Hommage à Clément Méric

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L’émotion est immense mais son combat ne sera pas vain tant que nous serons présents pour défendre la liberté et la démocratie face aux réactionnaires en général et aux fascistes en particulier.

Un portrait de Clément Méric :

Clément Méric, 19 ans, militant d’extrême… par BFMTV

Récit des événements par rue89 : http://www.rue89.com/2013/06/06/questions-lagression-clement-meric-243033

Témoignage sur l’agression :

« Ils avaient l’air déterminés à faire mal » par lemondefr

Un lien vers une vidéo montrant Clément Méric (t-shirt orange, foulard rouge) lors des rassemblements à Paris du 17 avril contre la « Manif pour tous », le dernier grand combat auquel il aura participé pour ses idées :  http://www.youtube.com/watch?v=-0G9wsToQzM&feature=youtu.be&t=1m58s

Pourquoi les ordinateurs de Bercy donnent probablement une mauvaise estimation de la richesse

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smithwon011frontispiece J’ai dernièrement publié un article sur Le Cercle des Échos traitant d’un aspect très particulier de l’économie numérique, à savoir un probable début de décorrélation entre la valeur monétaire des services numériques et leur valeur intrinsèque, à savoir la richesse qu’ils apportent à ceux qui l’utilisent.

Nous, comme les entreprises, utilisons tous les jours de tels services, et de façon de plus en plus  importante : du simple service de mail qui nous permet de communiquer chaque jour sans payer quoi que ce soit pour nos envois (même pas l’équivalent d’un timbre), aux bases de données planétaires qui nous apportent un niveau de connaissance incroyable sans avoir à débourser ne serait-ce que l’équivalent d’un abonnement à la bibliothèque municipale, jusqu’à des services comme la publicité numérique par exemple qui nous permettent de récupérer de l’argent sonnant et trébuchant. Et il ne s’agit là que de services peu évolués.

La baisse drastique des coûts et la (vraie) gratuité sont deux des caractéristiques remarquables de l’économie numérique. On constate donc d’un côté une augmentation forte et continue de services numériques qui d’une façon ou d’une autre nous apportent de vrais éléments de richesse, et de l’autre une absence de valeur monétaire. Dans le milieu professionnel ceci est encore accentué par le fait que ces services numériques remplacent la vieille et coûteuse informatique.

euroOr si l’on a d’un côté une augmentation de la richesse et de l’autre aucune valorisation financière, il n’y a qu’un pas pour arriver à la conclusion que les calculs de PIB (entre autres) ne reflètent plus la réalité.

La question est ensuite de savoir si cette richesse monétairement invisible est marginale ou pas. L’économie des services numérique en ligne en France pèse environ 1 milliard d’euros et les mécanismes de cette économie utilisent presque systématiquement une entrée de gamme gratuite. On peut en conclure que non, la richesse invisible n’est pas marginale, et qu’en plus elle croît très rapidement.

Une autre question est de savoir si cette richesse invisible est de l’ordre du nécessaire ou du superflu, c’est à dire si cela nous aide à satisfaire tout ou partie de nos besoins « fondamentaux » ou si c’est une richesse dont nous pourrions facilement nous passer même si elle satisfait nos égos ou nos caprices. Il me semble que c’est les deux à la fois. Si on pourrait aisément remplacer tous les services du type loisir par exemple, les services apportés par les services de partage, ceux qui évitent des dépenses de transport ou qui nous apportent une information utile, sont eux de l’ordre du nécessaire. Pour ne prendre qu’un exemple, ne pas être obligé d’avoir sa propre voiture car on peut aisément s’en sortir avec les services de co-voiturage représente clairement une richesse invisible de plusieurs milliers d’euros par an.

220px-René_ThomSans doute comprenez-nous mieux maintenant ma question sur la probable mauvaise estimation de la richesse française. Combien de points de croissance représente cette richesse invisible ? N’est-t-on pas entré dans une période d’inflexion où pour reprendre la théorie des catastrophe de René Thom, les modèles d’évaluation de la richesse d’avant sont incapables d’estimer la richesse réelle du monde d’après puisque les modèles ont changé ?

En tout état de cause, la création d’une richesse invisible du point de vue monétaire est un constat. Cette richesse croît et n’entre pas dans les statistiques. Ce qui a une première conséquence heureuse : notre situation économique est probablement meilleure que ce qu’indiquent les statistiques ! Mais cela doit aussi inciter nos élus a accélérer l’incorporation des mécanismes de l’économie numérique dans leur façon de comprendre les problèmes. Il faut que l’action publique promeuve l’alphabétisation numérique pour que tous les citoyens accèdent à cette richesse invisible. Au-delà, il faut commencer à penser les services publiques de façon à incorporer les mécanismes de gratuité du numérique en lieu et place des coûts de l’ancienne économie. Dans le monde de la connaissance et de la connectivité qui se construit actuellement, un service public est probablement une richesse, plus un coût.

Comment s’accorder sur la façon d’être d’accord (ou pas)

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emploiL’accord sur la compétitivité emploi signé en janvier dernier arrive au parlement, ce qui génère des remous à gauche. L’objet de ce post n’est pas d’en discuter sur le fond, cela me semble un peu technique pour m’y aventurer dans un post internet, mais de prendre un peu de recul par rapport à ce que les réactions autour de cet accord révèlent.

Tout d’abord, il s’agit d’un compromis, ce qui signifie que les différentes parties concèdent des choses pour en obtenir d’autres. En soit c’est inhabituel dans un pays où la façon normale de « discuter » est de montrer ses muscles et ensuite de ne pas hésiter à s’en servir. C’est aussi en franche rupture par rapport aux dernières années où l’UMP considérait le dialogue social comme un show dont la conclusion était écrite par avance par le gouvernement. La vraie négociation et le compromis me semblent une bonne façon de faire, le chemin raisonnable entre le diktat et la révolution.

Le compromis est-il bon ? Équilibré ? Ceux qui le contestent ne le pensent pas mais les arguments qu’ils avancent sont au minimum excessifs (fin du CDI, machine à fabriquer du chômage, précarisation accrue des femmes, ..). Or ce qui est excessif a une furieuse tendance à être vain et à ôter toute crédibilité à une cause même lorsqu’elle pourrait être juste.

Le compromis est-il légitime ? C’est un point d’argumentation que j’ai entendu dernièrement : les signataires du compromis ne seraient pas représentatifs d’une majorité de salariés. La légitimité syndicale est un terrain glissant que mes camarades feraient bien de pratiquer avec prudence. Nous savons parfaitement que les organismes paritaires ont beaucoup de mal à trouver un mécanisme qui permet d’avoir des représentants effectivement représentatifs du monde du travail. Ceci vaut d’ailleurs aussi bien pour les salariés, les indépendants et les dirigeants. Bonnes ou mauvaises, les règles sont ce qu’elles sont, on peut discuter pour en changer, mais en attendant on les applique.

Un compromis entre organisations sociales & patronales peut-il avoir force de loi ? En effet, la question se pose car on demande aux parlementaires d’accepter l’accord en l’état et de ne pas le modifier. Voilà une vraie question de fond, une vraie réflexion à avoir sur le fonctionnement de notre République. Dans les discussions en cours sur l’acte III de la décentralisation, on se pose la question du rééquilibrage des pouvoirs, de la manière de prendre une décision au bon niveau de compétence et de connaissance. Mais n’est-ce pas ce qui est tenté ici ? Les députés ont-ils une compétence et une connaissance supérieure du monde du travail à celles des organisations syndicales & patronales ? Y-a-t-il un sens à demander à ces organisations de se mettre d’accord sur des textes si ces textes sont détricotés ensuite ? A contrario, la force du suffrage universelle qui soutient l’action des députés n’est-elle contrariée si les députés ne servent que de chambre d’enregistrement ? Il me semble qu’il manque un principe clair de fonctionnement dans cette histoire : le parlement doit fixer le cadre de la loi, et dans ce cadre, les acteurs sociaux doivent avoir la place pour trouver des compromis. Peut-être est-ce le cas, mais l’image renvoyée par les échanges autour de l’accord compétitivité emploi n’est pas la bonne.

La crise actuelle est la conséquence d’un dysfonctionnement profond de la finance, une perte de repères et de contrôle. Mais si la crise dure, c’est parce nous ne sommes pas structurellement prêts à rebondir, à relancer la machine, à recréer des emplois. Une évolution est nécessaire et elle ne peut pas être cosmétique. Cet accord a été établi pour aller dans ce sens. Je défends le chemin du compromis, de la négociation apaisée. Pour cela il faut changer à la fois les mœurs, les usages et peut-être améliorer le cadre législatif pour que chacun ait un cadre clair d’action. Même si tout n’est pas parfait actuellement, loin de là, le gouvernement Ayrault engage des moyens qui rompent avec le passé, qui ouvrent la discussion, qui donnent un autre horizon que « on n’y peut rien ». Ce sera long et difficile, mais en attendant je ne vois aucune raison de croire que cela échouera et qu’il faut faire chauffer les chaudrons de la révolution. La gauche doit savoir être vigilante, comme avec le mariage pour tous hier, ou encore avec le non-cumul des mandats aujourd’hui, mais elle doit aussi mettre toute son énergie pour faire avancer le pédalo…

La République 2.0 et l’acte III de la décentralisation

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Marylise-LebranchuLa réforme sur la décentralisation portée par Marylise Lebranchu continue à avancer à petits pas, mais à avancer. L’idée générale (qu’on me pardonne le raccourci trop synthétique) et de rééquilibrer les pouvoirs et compétences entre les différentes collectivités et institutions de la République, conseils régionaux, conseils généraux (désormais appelé conseils départementaux),  EPCI, communes, communautés de communes, métropoles, …

Il me semble que sur le fond, c’est une excellente chose et que cette orientation est en phase avec les attentes de l’époque et des évolutions de la société. Je ne suis pour ma part ni jacobin ni indépendantiste et je suis convaincu que la République se porte bien lorsque ses citoyens ont le sentiments que les décisions et leur application sont faites au bon niveau de connaissance et d’écoute de leur vie. Il faut trouver le meilleur équilibre entre la vision et les grandes orientations politiques sans lesquelles rien n’est possible et la vie quotidienne de chacun sans quoi rien n’a de sens.

Je dois pourtant confesser un certain malaise avec les discussions en court. Le fond des travaux n’est pas en cause mais ces travaux prennent à mon sens beaucoup trop la forme d’une discussion, d’un échange, d’une négociation entre élus, ou plus exactement entre techniciens de l’action publique. Si cela devait effectivement être le cas, je craints fort que non seulement les citoyens ne nous donneront pas un satisfecit pour cette réforme pourtant majeure, mais qu’en plus ils nous reprocheront d’avoir élargi le fossé entre l’élu et le citoyen.

La réponse qui est généralement donnée lorsqu’on dit que le citoyen n’est pas suffisamment impliqué dans l’action politique, est que ce citoyen ne prend que rarement ses responsabilités lorsqu’on lui demande de se manifester. Il est  exact que très peu d’entre nous ont, ne serait-ce qu’une fois, assisté à un conseil municipal par exemple et que nous ne nous précipitons pas aux réunions d’information sur l’action publique. A contrario, les primaires socialistes ou encore plus récemment les ateliers du changements PS ont montré l’appétence et l’intérêt des gens pour la politique.

Ce paradoxe me semble pouvoir être expliqué de la façon suivante : les Français s’intéressent à la politique, ils veulent tisser un lien fort avec leurs élus, ils veulent pouvoir exprimer leurs attentes, leurs espoirs ou leur déception, mais ils ne se sentent pas, avec raison, compétents pour prendre et assumer des décisions dont beaucoup d’éléments leur échappent. Alors à quoi bon ? Et c’est pourquoi les expériences de démocratie participative ont généralement des succès d’estime mais ne débouchent pas sur des actions de fond. Mais cela ne veut pas dire que les citoyens sont hors jeux ! Ce qui marche très bien, c’est lorsque ces personnes ont l’occasion d’agir, de s’impliquer. Faites une réunion locale sur la prise en charge de la misère et vous n’aurez sans doute pas un grand succès. Pourtant, si vous cherchez des gens impliqués dans des associations comme les restos du cœur, vous n’aurez pas de mal à en trouver (surtout en Finistère). Si la démocratie participative est une idée qui fonctionne mal, la démocratie coopérative est elle une réalité de tous les jours !

Et c’est sur cette démocratie coopérative que nous pouvons avoir l’espoir de réconcilier la réforme de l’acte III de la décentralisation avec les citoyens. Ouvrons dans la loi la possibilité d’expérimenter la délégation d’un certain nombre réflexions et de mise en œuvre de l’action publique. Que les élus fassent leur travail de contrôle, accompagnent la réflexion, mais qu’ils donnent la possibilité aux associations de citoyens de s’impliquer dans la mise en œuvre. Pour réaliser cette jonction entre les élus et les citoyens, il ne manque qu’un instrument puissant de coordination. Or un tel instrument existe : aujourd’hui, on sait mettre en œuvre des plateformes numériques qui permettent de co-construire des choses et de les mettre en œuvre en commun. Dans le domaine privé, des sociétés comme Local Motors (États-Unis) ou encore My Major Company (France) ont révolutionné les modèles économiques en impliquant le consommateur dans la conception & la vente de produits. L’acte III de la décentralisation doit permettre de changer le modèle politique en impliquant le citoyen dans la discussion et la mise en œuvre de l’action publique.

Il faut ouvrir ce champ expérimental, ce sera le premier pas vers la République 2.0, une République où la démocratie ne s’exprime pas qu’une ou deux fois par ans, où le citoyen n’est pas que le spectateur de notre destin collectif. L’action publique doit pouvoir être assumée par tout citoyen qui le souhaite, dans le cadre normal de l’action politique locale. Osons !

Je suis contre le cumul des excuses bidons !

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Ecoutez-nous !Il y a parfois des débats politiques qui chatouillent mon neurone de l’agacement.

L’histoire à rebondissement du non-cumul des mandats est en passe de devenir un de ces débat-là.

Les faits

Tout d’abord, cette loi est une bonne loi (jusqu’ici peu de gens osent se prononcer contre son principe) car elle permet tout à la fois le renouvellement du personnel politique, son rajeunissement, accélère le mouvement vers la parité, permet aux élus de se consacrer plus pleinement à leur mandat exécutif. Excusez du peu !

Si ce n’était pas suffisant, un sondage récent de LH2/nouvel obs confirmait que 71% des personnes interrogées approuvait le principe du non-cumul (ce qui est plus qu’une majorité qualifiée des 2/3).

De plus, les militants PS sont également largement pour, au point que le premier d’entre eux a inscrit cette proposition dans son programme électoral présidentiel :

Enfin, pour ce qui concerne les socialistes finistériens, cet engagement apparaît particulièrement fort dans notre fédération.

Les excuses bidons

Là où le militant que je suis commence à être sérieusement titillé, c’est lorsque certains de nos élus viennent nous distiller, épisode par épisode mais finalement avec constance, une série d’excuses pour nous expliquer que décidément, cette excellente réforme, cette promesse, ne peut pas être appliquée ma brave dame :

  • Parce que c’est trop tôt (en l’occurrence, dans un an ce serait trop tôt). Non, il n’y a rien de trop tôt pour appliquer une réforme voulue depuis des années et qui ne nécessite que la volonté d’y aller. Si par un concours de circonstance extraordinaire on venait à avoir localement un déficit de candidats, on pourrait accepter l’argument du trop tôt, mais en s’y prenant plus d’un an avant une élection je ne crois pas que cela se produira.
  • Parce que cela nécessite une réforme constitutionnelle et qu’on aura pas le temps (encore !). Oui, surtout si on retarde la convocation du congrès… Par ailleurs, ce qui ne serait pas décidé par la loi peut parfaitement être fait par la volonté d’un ou plusieurs partis. Que quelques partis s’engagent volontairement sur cette voie et tous les autres se retrouveraient sérieusement en porte-à-faux…
  • Parce qu’il faut être élu local pour être au Sénat (et dans une moindre mesure à l’assemblée). Cet argument est celui qui m’agace le plus car il touche aux principes de notre démocratie. Une élection dans la République ne se fait pas au sein d’un collège privilégié voire d’un cercle aristocratique. Au contraire ! Le citoyen il me semble demande à avoir des élus qui leur ressemblent plus, c’est à dire qui ont une connaissance effective de leur vie quotidienne, qui ont ou ont eu un métier hors de la politique.
  • La seule objection qui mérite à mon sens d’être traitée tient au statut de l’élu. Si le cumul est si farouchement défendu par certain, c’est qu’avec deux mandats on a moins de chance de se retrouver sans emploi et sans revenu, et que pour un élu, le passage de la vie ordinaire à la vie politique et vice-versa est compliqué. Il y a un vrai risque à quitter son emploi pour s’engager au service de tous, et ce risque aboutit parfois à des injustices. Mais on ne répare par une injustice par une compromission au détriment de la démocratie. Des progrès ont été faits vis-à-vis du statut de l’élu, ce travail doit aller à son terme.

Conclusion

Ces atermoiements sur le non-cumul des mandats deviennent insupportables. Je ne peux qu’appuyer avec force les propos d’Harlem Désir : «Je réaffirme la proposition du Parti socialiste d’adopter une loi sur le non-cumul des mandats applicable dès le prochain renouvellement électoral, en 2014» et je n’hésiterais pas à m’engager avec force sur cette mesure que nous avons validée collectivement et que les Français attendent avec de plus en plus d’impatience.

Les ateliers du changement à Brest

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J’étais jeudi soir à l’atelier du changement de Brest, rencontre organisée par le PS avec des citoyens, militants, sympathisants ou simplement des gens ayant eAteliers du changement Brestnvie d’échanger sur la politique.

L’exercice rappelle quelque peu les tentatives de « débat participatif » mis en place lors de la campagne présidentielle de 2007. Ce genre d’exercice est tout à la fois nécessaire, périlleux et jusqu’ici insatisfaisant.

Nécessaire car malgré tout ce qui est répété à l’infini, telle une antienne usée jusqu’à la corde, les Français s’intéressent à la politique, ils aiment débattre, et lorsqu’on leur en donne la possibilité, ils viennent volontiers et nombreux. La salle comble de jeudi soir le démontre d’ailleurs sans ambiguïté, tout comme les demandes pour s’exprimer, interpeler, questionner et parfois aussi critiquer. Alors oui ces rencontres avec les citoyens non-militants sont une excellente chose, oui elles représentent un lien précieux entre eux, les partis, et dans notre cas, les élus aux commandes du pays.

Périlleux également car en dehors d’une période électorale et dans le cas d’un parti au gouvernement, on s’expose à des critiques voire des attaques. Et alors ? La période entre deux élections n’est pas un long trou noir où le lien avec la population se réduit à l’application des lois que l’on fait voter. La critique peut parfois être injuste, dans une démocratie elle est toujours légitime. Par ailleurs, il me semble que le courage est une vertu importante pour les citoyens et qu’ils nous regardent avec d’autant plus de respect que nous montrons du courage dans les difficultés, de l’humilité lorsque nous les rencontrons, et de la sincérité vis-à-vis d’eux et de la réalité. J’en veux d’ailleurs pour preuve les échanges de jeudi où les intervenants n’ont pas hésité à nous rappeler leur attente, leur impatience, leur préoccupations et leurs difficultés journalières. Il n’y avait pourtant pas d’hostilité, pas d’outrance. C’est à mes yeux une vraie marque de confiance : le PS a gagné le droit de gouverner au nom des Français, mais en l’occurrence ceux qui étaient là jeudi ont vu qu’il cherchait aussi et surtout à avancer avec eux.

Insatisfaisant enfin, car l’exercice a ses limites. En 2007 les débats participatifs avaient suscité l’intérêt mais au final n’avaient accouché de rien de décisif, n’avaient pas permis de gagner l’élection. Et c’est normal. Ces débats sont par nature intellectuels. Il s’agit de proposer et de débattre autour d’idées. Mais ce mode ne convient pas à tous les citoyens, voire, il ne convient qu’à une ultra-minorité de citoyens. Espérer faire émerger une idée politique sur l’économie ou la décentralisation de l’État à partir de ces rencontres tient plus de l’espoir du joueur de loto que de la réflexion rationnelle. L’intérêt n’est donc pas celui là. Pourtant je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle l’engagement étonnant des citoyens, tout particulièrement en Finistère. Si très peu finalement d’entre nous se sentent prêts à s’engager dans la réflexion, a contrario nombreux sont ceux qui s’engagent avec force dans l’action. Faire, coopérer plutôt que débattre, tel me semble être le maillon qui manque encore pour que les efforts du PS aillent au bout de l’innovation politique.

Avec les travaux en court sur la rénovation du fonctionnement de l’État (ce qui fut un temps appelé acte III de la décentralisation), nous avons une opportunité de prendre à notre compte cette attente d’action. La République 2.0 que j’appelle de mes vœux peut commencer à naître et à se développer à partir de la rencontre de ces attentes d’action des citoyens et de la nécessité de redéfinir la distribution des pouvoirs au sein de la République. D’autres ateliers sont prévus, il me semble que ce thème peut y être aborder, et que peut-être cela pourrait me faire mentir pour aboutir à une totale satisfaction de ces rencontres avec les Français.

 


Questions-réponses avec Harlem Désir à l… par PartiSocialiste

Appel à manifestation pour le mariage pour tous à Quimper

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Manifestations pour le mariage pour tous à Quimper le 19 janvier et à Paris le 27 janvier

A l’appel des plusieurs associations finistériennes, dont Rainbow Brest, la Ligue des Droits de l’Homme de Quimper, et Homosexualités et socialisme, un rassemblement est organisé pour soutenir l’adoption de la loi ouvrant le mariage et l’adoption à tous les couples.

samedi 19 janvier à QUIMPER

à 15h, place St Corentin

La fédération du Finistère du PS appelle tous ses militants et ses élus, ceints de leur écharpe tricolore, à participer à cette manifestation pour souligner notre volonté de respecter l’engagement 31 du Président de la République François HOLLANDE.

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L’iroise et le mariage pour tous

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Jean-Luc Bleunven, le député de la troisième circonscription du Finistère (Brest rural), organisait vendredi soir un débat sur le mariage pour tous. Soirée extrêmement intéressante où le public venu nombreux a pu librement interagir avec les intervenants sur un vrai sujet de société. Nous étions loin de la politique spectacle où certain pérorent sur les petits pains pour cacher l’indigence de leur message politique.

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Les échanges ont dans l’ensemble été d’une excellente tenue, voire parfois d’une vraie profondeur politique, que les arguments aillent dans le sens de la loi ou non. Qu’en retenir en synthèse pour ce post ?

D’abord que le mariage pour tous, dans ses aspects ne touchant pas à la filiation, ne pose pas tant de problème d’acceptation que cela. Bien sûr qu’il trouble certains, bien sur qu’il change des aspects que certains voulaient voir comme immuables, mais on sent bien que chacun s’attend à ce que la loi passe et que cette loi sera au final acceptée sans trop de douleur.

En fait, la difficulté est liée à l’enfant. Certes il serait plus simple de traiter le statut de l’enfant au sein du mariage indépendamment de ce dernier, mais personne ne serait dupe. La question de l’enfant est consubstantielle à celle du mariage et trois éléments sont à soumettre à la réflexion avec une large ouverture d’esprit et une réelle volonté d’écoute, en donnant tout le temps nécessaire au temps :

  • l’adoption
  • la procréation médicalement assitée
  • et enfin toutes les techniques médicales qui au-delà de la  PMA permettent de mettre au monde un enfant.

En évitant aussi bien les fantasmes que la science fiction, la question de la naissance est un sujet qui touche les fondements de notre société. Finalement, le plus grand intérêt du débat actuel sur le mariage pour tous est de tous nous interroger sur ce que nous sommes en regard de ce qu’il est possible de faire. Il faut acter des avancées scientifiques du XXème siècle et prendre la mesure de ce que cela signifie pour tout un chacun. Que nous aimions cela ou pas, la civilisation de ce début de millénaire est très éloignée de celle d’il y a ne serait-ce que 50 ans. Pourtant, jusqu’ici nous avons feint de l’ignorer, comme si l’évolution technique et scientifique s’étaient limitée au frigo et à l’ordinateur.

L’homme a changé, mais pas ses repères moraux. Il est temps de redéfinir qui nous sommes.

Le développement économique en Iroise

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J’entame ici le premier post d’une série de réflexions consacrées à l’économie en Iroise.

La pointe nord du Finistère est une zone économique tout à la fois caractérisée par un secteur primaire très présent, un pôle d’excellence technologique et scientifique avec des écoles et organismes de recherches visibles sur le territoire du Technopôle Brest Iroise, un tissu dynamique de TPE, PME, artisans et commerçants, sans oublier une attractivité touristique et résidentielle qui ne demande qu’à se développer.

L’Iroise est cependant desservie par son caractère péninsulaire à pointe de la Bretagne, ce qui a des conséquences tout à la fois économiques et démographiques : les habitants et les entreprises y naissent, y passent leur jeunesse, mais les grandes ambitions touchent rapidement les limites du territoire ce qui provoque trop souvent un départ des forces économiques vers des régions où la progression est plus facile. Peu de ces acteurs « oublient » leur terre d’origine, beaucoup auront à cœur d’y revenir ou d’y maintenir de l’emploi, mais il n’en demeure pas moins que le potentiel de richesse est souvent réalisé « ailleurs ». Ceci n’est d’ailleurs pas propre à l’Iroise, c’est vrai d’une grande partie de la Bretagne, mais le phénomène est clairement moins marqué au fur et à mesure où l’on se rapproche du centre de la France.

Les pouvoirs publics locaux et les entrepreneurs ont développé un certain nombre de stratégies pour amoindrir ce handicap en misant sur le militantisme économique local, en développant une expertise forte en matière de logistique, en développant des infrastructures de communication de qualité, etc… Tous ces efforts sont remarquables, ils sont très certainement un des éléments qui contribuent à avoir un tissu dense de TPE et PME, ils ont évité la désertification économique et démographique, mais ils ne sont pas arrivés à exploiter jusqu’au bout les atouts locaux.

Or, parmi les quatre défis qui se posent à nous (climat, énergie, démographie, numérique), il se trouve que trois d’entre eux au moins sont à même de bouleverser la donne économique :

  • le climat nous oblige à repenser la chaîne logistique de nos productions, de prendre en compte l’impact carbone de notre économie,

  • l’énergie qui pose problème à la fois parce qu’une trop grande proportion de ce que nous utilisons aggrave le bilan carbone, parce que le marché du pétrole (côté demande) risque fort de devenir de plus en plus imprédictible et soumis à de fortes tensions,

  • enfin le numérique qui change certaines règles économiques « classiques » en modifiant la géographie de chalandise et de production (territoire physique), en introduisant des mécanismes de gratuité des services, en modifiant les modèles économiques et sociaux des entreprises (on ne sait plus clairement définir où commence et où finit l’entreprise, qui est un acteur interne ou externe), en accélérant de façon incroyable les cycles de vie économique, en perturbant notre vision de la rareté et de l’abondance.

En économie, tout défi est à la fois un risque et une opportunité, l’Iroise peut éviter l’écueil des risques et tirer les bénéfices des opportunités. Les prochains articles explorerons quelques pistes pour cela.

Quelle semaine !

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Il y a des semaines politiques plus agitées que d’autres et, en dehors du rendez-vous européen dont la trame est devenue pour les Français aussi excitante que les Feux de l’Amour, nous n’aurions normalement pas dû avoir de quoi nous distraire en matière d’actualité politique.

C’était sans compter sans la maladresse du rédacteur du discours de François Hollande au congrès des maires, maladresse qui a immédiatement enflammé l’espace numérique et a nécessité 48h d’efforts pour rétablir les choses et le fond de la pensée présidentielle : le mariage pour tous entrera bien en vigueur et sera mis en œuvre dans toutes les mairies de la République, conformément à l’esprit et aux textes républicains.

Plus spectaculaire encore et cette fois dans la veine de la critique satyrique des Simpson, nous avons eu droit également à l’ubuesque feuilleton de l’élection du président de l’UMP. Je ne commenterai pas l’écume de cet événement (de nombreux autres s’en sont déjà donné à cœur-joie), je me contenterai de souligner la difficulté, presque le paradoxe, de l’exercice démocratique dans la désignation d’un chef au sein de notre système politique actuel. Une telle désignation par un vote libre et honnête s’avère être complexe (on l’a vu dans le passé au sein du PS qui pourtant est par nature un parti de débat démocratique), mais dans le cas de l’UMP, c’est sans doute une illusion, voire un contre-sens. Ce parti met d’abord en avant des valeurs d’autorité, de force, valorise celui qui abat ses adversaires, ce qui ne va pas dans le sens du débat démocratique apaisé et du choix électoral raisonné. Le PS a sur ce terrain une avance considérable sur la droite car nous avons prouvé pouvoir mettre en phase notre représentation idéalisée de la politique avec le processus de désignation de certains de nos élus. Il nous faudra encore beaucoup batailler pour prolonger et développer l’exercice qui a été mené lors des primaires présidentielles (et localement lors de la désignation des nouvelles instances fédérales), mais au moins savons-nous que c’est possible et que c’est bien ce qu’attendent nos électeurs.

L’autre point sur lequel je voulais intervenir à propos de la fracture à l’UMP, concerne les conséquences en terre d’Iroise. Que la fracture de l’UMP amène ou pas à une scission, nulle doute que cela aura des répercutions locales marquées dans un territoire où il existe entre la gauche et la droite un espace pour les « étiquettes politiques non-marquées ». Déjà lors des dernières élections législatives, la candidate UMP Marguerite Lamour nous rappelait son passé au CDS et n’hésitait pas à citer Jaurès. Je doute fort que pour les prochaines campagnes, en particulier pour les municipales et les sénatoriales, elle et les autres candidats de son camp insistent avec force sur leurs liens actuels avec l'(ex?)-UMP.

Il est assez probable que ceux qui se sont inscrits dans la dérive droitière défendue par Copé iront renforcer les rangs du front national local, qui jusqu’ici et bien que progressant, n’avait à proposer comme lors des dernières législatives, que des candidats fantômes. Il n’est pas impossible que cette fois que le FN marque de sa présence « décomplexée » quelques conseils municipaux en Iroise.

La droite plus modérée va elle avoir un vrai dilemme à résoudre : rejoindre l’UDI naissante (avec le risque qu’elle soit en fait évanescente), le MODEM (peu probable à moins de se renier) ou se trouver une place sous une étiquette plus ou moins locale.

Le vrai enjeu de la politique sur notre territoire est de savoir quel sera le choix des candidats qui jusqu’ici n’affichaient pas une appartenance très visible. Le combat qu’a mené le PS lors des législatives va à mon sens peser de tout son poids. En effet, à l’époque nous avions dû faire un choix complexe et courageux entre justement une position nationale du parti qui posait problème et une position locale qui respectait à la fois les idées défendues et les attentes des gens d’ici. Et nous avons réussi à faire élire une personnalité locale, Jean-Luc Bleunven, qui bien que de sensibilité de gauche, n’avait justement pas l’étiquette PS. Nous sommes totalement en phase avec la réalité politique d’Iroise, ce qui nous a permis d’ailleurs de réussir ce que certains considéraient comme impossible.

Les futurs candidats non encartés aux municipales peuvent nous faire confiance alors qu’à l’évidence, le spectacle donné à l’UMP n’inspire que des sentiments de rejet voire de dégoût. Je militerai pour que nous soyons digne de cette confiance et pour que nous trouvions un équilibre entre nos alliés traditionnels à gauche et les personnalités politiques d’Iroise qui seront prêtes à travailler en bonne intelligence avec nous pour servir au mieux nos concitoyens et leur construire un avenir meilleur.