Le boss, il bosse, faut bosser !

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5789176-hollande-pense-toujours-pouvoir-faire-baisser-le-chomage-en-2013L’avantage, si je puis dire, de ne pas être populaire c’est qu’au moins on n’a plus la crainte de déplaire et que du coup, il est possible de faire ce qui est nécessaire plutôt que ce qui pourrait vous rendre joli dans le miroir.

C’est finalement un des enseignements de cette semaine où François Hollande a largement occupé le terrain.

Ce qu’il était nécessaire de faire (et va forcément déplaire), c’est d’abord de remettre sur la table la question des retraites. En son temps, j’avais pris parti contre la réforme de l’UMP parce que je pensais qu’elle ne résoudrait pas le problème du financement. Eh bien elle ne résout pas le problème du financement. Un peu plus tard, j’avais porté un regard critique sur notre propre discours qui pouvait laisser penser au retour de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous. Eh bien ce ne sera pas le cas, les 60 ans n’étant que l’âge où il est possible de partir, mais certes pas à taux plein pour tout le monde. Il va donc falloir remettre l’ouvrage sur le métier, et je l’espère cette fois traiter vraiment le problème. J’attends de voir ce qui sera présenté, j’espère que cela se fera par le dialogue (fut-il musclé) avec tous et pour ma part j’espère pouvoir défendre un des éléments qui me semble fondamental dans cette histoire, à savoir le paramètre d’espérance de vie en bonne santé. On peut bien en effet demander aux gens de travailler jusqu’à 100 ans (ne reculons devant rien !), quand ils ne peuvent plus, ils ne peuvent plus. Et que ce soit du côté de l’individu usé par l’âge qui n’est plus en mesure de travailler correctement, que du point de vue de l’employeur qui n’a aucun intérêt à employer des salariés forcément chroniquement malades et absents, cette espérance de vie en bonne santé me semble un critère incontournable de la future réforme.

moscoviciAutre élément de l’intervention de François Hollande, il ne doit y avoir qu’une seule ligne politique. Tout à fait d’accord mais du coup, il va falloir réorganiser Bercy. Ces derniers temps, Pierre Moscovici a fait l’objet d’attaques qui venaient d’un peu partout et hélas aussi de la gauche. Le ministre des finances incarne la ligne social-démocrate ce qui pour certains esprits courts est une tare définitive. De plus du côté ministère de l’économie, on trouve aussi Arnaud Montebourg et Benoît Hamon qui ne partagent pas cette vision socdem (et on oubliera l’épisode Cahuzac qui pour d’autres raisons a participé à plomber l’action gouvernementale). Nos trois ministres ont chacun leur légitimité et que l’on en choisisse un plutôt que les deux autres sera tout aussi acceptable. Mais quel que soit le choix, s’il n’y a qu’une ligne il ne doit y avoir qu’un ministre à la manœuvre. En attendant je ne goûte guère les snipers qui visent opportunément Moscovici alors que ce dernier a  totalement joué la carte de l’apaisement, de la discrétion et de la solidarité gouvernementale bien qu’il ait sans doute moult choses à dire.

Enfin, pour terminer ce post, j’ai apprécié l’effort de relance du discours européen. Les propositions ne sont pas radicalement nouvelles, mais elles vont dans le sens de la construction de quelque chose et pas dans l’ajustement des engrenages obscures. Les élections européennes approchant, j’espère que ce souffle sera aussi celui de la future campagne et que l’on osera regarder les Français les yeux dans les yeux. J’en ai marre de perdre les élections européennes pour de mauvaises raisons, et je me dis que si nous osons être force de (vraies) propositions, les Français en auront aussi marre de voter pour la droite qui gouverne l’Europe depuis trop longtemps ou pour les extrémistes qui font semblant de contester le système alors qu’ils ne rêvent que d’apparaître « propres » pour en faire partie. Fermons le cirque des attrape-couillons !

J’espère pouvoir revenir ultérieurement sur l’économie et en particulier le discours sur les TPE/PME et le volet économie numérique.

 

L’honneur des salopards

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Ce week-end, le congrès du parti de gauche a réussi à faire une sortie de route ordurière pour finir par s’enfoncer dans le marais nauséeux de la xénophobie et de l’anti-sémitisme.

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Cela avait commencé par une diatribe du lieutenant Delapierre pour finir par une salve inacceptable du commandant en chef Mélenchon.

Le terme de salopard utilisé puis revendiqué par les dirigeants du parti de gauche visaient plus particulièrement Pierre Moscovici. Connaissant l’homme, sa pondération, son sens de la mesure et son histoire personnelle, l’attaque n’en paraît que plus détestable et les propos assumés du front de gauche comme plus méprisables.

Je pensais ce genre d’éructations réservées à une minorité d’extrême droite ou à quelques égarés d’extrême gauche. Je constate avec stupeur et immense tristesse que cela a corrompu la direction du front de gauche. Ceci est indigne d’un combat politique en démocratie.

J’exprime ma sympathie et ma totale solidarité avec Pierre Moscovici.

Point presse de Pierre Moscovici sur la décision de Moody’s

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Mesdames et Messieurs,

 
Je vous ai réunis aujourd’hui pour vous faire part de ma réaction après l’annonce hier soir de la décision de Moody’s d’abaisser d’un cran la notation de crédit à long terme de la République française, avec maintien d’un perspective négative. Elle fait suite à la mise sous perspective négative le 13 février 2012.

 

Permettez-moi tout d’abord de replacer la décision de Moody’s dans son contexte et rappeler que ce changement de notation ne remet en cause ni les fondamentaux économiques de notre pays, ni les réformes engagées par le gouvernement, ni la qualité de notre signature :

– la note de crédit à court terme de la France demeure au plus haut niveau. La note de crédit à moyen et long terme a été abaissée d’un cran et se situe un cran derrière la note la plus élevée. La France demeure l’un des pays les mieux notés dans le monde et en Europe. Concrètement, la France est un cran en dessous de l’Allemagne, mais 7 crans au dessus de l’Italie et 8 crans au dessus de l’Espagne ;
– la France est un pays solide. L’économie française dispose de nombreux atouts : sa taille, sa productivité élevée, la qualité de ses services publics et de ses infrastructures, la diversification de son appareil productif, l’importance de l’épargne privée (plus de 15% du revenu disponible brut), l’endettement relativement modéré des agents économiques privés (ménages et entreprises) ;
– Cette force de l’économie française est reconnue par les investisseurs. Nous empruntons actuellement à des taux très bas. Le coût de financement à moyen et long terme est de 1,87% pour 2012 à ce jour, et de 1,02% toutes maturités confondues. Les précédents records au cours d’une année étaient de 2.53% en 2010 et 2,80% en 2011.

 
Je voudrais également souligner que cette décision, dont nous prenons acte même si nous la déplorons, sanctionne avant tout la situation dont nous avons hérité et qui n’a cessé de se dégrader depuis dix ans. Elle s’inscrit dans la continuité de l’abaissement de la note de la France par Standard & Poor’s le 13 janvier dernier et de la mise sous perspective négative de la note française, le 13 février 2012, et de celles d’autres grands pays européens, le 23 juillet 2012.
L’analyse de Moody’s rejoint en partie celle du rapport Gallois, en mettant en avant les pertes de compétitivité de l’économie française. A cet égard, elle jette à son tour une lumière critique sur les dix années écoulées et l’héritage du précédent gouvernement.
Moody’s insiste en outre sur les risques qui pèsent sur la croissance des autres pays de la zone euro, et donc indirectement sur la France, qui occupe une position centrale et se trouve donc très intégrée commercialement avec eux.
Ensuite, je relève que Moody’s salue les décisions du gouvernement en matière de redressement des comptes publics et de compétitivité. Il est important de rappeler avec force, aujourd’hui, que le gouvernement a déjà engagé et poursuit résolument son agenda de réformes :
– la situation de la zone euro commence à se stabiliser et des efforts sans précédents ont été réalisés, que ce soit au niveau de l’Union européenne avec le Pacte de croissance de juin, les annonces de la BCE, la stabilisation de la situation en Espagne et en Italie et l’approfondissement de l’intégration, avec la supervision bancaire intégrée ;
– le redressement de nos comptes publics a été engagé, avec pas moins de six textes financiers structurants présentés au Parlement en six mois (LFR de juillet, PLF pour 2013, PLFSS pour 2013, projet de loi de programmation pluriannuelle, projet de loi organique relative à la gouvernance et la programmation des finances publiques, PLFR de novembre) et la réaffirmation de nos cibles budgétaires, en particulier l’objectif de 3% en 2013 ;
– notre potentiel de croissance sera amélioré par la mise en oeuvre rapide du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi annoncé par le Premier Ministre, mais aussi par la réforme du financement de l’économie, la négociation en cours sur la sécurisation de l’emploi et la modernisation de l’action publique.
Enfin, je voudrais également souligner que le secteur bancaire français est plus solide qu’il y a un an : il a réduit sa dépendance au financement de marché, ainsi que son exposition à certains pays et il a accru ses fonds propres par la mise en réserve de ses bénéfices pour atteindre un ratio de fonds propres durs de 9%.
J’entends déjà les critiques des uns qui, oubliant leur responsabilité dans la situation actuelle, chercheront à instrumentaliser la décision de Moody’s pour dénigrer l’action du gouvernement, comme des autres qui jugeront que nos efforts sont bien vains puisque le gouvernement n’aurait pas réussi à inverser le cours des choses.
Aux uns comme aux autres et aussi aux investisseurs, je veux dire que le gouvernement est pleinement engagé dans un programme de réformes sans précédent. Le Président de la République a fixé le cap, le rythme et la méthode de ce programme.

Le cap est ambitieux – le redressement de la croissance et de l’emploi – et le rythme est soutenu – beaucoup a déjà été fait depuis six mois –, la méthode est sérieuse et inclusive – un pacte de confiance qui doit concilier justice sociale et efficacité économique.

 
Nous nous y tiendrons : non pas parce qu’une agence de notation ou une organisation internationale le recommande mais parce que nous estimons que ce programme de réformes est nécessaire et utile pour l’économie française, pour l’emploi et la justice. Nous demandons à être jugés sur nos résultats.

Cliquer [ICI] pour charger le texte officiel du MINEFI.

Le gouvernement dans le dur du combat

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Après avoir procédé à un premier apurement du budget de la France, le gouvernement s’attaque désormais aux réparations profondes de la maison France.

Pierre Moscovici avec les 6 centimes sur l’essence a cherché à donner un peu d’air aux ménages pour les 3 prochains mois, et même si quelques euros sur un plein ne sont pas de nature à nous transformer en gagnants du loto, je ne fais pas partie de ceux qui claironnent que cela ne sert à rien. D’ailleurs, si 6 cts ne servent à rien, alors que ces personnes suggèrent à Bercy d’augmenter de 6 cts l’essence, cela fera toujours cela de moins sur la dette sans que cela pèse sur leur portefeuille ! L’appel à une augmentation de la production est également un second élément de court-terme capable d’amplifier l’effort de baisse des prix. Là où par contre une critique est possible, c’est que PM n’a pas encore annoncé de mesures structurelles pour sortir de la trajectoire fondamentalement haussière de l’énergie issue du pétrole. Je crois que le moment est venu de mettre sur pied le démarrage d’un plan de sortie de l’ère du pétrole, ce qui pourrait par exemple prendre la forme de mesures comme :

  • interdiction à court terme (1 an) à la vente des chaudières domestiques utilisant le fuel et à moyen terme (d’ici la fin du quinquennat) des chaudières industrielles à pétrole.
  • interdiction à court terme de l’immatriculation de voitures neuves de grosse cylindrée non hybridée et interdiction d’ici la fin du quinquennat de circulation de ces voitures
  • interdiction d’ici la fin du quinquennat de la mise en circulation de véhicules de transport collectif urbain à pétrole non hybridé
  • réajustement à la baisse des seuils permettant de bénéficier du bonus écologique sur l’achat des véhicules neufs
  • mis en place d’un plan de reconversion des travailleurs de la filière pétrolière

Autre mesure annoncée par le gouvernement, la mise en place des emplois d’avenir. À nouveau, ceci ne suffira pas à résoudre définitivement le problème du chômage, mais cette première mesure est loin de n’être que symbolique et contraste fortement avec ce qu’avait fait l’UMP en 2007 en abandonnant l’effort de lutte contre le chômage (la démographie était censée résoudre le problème toute seule !).

Déficit, énergie, chômage, en 100 jours la gauche n’a pas fait de miracle, elle a pris les commandes avec rigueur et compétence, elle a commencé à faire ce qu’il fallait pour sauver le bateau France.

Futur congrès socialiste de Toulouse : une contribution de Besoin de Gauche

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La vie du PS est rythmée par des congrès qui sont préparés par un certain nombre de textes : les contributions pour alimenter le parti en idées et les motions destinées à tracer un chemin politique pour la direction.

Cette année est une année de congrès et j’ai personnellement pu participer à la contribution ci-dessous sur l’Europe et suis signataire d’une contribution finistérienne rédigée sous la direction de Jean-Jacques Urvoas. Comme nombre de mes camarades, je regrette que cette phase de réflexion ait été si mal préparée par la direction nationale (averti tardivement de la date limite de dépôt il a fallu faire les choses en urgence) et qu’elle n’ait pas été ouverte aux sympathisants qui sont venus nous soutenir aux primaires et nous ont permis d’obtenir une victoire décisive et complète en juin dernier.

Le texte ci-dessous que vous retrouverez sur http://besoindeurope.wordpress.com/ a été rédigé par des militants sociaux-démocrates appartenant ou proches du courant Besoin de Gauche créé par Pierre Moscovici en 2008. Si vous êtes militants PS et souhaitez signer la contribution il faut envoyer mail à besoindeurope@gmail.com avec vos Nom / Prénom / Si Mandat PS lequel / Si Mandat Elu lequel / Département.

Bonne lecture !

Contribution Thématique : L’Europe 2.0

Préambule

L’Union Européenne et le grand rêve politique de Victor Hugo sont dans une impasse. La technostructure a patiemment construit les limites que nous percevons et que nous ressentons parfois comme insurmontables.  La voiture Europe qui nous promettait un voyage au bout du rêve est en panne, arrêtée sur le bord de la route, capot ouvert et moteur fumant. Même si la situation est douloureuse, il ne faut en aucun cas oublier le chemin parcouru, et en particulier :

  • l’oasis de paix que représente l’Union depuis des décennies ;
  • l’autosuffisance alimentaire et la liberté vis-à-vis de nos choix énergétiques ;
  • les progrès économiques & sociaux ;
  • la place des Européens dans le monde ;
  • les idées démocratiques que nous portons et contribuons à développer dans le monde, décennies après décennies.

Les pères fondateurs ont pensé qu’il suffisait de créer un territoire de prospérité – certes relative – pour vaincre les réticences nationalistes. Ils ont imaginé que l’Europe des citoyens irait de soi en omettant que toutes les constructions politiques pérennes ont eu pour postulat de départ l’engagement des peuples.
L’exemple des décolonisations et des constructions étatiques imposées et leurs lots de guerres, toutes inachevées, servaient d’exemple de ce qu’il ne fallait pas faire. La construction politique ne s’impose pas, elle se choisit par les peuples souverains et éclairés, a fortiori en Europe, mère du concept d’Etat-nation.
Existe-t-il une communauté de destins des peuples européens ? Les citoyens européens sont-ils en capacité de projeter un devenir politique commun, notamment sous forme fédérale ? Y a-t-il un “supra-Etat” de droit européen ? Autant de questions qui restent en suspens et que nous évitons d’aborder avec la crainte qu’elles n’aboutissent à un renforcement des nationalismes qui couvent dans chacun des Etats européens.

 

Europe 2.0 : les TIC pour l’émergence d’une identité commune

Le voyage de la construction européenne n’est pas achevé et il faut choisir entre se lamenter sur le bord de la route, chercher à “rafistoler” l’engin ou procéder à une réforme radicale dans notre conquête du rêve européen.
Dans tout ce qui n’a pas marché, il nous faut reconnaître l’impossibilité que nous avons eu à faire naître une citoyenneté européenne. Certes nous avons un parlement élu, certes les Européens peuvent voter dans l’Union sans considération de nationalité, mais il n’en demeure pas moins que les élections européennes sont plus l’occasion d’un vote défouloir qu’un choix d’espérance, et que les travaux du Parlement européen sont regardés avec une royale indifférence jusqu’au moment où leur application provoque l’ire contre ces « technocrates de Bruxelles ». L’élection ne fait pas plus le citoyen que les institutions.
La naissance d’une citoyenneté européenne doit être une priorité, un préalable avant toute nouvelle évolution constitutionnelle.
Mais comment réussir là où nous avons jusqu’ici échoué ?
Le passage en force à travers des traités abscons a prouvé son inefficacité, voire sa contre productivité.
L’intérêt purement économique a fini par trouver sa limite sur le mur de la dette hérité de l’incurie et la cupidité d’un petit nombre de financiers.
Les révolutions qui fondent les nations ne sont certainement pas la voix à suivre, aussi bien en raison du prix à payer que des écarts identitaires entre les Européens.
Le chemin tracé par le programme Erasmus semble nettement plus prometteur, si nous réussissons à le maintenir dans la durée et si nous réussissons à l’élargir à une proportion beaucoup plus large de la population.
Pour cela, il faut résoudre le double obstacle de la rencontre et de la langue. C’est la rencontre qui rend la création des relations et des identités communes possibles.
Il apparaît nécessaire de développer les programmes de type Erasmus sur d’autres populations, mais ce ne sera pas suffisant.
Le recours à des moyens technologiques semble à ce jour la seule façon de toucher plusieurs millions d’Européens pour les aider à s’identifier à un projet commun, en particulier :

  • Il faut accélérer les efforts de recherche pour aboutir à un traducteur universel permettant une traduction aussi automatisée que possible des textes dans un premier temps, de la voix dans un second.
  • Il faut créer les conditions du développement d’un réseau social communautaire numérique, un EuropeanBook où la citoyenneté européenne pourra se construire.

Sans communication à grande échelle entre les Européens, sans moyen facilitant la compréhension mutuelle, en l’absence d’une volonté (impérialiste) commune qui ne fait pas partie de notre horizon idéologique, nous sommes condamnés à rester dans un modèle européen technocratique au profit de quelques intérêts trop souvent privés.

 

L’Europe 2.0 : vers une constituante

Pour les acteurs politiques et économiques, pour les étudiants et les jeunes qui n’ont pas connu de frontières intra-européennes, l’Europe existe bien, au-delà de ses traités et de sa juxtaposition de systèmes politiques. Que lui manquerait-il pour aller vers une fédération respectueuse de chacune des entités qui la composerait ?
Très certainement, ce supplément d’âme qui nous permettrait de nous projeter collectivement au-delà de nos Etats. Certains signes révèlent ce dépassement national. Les citoyens européens, ont, durant des siècles, combattus les uns contre les autres. Ils ont, aujourd’hui, conscience qu’un destin commun les anime. La fin de la Guerre froide engendrant de nouvelles instabilités géopolitiques qui ne permettent plus d’identifier de manière manichéenne un unique ennemi, mais la sensation de dangers polymorphes, suscitent le besoin de se protéger ensemble, sans pour autant dépendre des Etats-Unis.
Le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN marque, en quelque sorte, un échec des ambitions politiques de l’Europe. L’importance d’avancer d’une seule voix (commune) sur les grands dossiers de politique internationale face aux grands Etats-continents ou (lors d’un positionnement sur les grandes) sur les principales questions internationales constituent un enjeu politique majeur. Les citoyens européens acceptent difficilement, comme ce fut le cas lors de l’entrée en guerre des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et de l’Italie contre l’Irak, que les Etats européens n’aient pas de position commune lors des grandes prises de décision. Les manifestations de citoyens anglais ou italiens en soutien des positions de la France étaient symptomatiques du dépassement du citoyen national. Par ailleurs, ils n’ont pas accepté que l’Europe reste impuissante lors du dernier grand conflit européen en Yougoslavie. La crise internationale, a, d’autre part, progressivement construit, avec une accélération ces dernières années, une solidarité sociale européenne. Ainsi, les citoyens européens ont, sur de nombreux points, la conscience éclairée que l’Europe les façonne mais également les bride.
En effet, ceux ci (partant du postulat que le citoyen européen existe) ont le sentiment diffus que l’Europe les aurait trompés. L’Europe économique a, quoiqu’on en dise, rempli ses objectifs durant de longues décennies. Mais elle est aussi, aujourd’hui, en panne d’une Europe sociale, relais essentiel de politiques étatiques à bout de souffle. Les historiens des politiques sociales connaissent le triptyque civilisationnel. C’est le politique qui impose à l’économique et au financier les politiques sociales, c’est ainsi que les droits de la seconde génération devinrent constitutionnels après une maturation politique tout au long de la 3ème République et l’expression des objectifs politiques du Conseil National de la Résistance (CNR) pour prendre l’exemple français.
Sans Europe politique consciente de son destin, point de politiques sociales protectrices des citoyens. Comment alors, après l’échec technocratique du Traité établissant une Constitution pour l’Europe de 2005 relancer la véritable construction politique de l’Union européenne si ce n’est en reprenant le projet constitutionnel par le bon bout et par la mobilisation citoyenne?
C’est ce que nous proposons dans cette contribution… Reprendre par le bon bout le projet constitutionnel européen… Projet ambitieux certes, projet socialiste par essence, européen par obligation, nécessaire pour l’avenir de notre continent et par là même de celui de notre République.
La relance d’un processus européen présenterait l’intérêt de rapprocher l’Union européenne de ses citoyens en les faisant participer à la conception et à l’application de ses politiques. Il s’agirait d’un acte réformiste radical, s’appuyant sur les institutions existantes.
L’article 48 du Traité de l’Union Européenne prévoit que :
(…) 2. Le gouvernement de tout État membre, le Parlement européen ou la Commission peut soumettre au Conseil des projets tendant à la révision des traités. Ces projets peuvent, entre autres, tendre à accroître ou à réduire les compétences attribuées à l’Union dans les traités. Ces projets sont transmis par le Conseil au Conseil européen et notifiés aux parlements nationaux. (…)
Il serait donc possible pour le gouvernement français et/ou autre-s, le Parlement européen ou la Commission, de relancer le processus constitutionnel.
Dans deux ans, de nouvelles élections européennes seront organisées dans chacun des Etats de l’Union.
Pourquoi ne pas être politiquement ambitieux et, une fois nos députés élus, prévoir non pas la convocation d’un « simple » parlement mais également celle d’une assemblée constituante ?
L’Union Européenne a cette particularité d’avoir organisé une représentation populaire sans contexte constitutionnel, mais quelle raison objective empêcherait nos députés de disposer durant un mandat, d’un double rôle de parlementaire européen et de représentant des citoyens européens, chacun pour leur Etat, avec l’objectif de construire une Constitution fédérale ? Qui mieux qu’eux aurait cette légitimité ?
Ce double mandat aurait l’intérêt de permettre, dès l’organisation des campagnes nationales, la participation des citoyens de tous les pays à ce grand travail constitutionnel.
Les Européens s’intéressent à l’Europe et les Français particulièrement. L’intérêt du référendum de 2005 se situait à cet endroit. Les citoyens parlaient de l’Europe. Ce fut, peut-être, le seul moment au cours duquel, en France, ils se sont réellement emparés du destin de leur continent. Récidivons.

 

Europe 2.0 : les city groups

 
Comment mobiliser les adhérents et militants socialistes autour des projets européens afin d’en faire des activistes auprès des citoyens?
La démarche entreprise par le Parti Socialiste français, à la suite de son Congrès, aura vocation à se développer dans tous les partis socialistes et sociaux-démocrates des Etats de l’Union Européenne durant les deux prochaines années.
La dernière campagne électorale pour les élections européennes de 2009 a laissé une impression d’inachevé, d’absence d’intérêt, de lassitude.
Le taux d’abstention, en France, fut révélateur du manque de dynamisme de cette campagne dans laquelle les différents partis (à l’exception des écologistes qui, au final, ont su créer un parti sur la base de ce moment politique atypique), se sont soumis à l’exercice sans (une) grande conviction. Nous savons que les Français s’intéressent à la question européenne, les débats lors du rédérendum de 2005 ont révélé cet engouement que nous n’avons pas retrouvé en 2009.
Le Parti Socialiste est habituellement moteur sur la question européenne, or, deux ans après l’élection présidentielle, il était encore en état de reconstruction.
Avec l’élection de François Hollande à la présidence de la République, cette phase est derrière nous et il convient, maintenant, d’afficher clairement nos ambitions internationalistes et européennes.
Le Parti Socialiste Européen (PSE) nous offre les outils de cette évolution au sein de nos partis nationaux.
Le PSE a été fondé en 1992 à la suite de l’adoption du Traité de Maastricht. Il regroupe l’ensemble des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d’Europe. C’est, à l’échelle temporelle des partis qui le composent, une entité récente, en construction.
Il est le second groupe politique au Parlement européen (190 députés sur 754 en janvier 2012, derrière le PPE), le président du groupe socialiste est l’autrichien Hannes Swoboda (à la suite de l’élection de l’allemand Martin Schulz en qualité de Président du Parlement européen en janvier 2012).
Le PSE est le principal parti de l’opposition au Parlement européen majoritairement conservateur.
Le Président du PSE est le Danois Poul Nyrup Rasmussen mais c’est actuellement le bulgare Sergueï Dmitrievitch Stanichev qui en assure par intérim la présidence (du fait de sérieux ennuis de santé de Rasmussen).
Les objectifs du PSE pour 2013 sont les suivants :
§  une représentation unique de la zone euro dans les institutions internationales ;
§  doubler le budget européen de la recherche ;
§  augmenter le nombre d’étudiants bénéficiant du programme Erasmus de 120 000 à 390 000 ;
§  futur industriel de l’Europe pour 2007-2013 ;
§  budget de solidarité avec les régions les plus pauvres à 0,46 % du PIB ;
§  réviser la directive sur le temps de travail ;
§  adopter une directive sur les services publics (égalité d’accès, qualité, financement) ;
§  aides agricoles dépendantes du respect des normes environnementales ;
§  faire passer de 6 % à 12 % la part des énergies renouvelables d’ici à 2010.
LE PSE compte 32 partis membres de plein droit des 27 Etats membres de l’UE et de Norvège, auxquels s’ajoutent 12 partis membres associés (dont deux partis turcs) et 6 partis observateurs.
Le PSE s’est doté d’outils, les city-groups, pour permettre aux socialistes et sociaux-démocrates de militer dans leur pays respectifs.
Ce sont des groupes de travail créés au sein des partis membres. Ils sont actifs au niveau local et régional et cherchent à promouvoir le débat sur l’Europe.
Les city-groups de militants du PSE s’épanouissent dans un cadre informel au sein du PSE. Ils forment un réseau de groupes locaux qui partagent les mêmes objectifs.
Les city-groups des militants du PSE demeurent sous la responsabilité de leurs partis.
Pour la France, ils sont des émanations du Parti Socialiste.
En créant un lien entre ces groupes à travers ce réseau, les groupes communiquent directement entre eux et avec le PSE. Le Parti Socialiste français reprend les travaux du PSE.
Nous proposons, afin de mobiliser dès aujourd’hui les militants socialistes dans la perspective de l’élection européenne de 2014 :

1/ D’imposer la création d’un city-group sur le modèle de celui des Alpes-Maritimes (http://am.citygroup.free.fr/ ) ou de Clermont-Ferrand, de Brest ou d’ailleurs, dans toutes les fédérations avec un secrétaire fédéral aux questions européennes en charge de le faire vivre et de rendre compte régulièrement de ses travaux en conseil fédéral ;

2/ De réunir régulièrement, sous la responsabilité du-de la Secrétaire National-e, les secrétaires fédéraux pour des travaux communs permettant d’anticiper et d’organiser, dès que possible, la campagne pour l’élection européenne ;

3/ De faire de la question européenne, une question essentielle et prioritaire dans l’agenda national du Parti Socialiste et ce malgré les différentes échéances électorales locales ;

4/ D’imposer aux candidat-e-s qui se présenteraient à l’élection européenne de conserver leur mandat jusqu’à la fin de la mandature européenne ;

5/ De créer un organe de concertation permettant aux citoyens intéressés par les questions européennes ou souhaitant obtenir des renseignements de saisir rapidement les députés européens de la grande région dont ils relèvent.

 

Europe 2.0 : au-delà des frontières, la Méditerranée

Depuis 2008, date de notre dernier congrès, les bouleversements géopolitiques les plus importants connus aux frontières de l’Union Européennes et au-delà, concernent le bassin méditerranéen. Les printemps et les hivers arabes se sont succédés.
Saisis par la crise financière, les pays de l’UE ont fait le triste constat de l’absence de coordination pour traiter les problèmes qui lui sont propres et, c’est sans surprise que les grandes ambitions à l’égard de ses voisins du sud ont été rangées dans la pile des affaires secondaires.
Le processus de Barcelone initié pourtant en 1995, ainsi que le processus de relance de l’Union Pour la Méditerranée (dont on rappellera que la Tunisie, l’Egypte et la Syrie en sont membres) s’enlisent.
Pire, sous la présidence française de Nicolas Sarkozy, le durcissement de la politique d’asile et d’immigration a non seulement inquiété la Commission, mais aussi envoyé le pire des signaux aux peuples en quête de démocratie. L’Europe, dans son mode de fonctionnement intergouvernemental, a dans ce domaine et à ce moment-là de l’Histoire, fait la démonstration de son incapacité à se dépasser au profit de positions uni-latérales en décalage avec les enjeux qui s’imposent à elle.
Le processus d’adhésion de la Turquie suit la même voie. Et pourtant, c’est une chance économique, énergétique, démographique, et diplomatique.
Avec un PIB qui a été multiplié par 4 en 10 ans, la quinzième puissance économique mondiale serait un atout qui offrirait de nouveaux débouchés commerciaux et des capacités de production (et) spécialisées renforcés avec une main d’œuvre qualifiée.
Si l’Europe doit porter le projet de la transition énergétique avec l’urgence environnementale sans cesse rappelée, elle le doit aussi en raison de l’enchérissement dû à la raréfaction des sources d’approvisionnement du vieux modèle pétrolier. La position géographique de la Turquie plaide en faveur d’une moindre dépendance à l’égard de la Russie et renforce (donc) au-delà de la nécessité écologique de la conversion, la capacité de l’UE à muter d’un modèle de production à l’autre moins brutalement.
L’Allemagne, moteur de la croissance en Europe… mais victime d’une démographie préoccupante doit faire face à l’un des taux de natalité les plus faibles du monde. Globalement, la population au sein de l’UE devrait diminuer dans les prochaines années, et seul l’apport de nouveaux membres ainsi que l’immigration devraient contrebalancer ce processus engagé de longue date.
Enfin, la Turquie parce qu’elle est membre des grandes organisations internationales  (G20, FMI, OMC, OCDE, OTAN …), est naturellement le partenaire désigné pour entretenir le dialogue et construire avec les autres membres de l’ UE(,) les relations diplomatiques pour une reconquête urgente de stabilité avec cette partie du monde où des « révolutions » en cours ou à venir.
Caressez un cercle, il finira par être vicieux : l’émergence de positions nationalistes au sein de l’Europe, la défiance vis-à-vis de ses voisins méditerranéens, renforcée par l’ampleur de la gravité de la crise en Grèce et en Espagne, sont autant d’éléments dont on ne sait plus s’ils sont la cause ou la conséquence d’un mode de gouvernance dépassé (et) qu’il faut rénover.
Il nous faut donc porter le projet d’une Europe plus intégrée, plus fédérale pour l’UE dans sa composition actuelle.
Elle n’en sera que plus proche de ces citoyens, et elle lui permettra surtout de dépasser le cap court-termiste, dicté par une économie de marché dont le rythme est donné par les marchés financiers. Et renouer avec une vision à long terme, une gouvernance globale plutôt que locale, permettra alors de ne pas confondre menaces et opportunités, et de saisir comme un libre choix les perspectives de développement avec nos voisins les plus proches.

 

Europe 2.0 : faire le choix du fédéralisme

Le fonctionnement actuel de l’Union européenne n’est pas satisfaisant. La succession tragi-comique des “sommets de la dernière chance” en 2011 a fait la démonstration d’une “Europe à éclipses”, fonctionnant au coup par coup.
Cette situation résulte notamment du renforcement de la logique inter-étatique au sein de l’organisation européenne au cours de ces dernières années. En effet, les Etats-membres se sont assurés la maîtrise des politiques de l’Union, au détriment du fonctionnement régulier des institutions véritablement transnationales, tels que le Parlement européen et la Commission, devenus inaudibles. Ce sont les chefs d’État et de gouvernement qui décident aujourd’hui de la composition, du calendrier, des orientations et des dossiers dont les institutions européennes doivent se saisir.
Or, ce dysfonctionnement institutionnel ne peut s’inscrire dans la durée. Il est une des cause de la désaffection des citoyens à l’égard de l’Union européenne et, à plus forte raison, contribue à faire de l’Europe une organisation internationale sui generis, à l’instar de l’ONU ou de l’OMC.
Nous avons besoin, au contraire, de renouer avec l’ambition de construire une Europe fédérale. Le contexte international ne nous permet plus de prendre des précautions de langage et d’exiger subtilement la construction d’une Europe politique. L’Europe sera politique si elle se construit davantage comme un bien commun que comme une instance de négociation. Il faut donc en appeler à l’avènement d’une authentique République européenne.
Il s’agit d’un impératif car le continent européen doit être capable de faire entendre sa voix dans le nouveau concert des nations qui se prépare, où les Etats-Unis, la Chine, l’Inde ou le Brésil sont d’ores et déjà des acteurs incontournables. Divisés, les États européens, construits sur le modèle de l’État-nation, ne seront pas en capacité de défendre leurs intérêts ou de porter des valeurs à vocation universelle.
Sans Europe fédérale, le développement de politiques sociales européennes restera un voeu pieux et nos États demeureront vulnérables aux moindres soubresauts de la finance internationale.
Les élections européennes de 2014 doivent être l’occasion d’un renouveau du fédéralisme européen. Cela passera tout d’abord (dans) par un nouvel approfondissement de la démocratie européenne. Pour améliorer la lisibilité de cette élection, nous souhaitons que les partis politiques européens présentent des listes transnationales. Chacune d’entre elles devrait être portée par son candidat à la présidence de la Commission, désigné le cas échéant par des primaires. De même, le Parlement pourra refuser d’abandonner aux États-membres la composition de la Commission en rejetant les candidats présentés par ces derniers, conformément aux traités en vigueur, et en désignant des commissaires issus de la future majorité parlementaire.
Sur le plan des réformes, les délégations de souveraineté consenties à l’Union européenne doivent trouver leur aboutissement. Tel est le cas de la gouvernance économique de l’Europe, et notamment de la réforme de la BCE afin de permettre l’émission d’euro-obligations et à terme la mutualisation des dettes souveraines. Tel est le cas par ailleurs de l’Europe de la défense.
Enfin, la prochaine législature européenne pourra développer et consolider les compétences de l’Union européenne sur la base du principe de subsidiarité.

Le dépassement de la notion d’Etat-nation est impératif. Force est de constater que ce concept est aujourd’hui incapable de faire face aux défis que pose l’interdépendance dans un monde globalisé. Les Européens se doivent de regarder au-delà de leur capitale nationale, de façon à retrouver les principes mêmes de l’universalisme qu’ils ont posés il y a de cela plusieurs décennies. Si cette notion de mondialisation est récente pour certains domaines (économie, social, finance), cela ne l’a pas été pour des domaines qui n’ont jamais connu de frontières, à l’image de l’écologie.
L’écologie ne connaît pas de frontière : c’est une banalité de le rappeler. Et pourtant, comment imaginer poursuivre la nécessaire mutation vers un modèle de production-consommation plus respectueux des enjeux environnementaux, si nous continuons à confier nos décisions à des organisations désintégrées, donnant la prime à la souveraineté des Etats, dont le principe est avant tout, de protéger des intérêts particuliers.
La bataille engagée récemment pour assouplir les positions de Bruxelles autour de la réforme du Fonds européen de développement économique régional (Feder) est symptomatique de cette gouvernance balancée en permanence entre intérêts particuliers et enjeux collectifs. La volonté de conditionner des aides aux régions en fonction des critères budgétaires des Etats dans les trois domaines que sont l’innovation, les PME, et une économie faible en carbone reflète encore les craintes d’une gouvernance globale.
 
A l’heure où l’on regrette parfois la fin des idéologies et des grands desseins, la construction d’une Europe fédérale est sans doute le dernier projet capable d’enthousiasmer les plus anciens et de faire rêver les plus jeunes. Dans l’accomplissement de cette mission, le prochain Parlement européen sera au coeur du changement. 

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Militant-e-s, élu-e-s, nous sommes de ceux qui en 2008 défendaient l’idée que nous avions “Besoin de Gauche”.

2012, nouveau rendez vous, nouvelles ambitions, mais les valeurs restent intactes. Nous avons voulu avec cette contribution thématique,  dire, mais aussi proposer de nouvelles voies pour une Gauche plus forte, au service d’une Europe plus proche.

Car nous avons besoin d’une Europe 2.0 pour relever les défis de demain.

 

Un gouvernement socialiste qui tient ses promesses !

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Ça y est, nous allons enfin pouvoir commencer à travailler ! Le nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault respecte nos engagements, l’équilibre entre les hommes et les femmes, l’équilibre entre l’expérience et ceux qui n’ont pas encore exercé le pouvoir ministériel, l’équilibre entre les jeunes et ceux qui ont de la bouteille. Et cerise sur le kouign amann, les Bretons sont très bien représentés !

J’ai une satisfaction particulière vis-à-vis de notre nouveau gouvernement, à savoir la présence de Pierre Moscovici au ministère de l’économie, des finances et du commerce extérieur, poste oh combien clé dans la période que nous vivons. De tous les nouveaux ministres, c’est Pierre que je connais le mieux et je me souviens en particulier de l’époque où il a ouvert son blog par un billet plein d’humour, je me souviens des nombreux débats que mes camarades et moi-même avons pu y avoir, des travaux et des idées que nous y avons élaborés. Je me souviens aussi des combats au sein de Socialisme & Démocratie puis de Besoin de Gauche.

On me demande souvent à quoi cela sert de faire de la politique lorsque l’on n’est que militant. Et bien cela sert justement à faire naître et vivre des idées, cela sert à en combattre de mauvaises, cela sert à aider des hommes et des femmes de bien à arriver là où se décident et se font les choses.

Il y a quelques semaines, j’ai été heureux en qualité d’homme de gauche, aujourd’hui je le suis plus spécifiquement en qualité de militant social-démocrate. La probité et la constance paient, voilà encore une source de satisfaction pour cette journée.

Socdem Inside

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Finalement, Pierre Moscovici a renoncé à y aller en notre nom, nous expliquant le pourquoi. Explication rationnelle, mais ayant un petit faible pour Dan Ariely, je sais aussi que nos décisions sont issues de facteurs dont la clarté est rarement évidente.

Dont acte, la politique est ce qu’elle est et depuis l’improbable déterminisme de l’empêchement de DSK, il est devenu difficile de me surprendre.

Ce qui m’ennuie objectivement le plus, c’est que les choix qui s’offrent à chacun de nous ne sont en rien évidents, transcendants, et du coup les sociaux-démocrates se déterminent en ignorant la question d’Ariely « avons-nous le contrôle de nos propres décisions » ce qui les amènent à faire des choix différents avec les mêmes variables, et nous amènera donc à nous opposer avec les mêmes arguments pour des candidats différents. Comme j’ai de l’humour, je trouve la situation cocasse et comme j’ai le sens pratique je propose à mes amis sociaux-démocrates d’utiliser le logo « Socdem Inside » sur leur blog ou pour leur avatar, histoire de ne jamais oublier qui nous sommes vraiment et de ne pas nous affronter même lorsque nous soutenons un candidat différent en attendant la fin de l’automne.

Pour ceux qui ne connaissent pas Dan Ariely :

 



Pierre Moscovici : Les primaires auront-elles le candidat qu’on n’attend pas ?

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Arnaud Montebourg, Emmanuel Valls, Ségolène Royal sont partis en campagne il y a déjà de très nombreux mois et force est de constater que ces candidatures prématurées n’ont pas déclenché une vague d’enthousiasme et de soutien.

François Hollande est parti depuis moins longtemps mais sa campagne ayant mieux été préparée, en particulier en renforçant les liens internes qu’il maîtrisait par ailleurs bien grâce à sa longévité à la tête du PS, il bénéficie actuellement d’un avantage en ce début officiel de campagne.

Martine Aubry a su respecter le calendrier décidé, et ayant bénéficié de l’improbable empêchement de DSK et de sa position de 1ère secrétaire, elle se présente aujourd’hui au niveau de FH, à un souffle derrière lui.

Est-ce terminé ? Le casting est-il complet et surtout satisfaisant ? Le plateau présenté nous prépare un combat entre (ex)premiers secrétaires du PS, ce qui est certes un gage de légitimité interne mais n’est pas exactement une promesse de réformes radicales, d’originalité, d’ouverture à l’innovation. Peut-être sauront-ils le faire, mais nos deux favoris vont devoir « se faire du mal ».
L’autre difficulté qui vaut pour tous les candidats déclarés et d’apparaître pour des candidatures « moi-je« , certes tout à fait dans l’esprit du combat de la Vème République, mais peu en phase avec un espoir collectif, une solidarité de groupe, le dessein d’un avenir commun.

« Soyons dès lors clairs : je ne crains pas, par ma candidature, de provoquer la désunion, puisque le pluralisme existe. Ma préoccupation est ailleurs : a-t-elle un sens, peut-elle éclairer le débat ? (PM) »

Est-ce une malédiction de la Vème République ? Les Français doivent-ils se résigner à choisir entre d’honnêtes mais ternes travailleurs là où la situation nécessite tout à la fois compétence, imagination, innovation, transgression, panache, et un quelque chose de « différent », un effet Obama où un cadre du parti prend de l’épaisseur au fil de la campagne, conteste la partition écrite par avance et renverse l’ordre établi. Cela me semble toujours possible, et à mon sens, si un tel candidat émerge, il sera issu des troupes de socialisme & démocratie, reprenant la force des idées sociales et économiques de Dominique Strauss-Kahn et porté par l’esprit collectif qui nous anime.
Nous pouvons contester la logique de la Vème République qui a permis la catastrophique élection de Nicolas Sarkozy, entraînant l’accélération du déclin de la France. Nous contestons la fatalité du choix de l’honnête médiocrité faute de mieux. Notre espoir va au-delà de ce qui est écrit d’avance. Pierre Moscovici a demandé notre avis, la réunion prévue par notre courant aura lieu finalement mercredi à Paris, et il a indiqué sur son blog qu’il annoncerait sa décision jeudi.

« il est essentiel à mes yeux que le groupe que j’anime et continuerai à animer quoi qu’il arrive fasse un choix éclairé, que nous prenions position ensemble, si possible unanimement, à défaut de façon très majoritaire, afin de peser puissamment sur les échéances à venir. (PM) »

Pierre Moscovici est-il le candidat que la paresseuse logique actuelle n’attend pas ? Rendez-vous mercredi pour la dernière consultation collective et jeudi pour le savoir.

Social-démocratie : le dormeur s’éveille !

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Cette semaine, il m’est arrivé un petit truc amusant qui me semble être tout à fait significatif de la réalité politique et citoyenne du moment.

J’ai reçu comme cela nous arrive à tous parfois, un mail d’un administrateur d’un des canaux sociaux-démocrates (celui de Besoin de Gauche pour ne pas le nommer). Or ce petit mail purement technique a déclenché une avalanche de réponses, non pas au problème technique, mais profondément politiques. La communauté fédérée par ce canal s’est réveillée alors qu’elle était en sommeil depuis bien des mois.

Et que dit cette communauté ? D’abord tout heureux de se retrouver de façon inopinée, chacun en est allé de son commentaire et de ses doutes sur l’attitude à tenir pour les primaires. Certains pensant se rallier à Martine Aubry tout en ayant à l’esprit l’étrangeté de la démarche tant Martine donne des gages à l’aile gauche du PS alors même qu’elle nous ignore superbement depuis l’empêchement de DSK. D’autres évoquent la possibilité de soutenir François Hollande bien que gênés aux entournures par l’absence de positions clairement en faveur de la social-démocratie pendant son long mandat de 1er secrétaire aussi bien que par son refus obstiné de tirer un bilan de ces même mandats. Lui non plus n’a pas par ailleurs fait beaucoup d’efforts pour convaincre les sociaux-démocrates de venir le rejoindre.

Voilà des choix par défaut qui ne nous enchantent guère alors que par ailleurs les idées que nous défendons et que nous avons fait évoluer ont été plébiscitées par la crise mondiale qui a marqué la défaite des fantasmes ultra-libéraux comme jadis l’effondrement soviétique a marqué celle du marxisme. La victoire idéologique social-démocrate n’aurait-elle d’autre écho qu’un choix de leader sur le critère du moins pire ?

A l’évidence, voici qui ne plait à aucun d’entre nous alors qu’il suffit d’un petit bruit sur le réseau pour réveiller des militants qui ne demandent qu’à porter le fer. Quel écart entre l’autisme de candidats déclarés ou pressentis, les mouvement de ralliement individuel de quelques cadres et nous, militants et sympathisants internet qui avons construit et porté une bonne partie du combat social-démocrate, qui avons créé des canaux structurés où l’échange est intense et créatif, nous qui faisons de la politique d’une façon moderne, où chacun peut avoir sa place et la parole, où chacun est respecté du moment qu’il respecte les autres et avance des idées au lieu de postures ou d’injures !

Alors non nous n’acceptons pas comme une fatalité de devoir choisir par défaut. Nous demandons collectivement aux cadres sociaux-démocrates, mais aussi au-delà aux militants et élus qui n’ont pas été convaincus par le casting qui s’est dessinés ces derniers mois, aux sympathisants qui lisent ce post et au-delà aux Français qui attendent plus et mieux du parti socialiste, de se manifester sur les blogs de leurs élus PS ou au sein de leurs sections. Exigeons d’eux qu’ils se manifestent pour des candidatures de combat, des candidats capables d’aller chercher chacun et chacune au lieu d’attendre de savoir comment se fera la distribution aléatoire des voix ! Nous ne battrons pas une UMP déliquescente juste parce qu’ils ont été mauvais et que ce serait automatiquement notre tour. Nous battrons nos adversaires parce que nos idées et notre programme sont les bons, parce nos troupes ont décidé de gagner, parce que nous aurons trouvé un leader ayant gagné ses labels d’honneur, de compétence, de courage, de probité, de fierté partagée avec tous ceux qui le soutiennent.

Cette semaine verra se dévoiler les vraies candidatures à l’investiture PS. Mardi à Paris se tiendra une réunion des sociaux-démocrates. Que ceux qui le peuvent aillent à cette réunion porter la voix des e-militants socdem avec force et conviction : nous exigeons un leader dont l’attachement à nos idées soit sans faille, nous exigeons un leader qui portera en son cœur et son âme nos attentes et nos espoirs. Camarades, que chacun d’entre nous porte la voix de tous les autres. Le dormeur social-démocrate est réveillé, choisissons maintenant un chef et prenons la route de la reconquête.