Lorsque Sarkozy renouvelle les séries comiques de l’été

Comme c’est l’été, la télé nous a offert hier soir une de ses éternelles redifusions mais avec une évolution en forme de parodie politique de la filmographie de Louis de Funès et des comédies bien françaises.

Le film

Commençons par le décor inspiré à l’évidence de cette scène de la cage aux folles où la salle à manger kitch et olé olé a été remplacée pour l’occasion de la venue de Galabru (notable et politicien) par un décor on ne peut plus monacal. Qu’on se le dise, le moment se voulait grave et profond.

Le jeu d’acteur

Pour le film lui-même, il faut bien avouer que le scénario était convenu mais que l’acteur s’est employé à nous montrer tout son talent :

D’abord touché, sombre, soucieux, presque triste sur l’affaire Bettencourt / Woerth. Ah quelle belle envolée tout de même lorsqu’il réitère sa confiance à Eric Worth, homme honnête et compétent. Quelle sollicitude lorsqu’il lui conseille, juste un conseil pas un reproche ni même un ordre, de mettre fin à ce petit problème de conflit d’intérêts. On attend avec impatience le jour où Sarkozy réitèrera ce même conseil en direction d’Alain Marleix, secrétaire d’Etat à l’intérieur et aux collectivités, en charge de la nouvelle carte électorale et accessoirement secrétaire national de l’UMP en charge des élections, ou encore d’un certain Nicolas, à la fois président de tous les Français et accessoirement président de l’UMP.

L’instant tragique

Et puis il y a aussi l’indignation limite colère pour défendre Liliane et s’emporter contre ceux qui n’aiment pas l’argent.

L’acteur est ici très bon mais on s’étonnera que le scénariste ait été si peu crédible : je pense qu’il doit s’agir d’un scénariste américain qui ne comprend pas très bien la culture judéo-chrétienne…

Excellent également le coup de mamie Liliane payant une montagne d’impôts : des millons chaque mois (en fait moins de 20% de son revenu semble-t-il). Par contre on ne peut qu’être choqué par cette scène où l’acteur affirme une fois de plus sa détestation de la famille en jugeant anormal, presque indécent, de bénéfier à la fois de l’allocation logement et d’une demi part d’IRPP.

La meilleure blague

Ma scène préférée restera sans doute celle où, dans une réplique digne d’Audiard, Nico nous fait ce merveilleux lapsus au début du film à propos de Courroye en mélangeant les fonctions de juge et de procureur. Décidément, il a bien fait d’arrêter d’être avocat (mais il aurait dû choisir autre chose que président…).

On ne vantera jamais assez le comique de situation !

Les faiblesses du scénario

La scène nous expliquant les raisons de la panade économique actuelle me semble un peu trop cliché et ne convaincra que les spectateurs peu cinéphiles : on y apprend que tous nos maux économiques ont un nom : les 35h (malgré les 8 ans que l’UMP est au pouvoir tout de même…). Le scénario trop court manque ici terriblement de crédibilité.

Même problème lorsque Sarkozy se présente à la fois comme celui qui a imposé contre vents et marée le maintien de l’ISF et celui qui tiendra jusqu’au bout pour maintenir le bouclier fiscal (dont la justification est l’existence d’un ISF supposé confiscatoire). Ce n’est ni cohérent ni crédible.

Un nouvel opus ?

Pour la suite, je suggèrerai un peu plus de glamour et plus d’action et de musique : c’est l’été après tout et il faut bien oublier un temps les mois calamiteux que nous venons de vivre !

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Vous trouverez [ ici ] et [ ici ] quelques critiques sur l’incohérence du scénario.

Lettre à mes camarades sociaux-démocrates et à nos sympathisants

Socdem

L’été va tant bien que mal marquer une pause dans le débat politique, et après la pause viendra le temps de la montée en puissance du grand marathon qui nous amènera en 2012.

Depuis ces dernières semaines, nombre d’initiatives voient le jour, individuelles autant que collectives, venant d’anonymes autant que d’élus du PS socdem (Christophe SIRUGUE, Maire de Chalon-sur-Saône, député de Saône-et-Loire, Benjamin GRIVEAUX, conseiller général de Saône-et-Loire, Céline PINA, conseillère régionale d’Ile-de-France, Françoise TENENBAUM, adjointe au Maire du Dijon, conseillère régionale de Bourgogne, Françoise VERJUX-PELLETIER, adjointe au maire de Chalon, conseillère générale de Saône-et-Loire, Jean-Renaud ROY, militant, fédération du parti socialiste de Paris, pour ne citer que les acteurs du dernier appel) ou n’ayant pas jusqu’ici affiché une étiquette particulièrement marquée social-démocrate (Jean-Pierre Mignard pour ne citer qu’un des plus étonnants).

Les initiatives fleurissent, les groupes de soutien essaient de se constituer, les blogs se réveillent et, nouveauté de cette future élection, les groupes estampillés DSK sur la coopol font florès (plus d’une douzaine avec le label DSK). Belle volonté, bel enthousiasme, espoir revigorant.

Je crois que le temps est donc venu de penser à coordonner tout cela pour nous rendre visible, lisible, attractif, tout en respectant l’esprit de la social-démocratie, et c’est là que ma lettre prend son sens. Le mouvement social-démocrate que nous avons commencé à réformer, rénover, refonder, est un mouvement qui est excellemment représenté par des hommes et des femmes de qualité, mais des hommes et des femmes de qualités qui s’identifient à nos idées et pas l’inverse. Et pour ce qui concerne la prochaine échéance, il est trop tôt pour l’heure de nous identifier ou de n’être identifiable qu’à travers un candidat qui n’est pas déclaré et qui n’a aucun intérêt à le faire avant l’année prochaine.
Par contre il est plus que temps de préparer le terrain pour ce candidat, de rendre vraiment identifiable le mouvement qui est le nôtre aux yeux des militants PS, des sympathisants et de tous les français en attente d’un renouveau politique, et de faire clairement comprendre quels sont nos idéaux :

  • l’humaniste et l’esprit des lumières comme morale et non la religion,
  • une société de citoyens solidaires et non un groupe d’individus en compétition perpétuelle,
  • la raison, la volonté et les compétences et non l’irrationalité et le spectacle,
  • l’égalité de tous et l’équité pour chacun et non le corporatisme ou la loi du plus fort,
  • la liberté économique encadrée par une régulation dans l’intérêt commun et non le renoncement néo-libéral ou le collectivisme d’État,
  • la liberté individuelle respectueuse de l’autre et de la loi et non l’État tout puissant, l’État policier, le gouvernement des juges, l’ordre moral ou militaire
  • la réforme radicale, progressive, continue de la société et non la révolution ou le renoncement

Il est plus que temps de faire clairement comprendre quels sont nos outils :

  • le dialogue et non l’injonction,
  • la négociation et non l’imposition du point de vue le plus fort,
  • le contrat et non le dictat ou la vérité révélée
  • la réflexion et le travail collectif et non le verbiage populiste
  • la pédagogie et non la violence de l’imposition des décisions

Au-delà des principes et des outils, il nous faut constituer un réseau socdem identifiable, ce qui me semble vouloir signifier :

  • afficher la présence de figures morales de la social-démocratie, c’est-à-dire des figures éloignées de la polémique et dont la vie au service de nos idées les honore et honore notre mouvement. Alain Bergounioux et Catherine Tasca me semblent parfaitement illustrer cet aspect, et je suis sûr qu’ils ne sont pas les seuls à le pouvoir. Que ces militants de tant de combats et de victoires soient nos juges de paix lorsqu’il nous faudra avoir du recul au milieu de la bataille, que ces grandes figures soient garantes de la grandeur de nos ambitions et de notre probité,
  • remobiliser les cadres actifs socdem, cheville ouvrière de la construction de notre mouvement : je ne peux que souhaiter que Jean-Christophe Cambadélis et Pierre Moscovici reprennent leur action interrompue et qu’ils soient rejoints par tant d’autres qui aujourd’hui montrent leur volonté de faire gagner nos idées : Collomb, Destot, Huchon, Patriat, Sabban, Trautmann, Touraine, Urvoas, et tant d’autres qui me pardonneront de ne pas pouvoir les citer tous.
  • et de façon plus pragmatique nous donner un outil fédérateur sur internet, un point administratif d’entrée, un visuel socdem, du matériel de campagne, …

La campagne pour les primaires aboutira à désigner un candidat. Le temps des sociaux-démocrates est arrivé mais ce candidat, quelles que soient ses qualités, quelles que soient ses capacités, quelles que soient ou aient été ses responsabilités nationales et internationales, ne nous affranchit pas de faire notre travail. Dans ce moment du calendrier, c’est à nous d’être à la hauteur de nos espoirs, c’est à nous d’être à la hauteur du candidat que nous exigeons d’avoir. Ne retombons pas dans les erreurs passées du PS : il n’existe pas de sauveur capable à lui seul de pallier nos déficiences. Par contre, si nous sommes capables de montrer qui nous sommes vraiment, de sublimer le travail de réflexion largement entrepris depuis 2006, de dissiper le brouillard de fantasmes répandus par nos adversaires au profit de la vérité nos idées, alors le chemin sera grand ouvert pour le candidat d’exception que nous aurons mérité et que nous appelons de nos vœux, alors l’appel sera tellement puissant que sa candidature sonnera comme une évidence, au bon moment.

alain-bergouniouxTascaDSKSabbanmoscoviciTourainecambadelistenenbaumdestotTrautmannurvoas

Bataille pour la succession de Sarkozy : Copé 1 – D2V 1

Comme je l’avais évoqué dans mon post précédent, la bataille pour le leadership de l’UMP a commencé.

C’est François Copé qui a dégainé le premier en infligeant un camouflet à Eric Woerth et au gouvernement en rejetant sa loi sur le dialogue social dans les TPE.

Ce matin, c’est au tour de Dominique de Villepin de poser des banderilles à France Info :

– Il appelle à la résolution du problème de conflit d’intérêts d’Eric Woerth, rappelant s’il en était encore besoin que les responsabilités de trésorier d’un parti politique sont incompatibles avec un exercice ministériel (on notera à ce sujet l’absence de réaction du gouvernement, ce qui laisse penser à un sérieux aveu de faiblesse). Il en profite au passage pour tacler Nicolas Sarkozy en jugeant qu’il n’était pas sain et normal de se comporter ouvertement comme un chef de parti lorsque l’on est Président de la République.

– Deuxième élément en direction à la fois de Nicolas Sarkozy et de François Copé, il évoque un malaise au sein des parlementaires UMP et ne rejette pas l’idée de la constitution d’un groupe Villepiniste.

– Enfin, il continue de régler ses comptes en dénonçant à mots à peine couverts la “proximité” des pouvoirs politiques et judiciaires dans l’affaire Bettencourt à travers les liens entre Nicolas Sarkozy et le procureur de la République.

Le parlement semble donc être le champ de bataille de la conquête de l’UMP, et pour l’heure, avec un gouvernement en déconfiture les troupes encore fidèles à Nicolas Sarkozy semblent être réduites au rang de spectateur, à moins qu’elles n’aient tout simplement disparues…

Voici l’interview de D2V sur France Info :

D2V France Info

Dissolution, Démission, Elections anticipées

FranceBruno Roger-Petit a publié un post émettant trois hypothèses suite à la dislocation en vol de l’Airbus Sarkozy : dissolution de l’assemblée nationale, démission de Sarkozy, élections présidentielles anticipées. Comme ma réponse est un peu longue, je la publie sous la forme d’un nouveau post.

Dissolution de l’AN : c’est un coup possible (à la Chirac) que j’avais envisagé il y a déjà plusieurs mois chez Moscovici. L’idée est de perdre (assurément) la nouvelle législative pour se refaire une santé à travers une cohabition. Le problème étant pour Sarko un peu plus complexe puisqu’il s’agirait d’une double cohabitation : avec le PS mais aussi avec son parti qu’il a largement entrainé dans le trou, déçu et pire encore ici, totalement discrédité. Il faudrait dans l’absolu pour que cela marche un gouvernement d’union nationale et réussir in fine a apparaître comme le sauveur. Plus que délicat pour qui a tout raté depuis 2007.

Démission de Sarko : depuis le départ une telle hypothèse se pose (du moins je me la pose depuis 2007 et n’est-ce pas Léotard qui a écrit “cela va mal finir” ?), elle devient plus crédible mais Sarko n’est pas là pour la grandeur ou un dessein pour la France. Ce qui l’intéresse c’est lui, il sait qu’il n’a plus vraiment de chance d’être réélu, il fera tout pour rester à l’Elysée, quitte à ne plus gouverner.

Élection anticipée : même si j’avais tord pour la démission de Nicolas Sarkozy, elle n’interviendrait qu’au bout de plusieurs mois de bataille (pour l’heure, aucune instruction judiciaire n’est ouverte sur les effets collatéraux de l’affaire Bettencourt), voire une bonne année. Or l’élection présidentielle n’est plus très éloignée et l’on pourrait sans doute à quelques mois près, conserver le calendrier prévu.

Politiquement, quels en seraient les impacts ?

Clairement cela signifierait une purge sanglante au sein de l’UMP avec une lutte entre Copé et D2V pour le leadership du parti. Il n’est cependant pas certain que l’UMP y survivrait et il est plus probable qu’un de ses partis satellites récupère la mise.

Pour le PS, cela simplifierait un de ses problèmes techniques qui est celui de l’organisation d’une primaire qui comme je l’ai montré, souffre d’un vice intrinsèque qui est celui de l’impossiblité de garantir l’équité des candidatures. Lâche soulagement…

Enfin, point finalement le plus important au regard de l’histoire, cela signifierait un marqueur important de la lente agonie de la Vème République dont les principes fondateurs ont perdu de leur force, et ici de leur probité, à force d’être tordus, amendés, contournés. Que manque-t-il aujourd’hui à cette Vème République ? Un vrai contre-pouvoir moral, le regard sévère de la probité et de l’intérêt général, la hauteur et le recul garants de la grandeur et de l’honneur de la France.

DSK, une bière et deux barjots

DSK Moscovici Melenchon

L’express vient de publier une interview-débat entre Pierre Moscovici et Jean-Luc Mélenchon, débat faisant suite à la diatribe de Mélenchon au sujet de Dominique Strauss-Kahn, envolée dont je m’étais fait l’écho il y a quelques temps.

Je trouve pour ma part l’échange excellent. Mélenchon est souvent excessif mais il sait débattre sur le fond et évite la mousse des idées faciles comme on peut le constater avec sa réplique sur le salaire de DSK. Il sait aussi acter des succès comme les batailles menées avec brio par DSK sous le gouvernement Jospin. Nous sommes loin des réactions de certains militants qui sautent sur n’importe quel argument du moment que cela a une chance, même illusoire, de ternir l’adversaire.

Sur le fond, j’en reste à une de mes anciennes idées : l’alliage entre social-démocratie et gauche « radicale » est très complexe à réaliser, mais il est possible et si nous le réussissons alors nous serons invincibles. Je me suis retrouvé quelques fois à ferrailler avec eux contre nos adversaires pour nos valeurs (j’ai en particulier le souvenir de l’histoire de la Shoah au CM2 que Nicolas Sarkozy voulait imposer suite à je ne sais quelle évaporation de tout jugement moral) et à chaque fois je me suis retrouvé avec des militants en qui je pouvais avoir confiance dans la bataille.

Camarades de la gauche radicale vous m’exaspérez sans doute autant que nous vous exaspérons mais nos valeurs profondes sont les mêmes et c’est ensemble que nous pourrons les défendre et progresser. Alors continuons sans doute de nous engueuler autour d’un verre, mais allons ensemble au combat.

Retraites : le gouvernement Sarkofillon joue de la vuvuzela aux Français

Vuvuzela umpLe gouvernement Sarkofillion a annoncé ce matin par la bouche d’Eric Woerth ses décisions en matière de retraite. Pas grand chose de fondamentalement neuf par rapport à ce qui était pressenti, en synthèse un volet pour augmenter les prélèvements et un volet administratif pour ajuster le moment où l’on entre dans la case retraite.

Une chose m’agace suprêmement : si le volet des prélèvements sera applicable dès l’an prochain, la majorité du dispositif prendra effet en… 2018.

Huit ans, soit une décision UMP qui ne sera ni appliquée pendant le mandat Sarkozyste, ni pendant le mandat suivant.

Huit ans d’attente pour résoudre un problème calamiteux aujourd’hui.

Une décision prise sur la situation connue d’aujourd’hui pour une situation que l’on ne connaît pas dans huit ans (car le problème est initialement démographique mais ne se résume pas à cela !).

Sarkofillon prétend décider de la politique d’un gouvernement en place dans huit ans alors qu’il n’arrive pas à donner le début d’une décision efficace pour aujourd’hui. Cela tient de la fuite en avant à la vitesse de la lumière !

Je trouve cela d’une irresponsabilité sans nom ! Depuis 2002 et jusqu’à il y a peu, l’UMP nous expliquait que tout allait bien et que les déficits avaient du bon. Mais à force d’irresponsabilités et surtout suite à une sanction-avertissement des marchés qui se sont acharnés sur la Grèce parce que c’était l’élément faible du troupeau européen, Sarkozy semble avoir été saisi d’un doute, donc il décide de prendre des mesures pour… 2018.

En l’état, la seule question à se poser est donc : qui l’UMP va-t-elle ruiner par cette inepte non-décision ?

Pour mémoire, voici deux petits films qui expliquent la position du PS : http://bloggy-bag.fr/presse/video.html

Vive les barjots !

DSK au FMImelenchon
Ah mon Méluche adoré, en réponse à ta diatribe, j’aimerais écrire ici deux ou trois éléments histoire de voir si ce serait si “barjot” que cela de nommer DSK candidat en 2012 :

  1. Le FMI sous la direction de DSK, après avoir augmenté les ressources prêtables de 260 à 850 milliards de dollars (pas mal pour serrer le kiki de l’économie mondiale… ) a dégagé 17 milliards de dollars en faveur… des pays pauvres, notamment africains.
  2. Lorsqu’’il prête à la Grèce à un taux de 3,5%, les marchés le font à 18 % et la France de Nicolas Sarkozy associée à l’Allemagne d’Angéla Merkel le font à 5%.
  3. Faut-il vraiment être cinglé pour avoir apuré la dette d’un des pays les plus pauvres au monde (Le Libéria) ou osé faire des prêts à 0% à ces pays que la finance écrase d’habitude de son mépris.
  4. Et qui est ce malade qui a souhaité donner plus de droits au sein du FMI à ces “pays de peu” qui semblent t’être si chers dans tes discours Jean-Luc?
  5. Était-ce l’œuvre d’un barjot lorsque Dominique Strauss-Kahn , en pleine crise financière, se lançait dans une charge vigoureuse contre le retour des gros bonus chez les financiers et dénonçait l’approche immorale et la cupidité de quelques dirigeants de la finance internationale ?
  6. Sans doute fallait-il être barjot pour dénoncer les personnes qui, je cite, “vampirisent littéralement des ressources financières qui seraient infiniment mieux utilisées pour alimenter l’économie qu’ils ont mise en vrac” et de dénoncer ces gens en utilisant les mots d’imprévoyance, d’aveuglement, de cupidité et de cynisme ?
  7. Et qu’avait-il bien pu fumer lorsqu’il a annoncé vouloir créer un “Fonds vert” capable de mobiliser pas moins de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 afin que les pays en développement puissent investir dans des technologies économes en gaz à effet de serre.

Alors oui, tu as raison mon ex-camarade, il faut vraiment être barjot pour faire tout cela, comme il faut être barjot pour vouloir changer le monde dans le but d’atteindre un idéal de liberté, d’égalité, de fraternité, dans le but de vouloir émanciper les individus, les éclairer, dans le but de changer la société pour que chacun ait droit au bonheur.

Dommage que tu sembles y avoir renoncé en quittant le PS, en tout cas, moi c’est bien pour cela que je milite !

Lettre ouverte aux cadres de mon parti : l’antisémitisme fait-il partie de nos armes ?

J’en ai plus qu’assez de lire çà et là des billets ou des commentaires qui puent l’antisémitisme. Oh pas la version pogrom et chambre à gaz, juste le “banal” vieux fond de commerce malsain qui colle à notre histoire comme l’odeur de moisi colle au mur des habitations humides même lorsqu’on ouvre les fenêtres pour aérer la pièce.

Alors bien sûr, l’actualité nous gratifie régulièrement comme en ce moment, de bonnes raisons de condamner la politique Israélienne, mais il se trouve qu’Israël est un alibi facile : on peut condamner une politique détestable tout en condamnant l’antisémitisme, comme on peut condamner les dictateurs africains tout en condamnant le racisme. Concomitance n’est en rien causalité, sauf ici pour l’âme perverse.

Et si encore nous en restions à des égarements géopolitiques ! Mais non. Là où cela me fait doublement mal c’est lorsque je vois des dérapages antisémites à répétition au sein même de mon parti. Parti de tolérance, parti internationaliste, parti de progrès, parti humaniste, parti cherchant à élever l’homme, cherchant à l’émanciper, à le libérer de ses chaînes physiques autant que morales.

Or vous, cadres de mon parti, de la Première Secrétaire au Secrétaire de la plus petite section, je n’entends que votre silence répondre à des attaques répétées encore et encore. Oh bien sûr, j’ai entendu vos protestations lorsque Georges Frêche a fait le dérapage de trop il y a quelques mois, Frêche le symbole, mais je ne vois rien ici ou ailleurs alors qu’à longueur de journée des militants, insignifiants peut-être mais militants de mon parti quand même, qui se réclament de tel ou tel courant se compromettre dans la moisissure antisémite parce que cela sert à salir leur adversaire du moment.

Pour ma part, je ne considère pas que la fin justifie les moyens et que tout est bon à prendre du moment que cela permet d’attaquer l’adversaire. Honte à ceux qui parmi nous n’ont pas assez de convictions, de probité et de valeurs pour mener un combat propre et fier, honte à ceux qui ne combattent pas ces pratiques, honte à ceux qui par complaisance, paresse, ou même lassitude acceptent ce genre de crachats idéologiques.

Je me suis mis à militer pour participer à la construction d’un avenir meilleur pour mes enfants, et cet avenir ne passe pas par l’avilissement moral.

DSK, le sionisme, Israel et la horde des basses âmes égarées

Il y a plusieurs années déjà (en 2006 à l’occasion des primaires du PS), je m’étais fendu d’un billet démontant un hoax sur Dominique Strauss-Kahn décrit en substance comme un “agent malveillant du sionisme”. Cela s’appelait “Juif ? Salomon, vous êtes juif ?” (réplique inénarrable de Rabbi Jacob alors que le bon monsieur Pivert apprend que son chauffeur fait le chabbat).
DSK n’ayant pas été choisi aux primaires, ce hoax est alors entré en hibernation jusqu’à ces derniers temps où telle l’épidémie de peste il a largement refleuri çà et là, parfois sous une forme améliorée (naturellement, seuls les esprits chagrins feront un lien entre des événements purement internes au PS et ces basses pratiques largement teintées d’antisémitisme…).

Du coup, j’en profite pour reposter mon billet et le mettre au goût du jour.


dsk sionismeCalomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose…

Juif ? Salomon, vous êtes juif ? (Rabbi Jacob)
Un vieux hoax datant de presque 15 ans est en train de ressortir en ce moment. Ne le répétez à personne, mais il paraît que DSK ne pense qu’au sionisme en se rasant le matin.
Le message diffusé sous diverses formes ressemble grosso modo à cela :

“Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. Tout le monde ne pense pas la même chose dans la Communauté juive, mais je crois que c’est nécessaire. Car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu’un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd’hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l’infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël.”

A l’origine, les propos auraient été tenus dans un journal appelé Passages, mais comme personne n’est en mesure de présenter le journal en question et que ce journal est quasi inconnu, les propos ont migré vers “La vie”, et comme faire du sionisme chez les catholiques n’est pas très crédible, on peut aussi trouver des références à “France Inter” ou “Le Monde”, sans compter tous les blogs où ce hoax circule.

Qu’en est-il vraiment ? La réponse de l’équipe DSK est claire et sans appel :
DSK a déjà démenti publiquement avoir prononcé ce genre de propos. Personne n’a d’ailleurs ressorti cette soit disant interview.”

Zut alors, mais peut-être est-ce un coup du complot judéo-maçonnique qui contrôle la presse. En tout cas chers lecteurs, sachez que moi je suis “blanc, très blanc, un peu pâle, français et catholique comme tout le monde”…


Voilà donc pour le billet de l’époque. Quoi de neuf depuis ?
Toujours pas le début d’un paragraphe authentique de l’article supposé de Passage mais de nombreuses tentatives pour nous en parler avec autant de ferveur que d’indignation. La tentative la plus originale est sans doute ce petit film qui nous présente une jolie manip laissant à croire de prime abord qu’on tient, enfin, la preuve du crime dont toutes les bonnes âmes parlent mais que personne manifestement ne possède.
L’idée est simple, comme les auteurs n’ont pas leur article, ils font un film d’un site qui relate “l’histoire de celui qui connaît celui qui à vu le loup, ou plutôt le fumeux article”. Film pas mal fait du point de vue bobardesque puisqu’il répond à de bons critères de base :

dsk sionisme

  • impression de mauvaise qualité (c’est bien, cela a l’air plus vrai ainsi),
  • création d’une ambiance un tant soit peu anxiogène (ici en n’utilisant pas de son, bien vu !) et sombre,
  • création d’une ambiguïté (visionne-t-on un extrait du mythique article que personne ne montre ?)
  • et surtout un titre accrocheur qui décape “DSK Conseille aux Juifs de Prendre du Pouvoir pour Aider Israël”.

Charmant. Mais maintenant, quelques questions élémentaires pour que chacun se fasse son opinion :

  1. DSK a exercé de hautes fonctions dans notre République et en exerce toujours au niveau mondial. Quelles mesures concrètes, quelles positions publiques a-t-il prises qui justifierait un tant soit peu ces accusations ?
  2. En remarquant que ces rumeurs de traitrise sionisme (on ne dit pas antisémite mais le fond y est bien) ré-apparaissent lorsque DSK est en mesure de prendre le leadership à gauche et en y ajoutant le fait que la droite ne peut utiliser le judaïsme sans mettre Nicolas Sarkozy en porte-à-faux, à qui cela profite-t-il sinon à une certaine gauche en déshérence idéologique et, hélas, de valeurs ?

Et le plus ironique de l’histoire c’est que même si Dominique avait effectivement sorti ces âneries, cela aurait mérité une engueulade mais certes pas que des âmes perdues se vautrent dans la fange des noirceurs méprisables. La haine du juif a décidément encore un bel avenir et nous encore bien du travail !