Congrès du PS : débats et des hauts

Septembre 2008. J’étais hier soir à un débat départemental destiné à présenter les différentes contributions générales en vue du congrès de Reims. Petite explication organico-lexicale pour les non-initiés à la démocratie socialo.

Le but du congrès de Reims est en gros de choisir une ligne politique, de dégager une majorité sur cette ligne puis d’en déduire un exécutif, premier secrétaire en tête. La ligne politique sera celle décrite dans la motion majoritaire, cette motion étant elle-même construite à partir de contributions. Pour l’instant, nous en sommes au stade où l’on regarde quelles contributions peuvent se rejoindre dans des textes qui seront les futures motions. Cela peut paraître un peu lourdingue au citoyen qui ne s’intéresse à la politique que de façon épisodique, mais c’est tout à fait représentatif du PS, un parti qui se veut démocratique (d’où les débats et les engueulades), réformistes (d’où les textes à la pelle dont certains valent leur pesant de cacahuètes) et qui a des difficultés à dégager un chef (les socialistes aiment tellement les chefs qu’ils ont inventé les courants pour en avoir plein). Hier soir, une réunion était donc organisée au niveau du département pour présenter 14 de ces motions, donc a priori 14 courants de pensée du PS (comme quoi, nos journalistes apparaissent comme des Jiravos lorsqu’il réduisent le PS à un combat entre quelques têtes médiatisées) ; 14 contributions défendues avec en particulier deux orateurs de poids, Alain Bergougnioux et Pierre Moscovici. Voilà qui avait motivé les foules, il a fallu rajouter des chaises et faire de la place aux caméras. Au-delà du contenu politique inégal des contributions présentées, qu’en dire ? Côté contribution Hollande, il se dégage une forte expression d’injustice, voire de ressentiment, qui à mes yeux n’est d’ailleurs pas tout à fait infondée. De fait, l’ère Hollande s’est soldée sur un échec, électoral et idéologique. Le reproche principal qui lui est fait est de n’avoir pas réussi à faire entrer le parti dans la réalité de ce siècle : reproche justifié, au détail près qu’il avait surtout mandat d’arrondir les angles et pas de révolutionner le PS. Hollande a échoué parce qu’il a très bien fait ce qui était attendu de lui. Côté contribution Delanoë, le message n’invite pas au décoiffage général. Présentation présidentialiste mais ouverte à des primaires qui désigneront le candidat en 2011, rejet d’un exécutif mou, explications défensives sur le reproche de n’avoir pas été assez travailleur et imaginatif ces dernières années, puis intervention ultérieure de Catherine Tasca dans une recherche finalement assez maternelle visant à rassembler les militants sous la bannière du tous socialistes. Je respecte beaucoup Catherine et Alain, mais je vois ici l’expression parfaite du déni de changement : le PS d’après Reims ne sera plus jamais celui d’Epinay, et non, tous les socialistes d’aujourd’hui ne sont pas tous pareils et ne ressemblent pas non plus à ceux d’après Reims. Contribution Aubry. Manifestement, l’expression est un peu gênée aux entournures et le message est plus technique que militant, ce qui n’était pas de nature à faire chavirer un auditoire peu favorable à Martine Aubry ou Laurent Fabius (la fédération était encore royaliste il n’y a pas si longtemps). Nous restons là dans une logique d’alliance de courants, sans dynamique politique apparente. Contribution Fabius justement. L’exposé donne une impression de retrait sur les fondamentaux, l’Etat républicain, laïc, fort, comme une sorte de ligne Maginot à ne pas franchir si on veut éviter les hostilités ouvertes. Je ne perçois pas de volonté de changer ou de s’opposer au changement du PS, juste une sorte de « nous sommes là et nous comptons ». La blessure infligée au parti lors du TCE est toujours palpable dans la salle. Côté orientation politique, je ne suis pas fichu de dire si les fabiusiens de Reims sont toujours à gauche-gauche ou s’ils sont revenus au centre du terrain de jeu. Mystérieuses brumes en Fabiusie… Contribution Royal : sentiment d’étrange décalage entre un discours bien rodé et séduisant, ouvert, et les pratiques plus rugueuses constatées sur internet ou dans les médias, courant peu perméable à la critique et adepte de mesures dirigistes qui sont régulièrement avancées. En tout cas, l’exposé n’a pas versé dans l’affectif ou la complainte, ce qui aurait tendance à confirmer l’impression de La Rochelle : ce courant ne se voyant plus majoritaire semble prêt à composer pour exister de façon minoritaire. Le spectre de l’explosion s’éloigne un peu. Contribution Ayrault : plus légitimiste que moi tu meurs, le parti est le projet, un parti en ordre de marche sert la France. Au moins c’est simple. Reste juste à refonder le parti. Contribution Moscovici. Je savais Pierre bon orateur (et la contribution top…), mais après l’épisode de La Rochelle, je ne m’attendais pas à ce que la salle lui fasse un si bon accueil. La dynamique qui s’exprime avec Montebourg, Collomb, Guérini se retrouve effectivement au sein des militants, et dépasse les clivages habituels. Je pronostique même un rapprochement avec la contribution de Larrouturou. Mosco a de plus en plus la tête d’un 1er secrétaire… Les contributions de la gauche du PS : la gauche radicale est à la fois la plus claire, la plus combative et la plus déphasée, celle qui aura le plus de mal à changer. Les démonstrations sont construites sur un ensemble de faits, de statistiques, de propositions ponctuelles, mais l’on cherche la refondation, utopique ou pas, l’idéal qui pourra remplacer papy Marx, le grand mouvement d’ensemble. Nous avons là la gauche qui conteste et se révolte, mais difficile finalement d’y voir un projet capable d’entraîner une adhésion qui aille au-delà des petits jeunes tout feu tout flamme. Cela ne semble cependant pas non plus être l’improbable gauche-Besancenot, celle des « antis » peu aimables. Leur trouver une place cohérente et constructive dans le futur PS ne sera pas facile. Leur enthousiasme sincère le mérite pourtant. J’ai finalement trouvé dans cette réunion, les ingrédients que j’ai pu décrire ces derniers temps : résistance au changement différente en fonction des courants, le PS des courants et des présidentiables mais aussi celui des militants qui n’ont pas l’intention d’être de simples spectateurs. La conscience de la nature particulière de Reims est également très grande. Le parti socialiste va mourir à Reims, la question est de savoir s’il renaîtra. Finalement, cette réunion me laisse assez optimiste.

Manager le changement au PS

La Rochelle a été orageuse, riche en images relayées avec gourmandise, mais politiquement peu significative. Reprenons les choses en essayant de les décrypter autrement que par l’image.

J’avais proposé dans ce post une grille de lecture en trois blocs politiques : la gauche du PS, les lambeaux de la présidentielle, la social-démocratie.
Une autre grille de lecture, cette fois centrée sur les contributions, faisait apparaître trois futurs possibles pour le PS, présidentialiste, parti de courants, parti de contributions militantes.

Que dire de La Rochelle si l’on reprend ces grilles ?

Les lambeaux de la présidentielle (Royal d’un côté, Hollande de l’autre) et l’aspiration à une présidentialisation du PS (on ajoute Delanoë) se retrouvent en retrait prudent, peut-être tactique ; il apparaît acté que le choix de la présidentialisation du parti n’est pas l’avenir le plus probable du PS alors même que c’est celui qui est porté par les médias avec le fameux duel Royal / Delanoë. Tout peut être résumé dans l’attitude de Royal, pour une fois élégante et finalement subtile, qui après avoir lancé son «aimez-vous les uns les autres ou disparaissez » s’est éclipsée de La Rochelle. La relative discrétion de Delanoë peut également s’expliquer ainsi. Ceci dit, même en retrait, ces deux là ne sont pas hors jeux et leur retour est toujours possible dans le cas où le PS serait menacé d’une explosion totale : la situation serait alors en phase avec la nature césariste de la présidentialisation du parti. Le PS aurait recourt au mythe du sauveur.

Mais La Rochelle, cela a surtout été la mise en image de l’opposition entre les courants (rapprochement Aubry / Fabius sous la houlette de Cambadélis) et d’un PS, plus exotique et fragile mais sans doute plus prometteur, pour le coup incarné par un homme seul à la terrasse d’un café : Moscovici, l’individu incarnant le collectif se heurtant aux courants. Symbole paradoxal intéressant… mais probablement excessif.

Relisons maintenant ceci avec les yeux du manager qui doit gérer un changement fondamental dans une organisation. Nous sommes tous réfractaires au changement, peu ou prou, et quand c’est un changement majeur comme celui que doit affronter le PS, c’est de toute façon une crise majeure. Dans un tel cas, un manager doit s’attendre à passer un certain nombre d’étapes : le déni, le deuil et l’abattement, puis le processus de reconquête. Il était illusoire d’espérer que la mutation du PS en fasse l’économie.

On trouve les symptômes du déni les plus nets à la fois chez les Royalistes (souvenez-vous de l’image « triomphale » de Royal à la fenêtre de Solférino au soir de la défaite) mais aussi au sein des cadres les plus impliqués dans la technostructure (Hollande en est le paradigme même s’il a plus avancé que les autres parce qu’il sait que son départ est inéluctable).
La recherche d’alliances de courants me semble également symptomatique d’un déni : les courants sont le fonctionnement « normal et historique » du PS ; pourtant ils sont presque unanimement rejetés au point même de faire apparaître la sondocratie comme une solution préférable !
Ce qui s’est passé à La Rochelle apparaît donc tout à fait normal et même, du point de vue management du changement, positif :

– En se mettant quelque peu en retrait, Royal, Delanoë et Hollande sont en position de dépasser la phase de déni.
– En affichant clairement leur position, les tenants des courants du PS se voient renvoyer l’image très négative qu’ils inspirent à l’extérieur et je sais qu’ils sont suffisamment intelligents pour comprendre qu’ils doivent évoluer, d’une façon ou d’une autre.
Dans un changement d’ampleur, on ne peut jamais faire l’économie d’une crise majeure. Jamais.
Autre point positif de cette crise, Moscovici qui joue en fait le rôle « du porteur d’eau du changement », peut maintenant plus librement servir de catalyseur du changement, mais doit veiller à ne pas couper à ce stade le fil du dialogue. Il est possible, voire probable, qu’une partie des militants socialistes actuels ne restera pas dans le futur PS, mais la séparation, si elle doit avoir lieu, doit se faire naturellement lors du processus de reconquête, chacun choisissant alors son nouveau destin. Si les étapes ne sont pas respectées, si les choses vont trop vite, si la crise ne peut être exprimée, il y aura une scission irréparable entre ceux qui resteront scotchés sur le déni, ceux qui ne pourront pas se remettre de la perte de l’ancien PS et ceux qui galoperont avec enthousiasme vers de nouveaux horizons.

Si tout va bien, La Rochelle aura été la crise du déni, le deuil aura lieu entre maintenant et Reims et le congrès lancera le processus de reconquête pour un PS cohérent, uni et heureux de l’être.

Pour renaître, le PS devra-t-il exploser à la Rochelle ou à Reims ?

Août 2008.

Car pour le moment, on voit mal comment il en serait autrement. De quelque façon que l’on prenne le problème, il y a au sein du PS trois blocs.

Un bloc pour l’aile gauche qui ne peut réellement s’exprimer aujourd’hui faute d’avoir retrouvé une alternative au modèle radical qui l’a inspiré jusqu’à la fin du siècle dernier. Par défaut d’une vision refondée forte, l’aile gauche du PS en est réduite à peser sans exister, c’est-à-dire à choisir le moins pire pour elle, même si elle n’approuve pas les outils qui seront employés (je parle d’outils car la divergence ne porte pas sur les finalités : que l’on soit strauss-kahnien ou emmanuelliste, le but ultime est bien le même, égalité, émancipation de l’individu, recherche d’un monde plus juste et solidaire). Même si je n’appartiens pas idéologiquement à ce groupe, j’espère qu’ils trouveront eux-aussi la voie de la refondation car je suis fondamentalement attaché au débat contradictoire fondé, au questionnement, et même si la social-démocratie porte aujourd’hui tous les espoirs, elle doit continuer à être questionnée pour elle aussi progresser.

Le deuxième bloc est constitué par les lambeaux de la campagne présidentielle, bloc fait d’abord d’émotion, d’affectif, mais hélas aussi de ressentiment et de besoin de revanche sinon de vengeance (créée de toute pièce par les fantasmes véhiculés lors de la campagne et le déni de la défaite). L’offre politique est un peu particulière pour la gauche, sorte de séguinisme mâtiné de féminisme (sur ce dernier point, les anciens conflits homme / femme du PS alimentent de façon sourde le désir de revanche cité plus haut alors que la problématique homme / femme au sein de la société française est fort différente). La finalité politique m’apparaît toujours obscure, les outils trop violents et coercitifs à mon goût.

Enfin, le dernier bloc est social-démocrate, héritier de Michel Rocard et aujourd’hui inspiré par DSK, toujours intellectuellement très présent malgré son « exil » au FMI, utile à l’économie du monde bien que pour l’heure son éloignement soit préjudiciable au PS. Etrange facétie de l’histoire : celui qui est le plus à même d’éviter le chaos au PS est celui-là même que les militants ont rejeté imprudemment à la primaire… Mais, de la social-démocratie sur le modèle actuel européen à la réinvention d’une nouvelle social-démocratie, il y a là tout un panel qui a du mal à être définitivement refondé tant le débat sur le fond est parasité par les batailles de personnes venant de l’extérieur de ce courant. La plus efficace des méthodes utilisées par le noyau d’activistes du deuxième bloc est d’ailleurs de polluer le débat idéologique en ne parlant que de personnes ; la réflexion tourne alors rapidement court.
C’est au sein du groupe social-démocrate que j’essaie de faire avancer la réflexion parce que c’est ici que je trouve la plus grande ouverture d’esprit, les approches les plus novatrices, la plus forte volonté de réforme cohérente.
Pourquoi est-ce que je pense que l’existence même du parti socialiste est menacée ? Parce que le deuxième bloc ne peut exister que par l’écrasement ou la capitulation des deux autres, le compromis est par nature impossible : pour eux, il faut soit adhérer, soit se taire… soit partir. On le voit actuellement sur le web, tout contradicteur est soit un droitier suppôt de l’UMP, soit un sectaire, après avoir longtemps été taxé avec mépris « d’éléphant machiste ». Le seul espoir pour ce deuxième bloc est que le sous-ensemble des militants qui subissent en silence l’activisme outrancier d’une poignée d’individus, ces derniers leur portant un très grand tord, tant du point de vue de l’image que de celui des idées, que ces militants donc reprennent la parole et portent le débat, non sur les personnes, mais bien sur le choix des outils politiques, la refondation idéologique. S’ils n’y réussissent pas, leur échec entraînera peut-être le PS dans la tombe.

Les blocs de la gauche radicale et de la social-démocratie pourraient-il s’entendre ? Dans le combat, sans aucun doute. D’expérience, je me suis retrouvé plus d’une fois à combattre avec des militants de cette gauche radicale. L’exemple le plus éminent a sans doute été le combat contre l’idée sarkozyste de faire assumer la culpabilité de la Shoah à des enfants du CM2. Sans aucune concertation préalable, je me suis retrouvé dans la bataille côte à côte avec eux, alors que du côté royaliste on en était alors à peser le pour et le contre et de considérer que tout n’était pas mauvais. Mais à terme, soit la gauche radicale évolue profondément pour accepter les orientations sociale-démocrates (ce qui est peu probable), soit nous devrons nous en tenir à des contrats de gouvernement pour constituer des majorités électorales (ce qui sur le principe n’est pas forcément un handicape).
Ces deux blocs peuvent-ils constituer une majorité contre le deuxième ? Cela n’aurait aucun sens idéologique, cela n’irait pas dans l’intérêt de la France et je ne crois pas que c’est ce qu’attendent les français. Fondamentalement, ils se moquent de savoir quel courant du PS est le plus beau, le plus fort ! Ils attendent, je crois, seulement, surtout, un parti politique cohérent, force de propositions et d’alternative, un parti crédible sur le fond idéologique autant que sur les compétences de ceux qui devront mettre en œuvre les réformes indispensables pour vaincre les dangers qui menacent notre pays. Trouvez 100 militants socialistes capables de relever et d’incarner ce défit et les français en feront le premier parti de France, et je ne doute pas que le PS en compte plus que 100 !

J’aimerais sincèrement qu’il en soit autrement, mais à la vitesse où montent les stériles batailles de personnes à l’approche du congrès, je crois que le risque d’éclatement du PS est effectivement énorme, soit par l’éjection de l’ensemble des militants du deuxième bloc (si la scission était limitée au noyau d’activistes on pourrait limiter la casse), soit par le départ des éléments les plus réformateurs de la social-démocratie et de la gauche radicale.
J’espère pour une fois me tromper, mais à défaut d’être sûr de l’avenir, je veux être clair et sincère dans mon combat.

Droit de la vie, Droit de la mort : II

J’ai déjà exprimé mon avis sur la redéfinition du droit de la vie à travers par exemple l’évolution du droit sur la Gestation Pour Autrui. Deux actualités nous invitent à réfléchir sur son pendant, le droit de la mort, à travers l’actualité de la tragique guerre d’Afghanistan (que j’ai traité dans un post précédent) et sur un point d’aspect assez différent découlant de la parution au journal officiel de deux textes de loi permettant de donner une identité à des enfants mort-nés.

Il est en effet désormais possible d’inscrire un enfant mort-né sur le livret de famille, et donc de reconnaître son existence et sa mort, même si cette loi ergote encore sur l’existence « légale » de cet enfant. Pour les familles, c’est sans doute un vrai progrès car cela permet de « matérialiser » le deuil, ce qui est une réelle aide psychologique pour eux. Jusqu’à ce jour, un enfant-mort né était une perte, pas toujours visible, dérivant sur deuil généralement impossible, non dissible. Pas de corps à enterrer, pas de recueillement formel, rien en support d’une parole qui ne pouvait se libérer. Il était donc parfois difficile, voire impossible de passer le cap et l’enfant mort rejoignait alors le tiroir des lourds secrets de famille quand ce n’était pas celui du déni qui ronge et détruit.

Pour le processus de deuil, ce nouveau droit est donc un réel progrès. Il existe cependant une difficulté, qui est celle de se reposer la question du droit à l’avortement.

Je défends sans condition le droit qui est donné par la loi de choisir, même si je dois bien confesser que je ne sais pas ce que je ferais dans un tel cas. Il n’empêche qu’aux yeux de la loi, l’avortement est maintenant un acte qui conduit à la mort, et plus un acte qui stoppe une potentialité de vie. Dit autrement, c’est un acte d’euthanasie. J’avais déjà exprimé ma position sur l’euthanasie en général il y a quelques temps : pour moi, elle doit être reconnue par la loi mais sa mise en œuvre doit prendre en compte trois composantes, l’avis libre et éclairé de l’individu concerné, l’avis de l’entourage proche (mais quel en est la définition ?), l’aval de la société. Ici, par définition, l’individu concerné ne peut donner son avis. A moins de considérer que le fœtus et la mère sont un seul et même individu endosymbiotique. La gestation pourrait être vue comme une symbiose temporaire, l’avortement serait alors un acte de séparation anticipée du symbiote, donnant naissance à un individu non viable. L’acte de séparation doit alors être justifiable du point de vue de l’intérêt de la mère, en accord avec l’entourage proche, dans le respect du cadre fixé par la société. J’ai conscience de la particularité de cette vision de la maternité, mais à défaut d’être sûr de sa justesse, je pense qu’elle permet au moins d’aborder le problème de la définition légale de la vie sous un jour différent, plus rationnel et scientifique, et donc de sortir éventuellement du blocage entre pro et anti-avortement et de son imbroglio juridico-religieux. On voit ici que le droit de la vie et celui de la mort sont directement liés par un choix qui doit être encadré, réfléchi, éclairé.
Je  ne prétends évidemment pas à moi seul résoudre ce difficile problème humain, éthique et juridique, mais je pense qu’il est important de continuer à réfléchir sur le droit de la vie et celui de la mort pour un jour aboutir à une société juste et apaisée. Le progrès proposé par cette loi peut nous y aider.Pour une fois, ce gouvernement a réussi à proposer une loi potentiellement source de progrès.

Droit de la vie, Droit de la mort : I

Deux actualités nous invitent à réfléchir sur des questions de droits essentielles à l’identité de notre société : le droit de la mort, à travers la tragique guerre d’Afghanistan qui a tué ces derniers jours dix de nos militaires et la parution au journal officiel de deux articles permettant de donner une identité à des enfants mort-nés (que je traiterai dans un second article).

Sur la guerre d’Afghanistan d’abord, à travers nos morts, la légitimité de leur action et du fait qu’une action militaire en terre étrangère n’est jamais un acte anodin se résumant à quelques décisions prises par un myope trop pressé.

Grâce à la détermination de Robert Badinter la France fait partie des pays qui peuvent s’enorgueillir d’avoir aboli la peine de mort pour les actes commis par des individus en temps de paix sur son sol.  Même si à quelques occasions, l’actualité traitée de façon émotionnelle fait ressurgir le débat pour telle ou telle catégorie de criminels, une grande majorité des citoyens réussit à faire la part des choses entre une pulsion immédiate de vengeance qui peut saisir tout un chacun suite à un acte au-delà du dramatique, et les principes qui doivent guider les juges pour construire une société cherchant à contrôler ses démons pour se construire un avenir de progrès. Nobles sont les principes de l’abolition de la peine de mort même si je jugement a parfois du mal à passer.

Mais il serait un peu rapide en besogne de s’arrêter à ce point de satisfaction, car si nous reconnaissons effectivement l’abolition de la peine de mort pour nos criminels, nous passons sous silence d’autres cas. Le droit français et international ne statue pas par exemple sur la mort donnée en service commandée par les services secrets (là cela tient du « droit coutumier ») et ne statue que faiblement sur le droit de tuer dans une opération militaire.

Comment faire évoluer le droit sur ces points ? La nature extranationale de ces cas impose de disposer à la fois d’un organe législatif et d’un tribunal mondial. Si les TPI ,TCI, CIJ font l’affaire pour ce qui est du tribunal (encore faudrait-il qu’ils soient reconnus par tous), on a plus de mal à trouver une assemblée législative votant les lois du monde de façon démocratique et représentative. Par ailleurs, le cas des opérations de guerre pose un problème particulier dans le sens où la responsabilité est celle d’un pays (ou d’un groupe sociologiquement cohérent) sur un autre ; si l’on veut être cohérent, il faut juger la culpabilité d’un ensemble et pas des individus pris séparément, en général le chef et ses adjoints directs. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en droit international, nous sommes loin de cela et que nous avons généralement droit à la justice du vainqueur vis-à-vis de ceux qui sont considérés comme individuellement responsables de tout, ce qui est plus simple et plus rapide. Nous sommes hélas plus dans une logique de vengeance et d’apparence qu’une logique de justice permettant de faire progresser la société, ce qui conduit à des dérives, pour ne pas dire crimes, du type de Guantanamo.

En guise de conclusion, je vous propose une question. Voteriez-vous aujourd’hui la mort de Louis XVI ? Question exotique, mais qui permet de réfléchir sur la relation entre individu et société dans le cas du droit sur la mort. Louis XVI était probablement un brave type qui n’a pas, dans son esprit, trahi la 1ère République, mais il avait ceci de particulier qu’il incarnait l’ancien régime et que pour exister, la nouvelle société française que voulait mettre en place la révolution devait d’abord tuer symboliquement la royauté, c’est-à-dire éliminer physiquement Louis XVI. Dans un tel cas, un républicain, même fervent défenseur de l’abolition de la peine de mort, pouvait difficilement faire autrement que de condamner le roi. Il est des cas où le progrès collectif passe par un conflit de conscience et de principes, au dépend de l’individu. Mais la résolution de ce conflit ne doit jamais être arbitraire.

Nous sommes loin d’avoir fait tout le chemin nécessaire.

Un dimanche a la campagne, à Frangy chez Montebourg

Chez les socialos, on sait que les vacances sont terminées lorsque que l’on s’agite du côté de Frangy. Il y a deux ans, la fête de la rose avait été teintée de course à la présidentielle et l’an dernier, placée sur le thème du rapprochement avec les refondateurs du parti. Si dans le premier cas, la recette du succès n’avait pas été trouvée dans la sauce barbecue, la fête avec les refondateurs a été elle beaucoup plus fructueuse puisqu’elle a entre autre permis de produire une contribution pour le congrès de Reims, le texte « Besoin de gauche » dont le premier signataire est Pierre Moscovici.

Depuis la présidentielle, Mosco a eu un parcourt qui mérite que l’on s’y attarde quelques minutes, entre un discours sur la merguez et un sur la méthode qui permettra de refaire du PS un parti de gouvernement et d’avenir.
Mosco ce fut longtemps le discret mais efficace ministre européen du gouvernement Jospin. Assez discret pour éviter que Chirac ne fasse une sortie dont il avait jadis le secret, assez efficace pour réussir à résoudre, au moins temporairement, les impossibles quadratures de la construction européenne.
Il fut aussi le moins discret critique de Mitterrand à une époque où la statue du commandeur fascinait encore Solférino, où la poussière du passé commençait à recouvrir lentement les capacités de réflexion, d’innovation, de contestation de l’ordre établi.
Puis à la défaite de Lionel Jospin en 2002, il a semblé se dissoudre dans l’assemblée européenne, comme pour se préserver de la gélatine bureaucratique qui se propageait au PS, impuissant à aider les réformateurs sociaux-démocrates qui tels Dominique Strauss-Kahn se sont heurtés au mur du déni socialiste, mur dressé par tous ceux qui par tactique, paresse, ou aveuglement, ont préféré le mirage d’un gauchisme éculé ou celui d’une fantasmagorie absurde, au courage d’une remise en question, d’un examen de conscience, d’une prise de responsabilité, et au final d’une indispensable refondation.
Les choses auraient pu lentement continuer à se dégrader pour aboutir à ce que Frangy ne soit plus qu’un pique-nique pour vieux militants aux souvenirs incertains si le destin n’avait pas pimenté la politique française. Le point d’inflexion qui a peut-être fait basculer la vie politique de Pierre est à situer dans le bref échange entre Laurent Fabius et Jean-Louis Borloo lorsque ce dernier s’est fait benoitement piégé avec la TVA sociale entre les deux tours de l’élection législative. Il faut se souvenir qu’à l’époque, la France avait voulu voter pour un président de gauche, mais s’était retrouvée piégée dans un combat médiatique Royal / Sarkozy. Ayant donné une large victoire à ce dernier, la législative aurait dû être triomphale si on ne lui avait pas rappelé, avec cette histoire de TVA, que Sarkozy n’était pas de gauche. Grace à une mobilisation militante crânement menée, nombre de sièges de députés qui revenaient mécaniquement à la droite ont été arrachés par la gauche, dont celui du pays de Montbéliard de Pierre Moscovici. Après un long combat de terrain, ce dernier bénéficiait enfin du coup de pouce récompensant ses efforts. La suite a été menée de main de maître et ne doit rien cette fois à la chance. Depuis le départ de DSK au FMI, il tient avec talent le rôle de la voix de la social-démocratie, et en tandem avec J-Ch. Cambadélis, il a su faire sien les travaux du manifeste social-démocrate, su écouter, innover en utilisant internet à bien escient, mais aussi su élargir l’audience de S&D et rassembler comme en témoigne aujourd’hui la dynamique rassemblant Montebourg, Collomb, Guérini, Valls et maintenant Aubry et Lebranchu.
En ce week-end d’été à Frangy, le mouvement de refondation social-démocrate est devenu une évidence pour l’avenir du parti socialiste et Pierre Moscovici a réussi l’étonnant pari d’exister au nom du collectif, de mettre en avant les travaux de réflexion issus à la fois des penseurs du PS et des militants, sans renier ses propres convictions. La marque d’un nouveau social-démocrate.
Je ne sais pas si Reims sera un succès, mais nous avons toutes les raisons de faire une belle fête dimanche.

Un Tsar défiant nos renoncements

Le puzzle du monde est en train de se recomposer. Peut-être que pour nos yeux déconnectés de l’urgence de la survie et blasés par tant de bruits et et fureurs télégéniques, l’aventure russe en Ossétie n’est-elle qu’une distraction estivale pour militaires en mal de revanche, mais je crois pour ma part qu’il s’agit là d’un soubresaut très symptomatique du rééquilibrage géopolitique en cours.

Quand ce rééquilibrage a-t-il commencé ? En 1989 à la chute du mur de Berlin ? Symboliquement sans doute. Mais cette date correspond à la fin de l’erreur communiste, pas à celle du bloc qui lui faisait face depuis tant d’années. Ce fut la fin de l’affrontement du modèle collectiviste dictatorial contre un modèle jusqu’alors libre et globalement démocratique.

Non, la bascule est sans doute à trouver quelque part dans une des guerre d’Asie occidentale, entre Irak et Afghanistan, guerres étranges s’il en est, entre cynisme mercantile, fanatisme religieux partagés et plus ou moins avoués, ou peut-être simplement guerre de remplissage du vide laissé par la fin de la guerre froide. L’Amérique devenue en apparence omnipotente par manque d’un adversaire à sa taille, s’en est inventé un, Al Quaïda, chimère ou ectoplasme que l’on voit en chaque endroit mais dont la substance est aussi insaisissable que son icône barbue. Al Quaïda, le mister Hide de l’Amérique… Depuis elle s’épuise dans un combat qu’elle ne peut pas gagner, ni militairement ni idéologiquement. Depuis l’URSS redevenue Russie s’est adaptée au monde et forte de ressources qui manquent à ce dernier à l’heure de la rupture énergétique, a repris confiance et s’enhardit à reconquérir les confetti perdus de sa gloire passée

Qui sera à même d’arrêter la charge des cosaques russes ? L’Amérique militairement dispersée, économiquement au point d’équilibre entre déroute et rebond, ne fera rien pour sauver quelques vallées à la frontière de l’Europe.

L’Europe sans cap politique renouvelé, sans identité réaffirmée, sans leadership efficace, sans figure emblématique, ne pourra pas faire beaucoup plus que ce qu’elle a fait en se précipitant à Moscou pour signer un texte de cesser le feu qui donne quitus au vainqueur, qui ignore la conscience viscérale du danger ressenti par les pays de l’Europe de l’Est. Étrange parfum de Munich pour un Daladier réincarné et expéditif…
La Russie remplit le vide que nous n’arrivons pas à combler. Finalement, elle ne nous menace pas vraiment, elle révèle les menaces que nous avons nous-mêmes laissé prospérer en ne prenant pas politiquement la mesure de la chute du mur de Berlin, en laissant flotter l’Europe sur sa lancée technocratique, en nous berçant d’illusions sur un parfum de gloire passée, en ne forgeant pas un nouveau destin, un nouveau citoyen européen irrigué d’un passé certes conflictuel, mais politiquement et intellectuellement brillant, et surtout un citoyen demandeur d’avenir commun, d’un projet à la hauteur de l’ensemble de son histoire.

Le Tsar Poutine ne s’arrêtera que si nous sommes capables de l’éblouir à nouveau. Il n’a que faire des faibles.

Cracher sur le Lama

Le Dalaï-lama rend visite à la France cette semaine. Enfin, plutôt aux français parce que la présidence de la République (à l’exception des sénateurs) a décidé de le snober.

Cette soudaine affirmation de la laïcité élyséenne ne manquera pas de surprendre ceux qui ont pu suivre les aventures sms du chanoine de Latran, mais elle est surtout hypocrite et destinée à justifier une position acrobatique de la diplomatie élyséenne suite à des maladresses successives concernant le voyage express de Nicolas Sarkozy à Pékin.

Après tout, que ce dernier ait décidé de passer quelques heures en Chine pour assister à l’ouverture des JO est à l’origine anodin et sans grande impacte : sa présence aurait pu simplement être présentée comme un hommage à l’olympisme et à l’amitié entre les peuples et l’affaire aurait été pliée. Mais non, il a fallu qu’il se mette lui-même la pression en liant l’affaire à des gestes immédiats entre chinois et tibétains, ce qu’il ne pouvait obtenir et ce qui pour cet événement précis aurait dû  concerner en premier chef le CIO, le Tibet et la Chine. Et si la résolution immédiate du problème lui avait été à ce point primordiale pour l’Elysée, nous aurions pu également ne pas aller à Pékin et nous contenter de déléguer un ministre, sans tambour ni trompette.

Enfermé dans ce non sens, nous nous sommes donc retrouvé à Pékin en dépit du préalable que nous avions nous-mêmes fixé et en donnant l’impression de céder aux injonctions de l’ambassadeur de Chine à Paris.

Nous aurions pu nous contenter d’être ridicule et faible, mais avec la visite du Dalaï Lama, les conseillers de l’Elysée nous encouragent à boire le calice jusqu’à la lie. Cette fois, on nous explique qu’il n’y aura pas de rencontre entre Sarkozy est lui puisqu’il n’est pas un chef d’état, mais un chef religieux.

Excuse en forme de tautologie ! Le chef spirituel bouddhiste n’a jamais revendiqué un quelconque statut de chef d’Etat et s’il se bat pour le Tibet, c’est pour éviter la sinisation forcée des tibétains et la destruction de leur culture. Pourquoi sortir un tel argument si ce n’est pour cacher par une absurdité une autre absurdité ?

Même si cet argument devait être retenu, cela signifie-t-il qu’à partir de maintenant la France ne rencontrera plus aucun représentant de religions ou de groupes spirituels et philosophiques. Cela s’appelle de l’ostracisme pour le moins…

Sur le fond, ce qui m’attriste le plus c’est que la France, avec son passé et ses idéaux, n’est plus capable de respecter un prix Nobel de la paix qui au fond vient lui rendre hommage. Osera-t-on aussi prétexter une clause religieuse si Desmond Tutu nous honorait de sa présence ? Que trouvera-t-on à opposer à Nelson Mandela ? Shimon Peres ne serait-il pas par hasard représentant d’un état où la religion occupe trop de place ? Et en creusant un peu, ne devrait-on pas déclarer Al Gore persona non gratta pour ne pas fâcher l’administration républicaine américaine ? Ne risquerait-on pas de s’attirer les foudres de la finance internationale si on accueillait Muhammad Yunus ?

Que la liste est longue des hommes et femmes de bonnes volonté dont l’action a changé positivement le monde et qui risquent maintenant d’être traitées avec mépris par ce gouvernement, juste pour justifier son amateurisme ou sa lâcheté. Comme notre pays a changé, lui qui naguère se voulait être la lumière illuminant le monde, et qui n’est plus qu’un hôtel pour dictateurs en mal de shopping de luxe.

Fabius le centurion maudit

Le congrès approchant, une question jusque-là cachée fait surface : que faire des fabiusiens ? Pour autant que je m’en souvienne, j’ai toujours vu Laurent Fabius comme un héros tragique. D’abord brillant et prometteur lieutenant du vieux césar élyséen, il a été très tôt en charge des affaires de la France. Trop tôt peut-être, coincé entre le destin du commandeur et le sien qui ne pouvait s’émanciper. La tragédie est arrivée de façon insidieuse, indirecte, et probablement injuste, comme tout mécanisme de tragédie grecque qui se respecte. Indirecte puisque le mal est venu d’un dysfonctionnement de l’administration en charge des transfusions sanguines, insidieuse puisqu’il n’était pas directement en charge de ce qui se faisait, probablement injuste car au final il a probablement pris les décisions qu’il fallait, mais trop tard sur un sujet trop porteur de symboles : sang symbole de vie, poison symbole de perfidie. Cet épisode a scellé son destin, il ne s’en est jamais vraiment remis et encore aujourd’hui, une ombre fantomatique semble poursuivre Laurent Fabius.

Mais ce n’est sans doute pas la seule raison de la méfiance généralisée envers les fabiusiens. Ce courant représente l’archétype du courant d’influence au sein du PS : extrêmement structuré, discipliné, efficace, ayant une logique propre, idéologique au départ, mais s’étant fourvoyé dans des choix de pure tactique personnelle avec par exemple le non au TCE. Moi qui ait également voté non à ce referendum, je me suis demandé à l’époque ce que j’aurais fait à la place de Fabius : être fidèle à une conviction doublée d’un intérêt pour se singulariser, ou accepter le choix majoritaire en sachant qu’il cachait une schizophrénie collective (qui a fini par s’exprimer le jour du vote) ? Un simple militant aurait pu à la rigueur s’abstenir, mais le centurion Fabius se devait de combattre pour le choix collectif. Ne l’ayant pas fait, il a augmenté la méfiance envers son courant qui est passé “d’une logique propre” à une “logique antagoniste”. Une telle logique l’a conduit à se gauchiser par la suite alors que la présidentielle a clairement montré que les français cherchaient un centre-gauche renouvelé dont la social-démocratie refondée serait un digne représentant. Le héros s’enfonce dans l’erreur, poussé par la machine du destin. A l’heure du congrès, la question des fabiusiens est incontournable. Trop marginalisés, ils ne peuvent prétendre dégager une majorité mais ils restent difficilement contournables, surtout pour ceux qui pensent que l’avenir du PS passera forcément par la voie des courants. Parallèlement, s’étant perdu dans des choix contraires à la volonté générale, tout le monde se méfie de ce courant. Peut-on débloquer cette situation ? Sans doute, je l’espère, mais cela passera probablement par quelques symboles, au premier rang desquels on trouve la réhabilitation du tragédien : il faut offrir à Laurent Fabius le combat qui restaurera l’honneur perdu du centurion, quitte à ce que ce soit le dernier. A partir de là, le poids du symbole ne pesant plus sur ses troupes, nous avons une chance de repartir dans une coopération apaisée, saine, constructive. Il reste au destin à produire cette dernière bataille et au futur dirigeant du PS à l’offrir à Laurent Fabius. Vision romantique de la politique qui sera peut-être contredite par le cynisme défaitiste de la politique française actuelle…

Petits dessins contre longs discours

Août 2008. Ces derniers temps, chaque mois voit tomber sa mauvaise statistique, les dernières en date étant l’effondrement de la confiance des ménages et la remontée confirmée du chômage. La communication étant généralement faite par rapport au mois précédent ou au mieux sur la tendance, il est difficile d’en tirer autre chose qu’un sentiment immédiat. Je me suis donc posé la question de savoir si ce gouvernement était aussi mauvais que le sentiment que nous en avions, et parallèlement, quelle période des 20 dernières années avait été la meilleure. Pour le savoir, je suis allé collecter du côté de l’INSEE un certain nombre d’indicateurs macro-économiques dont voici la synthèse graphique.

Balance commerciale :
secu
Indice de confiance des ménages :
indice de confiance
Taux de prélèvements obligatoires :
impots
Déficit budgétaire :
budget
Taux d’inflation :
inflation
Taux de chômage :
chomage
Croissance du PIB :
croissance

Il n’y a pas photo : oui les années 2002 à aujourd’hui ont été particulièrement mauvaises, et en aggravation ces deux dernières années. Quant à la meilleure période, on la trouve un peu avant 2000 alors qu’au gouvernement nous trouvions certains Strauss-Kahn, Aubry et autres Moscovici sous la houlette de Lionel Jospin. On trouvera également un certain nombre de faits qui contredisent les bonniments actuels dans cet article d’Agoravox.
Si les élections étaient basées sur les résultats et la compétence, la France serait gouvernée fort différemment…