et quoi donc ? Là c’est le fin du fin. Après avoir créé une atmosphère complotiste, on va mettre les rieurs de son côté en surfant sur un extrait des guignols de l’info. Succès assuré, l’extrait est amusant, surfe sur le rejet du pouvoir et reprend sur un mode joyeux des thèmes que l’on vient de voir sous une forme inquiétante.

Manipulation du web : le siecleEt Anne alors ? Pour comprendre son rôle dans ce conte manipulateur, il faut faire le parallèle avec le film des guignols dont la vedette est Bernadette Chirac, épouse de Jacques, ex-président. Quel est le rôle de Bernadette ici ? Être la tête pensante française de la world company (le spectre). Et Anne Sinclair n’est-elle pas l’épouse d’un potentiel futur-président ? La boucle est bouclée et la manipulation achevée, tremblez brave gens, “ils se mettent d’accord et complotent contre le bonheur des gens” !

  • Cliquer [ ici ] pour voir le 2ème film sur youtube.
  • À l’arrivée, aucun fait si ce n’est l’existence d’un club qui réunit des gens “influents” qui discutent des choses du monde autour de petits fours. Mais aussi, à force de répétitions et d’un flot d’articles sur internet, une tentative d’installer un malaise et de discréditer ses adversaires politiques. Alors qui sont vraiment les manipulateurs dans l’histoire ? Bernadette Chirac vue par les Guignols, Anne Sinclair présentée comme son alter ego, un club très parisien de notables ou ceux qui sont derrière ce film et son utilisation ? À complot, complot et demi, si je peux comprendre sans problème qu’une personnalité politique soit attaquée, et même s’il est quelque part nécessaire qu’elle le soit, je trouve assez abjecte et minable ce genre de manipulation. S’ils veulent un jour sortir de l’impasse où ils sont, certains militants comateux feraient bien d’en finir avec les sombres manipulations dignes des détestables méthodes trotskystes de la belle époque. Nous avions eu l’entrisme en 2006 pour les primaires, nous avons maintenant droit à la manipulation des esprits.

    Tout cela est minable autant qu’indigne !

    Mais au fait, quelle est la réalité concernant Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn (ben oui, j’ai beau être blogueur, j’ai fait ma petite enquête) ?

    D’abord, Anne Sinclair a bien été cooptée par ce club à une époque où ils cherchaient à “féminiser l’ambiance”. C’était il y a plus de 22 ans et elle a cessé d’y aller il y a… 20 ans (date à laquelle Dominique et elle se sont rencontrés) ! Figurez-vous qu’entre rôti de veau et banalités mondaines, notre sémillante journaliste de 7/7 s’ennuyait ferme dans ce temple supposé du complot. Quant à Martine Aubry ou encore Lionel Jospin, eux aussi comploteurs fantasmés selon la rumeur, elle n’a jamais eu la joie de partager avec eux la-bas un repas où les carottes symbolisaient une attaque de missiles et les petits pois la population opprimée par les maîtres de la sauce Maringo.

    __________________
    Vous trouverez ci-dessous quelques-unes des sources ayant contribué ou relayé cette manipulation :
    Manipulation sur internet : segolene royal

    Manipulation sur internet : segolene royal

    Les mains sales des pensées sales

    Lis moi avec webReader

    Novembre 2009.

    dsk sionisteSartre, il y a longtemps déjà, avait mis en scène la part sombre des idées nobles dans Les mains sales. Le théâtre électronique d’internet est en train de nous en faire une très mauvaise parodie depuis quelques jours. La méthode est insidieuse et lorsque les e-archéologues du futur se replongeront dans la période actuelle en en faisant une analyse statistique sémantique, ils risquent de se prendre en pleine figure une bouffée fort nauséabonde, et qui plus est, estampillée du sceau d’une certaine gauche.

    Bien que n’ayant pas franchement le temps de militer sur internet ces derniers temps, je n’ai pas manqué de remarquer la résurgence de propos très borderlines, et de plus en plus souvent très au-delà de la limite. Les deux cibles du moment sont Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.

    Concernant Martine Aubry, le message envoyé par ces snipers est en substance “à mort la salope”, et désolé Martine, je ne caricature même pas les propos de ceux qui veulent faire ton “autopsie” ou qui déclarent sans rougir que “cette imbécile a scellé son destin d’imbécile dans la pierre” (ce seul article servira d’exemple au reste – l’article ayant été supprimé, je mets une copie d’écran de google pour prouver la véracité de mes propos). Je vous laisse quelques instants pour ouvrir la fenêtre et aérer la pièce, la suite est d’un jus encore plus rance…
    mensonges haineux

    Concernant DSK, nous avons une invasion septicémique semble-t-il fort coordonnée et liée à l’excellente notoriété de DSK en ce moment. Quel est le message que l’on veut en substance faire passer par cette attaque virale ? Que “DSK [est un] démoniaque libidineux“, “violeur“, un “ultra-libéral membre de bilderberg, aficionado du nouvel ordre mondial, affameur du tiers monde“, un “sioniste” (qui est le mot politiquement correct pour “sale traitre de juif”, faut décoder le message), et sur des aspects amusants à force d’être ridicules et pathétiques, un pion de Sarkozy placé au FMI et un incompétent (pas mal pour quelqu’un qui s’illustre avec brio au FMI, après avoir été le meilleur ministre de l’économie depuis plus de 30 ans).

    Mais comble de l’abject, j’ai même dû intervenir auprès du post.fr pour faire retirer un commentaire qui en appelait tout simplement au meurtre, et plus précisément “à faire étriper DSK et prendre Sarkozy avec ses tripes“. Vous pouvez allez vomir et revenir dans 2mn…

    Au-delà de la nausée que m’inspirent des propos qui violent à peu près toutes les valeurs qui soutiennent notre combat à gauche (tolérance et respect, ouverture à la diversité, générosité, mais aussi rationalité dans notre démarche idéologique), je perçois ici deux dangers.

    D’abord la radicalisation d’un petit groupe qui perd peu à peu pied face à une réalité qui les rejette (en somme, une gauche nébuleuse faite de peurs, de fantasmes et d’illusions). Jour après jour, par un mécanisme lent et sournois, ce groupe utilise des moyens toujours plus extrêmes et nul doute qu’une partie d’entre eux finira effectivement dans des groupes extrémistes violents.

    Ensuite un climat général de pertes de valeurs et de repères. Le combat politique a toujours eu un caractère violent, mais il s’agit ici de violences vides de contenu. Le but est de tuer l’ennemi, ici par un mécanisme de calomnies plus ou moins diffuses qui sont censées s’ancrer dans les esprits au fil du temps. Déblatérer sur Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn ou à l’occasion sur tel ou tel autre, n’a aucun impact à court terme puisqu’il n’y a pas d’enjeux immédiats. Pire, cela a toutes les chances de se retourner contre leurs auteurs alors que s’avancent les régionales, élections de listes qui devraient plutôt favoriser l’apaisement. Mais à long terme le but est que la maladie assoupie soit bien installée pour être réveillée au moment opportun.
    La raison est en berne et seule l’émotion destructrice est à l’œuvre.

    J’exprime mon plus parfait dégoût envers ces pratiques qui n’ont aucune justification morale et qui ne sont que l’expression sale d’une pensée politique sale et inepte. Que l’on conteste les idées ou les outils d’une personnalité politique est chose normale, mais que cette contestation n’ait d’autre motivation que le rejet épidermique, sans autre projet politique que de flinguer tout ce qui peut faire de l’ombre à leurs illusions déliquescentes, est insupportable.
    dsk sioniste

    Enfin, pour clore ce post, voici une liste de références et de faits qui permettront à tout un chacun de se faire une opinion sur certains propos fielleux.

    • d’abord, peut-être le plus ancien, le hoax “DSK est un traitre sioniste”. Vous trouverez les fadaises de l’histoire ici.
    • quelques mots sur la MNEF : DSK a effectué sur plusieurs mois un contrat pour la MNEF facturé environ 600 000 F. Grosse somme a priori pour ceux qui ne connaissent pas le monde du consulting. Mais, à l’époque, un consultant de haut niveau était facturable sans problème à 10 000 F / jour. Donc, ceci représente 60 jours de travail. La justice n’a rien vu à y redire.
    • Le procès DSK : Dominique Strauss-Kahn a effectivement été traîné en justice, justice qui non seulement a reconnu très rapidement son innocence, mais a également remonté les bretelles de l’accusation pour avoir présenté un dossier vide. On remarquera qu’à l’époque, DSK a eu une attitude républicaine exemplaire en démissionnant de son poste de ministre pour ne pas porter préjudice à l’État. Tout le monde n’a pas eu depuis un tel comportement exemplaire.
    • La cassette Méry. Là on se demande toujours ce qui est reproché à DSK si ce n’est de ne pas en avoir fait un complot pour saper la République.
    • Le bobard c’est “Sarkozy qui a nommé DSK au FMI” (avec une version plus cosmique dont la trame est “la CIA a favorisé le choix de Royal contre Sarkozy pour faire élire Sarkozy et en contre-partie DSK a été dédommagé de sa déconvenue avec le FMI” ; billard à 27 bandes…). En ce qui me concerne, j’ai simplement posé la question sur ce qu’il en était à Anne Sinclair qui m’a confirmé s’il en était besoin que c’est bien Juncker qui a proposé DSK et que Sarkozy n’a fait que suivre. Maintenant, si vous avez de meilleures sources, postez-les !
    • L’histoire “DSK est un violeur”. Là il s’agit de surfer sur le côté séducteur en buzzant sur une histoire plutôt fumeuse et incohérente. À l’origine, il y a une personne qui dit que DSK a été trop entreprenant contre sa volonté et n’a pas voulu porter plainte par crainte d’attaquer un homme d’État. Cette personne n’a cependant pas craint de s’épancher devant les caméras d’Ardisson et c’est bien ce qui rend l’affaire douteusement glauque : quand on a peur on ne va pas à la télé pour le raconter, et quand on a le courage de dénoncer effectivement ce genre de faits et bien on le fait devant la justice. Courageuse à la télé et lâche avec la justice, voilà qui qualifie le niveau de l’affaire.
    • La rengaine, DSK n’est pas à gauche. Là, je ne peux que vous conseiller la lecture de “La Flamme et la Cendre” et m’en tenir à quelques éléments factuels : d’abord les résultats économiques et sociaux lors de son passage à Bercy (à moins que lutter efficacement contre le chômage ne soit pas de gauche), et plus encore, son action dans cet ex-temple de l’ultra-libéralisme, le FMI : apurement de la dette du Libéria, amélioration du statut des “petits” pays au sein du FMI, prêt à taux zéro aux pays pauvres et surtout l’incroyable révolution en marche concernant le contrôle du capitalisme financier. On y ajoutera quelques rappels sur la réalité de l’Ukraine dont la situation est honteusement et cyniquement exploitées par quelques belles âmes.

    Voilà pour la petite liste de courses du moment, ne doutons pas qu’on nous en inventera quelques autres. J’ai soumis au jugement du lecteur un certain nombre de liens, à vous de vous faire une idée qui ne soit pas forgée par une opération de manipulation à peine dissimulée mais sur votre propre jugement.

    Nous, sociaux-démocrates croyons en la force de la raison, du jugement forgé à partir de faits vérifiables par des esprits libres et émancipés.

    De l’art de manipuler l’opinion en général, et les internautes en particulier

    Lis moi avec webReader

    Chers internautes, amis lecteurs, rebelles de tous poils, j’ai une petite histoire à vous raconter.

    Il était une fois, une charmante jeune fille que personne n’aimait et à qui tout le monde voulait du mal. Mais comme cette jeune fille était très courageuse et qu’elle voulait sauver le monde, elle a fait de la politique. Et tout le monde a continué à ne pas l’aimer et à lui vouloir du mal. Comme elle était très courageuse et n’était mue que par l’intérêt de son prochain, elle s’est présentée à la présidentielle du peuple de France. Et personne ne l’aimait et tout le monde lui voulait du mal, en particulier les vieux messieurs et 53% des français. Mais comme elle était très courageuse et désintéressée, elle a voulu changer son parti politique après avoir essayé de le contourner. Mais personne ne l’aimait et tout le monde était contre elle, en particulier 71% des gens de son parti.

    Voilà, c’est l’histoire de la vie de la charmante jeune fille : elle a toujours été seule contre tous et les vieux messieurs ont toujours voulu lui faire du mal.

    Après cette belle histoire, permettez moi de vous présenter une galerie de portraits de ceux qui soutiennent ou ont un jour soutenu la dame :

    Francois MitterrandA tout seigneur tout honneur, François Mitterrand sans qui Ségolène n’aurait jamais rien été. Pierre BergéMoins connu mais non moins important, Pierre Bergé milliardaire mécène sans l’argent duquel rien ne serait possible, ou si peu, aujourd’hui encore
    Francois Hollande

    François Hollande, ex 1er secrétaire du PS qui renonça à sa propre candidature pour soutenir sa compagne d’alors. Il a changé d’avis depuis.

    Francois Rebsamen

    Francois Rebsamen, ex-numéro deux du parti lors de la campagne présidentielle, soutien toujours inconditionnel.

    Jack Lang

    L’inoxydable Jack Lang, recordman de la longévité ministérielle pour la Vème République, ex-numéro 3 du parti et soutien de la candidate à la présidentielle. Il a changé d’avis depuis.

    Jean-Louis Bianco Jean-Louis Bianco, recordman de la longévité au poste de secrétaire général de l’Elysée, soutien inoxydable à Royal.
    Georges Freche

    Georges Freche très contreversé président de la région Languedoc Roussillon, exclus du PS pour des propos en opposition avec les valeurs du parti. Toujours un soutien incontournable dans cette région.

    Patrick Mennucci Patrick Mennuci directeur adjoint de la campagne présidentielle, secrétaire fédéral délégué aux élections de l’ancienne fédération des Bouches du Rhône, soutien toujours inconditionnel.
    Jean-Pierre Chevenement

    Le ché Jean-Pierre Chevenement, ex-baron remuant du socialisme, soutien à la présidentielle, un peu moins depuis.

    Pierre MauroyPierre Mauroy, ex 1er ministre, figure historique du socialisme mitterrandien, baron de la puissante fédération du nord, soutien de Royal à la présidentielle. A changé d’avis depuis.
    Jacques Attali

    Jacques Attali, penseur de la mitterrandie, soutien royaliste depuis la présidentielle.

    BHLBernard-Henri Levy, autre penseur de la gauche version plus people, soutien royaliste depuis la présidentielle.

    Voilà donc des soutiens qui ne sont bien sûr ni des vieux, ni des hommes, ni des représentants du parti socialiste ou de la gauche. Voilà des perdreaux de l’année, défenseurs acharnés d’une vision moderne et féminisée de la gauche. Voilà donc des gens qui sont tous issus de la classe ouvrière, laborieuse, de la France qui souffre. Voilà donc des gens en dehors de l’appareil, de simples militants. Voilà donc des gens qui n’incarnent pas la Vème République. Voilà donc les pilons des briseurs de tabous, les bulldozeurs, les bougeurs de ligne. Voilà donc ce qu’on a réussi à vous faire avaler…

    Pour ma part, je crois qu’être un homme, un militant qui a défendu les valeurs de la gauche n’est en rien une tare honteuse. Cela mérite il me semble un minimum de respect, surtout lorsqu’ils vous apportent ou vous ont apporté un soutien plus qu’actif. Notre société est faite de jeunes et d’anciens, tant que les générations se parleront et s’entraideront, elle sera forte. Mais un leader politique qui projette une image méprisante et fausse d’une partie de ses militants et de ses propres soutiens est un leader qui voue son parti à la déliquescence. On ne doit jamais jouer la division des siens pour se faire une place au soleil.
    Alors oui, l’histoire de la pauvre jeune fille à qui tout le monde en veut, particulièrement les vieux machos archaïques est une fable, un bien triste mensonge. Une mauvaise blague markettée à l’usage des gogos webeurs, une ineptie qui a failli faire exploser le PS à Reims.