Incroyable révolution au FMI

dsk fmi g20 ecosseRâleurs gauchistes patentés et autres éternels défaitistes de gauche, mieux vaut éviter de lire ce post. Dominique Strauss-Kahn a indiqué ce week-end à l’issue du G20 écossais, que l’organisme qu’il dirige étudiait la mise en place d’un mécanisme devant assurer la stabilité financière du monde. Ce mécanisme fonctionnerait comme une sorte d’assurance mondiale dont les cotisations seraient payées par les banques à la hauteur des risques qu’elles prennent et font courir au système financier mondial.

Or ceci est tout bonnement révolutionnaire dans un organisme que certains veulent toujours voir comme ultra-libéral et dans un monde qui a failli sombrer dans la course du “prend l’oseille et démerde yourself”.

Ce mécanisme d’assurance entre pleinement dans la philosophie social-démocrate de l’intervention de la puissance publique, de façon préventive et régulatrice et active quand il faut, où il faut et pour la durée qu’il faut. Encore un peu et on se verrait à rêver d’un FMI à la sauce mutualiste mondiale !

Ce mécanisme diffère également de celui d’une taxe Tobin qui tient plus du marketing politique que d’une idée pouvant être effectivement mise en place : déjà dans la flamme et la cendre, DSK expliquait les difficultés techniques de mise en oeuvre de cette taxe et surtout l’extraordinaire capacité des acteurs de ce marché à jouer avec rapidité avec les marges de toutes les législations dans ce domaine. Ici, DSK oppose un système qui transforme les deux handicapes de la taxe Tobin en avantage : le système est simple et les acteurs n’auraient pas le loisir de jouer avec le flou juridique et la lenteur des organismes de contrôle.

De cette annonce à sa mise en place, le chemin sera encore long et semé d’embûches, mais oui, cette annonce est en elle même une incroyable révolution des idées et si Dominique Strauss-Kahn arrivait à la mettre en œuvre, il compterait alors parmi les hommes qui ont changé le monde, rien de moins tant l’idée est révolutionnaire.

Mensonges et vérités sur le FMI et l’Ukraine

Novembre 2009.

Pour rétablir un brin de vérité face à la propagande gauchiste à propos de l’ukraine.

Voici l’histoire en résumé.
L’Ukraine est un des pays les plus malades de l’Europe, plus personne ne veut l’aider sauf le FMI.
Le pays est en campagne et son président actuel est tellement à la ramasse qu’il cherche par tous les moyens à remonter la pente, y compris par cette augmentation du smic qu’il ne peut pas financer et il a eu l’idée d’aller pomper 10 milliard parmi les 16 alloués par le FMI pour le sauvetage du pays, ceci contre l’avis de son gouvernement et de toute personne responsable.
En clair, ces 10 milliards qu’il n’a pas et n’aura pas l’année prochaine et les suivantes, il va les prendre sur les fonds de sauvetage de son pays. Derrière cette situation économique catastrophique se profile l’implosion du pays et un risque non négligeable de voir les Russes s’en meler directement.
Deux attitudes possibles :

  • celle d’une gauche cynique qui profite de l’occasion pour essayer de scier la branche sur laquelle est assis un socialiste trop en vue à leurs yeux,.
  • ou celle de DSK pour le FMI, pour le moins courageuse.

A vous de choisir votre camp.

Quelques sources pour vous forger une opinion circonstanciée :
http://www.marianne2.fr/Ukraine-pourquoi-DSK-s-est-fache_a182646.html?com

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLU68803020091030

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/04/le-president-ukrainien-multiplie-les-frictions-avec-le-fmi-et-moscou_1262636_3234.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/30/strauss-kahn-inquiet-de-l-augmentation-du-rmi-en-ukraine_1260919_3234.html

Sortie du livre de Pierre Moscovici : Mission Impossible ?

Mission Impossible par Pierre MoscoviciLe livre de Pierre Moscovici “Mission impossible ? Comment la gauche peut battre Sarkozy en 2012” est sorti en librairie.

Pour commander le livre en ligne, cliquez ici

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Synopsis
La gauche, qui gère la majorité des collectivités locales de notre pays, est-elle condamnée, par une sorte de malédiction électorale, à perdre la seule élection qui vaille, la présidentielle, qu’elle n’a gagnée que deux fois sous la Ve République, avec François Mitterrand ? Battre Nicolas Sarkozy, est-ce une mission impossible ?

Pour y parvenir, les chantiers sont nombreux : rénovation interne, primaires ouvertes, alliances à redéfinir, refondation intellectuelle, choix d’un candidat pour gagner. Pierre Moscovici relève le défi et indique la voie à emprunter pour l’emporter en 2012

Le traitre

Cyrano de BergeracJ’aime à regarder le théâtre politique avec des yeux romantiques, à replacer les actes de chacun dans un décor sombre ou grandiose, le destin des acteurs comme écrit pour une pièce dont ils ignorent la trame.

Et il se trouve qu’Eric Besson est un excellent prétexte pour exercer ma vision romantique de la politique. L’homme est tout désigné pour interpréter le rôle de l’ombre des basses œuvres agrémenté du panache tragique du traitre. Comme il doit être complexe et tortueux le chemin qui mène un homme ou une femme à trahir son camp et ses engagements, à trouver en soi le ressort qui transcende ses propres contradictions morales pour justifier, sans doute au nom d’un intérêt personnel supérieur qui restera à jamais inexpliqué aux yeux du monde, le crime de trahison, acte de courage et de honte, sans espoir de gloire ou de rédemption.

Comme devient-on un traitre ? Certains le deviennent parce qu’ils croient servir ainsi la cause de leur engagement, mais cause qui à leurs yeux, par quelques circonstances rampantes, s’est altérée, pervertie car servie par des hommes et des femmes qu’ils jugent indignent de la grandeur espérée. Peut-être est-ce là le chemin suivi par cet homme, entré au PS sans doute plus poussé par la magnificence espérée de son service de l’État, et désespéré de ne pas y arriver car non reconnu et laissé seul face à ses faiblesses, à ses doutes : un homme qui n’est pas forgé avec l’acier des convictions se perd facilement lorsqu’il est englué dans un marais de doutes.

Splendide trahison en tout cas, à l’instant pré-climaxique d’une bataille d’apparences, une bataille pour le seul pouvoir et non pour la gloire ou les idéaux. Champ de bataille idéal pour sonner l’heure de la trahison. En cela, Eric Besson est un traitre magnifique.

La suite pourtant ne peut que gâcher l’heure de gloire du félon. En le prenant à son service sous les lumières de son gouvernement, Nicolas Sarkozy a commis une faute théatralement incroyable. Le traitre est par essence haït par son ancien camp et forcément méprisé par le nouveau. Mais la honte bue de l’acteur, dans des circonstances qui lui sont propres, ne peut être partagée avec ses nouveaux amis. En le prenant comme ministre, Nicolas Sarkozy impose à l’UMP le blason de la félonie et donne à voir aux yeux des Français, la récompense de l’immoralité, immoralité encore accentuée par d’autres personnages de ce gouvernement, Frédéric Mitterrand arborant fièrement l’image d’une mauvaise vie qu’il juge lui-même immorale ou encore Brice Hortefeux donnant celle de la bêtise intolérante. Et pour parachever la pièce, les couloirs sont balayés par le souffle glaçant des passe-droits filiaux, des assassinats politiques par voie judiciaire et des mensonges ordinaires.

Étonnante vitrine des vanités honteuses que celle de ce gouvernement dont les fondements moraux vont à l’encontre des valeurs que nous voulons enseigner à nos enfants et qui ne peut même pas se prévaloir d’une fin qui justifie les moyens tant ses échecs sont retentissants et sans précédents.

Eric Besson a opportunément introduit un débat sur l’identité nationale. Ne faut-il pas y voir là aussi l’esprit du traitre qui consciemment ou pas, nous oblige à réfléchir sur des valeurs, nos valeurs, dont le gouvernement auquel il appartient est l’exact contre-exemple.

Être Français est un état d’esprit, un rêve de grandeur, l’esprit combatif qui permet à l’équipe de France de battre les All Blacks en coupe du monde, l’esprit noble et généreux de Cyrano qui par amour et grandeur d’âme renonce à recevoir les fruits mille fois mérités de cet amour, l’admiration que nous pouvons susciter par notre conduite et nos improbables réussites. Voilà ce qu’être Français veut dire. Voilà tout ce que n’est pas Nicolas Sarkozy, l’homme qui récompense la trahison.

Le procès de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa

Constitution FrancaiseLe retentissant verdict prononcé par Nicolas Sarkozy cette semaine à l’encontre de Dominique de Villepin, “coupable !”, ne me semble en rien une improvisation. Je crois qu’il illustre deux choses :

– d’abord qu’en matière de justice comme sur les autres domaines, les qualités et compétences de cet homme sont approximatives et ciselées au marteau pilon. N’oublions pas qu’à titre personnel, il n’a montré comme seule qualité professionnelle que celle de conquérir un parti, conquête qui est passée par l’épisode Clearstream qui est l’objet de cette “condamnation”. Il est certain que si l’homme avait sorti une telle absurdité lorsqu’il a passé son CAP d’avocat, il aurait été recalé avec pertes et fracas, là-aussi.

– ensuite, d’un point de vue plus politique et institutionnel, et malgré l’aspect profondément choquant de ces propos, nous devons objectivement comprendre que Sarkozy le liquidateur et bientôt fossoyeur a raison !

Bien sûr que notre République fut fondée à partir de la philosophie politique de Montesquieu (séparation des pouvoirs), bien sûr que cette République fut fondée sur la philosophie politique des lumières, de la révolution, sur une idée de la grandeur de la France, une idée de l’honneur des hommes qui la servent, une idée bien française du bonheur, une idée sur ce qu’est être Français. Mais nous devons bien constater qu’à force de tripatouillages, de compromissions en renoncements institutionnels, de personnification et de confiscation du pouvoir, cette République n’est plus et Sarkozy ne fait là que prononcer un verdict pour solde de tout compte.

Dont acte pour la République, mais il est alors plus que temps d’ouvrir le procès de celui qui la dirige.

* Nicolas Sarkozy est accusé de n’avoir pas vu venir la crise et n’a réagi qu’à l’hiver alors que des signes inquiétants remontaient dès le printemps 2008.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir, avec le paquet fiscal, mis en place une politique économique à contre-emploi, favorisant les classes favorisées de la société alors qu’il fallait soutenir les PME et promouvoir une politique de pouvoir d’achat, dans les faits et non dans les discours.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir mis en place un plan de relance insuffisant et schizophrénique comme l’illustre la prime d’aide à l’industrie automobile, seule mesure concrète de soutien à la consommation alors que son gouvernement n’a cessé de claironné qu’il ne fallait rien faire en ce domaine ; c’est pourtant l’une des rares mesures efficaces de son plan de relance.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir contribué activement à aggraver une situation, mettant la France dans une situation jamais vue en Vème République, arrivant à réaliser le paradoxe d’affirmer qu’il n’augmenterait pas les impôts, inventant de nouvelles taxes à tour de bras (plus de 15 à ce jour) et mettant la France dans une situation financière épouvantable, à un niveau d’endettement inédit, à un niveau de déficit catastrophique. Le dernier projet de taxe en date démontre au plus au point le cynisme du mensonge de “celui qui n’est pas élu pour augmenter les impôts” : plutôt que de s’attaquer aux défiscalisations massives dont certaines frisent l’obscénité, il préfère envisager de taxer les indemnités journalières de ceux qui sont en accident du travail.

* Nicolas Sarkozy est accusé de ne pas lancer de mesures énergiques pour diminuer l’impact social de la crise économique qui a sans doute terminé sa phase purement financière mais qui maintenant est entrée dans le dur de la phase sociale.
Mais les fautes de cet homme ne sont pas seulement économiques :

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir échoué dans sa politique de sécurité intérieure malgré des rafales de lois sécuritaires, malgré des atteintes répétées aux libertés individuelles.

* Nicolas Sarkozy est accusé de s’être attaqué plusieurs fois au fondement de la société, à savoir la famille et ses enfants, comme par exemple avec son incroyable proposition de faire s’identifier un enfant de CM2 avec une victime des crimes de guerre nazis.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir entaché l’honneur et la grandeur de la France en s’acoquinant publiquement avec des dictateurs, en acceptant des humiliations répétées de la part de la Chine, et tout dernièrement au G20 en se faisant rouler dans la farine par l’administration Obama qui pour répondre aux pressions maladroites de Sarkozy, a répondu “positivement” à ses attentes d’une meilleure gouvernance du FMI en proposant de diminuer notre influence : à ce rythme-là, Dominique Strauss-Kahn a de grandes chances de rester dans l’histoire comme le dernier président français du FMI.

Enfin, les fautes les plus graves ne sont-elles pas au final d’avoir inventé une républico-monarchie absolue ?

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir voulu outre-passer une décision du conseil constitutionnel, dernier arbitre de la République.

* Nicolas Sarkozy est accusé de contourner le gouvernement en passant au-dessus de son premier ministre, en ayant institué un gouvernement de cabinets.

* Nicolas Sarkozy est accusé de cautionner des pratiques qui court-circuitent le parlement comme lorsqu’il soutient son ministre Eric Besson qui refuse de signer une loi votée par le parlement de la République.

* Nicolas Sarkozy est accusé, et c’est le fond de ce post, d’avoir achevé le long chemin de destruction des valeurs de la République. Ce n’est pas lui qui a introduit l’idée inacceptable que le président de la République dépendait de lois extra-ordinaires, ce qui se traduit dans les faits par aucune loi, mais c’est lui qui a achevé le malade. En n’étant pas justiciable et en exerçant sa possibilité de poursuivre en justice qui bon lui semble sans que ce dernier ne puisse se défendre pleinement face à son accusateur, il a avalisé le fait qu’une personne accusée par le président était nécessairement coupable. L’affaire Clearstream l’illustre très bien. Sarkozy et De Villepin s’accusent mutuellement de la même chose et comme le premier ne peut pas être déclaré coupable, le procès n’a que deux issues possibles : soit le tribunal refuse de statuer et se déclare incompétent, soit Dominique de Villepin est coupable, puisque s’il ne l’est pas, c’est que Sarkozy l’est (à moins de considérer qu’aucun crime ou délit n’a été commis ce qui relèverait alors du grand guignol).

Que d’accusations contre un seul homme. Mais au procès de Nicolas Sarkozy, il faudra aussi faire paraître notre incapacité de ces dernières années, à sortir de notre conformisme et à refuser à voir et prendre acte de ces dérives. La refondation du parti socialiste dépassera largement le seul parti : notre ambition doit être de refonder la République du nouveau millénaire, de questionner les valeurs que nous avons refusé de défendre bec et ongle ces dernières années, pour les revisiter de façon à ce qu’elle redeviennent les fers de lance de notre recherche commune d’une société meilleure, politiquement, philosophiquement, humainement.

Le verdict reviendra aux français, je pense qu’il sera cinglant.

News de la presse paimpol : Voici Moscovici

Septembre 2009.

Pierre MoscoviciJ’aurais bien aimé vous ramener quelques photos aussi faussement floues que volées de Pierre Moscovici courant en maillot de bain rouge sur la plage de Paimpol ou le récit de quelques aventures torrides avec une princesse britannique venue en secret passer le week-end dans les côtes d’Armor, mais il me faudra me contenter de parler politique.

Pierre était l’invité ce week-end de la fédération des côtes d’Armor à l’occasion de leur université populaire (j’y étais moi-même en qualité d’e-militant b2g et voisin finistèrien). Et donc nous avons, bêtement, parlé politique et pas fanfreluche médiatique. Je ne vais pas vous livrer ici le récit de notre après-midi, juste quelques points, remarques et, on ne se refait pas, commentaires après décantation du week-end.

D’abord un point amusant quand même. Avant de venir, Pierre avait commencé sa journée par une interview avec Europe1, et justement, le journaliste était plus intéressé par la fanfreluche (en l’occurrence Frêche accueillant Royal) que par la politique. Comme notre vaillant journaliste insistait pour avoir sa petite phrase plus croustillante qu’une craquotte à cette heure matinale alors que Mosco n’arrêtait pas de lui expliquer qu’en qualité d’homme politique il voulait parler politique, il a fini par lui lâcher un “je m’en fous de cette fête ! “. Que l’on se le dise du côté des médias, à l’heure du petit dej’, le Mosco est un animal qui n’aime pas qu’on lui casse les pieds…

Paimpol OgerMais revenons à la vraie politique. Que dire de cette journée. D’abord que b2g existe effectivement en dehors du web et que l’on retrouve des soutiens chez les militants de base et chez les élus comme la députée Marie-Renée Oget qui était présente. Ce qui m’a frappé, c’est l’interrogation que suscite b2g : un nouveau courant, l’écurie d’un présidentiable, quelque chose de nouveau ? Nouveau assurément puisque justement le mouvement essaie de sortie du schéma classique du PS organisé en courants, nouveau parce qu’il doit réussir une quadrature compliquée entre besoin d’être porté par des voix fortes et reconnaissables mais qu’il ne doit pas être réduit à une voix forte et reconnaissable, nouveau parce qu’il parle méthode de refondation pour pouvoir ensuite entraîner l’adhésion et donner du contenu partagé à cette refondation. Mais c’est un exercice compliqué car même si les militants du PS déclarent presque unanimement en avoir marre avec la façon de fonctionner dans une opposition interne perpétuelle, finalement peu sont prêts à quitter sans appréhensions les vieilles pantoufles du PS.

Question de management relève Pierre qui relate sa conversation avec un voyageur. Oh que oui : management au quotidien, et plus encore management du changement. Il y a habituellement deux moyens de changer une organisation alors que toute organisation a un mal fou à se changer elle-même : d’abord la conviction partagée de la mort de cette organisation, ensuite l’arrivée d’éléments extérieurs focalisés sur ce changement. Tout le reste est littérature pour enfant.

Au PS, l’idée de la mort du parti est maintenant plus qu’une idée pour se faire peur : voilà qui devrait permettre à tout un chacun d’être plus attentif aux nécessités et moins conservateur.

Mais quid de l’aide venant de l’extérieur ? Cela peut être l’idée de l’élargissement des primaires (sujet évoqué à Paimpol), mais pas n’importe laquelle. Si un élargissement no-limit de la gauche-gauche au modem paraît peu raisonnable, il reste à choisir entre une primaire PC/vert/PS/MRG/MdC ou une primaire PS/MGR/MdC. Pierre hésite entre les deux mais à titre personnel, seule la dernière me paraît honnête et cohérente : je me vois mal demander à 1 ou 2 millions de personnes venir participer à un choix tout en pensant que quoi qu’il arrive, je n’ai pas envie de voter au premier tour pour Buffet ou Cohn-Bendit. Et puis ces derniers n’ont aucun intérêt à ne pas être visibles à la présidentielle. Soyons honnêtes et raisonnables : notre candidat doit être issu de nos rangs ou de celui de nos alliés très proches.

Question sur les jeunes ensuite. Cela n’a pas été vu comme une question de management, mais comment ne pas faire le lien entre ce parti de militants plutôt âgés qui se demande comment intégrer de nouvelles forces et les difficultés qu’ont les entreprises de manager la génération Y. Cette génération ne s’identifie pas à un plan de carrière, elle sait marcher à l’enthousiasme mais est aussi extrêmement volage : toute la difficulté est de trouver un cadre cohérent où implication et liberté marchent ensemble. C’est peut-être pour cela qu’on les retrouve plus sur internet qu’au sein des sections.

Et dernier point que j’évoquerai ici, à propos d’une remarque de Pierre. En substance, il disait que nos vieux quadras déjà foncièrement quinquas dans la tête n’avaient, jusqu’ici, pas prouvé grand chose quant à leurs capacités à diriger la France, avec une remarque en particulier “certains n’ont même pas été secrétaire d’état”. Or je suis tout à la fois d’accord et en désaccord avec Pierre sur ce point.

D’accord sur le fait que pour être président, il faut plus qu’une ambition. Sarkozy n’est qu’ambition, il a réussi à être élu mais il est pathétique au quotidien dans des habits beaucoup trop grands pour lui. Cependant, ces capacités et qualités se réduisent-elles à un exercice ministériel du pouvoir ? Comprendre les rouages de l’Etat est-il l’alpha et l’oméga de la direction de notre pays ? Et là je dis non : incarner un pays va au-delà de capacités techniques. Attirer à soi les meilleurs, être capable de tirer le meilleur d’une équipe sera toujours plus efficace qu’être soi-même le meilleur dans tous les domaines. Le chef n’est pas le meilleur en tout domaine, il est celui qui sait faire travailler les meilleurs pour lui, c’est-à-dire ici, pour la France. Ceci ne veut pas dire pour autant qu’il faille être une bille partout, et il est souhaitable d’être le meilleur à un endroit, mais la capacité essentielle est sans doute celle du leadership d’équipe associée à celle à inspirer confiance au-delà de l’équipe, au-delà de son camp, au-delà de son pays.

L’alchimie est complexe. En attendant il nous reste à préparer le terrain idéologique, avec tous. Paimpol fut une contribution intéressante, à vous de nous apporter la vôtre à b2g.

La politique européenne en action : le Président

Une fois n’est pas coutume, je me repose cette semaine sur un article publié par mon camarade Arthur Colin sur agoravox. Nous n’avons pas été bon aux élections européennes mais notre combat de tous les jours continue. Bonne lecture et merci à Arthur.

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Le feuilleton le plus exaltant de l’été : la reconduction de Barroso dans son fauteuil. Indécision, trahisons, calculs, incompréhension, et l’Histoire qui se fait à petits pas en toile de fond. Bien entendu, ceci ne se fait pas aux heures de grande écoute dans les grands médias : le public a eu sa ration d’Europe pendant les élections sans doute.

Une des questions chaudes de la précampagne fut la candidature Rasmussen à la tête de la Commission, en cas de victoire de la gauche. Daniel Cohn-Bendit pour Europe-Ecologie avait soutenu cette perspective, et François Bayrou pour le PDE également in fine. Faute d’accord en son sein (le Portugal, l’Espagne et les Anglais manquant à l’appel), le PSE avait fait silence sur la question, silence auquel le PS français avait fait un écho profond. Puis sont tombés les résultats des élections, et Sauvons l’Europe qui avait préparé une tribune en ce sens l’a rangée dans ses cartons. De même, les nombreux sites appelant à son remplacement ne connaissent plus guère d’activité depuis le scrutin (sauf…).

Barroso, prédésigné par les chefs de gouvernement, avait donc le champ libre. Restait une question angoissante : devait-il être désigné tout de suite dans le cadre du Traité de Nice, avec un simple vote du Parlement le 15 juillet, ou devait-on laisser la Commission actuelle perdurer le temps que rentre en force le Traité de Lisbonne, et faire sanctionner dans un débat par le Parlement le renouvellement du maoiste portugais en octobre ? Barroso lui-même faisait campagne activement pour la première option, allant jusqu’à théoriser en essence de l’Union européenne la méthode du compromis, ce qui signifiait que les affrontements politiques devaient être cantonnés au Parlement mais ne pas déborder au sein de la Commission. La clarté du résultat électoral a pourtant semblé déblayer cette question, restreignant l’effet pratique attaché à la possibilité de choix du Parlement, et Barroso a pu se permettre de réitérer sa position lors de sa désignation, excluant l’affrontement politique de la Commission – c’est-à-dire de la conception de la politique européenne.

Une candidature Rasmussen demanderait en effet l’union de tous les socialistes et des forces de gauche, le soutien de tout l’ALDE et une neutralité des souverainistes. Autant dire que Barroso disposait d’une base très favorable pour constituer sa majorité. Il lui suffisait, comme dans tout dispositif parlementaire classique, de s’attacher les éléments les plus faibles de toute autre coalition potentielle. Les socialistes Espagnols, Portugais et Grands Bretons, après leur première prise de position en sa faveur, pouvaient difficilement se rétracter sans mettre en péril les relations de leurs pays avec la future commission. Rasmussen s’est donc de fait retiré de la course en publiant une tribune reconnaissant – et déplorant – la victoire de la droite.

Une candidature centriste devenait alors plus dangereuse. On se remettait à parler de Guy Verhofstadt, mais surtout le PDE avait sorti le nom de Mario Monti du chapeau. Celui-ci s’était alors fendu d’une longue interview dans le Monde, pour expliquer que bien sur il n’était candidat à rien, mais que son opinion détachée des choses de ce monde était que l’Europe devait rééquilibrer sa politique vers le social et que si le Président de la Commission doit refléter l’équilibre du Parlement (un centriste, par exemple ?), il n’en va pas de même des autres membres. Pour conjurer le danger, Barroso proposa informellement de nommer Graham Watson à la tête du Parlement européen, ce qui était de nature à enlever les hésitations de l’ALDE.

L’affaire étant pliée, Barroso s’est offert le luxe de s’essuyer les pieds sur le Parlement, de se faire prédésigner par les chefs d’Etat et d’oublier Graham Watson pour laisser le PPE et l’APSD(PE) conclure un accord technique sur une présidence tournante du Parlement (Jerzy Buzek pour les premiers, Martin Schulz pour les seconds).

Cependant, la nomination de Guy Verhofstadt à la tête du groupe ALDE, et à l’unanimité, a changé quelque peu la donne. Barroso lui avait été préféré en 2004 après un veto de Tony Blair, qui le jugeait trop fédéraliste. Le titre de son dernier livre est : « Sortir de la crise : comment l’Europe peut sauver le monde », tout un programme ! S’ensuit un fort débat au sein de l’ALDE, pour savoir si la nomination de Barroso doit être validée le 15 juillet, ou plutôt en octobre (les français poussent beaucoup pour la seconde solution). Faute d’accord, Guy Verhofstadt a obtenu l’unanimité sur le compromis suivant, pour sauver l’influence politique du Parlement : les gouvernements doivent désigner officiellement leur candidat, et plus seulement le prédésigner, un mémorandum de l’ALDE lui sera adressé sur une feuille de route pour sortir de la crise (on peut appeler ça un programme de gouvernement) et Barroso devra produire son propre mémorandum pour discussion au Parlement. A défaut, l’ALDE refusera une nomination le 15 juillet. Or répondre à ces conditions dans les quinze jours est bien évidemment impossible et la question se trouve ainsi tranchée en fait, et une majorité négative ALDE / EE / APSD / GUE est apparue pour empêcher la désignation de Barroso en juillet.

Peu commenté en tant que tel, cet évènement a eu en pratique un impact considérable sur l’équilibre des institutions, et le modèle politique de l’Union a irrémédiablement changé. La question de la désignation du Président de la Commission a irrigué toute la campagne au niveau des responsables politiques (mais pas pour le bon peuple), et Barroso a été contraint de prendre avec les députés des contacts qui ressemblent à s’y méprendre à ceux d’un premier ministre potentiel cherchant à se constituer une majorité dans un parlement incertain. Lisbonne n’est pas encore entré en vigueur, mais dans l’esprit des politiques européens il est sans doute déjà dépassé par une réelle conscience de majorité parlementaire et de responsabilité ministérielle, même si celle-ci n’est pas encore explicitement énoncée. La prédésignation officieuse de Barroso n’est pas un diktat des gouvernements, c’est simplement la conséquence tirée de la situation sortie des urnes.

Barroso a donc préparé pendant l’été un programme de gouvernement à présenter début septembre aux groupes politiques, dans lequel il renie en grande partie ses positions de campagne, notamment sur le rôle du Parlement européen et surtout sur l’accroissement de la régulation financière qu’il répudiait encore il y’a trois mois à peine. Passant sur son bilan et cherchant le consensus le plus large possible, il propose ainsi une Europe plus libérale, plus sociale (et plus individuelle) et plus verte, régulant mieux les secteurs clés mais diminuant la contrainte bureaucratique, accroissant l’intervention européenne pour sortir de la crise, mais sans augmenter ses pouvoirs, ses compétences ni son budget. La qualité de ce document a produit le consensus inverse, au point que le nom de François Fillon a commencé à se répandre sérieusement au sein du PPE.

Il s’est lancé dans une série de grands oraux devant chaque groupe politique, l’accueil le plus chaleureux lui ayant été réservé par les eurosceptiques britanniques. Jean Luc Mélenchon en fait un compte rendu détaillé pour la GUE. Cet épuisant marathon nous amène au vote d’hier.

Souvenons-nous que l’ALDE avait empêché un vote sur la reconduction de Barroso en juillet, mais qu’en était-il de la suite ? Attendrait-on l’entrée en vigueur éventuelle du traité “simplifié” ? Ou pas ? Ici, un superbe pataquès à compter dans les annales du parlementarisme. En effet, la conférence des présidents de groupe s’est réunie le 10 septembre, afin de fixer l’ordre du jour à venir ; chaque président disposant d’un nombre de voix proportionnel aux membres de son groupe. Or le “front” anti-Barroso n’a tout simplement pas existé ! Non pas que certains se soient rendus à sa reconduction, mais simplement que faute de s’être simplement parlés, leurs initiatives ont été contradictoires.

Les socialistes, tout d’abord, ont demandé un report du vote. Pas de majorité. Les verts ensuite, plus fins, ont proposé la prolongation de la commission actuelle jusqu’à octobre. Pas de majorité. L’ALDE, plus fin encore, a proposé deux votes successifs, sous le droit actuel puis le cas échéant sous le traité de Lisbonne. Pas de majorité. Quant à la GUE (Front de gauche), elle s’est… abstenue !!! Dans la meilleure tradition de l’antiréformisme, la GUE étant opposée au Traité de Lisbonne a refusé de sembler l’entériner en demandant qu’il régisse la désignation du nouveau président de la Commission.

Prévu mercredi 15 septembre, ce vote à la majorité simple ne promet guère de suspense…

Et voilà comment on reprend le même et qu’on recommence.

Le venin de la Vème colonne

Permettez-moi de voir derrière l’aimable livre de MM Rissouli et André le dernier coup de canon de la Vème colonne qui a été à l’œuvre ces dernières années pour faire exploser le PS mais qui n’y a pas réussi, fort heureusement.

L’université de La Rochelle ayant été un vrai instant de réconciliation et d’apaisement, il n’était que temps pour eux de faire réchauffer une soupe déjà bien carbonisée. Reims n’a pas été un modèle d’arithmétique démocratique. Quelle découverte.

Et quel cynisme également d’oublier les primaires de 2006 qui n’ont pas besoin d’une analyse journaleuse orientée à charge pour être entachée de la marque du népotisme. Le PS n’aurait été vertueux qu’en 2006 alors que le premier secrétaire soutenait par tous les moyens à sa disposition son ex-compagne, que le numéro 2 du parti clamait à qui voulait l’entendre que seul ce couple était légitime à la candidature et que les barons du PS, dont la fédération du nord accusée de tous les maux dans ce livre, soutenaient également à bras le corps Royal ?

Le bon sens et l’honnêteté retrouvées auraient voulu que l’on fasse, tous, de tous courants, de toutes tendances, amende honorable et que l’on travaille à des statuts et des procédures honnêtes. Et c’est ce que nous avions commencé à faire. Mais voilà, les manipulateurs de l’ombre répandent leur venin et quelques militants égarés et bien mal encadrés réagissent à la manipulation dans le sens espéré par les saboteurs de la gauche.

Alors, moi, humble militant du bout du monde, je n’ai pas besoin de me lancer dans une opération marketing de teasing et de convoquer la presse en créant une atmosphère aussi grandiloquente que ridicule pour déclarer que ce livre est minable, orienté, et manipulateur. Et qu’accessoirement, il vient sans doute de sceller le sort de Royal si elle n’arrive pas à se démarquer sans ambiguïté d’amis journaleux si encombrants.

Refondation ou rénovation ?

L’été a mieux fini qu’il n’a commencé si l’on en juge par l’université d’été de La Rochelle. Alors qu’il avait débuté sur un concert de snipers tirant sur la taulière, il s’est termine sur une agréable brise marine en Charente Maritime. Martine Aubry est légitimée et à défaut d’avoir des débats enfin sereins, nous sommes arrivés à discuter un peu plus de choses sérieuses et pérennes, et en particulier de l’idée de primaires plus satisfaisantes, démocratiques et ouvertes que celles de 2006. Ouf !

Maintenant, essayons de passer, avec conviction et cohérence, à un vrai débat effectivement clivant au sein du PS. Les socialistes, et ceux qui se reconnaissent de ses valeurs, doivent-il se contenter de repeindre la maison et changer la tuyauterie (travaux de rénovation) ou doivent-ils aller bien au-delà et rebâtir intégralement l’édifice en n’ayant pour seul guide de départ que nos valeurs communes, et encore en en faisant l’inventaire critique (travaux de refondation) ?

Rénover est une tâche relativement simple dont la nature peut être illustrée par les débats sur les primaires ouvertes qui finalement est un débat technique prenant comme point de départ une volonté de mettre en place un mécanisme démocratique et représentatif de désignation au sein d’un des deux grands partis de gouvernement français. Mais malgré les apparences, cela n’a rien de trivial : l’UMP ne pratique absolument pas une approche démocratique de désignation, quant au PS, jusqu’ici même s’il en avait envie, il ne l’a pas fait de façon très orthodoxe.

Je suis profondément refondateur mais cette étape de rénovation ne me choque pas, à condition qu’elle soit bien une étape et que l’on ne s’arrête pas là car je pense que le problème n’est pas seulement un besoin ponctuel lié à notre capacité de gagner des élections, mais bien un enjeux déterminant pour l’avenir même du PS, de la République et de notre société. Nous retrouvons ici tous le sens profond et noble de l’action politique : nous ne parlons pas de plan de carrière mais de la façon de guider la collectivité dans les années à venir.

La refondation est d’abord un questionnement profond de nos valeurs : nous sommes démocrates, bien évidemment, mais les chemins de traverses que nous avons acceptés de prendre au sein de notre parti ne nous empêchent-ils pas de vraiment nous indigner lorsque d’autres s’arrangent avec les règles démocratiques de la République. Et si nous arrivons finalement si mal à propager universellement ces mêmes valeurs, n’est-ce pas parce qu’avec une trop faible exemplarité nous perdons une partie de notre crédibilité ? Être démocrate c’est aussi bien être exemplaire dans l’action politique que conscient de l’extrême péril représenté par des adversaires qui utilisent des armes moins respectueuse de l’avis des autres, voire de la majorité. L’exemplarité et la morale sont des armes puissantes si l’adversaire ne peut s’en revendiquer.

Et encore, cet exemple ne concerne-t-il que notre parti, mais notre incapacité à donner de la crédibilité à l’idée d’une VIème République, de lui donner du corps, n’est-il pas le reflet d’un formatage des esprits, ou encore d’un agréable pantouflage dans les meubles de la vieille Vème ? Quel est le sens de l’attachement à cette République pourtant dépouillée de nombre de ses principes fondateurs et victime de pratiques détestables (qu’elle est loin l’égalité des citoyens depuis que le Président a rejoint la caste des intouchables, qu’elle est devenue source de moquerie la séparation des pouvoirs en ces temps où la justice finit d’être mise au pas, où un président devenu omnipotent décide et dirige – sans toute fois assumer – la politique de l’État) ? Pantouflage que l’on retrouve encore lorsqu’il s’agit de cumul de mandats (la République est bonne mère) ou que l’on contemple médusé le mode de scrutin foncièrement anti-démocratique du sénat.

Ce sens de cet attachement, c’est tout simplement le conservatisme, ou au minimum un réformisme beaucoup trop timoré, trop convenu, qui ose si souvent se travestir derrière un « réformons oui, mais pas comme cela » sans que le « comme cela » soit un jour exposé de façon crédible. Ce conservatisme qui emprunte tous les mots de la réforme, ment de façon éhontée s’il le faut, mais ne change jamais rien. Et quel merveilleux exemple que celui de la taxe carbone. Regardez-les tous ces conservateurs au verbe vertueusement écologique et Grenellehulot compatible : « il faut changer, il faut faire bouger les choses, l’avenir de la planète est en je(u) ». Quelle lamentable comédie en vérité lorsqu’à l’annonce d’une taxe pourtant peu révolutionnaire (et dont le mécanisme pollueur/payeur a montré combien il était efficace par exemple avec la politique des bassins fluviaux), on les voit se précipiter pour nous trouver mille et une raisons, la main sur le cœur et la générosité chevillée à l’âme ou au porte-monnaie selon les cas, mille et une raisons pour ne rien faire, une fois encore : « oui, mais pas une taxe ». Comment alors ? Bien sûr qu’il faut veiller à ce que cette taxe s’applique équitablement à tous, particuliers riches ou pauvres, entreprises publiques ou privées. Et sans doute cette taxe de consommation devra-t-elle être réutilisée en l’injectant dans le système pour favoriser les investissements vertueux (n’était-ce d’ailleurs pas le sens de la taxe/bonus CO2 en place pour soutenir l’activité automobile ?) et bien évidemment financer la recherche. Enfin pour en finir avec cette taxe, il est clair que ce n’est qu’un outil d’actualité : sur le fond, notre politique écologique ne doit pas seulement être défensive (luttons contre) mais belle est bien la source d’un nouvel alliage écologie-social-économie-modèle de développement.

Par le passé, j’ai déjà exprimé ma différence avec les écologistes sur les motivations différentes qu’il existe en eux et nous. Mais sur la mise en place rapide d’un mécanisme qui réoriente avec force le trajet d’une société qui va droit à sa perte, alors je suis en total accord avec eux. Et si l’on doit combattre ici pour plus de justice, c’est pour veiller à ce que les mesures prises pèsent sur chacun à hauteur de ses moyens, et en aucun pas pour trouver une façon cynique de trouver un moyen de détruire un mécanisme permettant (peut-être) de nous en sortir. Et si vous doutez de l’urgence, si vous doutez de l’incroyable irresponsabilité des vieux conservateurs de la Vème République, je vous invite à visionner ce petit reportage de France 3 sur le retour de Tara après sa mission au pôle. Selon les scénarios les plus pessimistes évoqués nous n’aurions même pas quatre ans pour constater la bascule climatique de façon spectaculaire au pôle nord.

Le prochain président que nous élirons sera celui qui combattra en notre nom l’une des pires menaces que nos sociétés aient eu à affronter : il se doit d’être réformateur, profondément et radicalement réformateur. Alors le moment est venu de se demander s’il faut appeler le peintre pour ravaler la façade ou si nous devons nous lancer dans un programme de refondation à la hauteur de l’enjeu : la survie de notre société. A défaut, le liquidateur actuel de l’Elysée sera parfait dans le rôle de fossoyeur.

NB : ce texte a été soumis à discussion avant publication.