On admire ou l’on craint les hommes à l’été de leur grandeur,
Mais on les aime pour leurs faiblesses.
Qui est capable d’aimer aujourd’hui ?
La politique vue du pays de Brest
On admire ou l’on craint les hommes à l’été de leur grandeur,
Mais on les aime pour leurs faiblesses.
Qui est capable d’aimer aujourd’hui ?
Après quelques jours, chacun a pu reprendre ses esprits. Du coup, le petit train de la pré-campagne des primaires a pu repartir.
Lorsque les militants PS attendaient (ou redoutaient suivant les cas) la déclaration de candidature de DSK, le paysage politique de gauche s’était peu ou prou organisée entre les tenants d’une réforme social-démocrate marquée et largement illustrée par la réforme keynésienne qui avait pu être menée au FMI et les tenants d’une ligne qui a défaut d’être claire s’opposait à la première.
DSK étant empêché de se déclarer à court terme, on aurait pu s’attendre à ce que l’audace soit à l’ordre du jour. Hélas, le PS est en train de s’approcher d’un débat bipolaire entre l’ancien premier secrétaire et la première secrétaire en titre. Si ce devait être le cas, autant dire que les primaires ne vont pas passionner les Français car la cuisine interne leur est tout la fois incompréhensible et indifférente.
Pire que cela, l’adoubement mou de Largarde par Martine Aubry et François Hollande est une faute. Nos députés se sont battus pour que les accusations portées par les organes de contrôle de l’État ne finissent pas aux oubliettes et ils sont désavoués, mais en plus le PS apparaît comme le parti qui accepte sans sourciller la mise à mort des réformes keynésiennes du FMI, ouvrant ainsi largement les portes des pillards qui se pressent déjà sur le corps moribond de la Grèce. Plutôt que de reprendre l’erreur de stratégie de Royal en 2006 en partant en voyage avec l’illusion de se forger une stature internationale, Hollande ferait mieux d’être en France et de défendre avec force les principes d’une politique internationale en accord avec nos idéaux.
Reste l’espoir et le temps de reconstituer une vraie voie qui sort le PS de son « grumeau » et qui annonce effectivement l’ère des réformes radicales dans un monde où les dangers mortels cognent à la porte. C’est bien là que doivent intervenir les sociaux-démocrates. Avec ou sans Dominique, nous sommes prêts à changer et le parti et la France. Nous savons que nos outils sont efficaces, que notre analyse est la bonne. Nous devons changer l’État providence en État assurance. Nous devons tuer à la fois le libéralisme débridé des marchés et le marxisme. Nous devons construire les conditions d’un avenir collectif, commun et égalitaire qui respecte l’équité entre les individus. Nous devons fixer nos objectifs en fonction des défis gigantesques en face de nous : sortir du désastre économique et social de la sarkozie, affronter la rupture énergétique, la rupture climatique, la bascule démographique et l’accélération de la dématérialisation.
J’invite une fois encore Martine Aubry qui a hérité du flambeau socdem dans les conditions que l’on sait a réunir les forces social-démocrates pour décider ensemble de l’avenir. Qu’elle écoute ce qu’ont à dire Pierre Moscovici, Gérard Collomb, Michel Destot, Michèle Sabban, Jean-Jacques Urvoas, Marisol Touraine et tous les autres dont la liste est trop longue pour être complétée ici ! Les troupes sarkozystes ont mis en route une machine qui nécessitera bien plus que d’être candidat par hasard et parce que l’on croit que c’est notre tour. En 2012, nous aurons subit 10 ans d’une longue maladie qui a fait de la France l’ombre d’elle-même, et le système des partis politiques actuel est partie prenante de cette maladie.
Il reste un an, ce qui est très long et je ne pense vraiment pas que dans 6 mois le paysage politique ressemblera beaucoup à celui d’aujourd’hui. Faisons confiance aux forces et talents de notre parti ! Faisons confiance à l’expression démocratique au sein de notre parti ! Acceptons a priori et créons les conditions de l’émergence d’un porte-drapeau en dehors des normes RH du parti parce que la situation est en dehors des normes. Que les cadres lisses du parti deviennent les effrontés qui osent monter sur le char et défier l’ordre agonisant !
Plus que jamais l’époque n’est pas celle de l’homme ordinaire, les défis sont trop grands, les dangers trop pressants. Le navire France a besoin d’un capitaine et d’un équipage d’exception. Nous constatons chaque jour que cela ne se trouve pas à droite, mais la gauche saura-t-elle offrir cet équipage à notre pays ?
Le gouvernement a été pris en flagrant délit de vitesse, voire de précipitation dans la récente histoire des radars routiers.
Suite à une mauvaise statistique, il a été annoncé un démantèlement des panneaux de signalisation des radars fixes, annonce suivie avec zèle par le préfet Decharrière, avant d’être annulée sous l’effet de la fronde d’élus ump craignant fortement pour leur poste, puis amendé sous forme de « radar pédagogique » (rien que le nom est amusant), pour en être actuellement à un rétro-rétro-pédalage sur l’air « on s’est mal compris ».
Tout ceci n’est que de la mauvaise soupe politique au son de la bonne conscience et sur l’air de comment gagner des sous.
Les faits sont qu’il y a environ 4000 morts sur la route chaque année. Ce qui est beaucoup mais comparativement par exemple aux 40000 morts liés aux accidents de mort subite (oh que c’est pas beau de comparer les causes de mortalité !) est peu, surtout lorsque l’on sait que pour ces derniers, on a 97% de probabilité d’y rester si cela vous arrive. La marge de progrès est gigantesque.
Alors pourquoi se focalise-t-on sur la route ? Parce que la politique de prévention routière a plutôt été un succès et que c’est donc une politique facile à « vendre », parce que les associations de victimes de la route sont efficaces, et surtout parce que c’est rentable, élément déterminant en ces temps de situation budgétaire apocalyptique.
En somme, si on supprime les panneaux, le gouvernement Sarko-fillon pourra se prévaloir de la bonne conscience et de rentrées supplémentaires d’argent. Que croyez-vous qu’il va se passer ?
Allez, si cela ne suffit pas, je vous propose une série de photos sur la mise en place de solutions de nos très imaginatifs représentants de l’ordre routier.
Faux travaux et vrai radar

Le radar enflure

Le Radar vous a dans le nez
Le radar bourrin

Conclusion : politique de prévention ou tout répression ?
Sources : photos issues du web
Passé le temps de l’incrédulité et de la stupeur, vient petit à petit celui de la reprise de notre combat politique.
Je veux d’abord m’adresser à ceux dont j’ai lu le désarroi dans leurs posts ou commentaires, désarroi qui allait jusqu’à vouloir renoncer à participer à voter en 2012. Les idées et les actions concrètes de Dominique Strauss-Kahn ont servi à la fois de terreau et de socle à notre combat pour une réforme profonde et radicale des idées de la gauche, pour un redressement victorieux de la France, et ces idées sont toujours là, bien vivantes, bien actuelles. L’œuvre dépasse toujours l’artiste et je crois que ce serait faire injure à nos combats, quelque part à ce que nous sommes, que de déserter le champ de bataille alors que le combat est juste devant nous, et que nous avons toutes les chances de reporter cette bataille. Même si Dominique venait à être empêcher de nous rejoindre à temps. Lorsqu’il est parti à Washington en 2007, nous n’avons pas abandonné, nous avons produit les travaux du manifeste de socialisme et démocratie, nous avons tissé des liens sur internet, nous avons travaillé à la promotion de nos idées, ce qui a abouti entre autre à la nouvelle déclaration de principes du Parti Socialiste.
Et même si ce qui arrive aujourd’hui semble surréaliste, c’est un scénario qui était prévu (par Dominique lui-même) à un instant prévisible. Nous redoutions de prendre un missile, nous l’avons pris, et alors ?
Que faire ? D’abord, je crois, respecter la parole donnée, même si les militants n’ont pas été consultés dans le pacte DSK / Aubry. Mais à circonstances exceptionnelle, réaction adaptée. Martine est aujourd’hui certes dépositaire du mandat social-démocrate, mais il serait tout à fait souhaitable qu’elle réunisse les sociaux-démocrates et repose la question de ce mandat. Il ne faut pas prendre le risque que la force militante des socdems se diluent dans différentes voies à cause de divergences secondaires.
J’ignore par ailleurs quel est son état d’esprit et si l’on pouvait prévoir l’affaire de Dominique, on peut aussi prévoir que les forces de destruction qui ciblaient DSK vont se porter à très court terme sur elle. La France politique est dans un état très malsain, et le web dévoile sans fard des comportements et des idéologies d’une noirceur et d’une vilénie abjectes.
Il me semble plus que nécessaire de trouver la meilleure solution, d’entendre, vraiment, ce qu’ont à apporter des personnalités comme Pierre Moscovici ou Gérard Collomb, ou quiconque a sincèrement des arguments à faire valoir. En 2012 nous porterons un candidat socdem à la présidence. La seule chose vraiment certaine est que nous n’en connaissons pas à ce jour le nom, mais nos idées sont les bonnes, nous avons démontré qu’elles fonctionnaient.
La situation est exceptionnelle, tant mieux, c’est ainsi que se découvrent les personnalités d’exception. Osons défier le destin, allons arracher 2012 contre vents et marées, contre toutes les tempêtes et les obstacles rencontrés sur notre chemin.
« ça vous regarde » de LCP a consacré une émission sur le rôle des médias quant à leurs relations et leur travail sur la vie privée des politiques.
L’émission est intéressante mais elle reste fuyante sur un point : les médias sont très prolixes sur les récits lorsque les portes sont grandes ouvertes mais toujours très absents sur les récits de situations actuelles.
Les Invités :
On se reportera également à « Sexus Politicus » ou encore à « Belle amie » si l’on préfère les récits à la Maupassant.
Pierre Moscovici est intervenu au parlement sur la question des inégalités fiscales. La réforme de la fiscalité est un des points saillants du projet socialiste.
Pierre Moscovici – Question au gouvernement [17… par pierremoscovici
Dans les premiers commentaires journalistiques relatant l’affaire DSK, il a été dit que Dominique avait fuit précipitamment son hôtel, et que le fait qu’un de ses téléphones portables avait été retrouvé dans sa chambre était un élément allant dans ce sens.
La réalité apparaît comme tout autre.
Il a été vu quittant normalement son hôtel, il a pris un avion comme prévu (pour une réunion en Europe sur la Grèce) et a téléphoné à l’hôtel pour indiquer qu’il n’avait pas retrouvé un de ses téléphones avant de partir.
http://www.itele.fr/video/dsk-les-dernieres-infos-de-michael-darmon
Les échos relatent par ailleurs un certain nombre d’incohérences dans les accusations, en particulier sur l’heure supposée des faits (13h) alors que Dominique Strauss-Kahn aurait déjeuné avec sa fille aux environs de midi et pris l’avion en fin d’après-midi.
L’actualité du jour est la nouvelle accusation contre DSK. Après la campagne de dénigrement menée ces dernières semaines, nous voici devant une situation où la retenue, la présomption d’innocence et l’intégrité de chacun vont sans doute est très certainement mis à mal.
En l’état, personne n’est à même de dire s’il s’agit d’une accusation infondée ou pas. En tout état de cause, DSK a décidé de plaider non coupable.
Politiquement, cela ne change pas non plus nos convictions social-démocrates ni notre volonté de porter une candidature qui comme prévu sera soit celle de Dominique, soit celle de Martine.
La pensée complète de Protagoras étant d’ailleurs «L’homme est la mesure de toute chose : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas». Je crois qu’il aurait bien des sujets de réflexion à propos de l’effervescence mêlant les délires et fantasmes de ces deux dernières semaines.
Est-ce l’image (fut-elle volée) qui est devenue la mesure des choses ?
Est-ce la capacité à générer du marketing viral à partir de cette image qui est sur le point de devenir un message politique ?
En elle-même l’image en question (la Porsche) répond aux éléments symboliques de la réussite : la voiture
de sport, un couple souriant et dynamique dans une des plus belles capitales du monde.
Mais cette image a été déconstruite : d’abord elle a été fallacieusement enrobée avec le parfum du secret (c’est une image de paparazzi, non « officielle », volée donc plus vraie que vraie, etc). Le secret, fut-il créé par un story telling murement réfléchi, est forcément plus vrai que la vérité dans un monde où depuis X Files on sait que la vérité est ailleurs. Mulder est devenu plus fort que Protagoras !
Puis l’image a été marketée pour répondre à un segment de marché bien précis : les adversaires de DSK à gauche. Les derniers marxistes d’abord et par extension tous ceux qui réduisent la politique à un choix de personne. L’image symbole de réussite a alors été racontée comme l’image de la richesse, l’argent devenant une valeur (négative), la nouvelle mesure de la chose. C’était d’autant plus facile à ancrer dans les esprits que cette mise en scène avait aussi pour but de relativiser l’image bien présente du bling bling qui colle à la peau de Nicolas Sarkozy. Puisque dans son cas, l’argent est affichée comme une valeur, toute personne ayant de l’argent doit forcément partager ces valeurs. Les amis (mêmes valeurs) de mes ennemis (« contre-valeur ») étant mes ennemis, le virus pouvait être libéré ! Voilà au moins un sophisme dont Protagoras aurait pu sourire…
A l’arrivée, internet appuyé (timidement) par quelques média est devenu le lieu d’une caricature de combat politique : l’argent devenant le marqueur universel de l’e-idéologie politique. Le combat n’est plus celui d’un choix entre marxisme, social-démocratie refondée ou libéralisme échevelé (ou autre chose), mais un choix entre ceux qui ont ou pas de l’argent. Étrange combat d’ailleurs où l’on se préserve bien de situer une frontière et où l’on interdit de facto à tout un chacun d’améliorer sa condition sous peine de passer dans le camp honni d’en face.
Et bien je refuse ce diktat du niveau zéro de la pensée. Non l’argent (ou ses supplétifs) n’est pas la mesure de la chose politique et encore moins de toute chose. Les valeurs de mon combat restent celle de la liberté, de la vérité, de la recherche du bonheur et du progrès par la réforme, de l’égalité de la société et de l’équité entre citoyens, de la solidarité qui construit un avenir commun.
Je ne combats pas Nicolas Sarkozy à cause de son compte en banque, mais à cause des dégâts que son comportement de Rastignac a infligé à la fonction présidentielle et à la France. De Gaulle l’économe ne dédaignait pas la DS décapotable car l’image est flatteuse pour la fonction. Pompidou avait sa Porsche et l’on se souvient du chassé croisé entre la XM de Mitterrand et la CX de Chirac. Hélas avec Sarkozy nous sommes passé au yacht de l’homme d’affaires, au clinquant du show biz. La question n’est ici pas celle du coût de ce qui est vu dans l’image, mais du ressenti de chaque Français. On peut être fier de la DS de De Gaulle, on ne voit pas bien comment être fier de l’image de Sarkozy sur le Yacht de quelqu’un qui a des intérêts économiques personnels à l’accueillir. La grande majorité des Français accepterait de passer un week-end au volant d’une voiture de sport, et cette même majorité ne se sentirait pas à sa place sur le bateau d’un riche homme d’affaires (sans d’ailleurs en vouloir à ce dernier, s’il a réussi tant mieux pour lui, mais que l’image du Président des Français ne soit pas ostensiblement liée à des intérêts particuliers).
Je combats aussi la politique UMP pour ses échecs (que cette histoire vient obligeamment remettre au second plan). Croissance, dette, chômage, désespérance, voilà des motifs de combats. Voilà la cible (et que l’on nous évite l’argument de la crise, le mal était déjà là bien avant 2008 : l’ump est au pouvoir depuis presque 10 ans, la crise a bon dos !). Quelques exemples :
La dette française (source wikipedia) :

Taux de chômage en France (sources Google, données Eurostat) :
PIB en euro courant (sources http://www.france-inflation.com/evolution_pib_france.php)

Évolution de la pauvreté en France (en pourcentage du salaire médian, sources observatoire de la pauvreté) :
On notera l’état de la France lorsque la gauche a cédé le pouvoir à la droite UMP en 2002 et l’état en 2007, juste avant la crise.
Conclusion
Le bruit autour de l’image de Dominique Strauss-Kahn présage mal de l’évolution du débat démocratique sur internet. Les médias traditionnels n’ont pas que des qualités mais ils sont comptables de leurs erreurs et par conséquent les rédactions, même lorsqu’elles sont partisanes, tombent rarement dans la calomnie ou l’hystérie. Il n’en n’est pas de même d’internet ou tout un chacun peut publier et n’a pas forcément le recul et la maturité pour éviter les phénomènes d’auto-intoxication : il est si facile de prendre pour argent comptant quelque chose que l’on voudrait être vrai.
La faute ultime n’est cependant pas celle des quelques individus transformés en activistes aveugles, mais bien celle des groupes constitués qui jouent avec le marketing viral pour répandre rumeurs et calomnies. Le site dskvraifaux.fr a décortiqué l’origine de cette affaire : honte à ceux qui ont tenté de manipuler le débat démocratique ! Pas plus que l’argent, la préservation d’une situation personnelle, fut-elle présidentielle, n’est la mesure de toute chose. Je crois en la démocratie et c’est pourquoi je continuerai à combattre ceux qui veulent la pervertir.

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Semaine instructive. Le monde médiatique a eu cette semaine deux raisons de s’intéresser à Dominique Strauss-Kahn.
La première est bien sûr le « scoop » dont la mèche a été allumée par le sémillant Brice Hortefeux, scoop sous la forme d’une photo de paparazzi montrant Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair à côté de la Porsche Panaméra d’un proche du couple. Il semble clair que le but de la manip’ était de jouer sur l’image de la richesse censée rendre incompatible tout engagement de gauche, vieux procès fait naguère à Léon Gambetta, Léon Blum, Pierre Mendès France et tant d’autres. L’UMP a allumé la polémique et a vite reçu le renfort d’une certaine gauche décidément obsédée par l’argent en tant que valeur (même si c’est pour eux une valeur négative, cela ne vaut guère mieux que la conception de l’argent en tant que valeur positive).
Mais chose intéressante, si l’histoire a fait beaucoup de bruit, je ne suis pas sûr qu’elle été si négative pour DSK :

Voilà donc pour la première actualité dont tout le monde ou presque a entendu parler. Mais quelle est donc la seconde me direz-vous ?
La seconde est un article du prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, qui fut un critique plutôt acerbe des institutions comme le FMI. Et que nous dit ce Nobel cette semaine ? Il nous explique comment DSK a changé le FMI en profondeur. Quelques extraits :
« La crise a démontré que des marchés libres et sans entrave ne sont ni efficients, ni stables. De même, ils ne sont pas nécessairement performants pour fixer les prix (voyez la bulle immobilière), y compris les taux de change (…).
L’Islande a démontré que répondre à la crise en imposant des contrôles de capitaux peut aider les petits pays à limiter son impact. Et la politique non conventionnelle de « quantitative easing » (QEII) de la Réserve Fédérale américaine a inévitablement signifié la mort de l’idéologie des marchés sans entrave : l’argent va là où les marchés pensent que les rendements sont les plus élevés. (…).
L’afflux d’argent dans les marchés émergents provoqué par la politique des Etats-Unis a convaincu les ministres des finances et gouverneurs de banque centrale, y compris ceux qui y sont idéologiquement opposés, de la nécessité d’intervenir. (…).
Le FMI a finalement établi un lien entre inégalité et instabilité
(…)
Pour les progressistes, ces réalités épouvantables font partie de la litanie habituelle de frustration et d’outrage justifié. La nouveauté est que le FMI a rejoint le choeur. Pour reprendre les mots par lesquels Strauss-Kahn a conclu son discours devant la Brookings Institution quelques jours avant la réunion récente du Fonds : « En fin de compte, l’emploi et l’équité sont des éléments de stabilité économique et de prospérité, de stabilité politique et de paix. Cela est au coeur du mandat du FMI. Cela doit être placé au coeur de l’agenda politique. »
Strauss-Kahn se révèle être un leader sagace du FMI (…)«
Ceci me rappelle une autre intervention, celle de Stéphane Hessel au début de l’année dans un entretien à Rue89 :
« Je souhaite qu’aux législatives qui vont suivre l’élection présidentielle de 2012, plusieurs partis de gauche travaillent ensemble : communistes, verts, socialistes, et même des candidats du centre républicain. Mais attention : il ne faut pas qu’ils présentent quatre candidats différents à l’élection présidentielle. Je ne vois que deux candidats possibles en l’état actuel : Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.
Rue89 : Mais Dominique Strauss-Kahn dirige le FMI, qui fait partie des institutions que vous dénoncez…
DSK a pris le FMI à un moment où il fallait le dénoncer, mais il est en train de le transformer assez utilement. On ne sait pas encore bien tout ce que DSK a fait. Par exemple, le FMI ne fait plus d’ajustements structurels, c’est un progrès.
Personnellement, je préfèrerais Martine Aubry : je la considère comme plus énergiquement de gauche ; mais je sais, pour le connaître, que Strauss-Kahn est aussi un homme de gauche. S’il devient Président, il réformera l’économie française selon les même lignes que celles qu’il a soutenues du temps de Jospin ou de Rocard.
Il y a eu en France une gauche qui a fait des choses, je pense au RMI, à la couverture médicale universelle… Et elle peut en faire demain davantage.«
Voilà deux actualités de la semaine. Il me semble que l’ordre d’importance n’est pas en phase avec l’intérêt réel et que cela méritait un article pour remettre les choses en perspective.