Elections présidentielles et législatives : l’heure du bilan

Il n’est pas utile d’attendre la fin du faux suspens concernant la candidature de Nicolas Sarkozy, dont l’annonce aura été aussi laborieuse et mal menée que son mandat, pour faire un post sur le bilan de 10 années de gouvernement UMP dont 5 années de sarkozysme.

Je ne m’appesantirai cependant pas sur cet homme en particulier, tellement de choses ont été déjà dites et écrites, tellement de records catastrophiques étant accrochés au tableau de déshonneur de notre pays par sa faute. Non, je souhaiterais plutôt consacrer ce billet à ceux et celles qui pendant toutes ces années l’ont soutenu, ont voté ses lois, ont répandu la bonne parole politique de celui qui a toutes les chances de rester dans les annales comme le pire président de la Vème République. Et plutôt que de parler en général, autant examiner le cas de l’une de ces fidèles députées, à savoir la députée-maire de la troisième circonscription du Finistère, Marguerite Lamour.

La chose est grandement facilitée car cette dernière, élue depuis 10 ans, a elle-même fait un bilan de ses mandats, bilan où elle exprime avec une sérénité décalée sa satisfaction par un « on a fait du bon boulot !« . L’actuelle élue d’Iroise, heureuse et ravie du travail accompli, déclare en préalable son amour des gens, ce que nous saluons bien que je ne connaisse pas d’élu qui commencerait son discours par une déclaration de détestation à l’encontre de ses électeurs… Et, plus étonnant quand on fait un bilan de mandat parlementaire, elle met en avant son omniprésence dans « […] toutes les assemblées générales, fêtes de la moisson, de la mer, etc » comme résultats de son mandat. Il est certain qu’en matière de mondanités à la ville et à la campagne, il est impossible de manquer Marguerite Petit-Four, députée d’Iroise ! Bien sûr madame que le lien avec les citoyens est souhaitable, nécessaire, indispensable, mais en terme de bilan législatif c’est un peu court. Être député à l’Assemblée Nationale ne se limite pas à faire de la présence aux différentes fêtes et cocktails. Un député se doit d’être le relais des citoyens et des élus du territoire à Paris, d’articuler ses actions entre celles des élus locaux dont la mission est par essence locale, et celles du gouvernement dont la mission est de s’occuper de la France.

Cela « permet de défendre des projets » dites-vous. Bien, mais lesquels ?! J’ai beau regarder l’arsenal de Brest par exemple, je n’ai pas l’impression que votre fonction de rapporteur du budget de la marine lui a été profitable. Quant à la Sobrena, ce « gros dossier » dont vous parlez, j’ai dû rater les épisodes où debout sur les barricades ou à l’Assemblée vous défendiez bec et ongles l’avenir de cette entreprise !

Où étiez-vous début février ? Surement pas en train de rechercher des projets industriels. La Sobrena vaudrait-elle moins la peine que l’on se batte pour elle que pour Lejaby ?

« On a fait du bon boulot en prenant des mesures impopulaires. Il fallait le faire. La crise est arrivée. » La crise a bon dos : dès 2010 la cour des comptes relevait que les déficits publics n’étaient pas imputables qu’à la crise, très loin de là, mais bien à l’incapacité de votre majorité à maîtriser ses dépenses. Peut-être n’était-ce là finalement que l’application de la doctrine UMP de la « bonne dette » ! Si les déficits ont atteints les abysses, c’est parce que vous avez voté pendant 10 ans des budgets qui nous menaient droit là où nous en sommes aujourd’hui.

Et non madame, Le Fouquet’s de Nicolas Sarkozy comme les mondanités plus ou moins champêtres de Marguerite Lamour ne sont pas que des clichés, ce sont bien des façons de faire de la politique, votre façon de faire de la politique et vous l’affichez assez largement sur votre propre site ! Tout dans l’apparence, le discours qui flatte, la phrase couleur locale bien préparée, le ronron des mots qui années après années n’arrivent plus à cacher la vacuité du projet politique, l’absence de vision.

Il ne suffit pas de dire que l’on aime les agriculteurs pour les sortir de l’étau dans lequel ils sont : comment peuvent-ils concilier l’injonction qui leur est faite de produire en quantité et pas cher et l’urgence qu’il y a à diminuer leur impact sur les écosystèmes ? Les flatter ou leur taper dessus ne les aide en rien !

Et où est la vision en matière énergétique ? L’Iroise est en bout de réseau électrique, Brest pourrait devenir un pôle d’excellence en matière d’énergie marine et éolienne : mais où sont vos combats en la matière ? où sont vos projets de lois ? où sont les projets industriels que vous avez défendus ?

Il est de bon ton de parler des PME et de TPE. Mais alors que la troisième circonscription est une terre de petites entreprises, avec son technopole, appuyée par ses centres d’enseignement et de recherche, qu’avez-vous fait pour développer ce tissu industriel ? Qu’avez-vous fait pour les aider à s’emparer victorieusement du défi du numérique, de la révolution des énergies renouvelables ?

Et ne parlons même pas du changement climatique dont on peine à trouver trace dans vos déclarations. Faudra-t-il attendre que Molène soit submergé par une tempête hors norme pour évaluer les risques de ce changement, pour prendre des décisions et mettre en place un plan d’anticipation et de précaution ?

Mais qu’est-ce qui vous rend ostensiblement si immodeste et si satisfaite de vous-même et de votre bilan ? Peut-être le sentiment d’être sur une terre votant forcément à droite. Mais votre vision de la carte électorale locale date manifestement d’une époque qui n’est pas celle-ci ! Ploudalmézeau, votre fief que vous citez fièrement, n’est resté à droite lors des dernières cantonales que parce qu’il n’a manqué que quelques voix pour le candidat socialiste, quelques électeurs seulement ! Et puis, pour finir ce post, je vais vous faire une révélation, certains que vous citez parmi vos soutiens ne sont pas exactement prêts à voter à droite et pour vous aux prochaines législatives.

Je ne crois pas d’ailleurs aussi que vous ayez une majorité aux prochaines législatives si le PS présente un candidat contre vous, ce que beaucoup de citoyens d’Iroise espèrent et attendent…
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Brest : Manifestation pour la Sobrena

Mon agenda familial ne me permettra hélas pas d’être à Brest cet après-midi pour la manifestation de soutien aux salariés de la Sobrena. Je joints donc ma voix à tous ceux qui y seront par ce canal internet.

D’abord un petit rappel pour ceux qui me lisent d’une région un peu éloignée de Brest. La Sobréna est une société bretonne de réparation navale créée en 1987. Ce chantier s’est taillé une solide réputation sur des marchés de haute technicité (méthaniers, pétrolier, ferries) et est en mesure de travailler sur les plus gros navires du monde (la plus grande cale fait 80 m de large sur 420 m de long). En 2010, la Sobrena affichait un chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros avec un peu moins de 250 salariés plus les emplois induits. Or depuis de trop nombreux mois, la société va mal et a été mise en redressement judiciaire avec un appel à repreneurs. Plusieurs se sont déjà fait connaître : le chantier Gibdock de Gibraltar, Eiffage et l’Italien Palumbo et peut-être le Néerlandais Damen. Les dossiers doivent être déposés au tribunal de commerce lundi au plus tard.

Lors de sa visite lundi, François Hollande (qui a déclaré Brest capitale maritime de la France) a rencontré les salariés de la Sobrena en compagnie de François Cuillandre le maire de Brest et Jean-Yves Le-Drian notre président de région. Il a rappelé l’engagement des élus locaux dans ce dossier : « Avec les élus locaux, il y a une volonté de trouver une reprise durable pour cette activité« .

Enfin, oui, mais pas tous les élus du bassin brestois manifestement si l’on en croit cette déclaration de Patricia Adam (députée de Brest – même -) à propos de la députée UMP de la troisième circonscription d’Iroise (Brest rural) : « Souhaitons que sur ce dossier Mme Lamour mettra bien plus d’énergie qu’elle en a démontrée jusqu’à présent pour défendre le tissu industriel et les emplois du bassin brestois, poursuit l’élue socialiste. Depuis son élection en 2002, cela aurait été bien utile pour l’économie locale que Mme Lamour affiche autant de détermination, aux côtés de François Cuillandre et moi-même, pour essayer de sauver la construction navale militaire, défendre le choix de Brest comme port d’entretien des futurs sous-marins d’attaque, ou dénoncer la perte de plus de 2 000 emplois civils et militaires, conséquences des réformes votées par sa majorité à l’Assemblée nationale. » (décembre 2011). En fait, il faut retourner bien loin dans le temps pour trouver trace de quelques actions marquantes de madame la députée Lamour, la plus « significative » étant une intervention d’octobre 2011 en séance à l’assemblée nationale à l’endroit d’Eric Besson. Voilà un engagement pour le moins limité sur un dossier qui aurait pu être la priorité numéro un de sa fin de mandat. Il est vrai que ces derniers temps Marguerite Lamour a préféré s’engager pour la marche Jansatyagraha des Indiens plutôt que pour les ouvriers des cales de Brest !

Madame Lamour est à l’image des différents gouvernements UMP qu’elle a soutenu : l’artisan obstinée d’échecs successifs. Comme Nicolas Sarkozy elle est prompte à se montrer en public et à gratifier l’auditoire d’un discours qui flatte (le petit hommage à telle ou tel, la petite phrase en breton pour la culture locale, la petite citation – même celle de Jean Jaurès !) tout y est sauf le fond. Les salaries de la Sobrena sont il me semble peu sensibles aux discours petits fours, ce qu’ils attendent c’est un projet industriel pour leur entreprise, du travail pour leur avenir. Là est le travail d’un député, et il est vrai que Patricia Adam n’a pas pu faire grand chose d’autre que dénoncer l’inaction de Marguerite Lamour dans le passé. Mais à partir de juin, il serait plus que souhaitable qu’elle puisse défendre le savoir-faire brestois en force, appuyée par d’autres députés, en particulier celui de la 3ème circonscription de Brest rural.

Il y a tellement de possibilités d’avenir pour la Sobréna, il y a de nouveaux marchés à aller chercher sur le pôle énergie marine brestois ou encore en matière de commerce et l’industrie maritime qui ne manqueront pas eux aussi d’être impactés par la rupture énergétique pétrolière. Projetons-nous sur l’avenir, imaginons, inventons, innovons ! Il faut des députés capables de comprendre l’industrie, l’économie, de voir a minima les évolutions profondes. Marguerite Lamour a montré qu’elle en était bien incapable et que son ambition se bornait à faire de la présence dans une circonscription qui vote traditionnellement à droite. Ce qui était un cynisme en temps normal devient une imposture politique à l’heure où frappent à nos portes la rupture énergétique, le changement climatique, la bascule démographique et le bouleversement numérique de notre société. Il faut envoyer à l’assemblée nationale des députés ancrés dans leur territoire et capables de comprendre et d’orienter les grands choix nationaux. Il faudra à François Hollande une majorité forte et particulièrement aiguisée, presque visionnaire pour éviter le chaos. L’UMP nous lègue 10 années d’erreurs et de fiasco, il nous faudra le réparer, mais il faudra être aussi particulièrement forts pour affronter des défis plus que dangereux. Or, pour l’heure, l’appareil du PS, contre l’avis des militants de la troisième circonscription, a imposé une candidate EELV qui ont le sait, ne votera pas certaines lois du futur gouvernement de gauche. Comment une candidate EELV pourrait-elle défendre une politique économique de décroissance et prétendre développer l’industrie de la réparation navale de pétroliers ou de méthaniers géants ?

Avec les salariés de la Sobrena, nous défendons la politique industrielle et énergétique de François Hollande parce que c’est un cas concret où l’on constate que nos combats sont bien en phase avec la réalité du terrain. Les militants d’Iroise sont mobilisés pour ce combat qui devra aboutir à une première victoire à l’élection présidentielle. Mais cette victoire devra impérativement être prolongée par une seconde à la législative. Les sympathisants qui nous ont fait confiance à la primaire socialiste, et au-delà tous les citoyens de la troisième circonscription, méritent d’être représentés à Paris par un député capable de comprendre la réalité industrielle nord Finistérienne, capable de comprendre les menaces profondes que nous allons affronter, capable de défendre une politique puissante et audacieuse. Les militants ont exprimés leurs désaccords avec des choix d’appareil qui n’ont rien à voir avec de tels enjeux. Il n’est pas trop tard, ni pour la Sobrena, ni pour l’Iroise.

Indignez-vous, mobilisez-vous !

Militants, sympatisants ou simplement citoyens voulant le changement maintenant, rejoignez-nous au PS et sur notre réseau social :

Sobrena Brest : communiqué de presse de la fédération PS du Finistère

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Parti Socialiste soutient la mobilisation des salariés de la Sobrena La fédération du Finistère du Parti Socialiste appelle ses militants et sympathisants à se joindre à la manifestation de soutien à la réparation navale prévue samedi 4 février, à 14h30 à Brest.

Depuis septembre, les salariés de la Sobrena connaissent une situation difficile. Alors qu’une procédure judiciaire est en cours, et que l’entreprise cherche un repreneur, le Parti socialiste réaffirme son appui indéfectible et sa solidarité avec les salariés dont les emplois sont, aujourd’hui, menacés. La réparation navale fait partie de l’identité brestoise et de son avenir économique. Ces compétences doivent être maintenues et développées.

La visite de François Hollande à Brest, et sa rencontre avec les salariés de la Sobrena devant l’étrave de l’Espoir, place de la Liberté, a été l’occasion de réaffirmer fortement cette conviction : l’Etat doit porter une politique industrielle et s’engager dans une stratégie qui vienne soutenir et appuyer cette filière. La réparation navale doit rester une activité majeure du port de Brest, pour notre agglomération, notre département, et pour l’économie française dans son ensemble.

Pour interpeller le gouvernement, pour défendre une politique industrielle ambitieuse et soutenir le combat des salariés en lutte, les socialistes seront, une fois de plus, à leur côté, à l’occasion de la manifestation de samedi.

Le texte original est ici.