Brumes d’automne

Les dernières péripéties dEurope Écologie Les verts sur le vote du nouveau traité européen nous éclairent sur le sens qui sera donné dans quelque jours au vote de ce texte à l’assemblée. Une fois encore et même si on peut le regretter, la question traitée n’est pas d’être ou pas d’accord avec ce qui y est écrit, pas d’être pour ou contre l’Europe, mais de savoir si on est pour ou contre la majorité qui présente ce texte. Le vote sera d’ailleurs d’autant plus singulier que le texte a été travaillé par la majorité précédente. Le non-sens est complet !

Il suffit pour s’en convaincre de lire les réactions à la décision d’EELV de ne pas voter cet accord européen. Daniel Cohn-Bendit a pris ses distances, les ministres EELV sont harcelés par la presse qui leur demande s’ils vont démissionner,  Le Monde parle de « jeu de dupe des ministres verts« .

Ce post n’a pas pour objet de prendre position sur le choix d’EELV mais bien de mettre en lumière les conséquences qu’aurait le vote contre ce texte de quelques députés socialistes. Peu importe le fond (hélas), un vote non sera perçu et relayé comme un vote de défiance envers le gouvernement Ayrault et François Hollande. Tout le reste n’est que littérature.

Politique énergétique en nord Finistère

Le ministère de l’industrie vient d’annoncer en présence du président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, que le site de Landivisiau était retenu pour l’implantation de la future centrale électrique à cycle combiné au gaz dont le démarrage devrait être effectif en 2016. Cette annonce s’inscrit dans le pacte énergétique breton destiné à sécuriser l’approvisionnement en électricité et connu sous le nom Triskell Breton.

Un plan nécessaire et porté par les socialistes bretons

La région Bretagne ne produit qu’un peu plus de 8% de l’électricité qu’elle consomme, et l’on sait que la demande va être croissante dans le futur. Les habitants comme les entreprises demandent plus d’énergie, il faut donc répondre à cette demande par plusieurs moyens.

Produire pour sécuriser

D’abord à court-moyen terme, en augmentant les capacités de production par des moyens qui allient puissance et souplesse. Les centrales au gaz ne sont pas idéales du point de vue rejet de CO2, mais à court terme, elles répondent à l’exigence de notre société et de ses citoyens. C’est pourquoi les élus PS nord finistériens soutiennent le Triskell Breton alors que d’autres partis ou comités le combattent. Il serait bon d’ailleurs que la candidate EELV à la législative dans la troisième circonscription du Finistère (Brest-rural) clarifie sa position sur le sujet et donne sa position aux citoyens d’Iroise.

Produire avec un impact minimal sur les écosystèmes

Mais le programme de production ne se limite pas à cette décision. Le pacte énergétique donne pour objectif principal à terme, la production énergétique à partir de sources renouvelables, solaire, éolien et bien sûr hydrolien dont Brest pourrait devenir un des pôles majeurs pour peu que nos futurs députés puissent s’emparer de façon concertée du dossier pour parler d’une seule voix et défendre un projet stratégique pour le nord Finistère. Une énergie abondante et peu chère est un élément fondamental de compétitivité et de création de richesse.

On notera au passage l’échec de la politique UMP sur le sujet : concernant EDF, on a depuis quelques années longuement entendu parlé de la nomination rocambolesque de M. Proglio, de sa bataille avec la patronne d’Aréva, de l’augmentation des tarifs de l’électricité, des centrales nucléaires à l’arrêt ou mal protégées ou encore des actions EDF en chute libre. Par contre les annonces sur les succès de la compagnie nationale et de l’amélioration du service public de l’énergie ont été plus que rares pour ne pas dire absentes !

Économiser

Le triskell est basé sur trois piliers, sécuriser, produire renouvelable mais aussi économiser. Loin des polémiques autour d’une vision malthusienne du problème énergétique, d’une contestation systématique quelle que soit la proposition (contre le nucléaire, contre le gaz, contre l’éolien, contre l’hydrolien, …) qui reporte hypocritement la responsabilité de produire chez le voisin (le plus lointain possible ce qui est une aberration puisque plus le centre de production est loin et plus on gaspille de l’énergie pour le transport !). Les choix de la région Bretagne en général et des socialistes Bretons en particulier sont faits dans l’intérêt des citoyens, en prenant en compte toutes les contraintes pour aboutir au meilleur compromis possible, compromis qui ouvre les perspectives d’avenir tout en assumant ses responsabilités.

Avec le cas Breton, c’est toute la future politique énergétique du futur gouvernement socialiste qui est concrètement illustrée ici, une politique équilibrée et efficace qui renvoie dos à dos ceux qui soutiennent l’imprévoyance de la politique énergétique UMP et ceux qui soutiennent un replis sur soi égoïste et malthusien.

Il ne manque donc plus pour généraliser ce progrès, que d’élire un président qui défend cette orientation, et des députés qui la soutiennent et voteront les lois nécessaires.

Brest : Manifestation pour la Sobrena

Mon agenda familial ne me permettra hélas pas d’être à Brest cet après-midi pour la manifestation de soutien aux salariés de la Sobrena. Je joints donc ma voix à tous ceux qui y seront par ce canal internet.

D’abord un petit rappel pour ceux qui me lisent d’une région un peu éloignée de Brest. La Sobréna est une société bretonne de réparation navale créée en 1987. Ce chantier s’est taillé une solide réputation sur des marchés de haute technicité (méthaniers, pétrolier, ferries) et est en mesure de travailler sur les plus gros navires du monde (la plus grande cale fait 80 m de large sur 420 m de long). En 2010, la Sobrena affichait un chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros avec un peu moins de 250 salariés plus les emplois induits. Or depuis de trop nombreux mois, la société va mal et a été mise en redressement judiciaire avec un appel à repreneurs. Plusieurs se sont déjà fait connaître : le chantier Gibdock de Gibraltar, Eiffage et l’Italien Palumbo et peut-être le Néerlandais Damen. Les dossiers doivent être déposés au tribunal de commerce lundi au plus tard.

Lors de sa visite lundi, François Hollande (qui a déclaré Brest capitale maritime de la France) a rencontré les salariés de la Sobrena en compagnie de François Cuillandre le maire de Brest et Jean-Yves Le-Drian notre président de région. Il a rappelé l’engagement des élus locaux dans ce dossier : « Avec les élus locaux, il y a une volonté de trouver une reprise durable pour cette activité« .

Enfin, oui, mais pas tous les élus du bassin brestois manifestement si l’on en croit cette déclaration de Patricia Adam (députée de Brest – même -) à propos de la députée UMP de la troisième circonscription d’Iroise (Brest rural) : « Souhaitons que sur ce dossier Mme Lamour mettra bien plus d’énergie qu’elle en a démontrée jusqu’à présent pour défendre le tissu industriel et les emplois du bassin brestois, poursuit l’élue socialiste. Depuis son élection en 2002, cela aurait été bien utile pour l’économie locale que Mme Lamour affiche autant de détermination, aux côtés de François Cuillandre et moi-même, pour essayer de sauver la construction navale militaire, défendre le choix de Brest comme port d’entretien des futurs sous-marins d’attaque, ou dénoncer la perte de plus de 2 000 emplois civils et militaires, conséquences des réformes votées par sa majorité à l’Assemblée nationale. » (décembre 2011). En fait, il faut retourner bien loin dans le temps pour trouver trace de quelques actions marquantes de madame la députée Lamour, la plus « significative » étant une intervention d’octobre 2011 en séance à l’assemblée nationale à l’endroit d’Eric Besson. Voilà un engagement pour le moins limité sur un dossier qui aurait pu être la priorité numéro un de sa fin de mandat. Il est vrai que ces derniers temps Marguerite Lamour a préféré s’engager pour la marche Jansatyagraha des Indiens plutôt que pour les ouvriers des cales de Brest !

Madame Lamour est à l’image des différents gouvernements UMP qu’elle a soutenu : l’artisan obstinée d’échecs successifs. Comme Nicolas Sarkozy elle est prompte à se montrer en public et à gratifier l’auditoire d’un discours qui flatte (le petit hommage à telle ou tel, la petite phrase en breton pour la culture locale, la petite citation – même celle de Jean Jaurès !) tout y est sauf le fond. Les salaries de la Sobrena sont il me semble peu sensibles aux discours petits fours, ce qu’ils attendent c’est un projet industriel pour leur entreprise, du travail pour leur avenir. Là est le travail d’un député, et il est vrai que Patricia Adam n’a pas pu faire grand chose d’autre que dénoncer l’inaction de Marguerite Lamour dans le passé. Mais à partir de juin, il serait plus que souhaitable qu’elle puisse défendre le savoir-faire brestois en force, appuyée par d’autres députés, en particulier celui de la 3ème circonscription de Brest rural.

Il y a tellement de possibilités d’avenir pour la Sobréna, il y a de nouveaux marchés à aller chercher sur le pôle énergie marine brestois ou encore en matière de commerce et l’industrie maritime qui ne manqueront pas eux aussi d’être impactés par la rupture énergétique pétrolière. Projetons-nous sur l’avenir, imaginons, inventons, innovons ! Il faut des députés capables de comprendre l’industrie, l’économie, de voir a minima les évolutions profondes. Marguerite Lamour a montré qu’elle en était bien incapable et que son ambition se bornait à faire de la présence dans une circonscription qui vote traditionnellement à droite. Ce qui était un cynisme en temps normal devient une imposture politique à l’heure où frappent à nos portes la rupture énergétique, le changement climatique, la bascule démographique et le bouleversement numérique de notre société. Il faut envoyer à l’assemblée nationale des députés ancrés dans leur territoire et capables de comprendre et d’orienter les grands choix nationaux. Il faudra à François Hollande une majorité forte et particulièrement aiguisée, presque visionnaire pour éviter le chaos. L’UMP nous lègue 10 années d’erreurs et de fiasco, il nous faudra le réparer, mais il faudra être aussi particulièrement forts pour affronter des défis plus que dangereux. Or, pour l’heure, l’appareil du PS, contre l’avis des militants de la troisième circonscription, a imposé une candidate EELV qui ont le sait, ne votera pas certaines lois du futur gouvernement de gauche. Comment une candidate EELV pourrait-elle défendre une politique économique de décroissance et prétendre développer l’industrie de la réparation navale de pétroliers ou de méthaniers géants ?

Avec les salariés de la Sobrena, nous défendons la politique industrielle et énergétique de François Hollande parce que c’est un cas concret où l’on constate que nos combats sont bien en phase avec la réalité du terrain. Les militants d’Iroise sont mobilisés pour ce combat qui devra aboutir à une première victoire à l’élection présidentielle. Mais cette victoire devra impérativement être prolongée par une seconde à la législative. Les sympathisants qui nous ont fait confiance à la primaire socialiste, et au-delà tous les citoyens de la troisième circonscription, méritent d’être représentés à Paris par un député capable de comprendre la réalité industrielle nord Finistérienne, capable de comprendre les menaces profondes que nous allons affronter, capable de défendre une politique puissante et audacieuse. Les militants ont exprimés leurs désaccords avec des choix d’appareil qui n’ont rien à voir avec de tels enjeux. Il n’est pas trop tard, ni pour la Sobrena, ni pour l’Iroise.

Indignez-vous, mobilisez-vous !

Militants, sympatisants ou simplement citoyens voulant le changement maintenant, rejoignez-nous au PS et sur notre réseau social :

Une nouvelle militante au PS du nord Finistère

Hourra, que Saint Jaurès soit loué, nous avons enfin résolu la quadrature du cercle de l’accord sur les désaccords !

Depuis le temps que nous vous disions que l’accord avec EELV ne tenait pas debout et depuis le temps que tous le monde annonçait la fin d’EELV, nous pouvons maintenant être rassurés suite au meeting de lundi dernier. En effet, j’ai repêché dans un reportage de Canal+ la photo suivante qui atteste que l’ancienne militante EELV Magali Deval a quitté les écologistes et est maintenant au PS et soutient notre candidat.

J’imagine qu’elle a pris sa carte du PS de la section de Ploudamézeau ce qui lui permettra d’expliquer à René Pelleau qu’elle a fait battre aux dernières cantonales combien elle regrette cette inexplicable erreur. Ce dernier pourra à son tour la briefer sur les positions du PS et de François Hollande en matière d’énergie (nucléaire ou pas), de croissance, de politique internationale, d’agriculture plus deux ou trois choses.

La vidéo complète de Canal :

(Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo)

Faites comme Magali, rejoignez-nous au PS et sur notre réseau social :

Breaking News : ah, on m’appelle sur skype, excusez-moi. Oui René qui a-t-il ? Magali n’a pas rejoint le PS ? Tu es sûr ? Et bien cela alors, Eva ne va pas être contente dis donc…

EELV ou l’évaporation d’une illusion

Les signes étaient là depuis plusieurs mois, mais l’échec d’EELV a été acté officiellement cette semaine par Daniel Cohn-Bendit qui, même s’il y a mis les formes, a clairement appelé à voter pour François Hollande au 1er tour de la présidentielle et non pour la candidate écologiste Eva Joly. Cette déclaration qui s’ajoute aux enquêtes d’opinion montrant une « disparition » progressive des intentions de vote pour EELV n’est pas un accident de parcours, un épisode maladroit. DCB est un fin politique et sait parfaitement que s’il y a un scrutin qui mesure l’impact des idées d’un parti, c’est bien le 1er tour de la présidentielle. C’est sans doute le seul suffrage qui ne soit pas lié à des arrangements d’appareil, le choix du « vrai choix » de chaque Français.

Daniel Cohn-Bendit a acté de l’échec d’EELV, répondant a posteriori à un post récent où je m’interrogeait sur les électeurs d’EELV. Cet article a eu un retentissement tout à fait étonnant. En effet, là où un de mes articles sur lepost.fr a une moyenne de 2000 lecteurs, celui-ci en a eu plus de 14.000, qui plus est avec plus de 260 commentaires. C’est tout à fait exceptionnel et les commentaires, là aussi d’une qualité inhabituelle, ont été très instructifs, condamnant tout à la fois les égarements idéologiques d’EELV, les reniements des cadres EELV au profit de leur carrière à court terme, mais aussi la personnalité d’Eva Joly, trop tranchée, trop « exotique », trop peu consensuelle et en déphasage avec les attentes des Français.

Cet échec marque sans doute aussi la fin de la singularité du parti écologiste, qui en fait tient plus du mouvement d’idées que d’un parti. Or la prise en compte des contraintes des écosystèmes, l’aspiration à une vie plus en phase avec des rythmes naturels, un développement plus cohérent, un plus grand soucis du futur, … ont commencé à être intégrés par les autres partis, en particulier par le PS. Pour autant, les idées écologistes intégrées au corpus socialiste ne sont pas celles défendues par EELV. On peut prendre en compte les écosystèmes sans pour autant défendre la décroissance qui n’est qu’une forme plus soft de la récession, on peut prendre en compte les risques nucléaires sans pour autant s’engager dans une politique de rareté et de chèreté énergétique, on peut pendre en compte les impératifs de développement durable sans pour autant ruiner les agriculteurs. Et il y a tant d’autres exemples où le discours d’EELV n’a pas sû s’adapter aux demandes de la société et des Français.

Quelles conséquences pour la présidentielle et les législatives ? Il n’y aura sans doute pas d’impact pour la présidentielle tant la position des verts était devenue décalée et marginale. Leur sort financier est par contre plus que jamais hypothéqué et la trésorière d’EELV aurait mieux fait de conclure un accord financier discret avec le PS plutôt qu’un accord électoralo-financier sur les désaccords idéologiques. Ce qui est plus impactant par contre, c’est la législative où l’accord donne une place démesurée, non fondée idéologiquement et en déphasage avec les attentes des Français, ce qui a déclenché des réactions de rejet, le dernier en date étant celui d’Arnaud Montebourg dont la proximité était peut-être pourtant la plus grande avec EELV. Le PS a besoin d’alliés pour gouverner mais doit de fait acter de la fin de l’illusion d’une majorité plurielle bis qui serait à l’image de celle de 1997. Ce fut alors une période fructueuse, mais c’est le passé, un passé qui n’aura pas de suite. Deux possibilités s’offrent au PS : le front de gauche et le modem. Ces deux possibilités ne sont pas équivalentes.

Idéologiquement, avec le FdG si nous sommes en bisbilles sur les outils de gouvernement, nous sommes en accord sur la finalité à long terme. Inversement, avec le Modem, si nous pouvons nous accorder sur des mesures à court terme pour redresser la France, l’horizon lointain est différent. Ni le FdG ni le Modem ne sont le PS, ne nous leurrons pas. Mais nous pouvons faire un certain nombre de choses ensemble, ne serait-ce que s’accorder sur des éléments de bonnes relations républicaines.

L’objectif d’une immense majorité des Français est de ne plus voir Sarkozy, le lutin noir qui a plongé la France dans une situation épouvantable et a soldé nos valeurs et notre image. Nous devons mener ce combat de concert pour la présidentielle.

L’objectif des électeurs allant de la gauche radicale au centre (et sans doute au-delà ! ) est d’avoir une majorité capable de reconstruire la France sur ses valeurs, d’en finir avec l’individualisme et la loi du « démerde-yoursel », avec un exercice cynique et clinquant du pouvoir. C’est l’objet de la bataille des législatives, et ceux qui ont cru pouvoir la gagner avec EELV se sont trompés car les problèmes internes d’EELV sont beaucoup trop importants pour qu’ils soient d’une aide efficace. Le mouvement écologiste doit faire son examen de conscience, doit retrouver le sens de ses valeurs de son combat, mais il s’agit là de la tâche des militants qui se reconnaissent dans l’écologie. Les cadres et militants PS qui se sont trompés lors des négociations avec EELV doivent eux aussi réfléchir à l’intérêt du parti et des Français. La situation est complexe car il faut acter d’une erreur, acter de la mauvaise analyse d’une situation, acter de l’annulation d’un accord sans pour autant se montrer supérieur ou méprisant. L’exercice est difficile, mais nécessaire. Si le PS veut aider EELV, ce qui me paraît louable, il devra être fort et courageux, intègre et honnête, s’accorder sur les points d’accord pour pouvoir travailler ensemble à l’avenir et acter des désaccords pour éviter les faux-semblants et les compromissions. Nous pouvons y arriver, nous avons tout à gagner à mener cette bataille.

PS Iroise : il n’y a pas que la météo qui soit mauvaise

Je relaie ici un article du Télégramme « Législatives à Brest-Rural : quand les roses voient rouge », article très en phase avec la météo actuelle. Si depuis une semaine nous enchaînons les tempêtes, la grêle et les orages, il en est de même concernant ce qu’on n’ose même plus appeler un accord entre EELV et on ne sait plus très bien qui au PS.

Rappelons pour ceux qui n’auraient pas suivi ce mauvais feuilleton (qui leur en voudra ?), que cet accord est aussi bien dénoncé chez les écologistes de conviction qui crient à « l’abandon de l’éthique et des valeurs » que chez les militants PS qui sillonnent les territoires et n’ont aucune explication tenant debout à donner à nos sympathisants.

Comble du ridicule, depuis la signature de cet accord Eva Joly est sous les 5% d’intentions de vote, ce qui est un score inférieur au front de gauche. Dit autrement, cet accord avec EEVL non seulement ne nous apportera pas significativement de voix au second tour de la présidentielle, mais nous oblige à aller ouvertement négocier en position de faiblesse avec le Modem qui totalise autant qu’EELV et le FdG réunis ! Quant aux législatives, on semble se diriger droit vers une absence de majorité absolue de gouvernement.

Cette irresponsabilité coupable doit cesser, et elle ne cessera que par la voix des électeurs. Les peuples de Méditerranée ont réussi à faire tomber des dictateurs, il ne devrait pas être très compliqué de faire tomber un accord que personnes ne veut sinon quelques amis de Cécile Duflot. Même le premier fédéral du Finistère ne m’avait pas paru tenir tant que cela à cet accord.

Que faire ? Appliquer la méthode méditerranéenne en commençant par utiliser les réseaux sociaux. Citoyens de la 3ème circonscription du Finistère qui vous sentez bafoués par cet accord, citoyens d’Iroise qui voulez envoyer au parlement un député PS, et au-delà, citoyens de gauche qui refusez que les idées et les aspirations au changement passent après la sauce électoraliste, citoyens qui savez combien est dramatique la situation laissée par l’UMP et Sarkozy, rejoignez-nous sur FaceBook :

(Des)Accord EELV – PS : chronique d’une injonction paradoxale

S’il y a bien une chose avec laquelle je suis en profond accord avec Eva Joly, c’est qu’il ne faut pas biaiser avec ses convictions. Or depuis que le fuameux accord a été biffé signé, nous allons de revirements en découvertes qui ne font que confirmer le constat initial : entre EELV et le PS il y a un point de convergence, à savoir que Nicolas Sarkozy dégage, et une série de points de divergence qui ne permettent pas de mener un programme politique commun. Ce dernier point ayant été clairement acté puisque quoi qu’il arrive, EELV ne participera pas à un gouvernement avec le PS.

Dans cette chronique d’une injonction paradoxale, j’en suis à mon quatrième article, chacun d’eux se rapprochant un peu plus de l’évidence que l’accord ne peut pas tenir in fine. Initialement, mon premier post portait sur le message d’incohérence et d’irrespect envoyé aux électeurs de ma circonscription.  Mais il est très vite apparu que cette situation locale ne pouvait que mal finir nationalement, avant de découvrir grâce à Marianne les dessous financiers peu glorieux qui avaient dicté la position de Cécile Duflot.

Il ne nous restait donc plus qu’à connaître la position d’Eva Joly qui nous l’avait joué tragédie grecque à la manière d’Achille boudant dans sa tente puisque qu’Agamemnon François Hollande portait une trop grande attention à Briseis Brennilis. Nous n’avons donc pas été déçu hier lorsque l’austère Eva nous a expliqué qu’elle ne renoncerait pas à sa position sur le nucléaire, et tant pis si cette position n’est pas celle du PS ni celle d’EELV, et tant pis si cette position heurte de plein fouet les intérêts financiers d’EELV et les postes de députés promis entre autre à Cécile Duflot.

Histoire de bien appuyer sa sentence, madame le juge s’en fendue d’un compliment à l’encontre des militants socialistes : nous serions fabriqués avec «du bois dont on fait les marionnettes». Alors madame le juge, et désolé si je prends cette vacherie à mon compte, j’ai beau être un plouc au bout du bout de la France, j’apprécie d’autant moins ce dérapage verbal qu’il est pour ce qui me concerne totalement faux puisque depuis le début j’ai fait une analyse sur cet accord, que je n’ai pas varié d’un iota, et qu’en plus cette analyse s’est révélée absolument exacte. Par ailleurs cette déclaration est particulièrement hypocrite car Eva Joly renvoie la responsabilité de ce non-accord au PS alors qu’à l’évidence nous nous sommes plutôt fait avoir et que nos positions sur le nucléaire et la façon de le réduire pour pouvoir en sortir un jour n’ont pas varié (lisez ce texte de 2007 sur le sujet par exemple ou encore ce post d’il y a quelques semaines, vous y trouverez déjà en germe notre position actuelle !).

Je l’ai écrit et je le récrit, la signature d’un accord sur nos désaccords relève de l’injonction paradoxale qui n’a habituellement que deux fins possibles : la schizophrénie et/ou le mur. Eva Joly en niant publiquement la responsabilité d’EELV, en réaffirmant des convictions qui ne peuvent  être satisfaites par cet accord et en rejetant l’incohérence de l’accord sur le PS a pris la voie de la schizophrénie.

Pour ma part, je réaffirme ma position initiale. Cet accord n’a pas de sens. Cet accord doit être remplacé par une solution plus raisonnable, à savoir qu’on ne présente pas aux législatives de candidats PS dans une circonscription où un candidat EELV est sortant, que l’on se met d’accord sur le soutien de nouveaux candidats EELV là où ils auraient une chance raisonnable de gagner et là où aucun candidat PS n’a de légitimité particulière, que si le cas se présente, le candidat arrivé second au 1er tour se désiste pour celui arrivé en tête et que l’on prend une position claire et ferme de soutien au deuxième tour. Sans oublier d’appeler à voter avec force pour François Hollande au 2ème tour de la présidentielle !

Nous avons des opinions divergentes sur un certain nombre de points, ce qui en soit n’est pas grave. Proposons nos programmes aux électeurs qui trancheront, et surtout n’essayons pas de leur faire avaler une mauvaise soupe basée sur des faux semblants. Ce psychodrame doit finir. Nous pouvons en sortir par le haut car après tout je ne suis pas le seul a avoir affirmé et défendu une position claire et lucide au PS. Les Français sont à la recherche de partis et de candidats courageux et honnêtes. On peut parfois hésiter, se tromper, mais à un moment il faut rectifier le tir.

Le parti socialiste, les verts, l’écologie et le nucléaire

La vidéo de l’intervention de François Hollande à France 2 nous montre une fois de plus un candidat tout à la fois pugnace et responsable, alerte et précis dans ses réponses.

Voilà qui est fort loin de l’image donnée par Nicolas Sarkozy au G20, un Sarkozy éteint, hésitant et presque hagard. Cette piètre prestation est peut-être la raison pour laquelle l’annonce du deuxième plan de rigueur UMP en trois mois a été faite par François Fillon et non Nicolas Sarkozy alors que ce dernier se précipite d’habitude à la tribune dès que l’occasion se présente, y compris lorsqu’il s’agit  d’un chien écrasé. Nico-fait-tout considérerait-il le pilotage d’une crise équivalente à celle de 1929 comme un point très secondaire ?

Mais le propos de mon post du jour n’a pas de rapport avec le gouvernement sarko-fillon : je souhaite en effet revenir sur la séquence de François Hollande à propos du nucléaire (à 7’40s de cette vidéo) :

Les écologistes ont une position claire et appuyée sur le nucléaire : ils veulent en sortir immédiatement (ou plus exactement à marche forcée en 25 ans), coûte que coûte. C’est leur droit le plus strict, comme c’est leur droit de défendre cette position devant les Français.

Le PS, et ici François Hollande, a également une position claire que nous voulons nous aussi appuyer et défendre devant les Français. Nous savons parfaitement quels sont les problèmes posés par le nucléaire et c’est pourquoi nous voulons en sortir. Mais pas à n’importe quel prix, pas n’importe comment. Contrairement aux écologistes, nous prenons en considération à la fois les écosystèmes et les sociétés humaines. Contrairement aux écologistes nous ne considérons pas les sociétés humaines comme un élément second qui passe après dame nature. C’est là notre immense différence. Alors oui sur ce sujet, nous prenons résolument le chemin de la sortie du nucléaire, mais sur l’exemple précis de l’EPR de Flamanville, nous prenons aussi en considération les investissements déjà faits, les besoins plus que criants en matière d’électricité, et ceci au  même titre que les risques induits par cette technologie. Je préfère donc me battre pour fermer les centrales les plus vieilles dès l’ouverture de Flamanville, que de me battre pour ne pas finir de construire cette centrale. Parce que c’est l’intérêt des citoyens Français qui nous demandent de trouver le meilleur compromis entre leurs besoins en électricité et les risques industriels.

Que cela soit clair et que les écologistes le comprennent : le PS a désormais une pensée autonome en matière d’écologie. Cette pensée est du point de vue des buts à atteindre, tout à fait compatible avec celle d’EELV, mais en matière d’outil pour atteindre ces buts, nous différons d’eux. Les sociaux-démocrates ont plus l’habitude de la négociation et du compromis que les écologistes, et il me semble pour cela bon de se montrer patients et compréhensifs même lorsque certains militants d’EELV s’enflamment sur ce sujet. Ceci dit le compromis n’est pas la compromission, et une alliance électorale doit se faire sur des bases saines, idéologiquement et électoralement.

Nous allons retourner devant les électeurs pour gagner la présidentielle et la législative. Nous irons donc avec un programme auquel nous croyons, et un programme compréhensible et acceptable. J’habite une circonscription en bout de ligne ERDF, dans une région déficitaire en énergie. Je me vois mal faire une campagne en expliquant aux électeurs que l’on va développer une politique industrielle énergétique qui sera plus coûteuse pour moins d’énergie produite. Une politique qui empêchera le développement de la voiture électrique, une politique qui mènera à des coupures du réseau. Non, je veux leur dire que je souhaite sortir du nucléaire, que cela prendra le temps qu’il faut, et qu’en attendant nous développerons et implanterons toutes les solutions les plus sures et les plus performantes pour qu’ils puissent continuer à avoir du courant à moindre coût (voire dès que ce sera possible, que la partie minimale d’électricité vitale pour chaque foyer soit accessible gratuitement).

Voilà le programme que je défendrai, avec les écologistes je l’espère, en tous cas avec tous ceux qui veulent concilier les impératifs collectifs des citoyens et les contraintes des écosystèmes.

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Quelques références :