Les ronds de la transition

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800px-11._Éolienne_du_Parc_de_Derval-LusangerSi l’idée autant que la nécessité d’une transition énergétique est acquise, le chemin qui y mène semble pavé d’intentions plus ou moins bonnes.

Tout d’abord, il est un peu saugrenu de trouver des discussions sur les sacs plastiques et la vaisselle jetable dans ce débat. Non pas que cela soit sans importance et que oui, les océans se porteront mieux sans déchets plastiques, mais cela me semble d’une autre nature que l’avenir énergétique. Pour ce qui est de l’écotaxe, le débat étant devenu hystérique, cela n’a plus rien à voir avec une question de choix énergétique.

Ensuite, je reste plutôt agacé par des positions finalement très stéréotypées et par la faiblesse des principes généraux.

Pour les principes généraux, je défends avec force l’idée d’une énergie peu chère, abondante, entrant dans le cadre du développement durable. Je défends avec encore plus de force l’idée d’un accès universel et à un coût soutenable à l’énergie nécessaire pour assurer les besoins fondamentaux des citoyens. Cela doit entrer dans la définition même d’un service public de l’énergie et cela s’oppose à une conception rétrograde et malthusienne de l’énergie.

Quant à la technologie, le sujet est plus passionné que passionnant tant il n’est devenu qu’une répétition d’antiennes et de fantasmes.

Commençons par « l’obsolescence programmée ». Il me semble que garder le plus longtemps possible un objet pour diminuer son coût énergétique est un peu court. Ma grand-mère a son frigo depuis plus de 20 ans. Bel exemple à suivre me direz-vous ! En fait, un réfrigérateur dernier cri de classe A++ va consommer entre 25% et 37% que son homologue de classe A. Or un frigo ayant 20 ans a plus de chances de se rapprocher d’une classe Z que du A. Autrement dit, ce vieux frigo symbole de la lutte contre l’obsolescence programmée est une catastrophe énergétique à lui tout seul. Pire que cela, sans un remplacement motivé par l’innovation rapide, vous auriez toujours en poche un téléphone d’il y a 10 ans et certes pas un smartphone dont les possibilités ont transformé radicalement les usages (l’I-Phone est sorti en 2007).

Il apparaît clairement que l’utilisation du pétrole va diminuer dans notre vie quotidienne. La face la plus visible de cette évolution étant l’automobile qui non contente d’avoir des moteurs de plus en plus optimisés se voit adjoindre des sources complémentaires d’énergie. Là, cela se passe plutôt bien et en douceur.

Là où cela se passe plutôt mal et dans le bruit et la fureur, c’est pour la production d’électricité. Le débat s’est focalisé depuis des dizaines d’années sur le nucléaire. Oui la technologie de la fission nucléaire induit des risques aux conséquences désastreuses et oui elle a tué à plusieurs reprises. Mais pour être totalement objectif, elle a tué moins que le charbon. Si le nombre de morts passés et à venir ainsi que le risque sont les critères, il faut interdire d’abord le charbon. Or partout où l’on arrête le nucléaire, on le remplace en grande partie par le charbon.

Si le critère est l’impact climatique, alors le nucléaire est une solution présente et à venir, à ceci près qu’il faut le plus rapidement possible abandonner la fission au profit de la fusion (ITER) qui ne pose en particulier pas de problèmes insolubles de déchets. Le pétrole, le gaz, le charbon et la méthanisation sont néfastes en terme d’impact climatique. Quant aux énergies solaires, éoliennes & hydroliennes, elles sont bien sûr une voie à condition de maîtriser la partie « grise » (pollution indirecte), mais elles sont aussi probablement limitées à une utilisation domestique ou de très petite industrie. On ne sait actuellement pas produire l’énergie nécessaire à l’industrie avec ces technologies.

Enfin, même s’il faut continuer nos efforts pour diminuer la consommation des appareils, je ne crois pas un seul instant à la diminution volontaire de la consommation. À titre personnel je peux bien investir dans des lampes fluocompactes et autre diodes électroluminescente, je ne vois pas comment imposer à ma petite famille une restriction de consommation (j’essaie pourtant !).

La politique énergétique à long terme doit être guidée par un débat sur les principes. Pour ma part : énergie peu chère, abondante, entrant dans le cadre du développement durable, le tout devant avoir une dimension sociétale intégrant un accès minimal universel à l’énergie. Les choix techniques doivent ensuite en découler en intégrant les faits.

Le développement économique en Iroise II

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Le bilan carbone comme outil de gestion du défi climatique.

La première tentative de taxe carbone a avorté, en grande partie parce qu’elle mettait des territoires comme le pays de Brest dans des difficultés largement liées au surcoût des transports : espace majoritairement rural, éloignement géographique des centres de productions, réseau de transport ne permettant pas de se substituer à la voiture… Or tôt ou tard, il faudra utiliser l’arme fiscale pour gérer nos rejets de CO2.

Le choix qui se pose à nous est simple :

  • soit d’entrer en résistance pour sauver notre porte-monnaie à court terme, ce qui nous conduirait alors de façon certaine vers la catastrophe climatique
  • soit d’anticiper les mesures qui seront prises pour adopter très rapidement les bons comportements qui diminuent notre empreinte carbone.

Je défends pour ma part la seconde solution mais il faut rapidement mettre en œuvre un certain nombre d’actions :

  • promouvoir au plus près des citoyens une communication rationnelle et percutante sur nos rejets de CO2 et leur impact
  • se doter d’outils capables de donner un coût individuel en euros de nos rejets de CO2
  • favoriser les technologies et services qui permettent de faire des économies sur ces rejets

La bataille pour éviter à notre climat de ne pas avoir une température qui augmente de plus de 2°C est trop abstraite et improbable pour nos esprits : nous n’y croyons en fait tout simplement pas ou cela évoque au mieux une journée d’été ensoleillée. Or non seulement cette bataille est en passe d’être perdue mais en plus l’augmentation de température n’a rien d’idyllique et d’agréable. Il faut mettre en place des outils simples qui « parlent » à chacun, qui permettent de mettre en regard le CO2 que nous produisons ou que nous économisons avec quelque chose de simple et clair : un « livret carbone » valorisé en euros peut répondre à cet objectif. Ce livret serait crédité ou débité en fonction de notre comportement.

L’énergie, brique de base de l’économie

Même si son coût a nettement augmenté ces dernières années, nous sommes toujours dans une économie où l’énergie est abondante et bon marché. Et cela est excellent, je refuse le discours malthusien appelant au renchérissement de l’énergie pour gérer le problème du CO2.
Non seulement nous ne devons pas renchérir ce prix, mais nous devons au contraire faire tout ce qui est nécessaire pour diminuer ce prix pour idéalement l’amener à la gratuité pour la part qui est nécessaire à la satisfaction des « besoins vitaux » de chacun. Ceci est un idéal indispensable lorsque l’on prétend vouloir faire progresser notre société : l’action publique, à gauche au moins, doit viser à affranchir chaque citoyen des contraintes qui empêchent son émancipation et sa marche vers son développement personnel et citoyen.
En ce qui concerne les entreprises, l’objectif est différent mais l’impératif d’énergie à bas prix et abondante est le même. Chaque acte économique que nous faisons consomme de l’énergie. Chaque étape de fabrication ou de commercialisation cumule donc des surcoûts. On comprend alors que l’augmentation de l’énergie est un frein radical au développement économique, et que la pénurie « organisée » aboutit à l’impossibilité de croissance lorsque l’on a atteint le plafond énergétique autorisé. A contrario, une énergie abondante et peu chère est un argument concurrentiel majeur.
L’objectif est donc de développer les structures nécessaires pour disposer d’une énergie abondante et peu chère. Il n’en demeure pas moins que nous devons gérer différents les problèmes connexes déjà évoqués :

  • diminuer notre empreinte carbone (ce qui est vrai pour l’individu l’est bien sûr pour l’entreprise ou les collectivités)
  • ne pas mettre en péril nos écosystèmes en consommant plus de ressources qu’ils ne sont capables de produire.

Là aussi, l’Iroise dispose d’atouts non négligeables. Le pays est venté ce qui a permis de développer un réseau d’éoliennes terrestres. Il faut largement développer ce réseau énergétique offshore (éoliennes & hydroliennes, fermes cultivant les algues marines pour produire du bio-carburant, …). Mais il faut aussi trouver le moyen pour que la population tire un bénéfice direct de ce réseau, par des redevances payées par les exploitants par exemple. La population et les entreprises locales doivent bénéficier de la richesse climatique, ici la force des vents et des courants, c’est un bien commun dont on concède l’exploitation.
L’Iroise dispose également d’autres sources énergétiques pouvant être tirées du bois , de l’agriculture et de l’aquaculture. Ces secteurs ont l’avantage de capter du CO2. Il faut mieux organiser ces marchés.
Nous sommes clairement dans une zone géographique dont les atouts permettent d’arriver aux objectifs fixés, tant en matière de production, de coût, de réduction de l’empreinte carbone, d’abondance et de progrès pour toute la société.

Recherche sur une bio-ferme marine de production de carburant

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La vidéo TED est en anglais, mais en synthèse :

  • Jonathan Trent présente un ensemble de recherches et de réflexions sur la production de bio-carburant à partir d’algues marines
  • Les algues ont la plus forte productivité en matière de bio-carburant
  • Une unité de production de bio-carburant marin consomme des rejets d’eau usée et du CO2, elle produit des algues et de l’oxygène
  • Une unité de production pourrait incorporer sa propre production d’électricité (solaire, éolien & hydrolien) et pourrait être couplé à d’autres éléments d’aquaculture.

Le développement économique en Iroise

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J’entame ici le premier post d’une série de réflexions consacrées à l’économie en Iroise.

La pointe nord du Finistère est une zone économique tout à la fois caractérisée par un secteur primaire très présent, un pôle d’excellence technologique et scientifique avec des écoles et organismes de recherches visibles sur le territoire du Technopôle Brest Iroise, un tissu dynamique de TPE, PME, artisans et commerçants, sans oublier une attractivité touristique et résidentielle qui ne demande qu’à se développer.

L’Iroise est cependant desservie par son caractère péninsulaire à pointe de la Bretagne, ce qui a des conséquences tout à la fois économiques et démographiques : les habitants et les entreprises y naissent, y passent leur jeunesse, mais les grandes ambitions touchent rapidement les limites du territoire ce qui provoque trop souvent un départ des forces économiques vers des régions où la progression est plus facile. Peu de ces acteurs « oublient » leur terre d’origine, beaucoup auront à cœur d’y revenir ou d’y maintenir de l’emploi, mais il n’en demeure pas moins que le potentiel de richesse est souvent réalisé « ailleurs ». Ceci n’est d’ailleurs pas propre à l’Iroise, c’est vrai d’une grande partie de la Bretagne, mais le phénomène est clairement moins marqué au fur et à mesure où l’on se rapproche du centre de la France.

Les pouvoirs publics locaux et les entrepreneurs ont développé un certain nombre de stratégies pour amoindrir ce handicap en misant sur le militantisme économique local, en développant une expertise forte en matière de logistique, en développant des infrastructures de communication de qualité, etc… Tous ces efforts sont remarquables, ils sont très certainement un des éléments qui contribuent à avoir un tissu dense de TPE et PME, ils ont évité la désertification économique et démographique, mais ils ne sont pas arrivés à exploiter jusqu’au bout les atouts locaux.

Or, parmi les quatre défis qui se posent à nous (climat, énergie, démographie, numérique), il se trouve que trois d’entre eux au moins sont à même de bouleverser la donne économique :

  • le climat nous oblige à repenser la chaîne logistique de nos productions, de prendre en compte l’impact carbone de notre économie,

  • l’énergie qui pose problème à la fois parce qu’une trop grande proportion de ce que nous utilisons aggrave le bilan carbone, parce que le marché du pétrole (côté demande) risque fort de devenir de plus en plus imprédictible et soumis à de fortes tensions,

  • enfin le numérique qui change certaines règles économiques « classiques » en modifiant la géographie de chalandise et de production (territoire physique), en introduisant des mécanismes de gratuité des services, en modifiant les modèles économiques et sociaux des entreprises (on ne sait plus clairement définir où commence et où finit l’entreprise, qui est un acteur interne ou externe), en accélérant de façon incroyable les cycles de vie économique, en perturbant notre vision de la rareté et de l’abondance.

En économie, tout défi est à la fois un risque et une opportunité, l’Iroise peut éviter l’écueil des risques et tirer les bénéfices des opportunités. Les prochains articles explorerons quelques pistes pour cela.

La question du nucléaire

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La déclaration d’Arnaud Montebourg à BFM TV me permet de revenir une fois encore sur la question nucléaire et d’exprimer un point de vue certes personnel mais que je sais assez largement partagé.

J’avais regretté pendant la présidentielle des points peu clairs, le temps du gouvernement semble nous obliger à entrer dans un processus plus ouvert et surtout plus affirmé quant à nos choix.

 Les trois nucléaires

Tout d’abord, il n’y  pas une question nucléaire, mais trois : le nucléaire militaire, le nucléaire médical et le nucléaire énergétique.

Concernant le nucléaire militaire, la position affirmée par le président Hollande est claire : nous maintiendrons notre puissance de dissuasion. Ce n’est pas que cela nous enchante, mais cela s’est objectivement montré efficace pour maintenir la paix en Europe depuis 60 ans et c’est un élément de rayonnement de notre pays.

Concernant le nucléaire médical, il est là aussi hors de question de se passer de moyens d’analyse et thérapeutiques efficaces. L’intérêt des hommes et des femmes à soigner prime sur les problèmes créés par les déchets.

Reste donc le nucléaire énergétique. Nous savons quel est le risque industriel induit par cette technologie. Nous savons que la gestion des déchets sur le très long terme est difficile et ne peut être absolument garantie. Nous savons également qu’économiquement, même si cette technologie n’est pas la pire, son intérêt est moins idyllique que ce qui a pu être longtemps vanté.

Gérer rationnellement le risque

Nous savons que l’opposition au nucléaire comporte des aspects totalement irrationnels voire pervers dans ses conclusions. On se souviendra de Fukushima pour le comprendre.

Cet accident qui illustre le pire de ce qui peut arriver à une centrale, a abouti à la fermeture de toutes les centrales nucléaires nippones et a accéléré la fin du programme nucléaire de certains pays. Des milliards ont été et vont être encore dépensés pour supprimer ce risque industriel et payer le surcoût de production. Était-ce rationnellement et objectivement la bonne solution ?

Le tsunami qui a provoqué l’accident de Fukushima a fait environ 20.000 morts, c’est une catastrophe naturelle qui peut se reproduire demain, et dont on peut en grande partie se préserver avec un urbanisme côtier plus adapté que ce qu’il n’était (les japonnais avaient pourtant fait beaucoup d’efforts).

Parallèlement, l’accident nucléaire de Fukushima a lui fait quelques victimes dont très peu ont une relation directe avec une irradiation.

Même pour un pays aussi riche que le Japon, l’argent qui sera mis dans la dénucléarisation hâtive du pays ne le sera pas dans la protection civile contre un futur tsunami. Pire que cela, nombre d’énergies alternatives au nucléaire dégradant fortement le bilan carbone, on peut supposer sans trop se tromper que la phobie nucléaire contribue à l’échec de la maîtrise de l’effet de serre, ce qui induira d’autres catastrophes, climatiques cette fois, et donc d’autres morts.

L’abandon hâtif du nucléaire retarde également la sortie de l’ère du pétrole, ce que nous payons chaque jour en prenant notre voiture ou un bus.

Alors oui il faut mieux gérer le risque nucléaire, oui on peut envisager de sortir du nucléaire, mais pas n’importe comment !

Pour une politique nucléaire claire

Il y a bien longtemps déjà, j’avais co-écrit un texte qui me semble toujours d’actualité. Aujourd’hui, on peut envisager de tracer une ligne politique simple et claire sur le sujet :

  1. la politique énergétique doit répondre aux besoins de la société, cette politique est faite de production autant que d’optimisation
  2. la politique énergétique doit assurer la pérennité de notre société et des écosystèmes dans lesquels nous nous développons
  3. la production d’énergie à partir de la fission nucléaire est une solution importante, qui permet la concentration et l’optimisation industrielle, mais qui pose de réels problèmes de sécurité
  4. la fission nucléaire n’est pas une technologie d’avenir, à la fois à cause des problèmes induits et de la consommation de ressources non renouvelables. En conséquence, réfléchir à son arrêt progressif est légitime et rationnel, mais cela doit se faire de façon optimale, en commençant par les centrales les plus problématiques et en les remplaçant soit par des centrales nucléaires plus puissantes et plus sûres, soit par des centrales à énergie à moindre impact sur les écosystèmes.
  5. la sortie de la filière à fission ne doit pas remettre en cause la recherche sur la production d’énergie par la fusion nucléaire, au contraire cette dernière étant le moyen le plus puissant pour produire de l’énergie à moyen terme. En ce sens, l’énergie nucléaire (la fusion) est une solution d’avenir.
  6. Notre politique énergétique doit tendre à fournir à notre société une énergie abondante, la moins coûteuse possible, avec une production la plus sûre possible, avec une pression sur les écosystèmes la moins forte possible.

C’est cette dernière équation que la politique gouvernementale doit à mon sens résoudre, par la concertation et l’explication des faits, par le combat contre l’irrationalité, par le courage des choix et la clarté des propos.

Le refus du malthusianisme ambiant

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Je sorts quelques instant de la torpeur estivale pour quelques réflexions sur un sujet  qui me trotte dans la tête depuis un bon petit bout de temps.

Je n’aime pas trop l’atmosphère actuelle, certes parce que les temps sont particulièrement durs et que notre nouveau gouvernement n’a fait qu’entamer son travail de réforme, mais surtout parce qu’elle est animée par un profond mouvement de recul et de repli sur des valeurs passéistes (« c’était mieux avant« ) lorsqu’elles ne sont pas carrément anti-progrès.

Cela prend mille et une formes, mais le débat sur l’économie en est une bonne synthèse. Il me semble que ce débat, qu’il prenne l’angle de la « démondialisation« , de la « décroissance« , ou de la sempiternelle invasion (dont on ne sait plus très bien d’où elle vient d’ailleurs), se nourrit à la fois d’éléments très objectifs (la crise, la perte d’emploi avec les sociétés qui ferment, …), d’éléments plus ou moins philosophiques (l’insatisfaction et le mal-être de la société de consommation) et d’erreurs de compréhension.

L’une des erreurs les plus graves pourrait être lié au constat du monde fini dans lequel les sociétés humaines évoluent. Le XXième siècle a été le siècle où les hommes ont effectivement compris que leurs frontières géographiques ne pouvaient plus être poussées plus loin et qu’en plus, les moyens mis à leur disposition pouvaient parfaitement aboutir à l’épuisement complet des ressources de leurs territoires. De là nait un raccourcis malthusien : si les ressources sont finies dans un espace fini, il faut arrêter de croître, en particulier de façon économique.

Raisonnement simple mais parfaitement faux puisqu’il postule sans le dire que la croissance n’est issue que des biens physiques (matières premières, production agricole, …) alors que la croissance peut aussi se nourrir de l’énergie (dont nous n’avons pas atteint les limites), des services (la « matière première » des sociétés humaines) et de la connaissance (on pourrait ajouter à cette liste la finance, mais malgré la capacité de croissance de ce secteur, les années que nous vivons montrent combien les risques de cette industrie sont mal maîtrisés !).

Chercher à opérer un recul économique malthusien est une position qu’un parti de progrès comme le PS ne peut en aucun cas défendre. Notre combat en la matière doit être d’optimiser et d’équilibrer l’économie liée aux secteurs qui consomment les ressources physiques des écosystèmes et de réorienter l’économie pour développer l’économie de l’énergie, des services et de la connaissance.

Nous devons favoriser tout ce qui permet d’avoir de l’énergie, des services et des connaissances abondants et bon marché. Nous devons le faire avec force, conviction et enthousiasme.

Un monde malthusien est un monde de rareté et de récession, un monde qui ne peut que s’éteindre. Nous n’avons aucune raison d’entrer dans ce monde là, et au contraire, nous devons repartir à la conquête des espaces qui restent infinis et inépuisables et baser nos économies là-dessus. Nous sommes aujourd’hui à un point d’inflexion puisque les modèles marxistes & capitalistes sont arrivés à leur terme, à nous de faire les bons choix pour construire le nouveau monde.

Brêves de campagne : essence et meeting à Brest

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Je l’ai dit et écrit un nombre incalculable de fois (et ce n’est pas encore dû à l’âge), la rupture énergétique est un des défis majeurs dont les choix doivent se faire à cette élection. La flambée actuelle  des prix du pétrole n’est que l’aspect le plus immédiatement sensible et visible.

Pour répondre à ce défi, François Hollande a promis une première mesure immédiate à son arrivée au pouvoir, à savoir le blocage temporaire des prix, le temps de trouver des solutions durables.

 

La deuxième brève de ce post concerne la venue d’Axel Kahn le généticien, à l’invitation de Patricia Adam candidate socialiste sortante aux législatives. La conférence sera largement consacrée à la place de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Décidément, après Benoit Hamon mercredi prochain à Saint-Renan, le Finistère se pose fièrement comme fer de lance des batailles présidentielles et législatives !

Politique énergétique en nord Finistère

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Le ministère de l’industrie vient d’annoncer en présence du président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, que le site de Landivisiau était retenu pour l’implantation de la future centrale électrique à cycle combiné au gaz dont le démarrage devrait être effectif en 2016. Cette annonce s’inscrit dans le pacte énergétique breton destiné à sécuriser l’approvisionnement en électricité et connu sous le nom Triskell Breton.

Un plan nécessaire et porté par les socialistes bretons

La région Bretagne ne produit qu’un peu plus de 8% de l’électricité qu’elle consomme, et l’on sait que la demande va être croissante dans le futur. Les habitants comme les entreprises demandent plus d’énergie, il faut donc répondre à cette demande par plusieurs moyens.

Produire pour sécuriser

D’abord à court-moyen terme, en augmentant les capacités de production par des moyens qui allient puissance et souplesse. Les centrales au gaz ne sont pas idéales du point de vue rejet de CO2, mais à court terme, elles répondent à l’exigence de notre société et de ses citoyens. C’est pourquoi les élus PS nord finistériens soutiennent le Triskell Breton alors que d’autres partis ou comités le combattent. Il serait bon d’ailleurs que la candidate EELV à la législative dans la troisième circonscription du Finistère (Brest-rural) clarifie sa position sur le sujet et donne sa position aux citoyens d’Iroise.

Produire avec un impact minimal sur les écosystèmes

Mais le programme de production ne se limite pas à cette décision. Le pacte énergétique donne pour objectif principal à terme, la production énergétique à partir de sources renouvelables, solaire, éolien et bien sûr hydrolien dont Brest pourrait devenir un des pôles majeurs pour peu que nos futurs députés puissent s’emparer de façon concertée du dossier pour parler d’une seule voix et défendre un projet stratégique pour le nord Finistère. Une énergie abondante et peu chère est un élément fondamental de compétitivité et de création de richesse.

On notera au passage l’échec de la politique UMP sur le sujet : concernant EDF, on a depuis quelques années longuement entendu parlé de la nomination rocambolesque de M. Proglio, de sa bataille avec la patronne d’Aréva, de l’augmentation des tarifs de l’électricité, des centrales nucléaires à l’arrêt ou mal protégées ou encore des actions EDF en chute libre. Par contre les annonces sur les succès de la compagnie nationale et de l’amélioration du service public de l’énergie ont été plus que rares pour ne pas dire absentes !

Économiser

Le triskell est basé sur trois piliers, sécuriser, produire renouvelable mais aussi économiser. Loin des polémiques autour d’une vision malthusienne du problème énergétique, d’une contestation systématique quelle que soit la proposition (contre le nucléaire, contre le gaz, contre l’éolien, contre l’hydrolien, …) qui reporte hypocritement la responsabilité de produire chez le voisin (le plus lointain possible ce qui est une aberration puisque plus le centre de production est loin et plus on gaspille de l’énergie pour le transport !). Les choix de la région Bretagne en général et des socialistes Bretons en particulier sont faits dans l’intérêt des citoyens, en prenant en compte toutes les contraintes pour aboutir au meilleur compromis possible, compromis qui ouvre les perspectives d’avenir tout en assumant ses responsabilités.

Avec le cas Breton, c’est toute la future politique énergétique du futur gouvernement socialiste qui est concrètement illustrée ici, une politique équilibrée et efficace qui renvoie dos à dos ceux qui soutiennent l’imprévoyance de la politique énergétique UMP et ceux qui soutiennent un replis sur soi égoïste et malthusien.

Il ne manque donc plus pour généraliser ce progrès, que d’élire un président qui défend cette orientation, et des députés qui la soutiennent et voteront les lois nécessaires.

Elections présidentielles et législatives : l’heure du bilan

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Il n’est pas utile d’attendre la fin du faux suspens concernant la candidature de Nicolas Sarkozy, dont l’annonce aura été aussi laborieuse et mal menée que son mandat, pour faire un post sur le bilan de 10 années de gouvernement UMP dont 5 années de sarkozysme.

Je ne m’appesantirai cependant pas sur cet homme en particulier, tellement de choses ont été déjà dites et écrites, tellement de records catastrophiques étant accrochés au tableau de déshonneur de notre pays par sa faute. Non, je souhaiterais plutôt consacrer ce billet à ceux et celles qui pendant toutes ces années l’ont soutenu, ont voté ses lois, ont répandu la bonne parole politique de celui qui a toutes les chances de rester dans les annales comme le pire président de la Vème République. Et plutôt que de parler en général, autant examiner le cas de l’une de ces fidèles députées, à savoir la députée-maire de la troisième circonscription du Finistère, Marguerite Lamour.

La chose est grandement facilitée car cette dernière, élue depuis 10 ans, a elle-même fait un bilan de ses mandats, bilan où elle exprime avec une sérénité décalée sa satisfaction par un « on a fait du bon boulot !« . L’actuelle élue d’Iroise, heureuse et ravie du travail accompli, déclare en préalable son amour des gens, ce que nous saluons bien que je ne connaisse pas d’élu qui commencerait son discours par une déclaration de détestation à l’encontre de ses électeurs… Et, plus étonnant quand on fait un bilan de mandat parlementaire, elle met en avant son omniprésence dans « […] toutes les assemblées générales, fêtes de la moisson, de la mer, etc » comme résultats de son mandat. Il est certain qu’en matière de mondanités à la ville et à la campagne, il est impossible de manquer Marguerite Petit-Four, députée d’Iroise ! Bien sûr madame que le lien avec les citoyens est souhaitable, nécessaire, indispensable, mais en terme de bilan législatif c’est un peu court. Être député à l’Assemblée Nationale ne se limite pas à faire de la présence aux différentes fêtes et cocktails. Un député se doit d’être le relais des citoyens et des élus du territoire à Paris, d’articuler ses actions entre celles des élus locaux dont la mission est par essence locale, et celles du gouvernement dont la mission est de s’occuper de la France.

Cela « permet de défendre des projets » dites-vous. Bien, mais lesquels ?! J’ai beau regarder l’arsenal de Brest par exemple, je n’ai pas l’impression que votre fonction de rapporteur du budget de la marine lui a été profitable. Quant à la Sobrena, ce « gros dossier » dont vous parlez, j’ai dû rater les épisodes où debout sur les barricades ou à l’Assemblée vous défendiez bec et ongles l’avenir de cette entreprise !

Où étiez-vous début février ? Surement pas en train de rechercher des projets industriels. La Sobrena vaudrait-elle moins la peine que l’on se batte pour elle que pour Lejaby ?

« On a fait du bon boulot en prenant des mesures impopulaires. Il fallait le faire. La crise est arrivée. » La crise a bon dos : dès 2010 la cour des comptes relevait que les déficits publics n’étaient pas imputables qu’à la crise, très loin de là, mais bien à l’incapacité de votre majorité à maîtriser ses dépenses. Peut-être n’était-ce là finalement que l’application de la doctrine UMP de la « bonne dette » ! Si les déficits ont atteints les abysses, c’est parce que vous avez voté pendant 10 ans des budgets qui nous menaient droit là où nous en sommes aujourd’hui.

Et non madame, Le Fouquet’s de Nicolas Sarkozy comme les mondanités plus ou moins champêtres de Marguerite Lamour ne sont pas que des clichés, ce sont bien des façons de faire de la politique, votre façon de faire de la politique et vous l’affichez assez largement sur votre propre site ! Tout dans l’apparence, le discours qui flatte, la phrase couleur locale bien préparée, le ronron des mots qui années après années n’arrivent plus à cacher la vacuité du projet politique, l’absence de vision.

Il ne suffit pas de dire que l’on aime les agriculteurs pour les sortir de l’étau dans lequel ils sont : comment peuvent-ils concilier l’injonction qui leur est faite de produire en quantité et pas cher et l’urgence qu’il y a à diminuer leur impact sur les écosystèmes ? Les flatter ou leur taper dessus ne les aide en rien !

Et où est la vision en matière énergétique ? L’Iroise est en bout de réseau électrique, Brest pourrait devenir un pôle d’excellence en matière d’énergie marine et éolienne : mais où sont vos combats en la matière ? où sont vos projets de lois ? où sont les projets industriels que vous avez défendus ?

Il est de bon ton de parler des PME et de TPE. Mais alors que la troisième circonscription est une terre de petites entreprises, avec son technopole, appuyée par ses centres d’enseignement et de recherche, qu’avez-vous fait pour développer ce tissu industriel ? Qu’avez-vous fait pour les aider à s’emparer victorieusement du défi du numérique, de la révolution des énergies renouvelables ?

Et ne parlons même pas du changement climatique dont on peine à trouver trace dans vos déclarations. Faudra-t-il attendre que Molène soit submergé par une tempête hors norme pour évaluer les risques de ce changement, pour prendre des décisions et mettre en place un plan d’anticipation et de précaution ?

Mais qu’est-ce qui vous rend ostensiblement si immodeste et si satisfaite de vous-même et de votre bilan ? Peut-être le sentiment d’être sur une terre votant forcément à droite. Mais votre vision de la carte électorale locale date manifestement d’une époque qui n’est pas celle-ci ! Ploudalmézeau, votre fief que vous citez fièrement, n’est resté à droite lors des dernières cantonales que parce qu’il n’a manqué que quelques voix pour le candidat socialiste, quelques électeurs seulement ! Et puis, pour finir ce post, je vais vous faire une révélation, certains que vous citez parmi vos soutiens ne sont pas exactement prêts à voter à droite et pour vous aux prochaines législatives.

Je ne crois pas d’ailleurs aussi que vous ayez une majorité aux prochaines législatives si le PS présente un candidat contre vous, ce que beaucoup de citoyens d’Iroise espèrent et attendent…
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Le changement c’est maintenant, rejoignez-nous sur notre réseau social en Iroise :

Économie : s’indigner certes, mais agir surtout

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Le texte ci-dessous est le résumé d’un texte plus long que vous trouverez en [ cliquant ici ].

Bonne lecture (et que ceux qui le souhaitent n’hésitent pas à venir discuter sur facebook).
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Sauve-qui-peut
L’idéologie communiste a touché son terme avec l’effondrement du mur de Berlin. L’idéologie purement libérale a touché le sien avec l’effondrement de Lehman Brothers. Depuis les décideurs politiques ou économiques s’agitent en tous sens à la recherche d’un nouveau phare capable de les guider dans leurs décisions. La tentation du replis sur soi est-elle la solution ? Comment se guérir du dysfonctionnement de l’outil financier sans entraîner un effondrement total du système ? Comment restaurer la justice en punissant sans vindicte ceux qui ont eu un comportement délibérément pathogène voire délictueux vis-à-vis des peuples ?

Et in fine, quelles seront les bases d’une nouvelle économie au service des peuples, une économie à même de prendre en compte les défis climatiques, énergétiques, numériques et socio-démographiques ?

 

Protection ou protectionnisme ?

Personne ne peut construire quelque chose à long terme dans une anxiété et une peur constante du lendemain. Nous devons être rassurés sur la capacité de nous relever en cas d’erreur ou de chute. Aujourd’hui, les citoyens sont mis dans la situation de funambules accrochés à un fil usé dont la rupture ne fait guère de doute. Sous eux l’inconnu.

Il ne fait guère de doute non plus que nous ne pouvons pas à court terme garantir un niveau de protection au niveau de ce que nous avons pu avoir il y a dix ans.
Je crois que nous pouvons remplacer une partie de l’argent que nous n’avons plus par des systèmes de solidarité directe qui ont largement montré leur valeur en d’autres temps. C’est déjà ce que font nombre d’associations et, en attendant de recouvrer son autonomie, l’État doit acter de son indigence et utiliser les moyens qui lui restent pour faciliter et contrôler l’organisation locale de la protection de tous.

De manière plus globale, certains plaident pour la ghettoïsation de notre économie. Cette pensée est issue d’un ancrage dans un monde où la frontière était physique et tangible, où ce que l’on produisait était d’abord matériel. Mais aujourd’hui, les NTIC ont remplacé les frontières géographiques par des frontières linguistiques ou technologies. Ces mêmes moyens de communication apportent des services marchands et la possibilité d’acquérir où bon nous semble sur la planète les biens que l’ont veut. Monter des frontières douanières avait un sens dans l’ancien monde non connecté, pas dans le nôtre.

Les règles d’une nouvelle économie
Si une nouvelle économie devait nous sortir de notre situation, peut-on en tracer quelques contours qui permettent au moins de réfléchir de façon nouvelle (désolé, je n’ai pas la prétention de pouvoir donner la solution à nos problèmes).

Des briques de qualités à faible coût

La première idée est de chercher les briques de base qui servent à construire cette économie et de contrôler au maximum leur coût et leur qualité. A minima, ces briques me semblent être :

  • l’énergie
  • l’information
  • les moyens permettant d’échanger les biens et services (en simplifié l’argent).

L’état doit donc agir et être en mesure de garantir que ces éléments seront toujours abondants et libres d’accès au tarif le plus bas possible. Des nationalisations sont nécessaires. Hors de ces éléments, la production et le commerce de biens et de services doivent se développer au sein d’un marché libre mais aux règles clairement établies et équitables.

Une économie associant biens, services et numérique

La deuxième idée part d’un double constat.

Le prix des biens physiques a décru de façon fantastique grâce aux caractéristiques du commerce mondialisé.
Le deuxième constat est qu’en économie numérique ce processus de baisse des coûts s’accentue jusqu’à introduire une entrée de gamme totalement et réellement gratuite (modèle dit freemium).

Ce double constat état fait, il est possible de construire une deuxième règle : l’économie que nous devons construire doit être une économie qui associe un ou plusieurs biens matériels à un service, le tout étant fortement lié à des mécanismes d’économie numérique (dont le freemium). Ce modèle économique a été baptisé « économie quaternaire » par Michèle Debonneuil je l’étends un peu ici en y accrochant des mécanismes d’économie numérique.
Une telle économie présente de très gros avantages :

  • elle continue d’utiliser les bénéfices apportés par la mondialisation, à savoir produire des biens de consommation à bas coût
  • elle associe des éléments non délocalisables à valeur ajoutée, à savoir la production de services
  • si en plus on réussit à introduire une entrée gratuite avec un modèle freemium, alors c’est l’économie marchande elle-même qui gère directement le problème de la pauvreté d’une partie de la société.

Faisabilité
La réalisation de la première règle ne dépend que de la volonté politique. La réalisation de la seconde est plus complexe car elle nécessite la participation d’entrepreneurs dont la culture est pour la grande majorité très éloignée d’un tel univers. Il en est de-même d’ailleurs pour la majorité des politiques.
Nous devons entrer dans un nouveau monde avec de nouvelles règles qui ne sont pas celles de l’ancien monde. C’est une opération intellectuellement et opérationnellement complexe, ce n’est ni naturel ni inné, cela s’apprend et doit être accompagné.

 

Conclusion

Il faut acter de la mort des modèles économiques et sociaux qui ont prévalu jusqu’au début de ce troisième millénaire.

Il est nécessaire et impératif que les États répondent au besoin de sécurité et de protection économique et sociale des citoyens mais, au moins temporairement suite à la faillite de l’ancien système financier, il faut réorganiser le système actuel vers plus de solidarité et d’entre-aide directe et moins d’allocation financière. L’État doit jouer un rôle plein et entier dans ce nouveau système et ne pas se retrancher derrière la charité privée.

Le recours au protectionnisme ou au malthusianisme économique n’a pas de sens.

Une nouvelle économie numérique peut être bâtie en alliant le volontarisme étatique et l’esprit entrepreneurial privé. Cette économie doit s’appuyer sur des briques fondamentales dont la qualité est garantie par le service public et le coût le plus faible possible : énergie, information et système financier.
Cette nouvelles économie numérique associe des biens à bas coût à des services à valeur ajoutée, le tout rendu cohérent et économiquement viable grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Le passage à une telle économie doit être accéléré en déployant un plan d’alphabétisation numérique ambitieux.