La fin des contes pour enfants

Un nouveau mondeLes Français médusés n’ont semble-t-il pas compris grand-chose à la tragédie interprétée par Ségolène Royal et Vincent Peillon. Comment l’auriez-vous pu mes concitoyens, vous à qui l’on a oublié de dire que cet épisode n’est que le dernier acte d’une pièce commencée il y a déjà si longtemps et donnée à voir au grand théâtre de la politique française.

Quand cela a-t-il commencé en fait ? Et comment ? Avec Peillon ? Non bien évidemment. Royal alors ? Pas plus, il ne s’agit là que de deux acteurs d’une trame obscure qui plonge ses racines bien plus profondément dans notre mal-être politique.

Mais d’abord quelques mots d’explication sur cet acte là. Dire qui de Peillon ou de Royal a raison relève non de la raison, mais de la passion. Peillon a voulu utiliser son courant pour préparer les futures élections, et se faisant se construire une légitimité dans ce qui devait renaître des cendres du courant royaliste déliquescent. Royal, égérie du groupe, a fait valoir son statut d’icône en allant revendiquer son dû au nez à la barde de l’impudent. Chacun était dans un rôle taillé pour lui. Auraient-ils politiquement pu nous éviter cette scène faite d’ombres et de brouillard ? Non, car cette querelle n’était que l’aboutissement d’une machine, précise, prévisible, inarrêtable : depuis 2006 nous avons dénoncé mille fois les dangers de la personnalisation de la politique telle qu’elle était mise en avant par Désir d’Avenir. Mille fois nous avons été condamnés pour nos mises en garde. Mais voilà jeté à la face médiatique du monde le pourquoi de cette condamnation : lorsque toute l’action politique n’est justifiée que par un individu, il n’existe plus de vérité, plus de perspectives autre que celle du destin de cet individu. Tout ce qui n’est pas cet individu est mensonge, seul cet individu est vérité. J’avais écrit des choses en ce sens il y a déjà longtemps en dénonçant les fables que l’on nous servait (De l’art de manipuler l’opinion en général, et les internautes en particulier et De l’art de manipuler l’opinion et les internautes en particulier, acte II ), ce dernier épisode s’inscrit dans la même logique d’exclusion de ceux qui n’appartiennent pas, ou ici plus exactement plus, à l’histoire racontée, qui s’opposent au destin de l’actrice.

Ségolène Royal a-t-elle voulu une telle machine ? Je ne le pense pas. Elle n’est que l’interprète du rôle, parce que son histoire personnelle collait bien au personnage, parce qu’elle était disponible au moment où la main de l’Histoire a choisi l’actrice la plus crédible. Elle a rempli avec talent le vide politique par l’apparence de la politique.

Mais au-delà du bruit et de la fureur de cet épisode, de quoi parle la représentation théâtrale ? D’un peuple qui se cherche, d’un peuple qui fut grand, qui peut sentir en lui la force de cette grandeur, mais qui n’arrive pas à dépasser ses contradictions, qui n’arrive pas à guillotiner les idées déjà mortes, n’arrive pas à secouer le joug imposé par de pauvres maîtres, qui n’arrive pas à croire que le temps est venu de renouer avec les idées nobles. Liberté nous crie l’Histoire, Égalité nous crie la République, Fraternité nous crie notre âme nationale. Mais aussi révolte contre l’indifférence, foi en la raison qui trace les routes, le génie qui renverse les montagnes. D’un peuple qui croit que Cyrano peut vaincre la bassesse et la cupidité par son seul courage et sa noblesse, d’un peuple qui sent confusément qu’un monde est en train de mourir et qui cherche qui se dressera contre le maelström climatique à l’horizon, qui saura construire les maisons qui devront abriter nos familles après le cataclysme d’un modèle énergétique qui va s’effondrer, où le capitalisme triomphant permet enfin de basculer vers une autre civilisation, après celle de l’aube, après celle des centurions, après celle des moines, après celle des capitaines d’industrie.

La pièce ne sera pas close par l’arrivée deus ex machina d’un sauveur, mais par la certitude collective que c’est en nous qu’est notre destin, que c’est ensemble que nous pourrons le réaliser. Ce monde est mort. Il nous appartient de reprendre le flambeau de nos idéaux pour le reconstruire.

Guerre et amnésie

albert camusEn ce 11 novembre, le flux des conversations électroniques a produit un étrange résultat.

Sur son blog, Pierre Moscovici  a posté un article embrassant l’histoire du XXème siècle suite aux 20 ans de la chute du mur de Berlin. Jusque là rien d’exceptionnel mais je lui ai fait remarquer que son texte oubliait un épisode particulier et pourtant au combien marquant, celui de la décolonisation:

“Sur le texte de Pierre, j’y vois un sacré manque, l’amputation de l’identité coloniale européenne, amputation générant l’amnésie, amputation générant un progrès moral mais aussi laissant l’Afrique, l’Asie et le moyen Orient dans des situations douloureuses. Même si nous n’en sommes pas les premiers responsables, comment voir les génocides Rwandais, Kmer, Arménien comme totalement détachés d’un passé lié aux colonies européennes (j’y inclus la Turquie – tiens petit retour – pour la partie arménienne), comment oublier ce moyen-orient dont les frontières ont été largement façonnées par les Européens (Churchill n’a-t-il pas délibérément construit un moyen orient instable pour se protéger d’un monopole pétrolier d’état ?).
Comment ne pas voir dans l’Europe coloniale du XXème, une Europe aux ambitions souvent nobles, confrontée à ses contradictions, la domination et l’intérêt confrontés à l’universalité des droits de l’homme ? Sommes-nous si sûr d’avoir dépassé ces contradictions et si oui, pourquoi sommes-nous si mauvais lorsque nous cherchons à convaincre les autres que nos valeurs sont bonnes, justes et universelles.

J’ai l’intuition que dans notre marche pour la refondation, nous devons explorer également nos plus profondes certitudes à travers le prisme négatif des échecs du siècle passés. Qu’est-ce qui a freiné Mitterrand lorsqu’il a eu l’occasion d’ouvrir grand les bras pour accueillir le monde d’au-delà du mur dans celui de nos valeurs triomphantes. Pourquoi a-t-il été grand à Sarajevo et si petit à Berlin ?
Nos valeurs sont-elles européennes ou universelles ? Dictées par nos intérêts ou par nos aspirations philosophiques ? Est-ce que les sociaux-démocrates ont quelque chose de fort à opposer aux joueurs matérialistes anglo-saxons et à ces étranges chinois ?”

Ce commentaire en entrainant un autre, Baillergeau a répondu à ma remarque en ouvrant lui-aussi quelques-uns de ces vieux tiroirs poussiéreux, tiroirs qui contenaient des noms comme Camus, Mimouni, Feraoun. Toute une culture un peu lointaine et pourtant tellement en nous.
Et ce flux électronique rencontre aujourd’hui une date, celle du 11 novembre où nous nous souvenons de la première des grandes guerres du XXème siècle. Mais qui se souvient de celles de la décolonisation ?

Mon père a fait l’Algérie comme soldat. Pas de faits héroïques à son actif ni d’amour particulier pour l’armée, juste le devoir d’un Français qui est allé en Algérie pour garder ce département de l’autre côté de la Méditerranée dans le giron de la République. Étrange pays que l’Algérie d’ailleurs, pays qui n’a eu, avant son indépendance, comme seule unité que celui d’un département Français.
Mon père ne parlait que très rarement de son service là-bas, mais alors qu’il voyait venir sa mort, une part du non-dit de cette époque est ressorti sous une forme simple et digne : en mettant de l’ordre dans ses affaires, il a pris soin de ne pas oublier cette époque en se rapprochant des anciens d’Afrique du nord. Mon père, cet homme qui n’avait d’autre gloire que celle d’avoir eu la vie d’un honnête homme, a eu droit aux honneurs du drapeau de la République sur son cercueil pour avoir fait une guerre dont il ne parlait presque jamais.

Pour moi, la décolonisation du XXème siècle c’est cela : la pudeur sur un épisode fait de contradictions, probablement de regrets, mais un épisode qui porte en lui-même beaucoup d’humilité et de dignité. Cette partie de notre histoire ne mérite pas d’être oubliée.

Mensonges et vérités sur le FMI et l’Ukraine

Novembre 2009.

Pour rétablir un brin de vérité face à la propagande gauchiste à propos de l’ukraine.

Voici l’histoire en résumé.
L’Ukraine est un des pays les plus malades de l’Europe, plus personne ne veut l’aider sauf le FMI.
Le pays est en campagne et son président actuel est tellement à la ramasse qu’il cherche par tous les moyens à remonter la pente, y compris par cette augmentation du smic qu’il ne peut pas financer et il a eu l’idée d’aller pomper 10 milliard parmi les 16 alloués par le FMI pour le sauvetage du pays, ceci contre l’avis de son gouvernement et de toute personne responsable.
En clair, ces 10 milliards qu’il n’a pas et n’aura pas l’année prochaine et les suivantes, il va les prendre sur les fonds de sauvetage de son pays. Derrière cette situation économique catastrophique se profile l’implosion du pays et un risque non négligeable de voir les Russes s’en meler directement.
Deux attitudes possibles :

  • celle d’une gauche cynique qui profite de l’occasion pour essayer de scier la branche sur laquelle est assis un socialiste trop en vue à leurs yeux,.
  • ou celle de DSK pour le FMI, pour le moins courageuse.

A vous de choisir votre camp.

Quelques sources pour vous forger une opinion circonstanciée :
http://www.marianne2.fr/Ukraine-pourquoi-DSK-s-est-fache_a182646.html?com

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLU68803020091030

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/04/le-president-ukrainien-multiplie-les-frictions-avec-le-fmi-et-moscou_1262636_3234.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/30/strauss-kahn-inquiet-de-l-augmentation-du-rmi-en-ukraine_1260919_3234.html

Sortie du livre de Pierre Moscovici : Mission Impossible ?

Mission Impossible par Pierre MoscoviciLe livre de Pierre Moscovici “Mission impossible ? Comment la gauche peut battre Sarkozy en 2012” est sorti en librairie.

Pour commander le livre en ligne, cliquez ici

Pour retrouvez l’évènement sur facebook cliquez ici

Synopsis
La gauche, qui gère la majorité des collectivités locales de notre pays, est-elle condamnée, par une sorte de malédiction électorale, à perdre la seule élection qui vaille, la présidentielle, qu’elle n’a gagnée que deux fois sous la Ve République, avec François Mitterrand ? Battre Nicolas Sarkozy, est-ce une mission impossible ?

Pour y parvenir, les chantiers sont nombreux : rénovation interne, primaires ouvertes, alliances à redéfinir, refondation intellectuelle, choix d’un candidat pour gagner. Pierre Moscovici relève le défi et indique la voie à emprunter pour l’emporter en 2012

Le traitre

Cyrano de BergeracJ’aime à regarder le théâtre politique avec des yeux romantiques, à replacer les actes de chacun dans un décor sombre ou grandiose, le destin des acteurs comme écrit pour une pièce dont ils ignorent la trame.

Et il se trouve qu’Eric Besson est un excellent prétexte pour exercer ma vision romantique de la politique. L’homme est tout désigné pour interpréter le rôle de l’ombre des basses œuvres agrémenté du panache tragique du traitre. Comme il doit être complexe et tortueux le chemin qui mène un homme ou une femme à trahir son camp et ses engagements, à trouver en soi le ressort qui transcende ses propres contradictions morales pour justifier, sans doute au nom d’un intérêt personnel supérieur qui restera à jamais inexpliqué aux yeux du monde, le crime de trahison, acte de courage et de honte, sans espoir de gloire ou de rédemption.

Comme devient-on un traitre ? Certains le deviennent parce qu’ils croient servir ainsi la cause de leur engagement, mais cause qui à leurs yeux, par quelques circonstances rampantes, s’est altérée, pervertie car servie par des hommes et des femmes qu’ils jugent indignent de la grandeur espérée. Peut-être est-ce là le chemin suivi par cet homme, entré au PS sans doute plus poussé par la magnificence espérée de son service de l’État, et désespéré de ne pas y arriver car non reconnu et laissé seul face à ses faiblesses, à ses doutes : un homme qui n’est pas forgé avec l’acier des convictions se perd facilement lorsqu’il est englué dans un marais de doutes.

Splendide trahison en tout cas, à l’instant pré-climaxique d’une bataille d’apparences, une bataille pour le seul pouvoir et non pour la gloire ou les idéaux. Champ de bataille idéal pour sonner l’heure de la trahison. En cela, Eric Besson est un traitre magnifique.

La suite pourtant ne peut que gâcher l’heure de gloire du félon. En le prenant à son service sous les lumières de son gouvernement, Nicolas Sarkozy a commis une faute théatralement incroyable. Le traitre est par essence haït par son ancien camp et forcément méprisé par le nouveau. Mais la honte bue de l’acteur, dans des circonstances qui lui sont propres, ne peut être partagée avec ses nouveaux amis. En le prenant comme ministre, Nicolas Sarkozy impose à l’UMP le blason de la félonie et donne à voir aux yeux des Français, la récompense de l’immoralité, immoralité encore accentuée par d’autres personnages de ce gouvernement, Frédéric Mitterrand arborant fièrement l’image d’une mauvaise vie qu’il juge lui-même immorale ou encore Brice Hortefeux donnant celle de la bêtise intolérante. Et pour parachever la pièce, les couloirs sont balayés par le souffle glaçant des passe-droits filiaux, des assassinats politiques par voie judiciaire et des mensonges ordinaires.

Étonnante vitrine des vanités honteuses que celle de ce gouvernement dont les fondements moraux vont à l’encontre des valeurs que nous voulons enseigner à nos enfants et qui ne peut même pas se prévaloir d’une fin qui justifie les moyens tant ses échecs sont retentissants et sans précédents.

Eric Besson a opportunément introduit un débat sur l’identité nationale. Ne faut-il pas y voir là aussi l’esprit du traitre qui consciemment ou pas, nous oblige à réfléchir sur des valeurs, nos valeurs, dont le gouvernement auquel il appartient est l’exact contre-exemple.

Être Français est un état d’esprit, un rêve de grandeur, l’esprit combatif qui permet à l’équipe de France de battre les All Blacks en coupe du monde, l’esprit noble et généreux de Cyrano qui par amour et grandeur d’âme renonce à recevoir les fruits mille fois mérités de cet amour, l’admiration que nous pouvons susciter par notre conduite et nos improbables réussites. Voilà ce qu’être Français veut dire. Voilà tout ce que n’est pas Nicolas Sarkozy, l’homme qui récompense la trahison.

Le procès de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa

Constitution FrancaiseLe retentissant verdict prononcé par Nicolas Sarkozy cette semaine à l’encontre de Dominique de Villepin, “coupable !”, ne me semble en rien une improvisation. Je crois qu’il illustre deux choses :

– d’abord qu’en matière de justice comme sur les autres domaines, les qualités et compétences de cet homme sont approximatives et ciselées au marteau pilon. N’oublions pas qu’à titre personnel, il n’a montré comme seule qualité professionnelle que celle de conquérir un parti, conquête qui est passée par l’épisode Clearstream qui est l’objet de cette “condamnation”. Il est certain que si l’homme avait sorti une telle absurdité lorsqu’il a passé son CAP d’avocat, il aurait été recalé avec pertes et fracas, là-aussi.

– ensuite, d’un point de vue plus politique et institutionnel, et malgré l’aspect profondément choquant de ces propos, nous devons objectivement comprendre que Sarkozy le liquidateur et bientôt fossoyeur a raison !

Bien sûr que notre République fut fondée à partir de la philosophie politique de Montesquieu (séparation des pouvoirs), bien sûr que cette République fut fondée sur la philosophie politique des lumières, de la révolution, sur une idée de la grandeur de la France, une idée de l’honneur des hommes qui la servent, une idée bien française du bonheur, une idée sur ce qu’est être Français. Mais nous devons bien constater qu’à force de tripatouillages, de compromissions en renoncements institutionnels, de personnification et de confiscation du pouvoir, cette République n’est plus et Sarkozy ne fait là que prononcer un verdict pour solde de tout compte.

Dont acte pour la République, mais il est alors plus que temps d’ouvrir le procès de celui qui la dirige.

* Nicolas Sarkozy est accusé de n’avoir pas vu venir la crise et n’a réagi qu’à l’hiver alors que des signes inquiétants remontaient dès le printemps 2008.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir, avec le paquet fiscal, mis en place une politique économique à contre-emploi, favorisant les classes favorisées de la société alors qu’il fallait soutenir les PME et promouvoir une politique de pouvoir d’achat, dans les faits et non dans les discours.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir mis en place un plan de relance insuffisant et schizophrénique comme l’illustre la prime d’aide à l’industrie automobile, seule mesure concrète de soutien à la consommation alors que son gouvernement n’a cessé de claironné qu’il ne fallait rien faire en ce domaine ; c’est pourtant l’une des rares mesures efficaces de son plan de relance.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir contribué activement à aggraver une situation, mettant la France dans une situation jamais vue en Vème République, arrivant à réaliser le paradoxe d’affirmer qu’il n’augmenterait pas les impôts, inventant de nouvelles taxes à tour de bras (plus de 15 à ce jour) et mettant la France dans une situation financière épouvantable, à un niveau d’endettement inédit, à un niveau de déficit catastrophique. Le dernier projet de taxe en date démontre au plus au point le cynisme du mensonge de “celui qui n’est pas élu pour augmenter les impôts” : plutôt que de s’attaquer aux défiscalisations massives dont certaines frisent l’obscénité, il préfère envisager de taxer les indemnités journalières de ceux qui sont en accident du travail.

* Nicolas Sarkozy est accusé de ne pas lancer de mesures énergiques pour diminuer l’impact social de la crise économique qui a sans doute terminé sa phase purement financière mais qui maintenant est entrée dans le dur de la phase sociale.
Mais les fautes de cet homme ne sont pas seulement économiques :

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir échoué dans sa politique de sécurité intérieure malgré des rafales de lois sécuritaires, malgré des atteintes répétées aux libertés individuelles.

* Nicolas Sarkozy est accusé de s’être attaqué plusieurs fois au fondement de la société, à savoir la famille et ses enfants, comme par exemple avec son incroyable proposition de faire s’identifier un enfant de CM2 avec une victime des crimes de guerre nazis.

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir entaché l’honneur et la grandeur de la France en s’acoquinant publiquement avec des dictateurs, en acceptant des humiliations répétées de la part de la Chine, et tout dernièrement au G20 en se faisant rouler dans la farine par l’administration Obama qui pour répondre aux pressions maladroites de Sarkozy, a répondu “positivement” à ses attentes d’une meilleure gouvernance du FMI en proposant de diminuer notre influence : à ce rythme-là, Dominique Strauss-Kahn a de grandes chances de rester dans l’histoire comme le dernier président français du FMI.

Enfin, les fautes les plus graves ne sont-elles pas au final d’avoir inventé une républico-monarchie absolue ?

* Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir voulu outre-passer une décision du conseil constitutionnel, dernier arbitre de la République.

* Nicolas Sarkozy est accusé de contourner le gouvernement en passant au-dessus de son premier ministre, en ayant institué un gouvernement de cabinets.

* Nicolas Sarkozy est accusé de cautionner des pratiques qui court-circuitent le parlement comme lorsqu’il soutient son ministre Eric Besson qui refuse de signer une loi votée par le parlement de la République.

* Nicolas Sarkozy est accusé, et c’est le fond de ce post, d’avoir achevé le long chemin de destruction des valeurs de la République. Ce n’est pas lui qui a introduit l’idée inacceptable que le président de la République dépendait de lois extra-ordinaires, ce qui se traduit dans les faits par aucune loi, mais c’est lui qui a achevé le malade. En n’étant pas justiciable et en exerçant sa possibilité de poursuivre en justice qui bon lui semble sans que ce dernier ne puisse se défendre pleinement face à son accusateur, il a avalisé le fait qu’une personne accusée par le président était nécessairement coupable. L’affaire Clearstream l’illustre très bien. Sarkozy et De Villepin s’accusent mutuellement de la même chose et comme le premier ne peut pas être déclaré coupable, le procès n’a que deux issues possibles : soit le tribunal refuse de statuer et se déclare incompétent, soit Dominique de Villepin est coupable, puisque s’il ne l’est pas, c’est que Sarkozy l’est (à moins de considérer qu’aucun crime ou délit n’a été commis ce qui relèverait alors du grand guignol).

Que d’accusations contre un seul homme. Mais au procès de Nicolas Sarkozy, il faudra aussi faire paraître notre incapacité de ces dernières années, à sortir de notre conformisme et à refuser à voir et prendre acte de ces dérives. La refondation du parti socialiste dépassera largement le seul parti : notre ambition doit être de refonder la République du nouveau millénaire, de questionner les valeurs que nous avons refusé de défendre bec et ongle ces dernières années, pour les revisiter de façon à ce qu’elle redeviennent les fers de lance de notre recherche commune d’une société meilleure, politiquement, philosophiquement, humainement.

Le verdict reviendra aux français, je pense qu’il sera cinglant.

News de la presse paimpol : Voici Moscovici

Septembre 2009.

Pierre MoscoviciJ’aurais bien aimé vous ramener quelques photos aussi faussement floues que volées de Pierre Moscovici courant en maillot de bain rouge sur la plage de Paimpol ou le récit de quelques aventures torrides avec une princesse britannique venue en secret passer le week-end dans les côtes d’Armor, mais il me faudra me contenter de parler politique.

Pierre était l’invité ce week-end de la fédération des côtes d’Armor à l’occasion de leur université populaire (j’y étais moi-même en qualité d’e-militant b2g et voisin finistèrien). Et donc nous avons, bêtement, parlé politique et pas fanfreluche médiatique. Je ne vais pas vous livrer ici le récit de notre après-midi, juste quelques points, remarques et, on ne se refait pas, commentaires après décantation du week-end.

D’abord un point amusant quand même. Avant de venir, Pierre avait commencé sa journée par une interview avec Europe1, et justement, le journaliste était plus intéressé par la fanfreluche (en l’occurrence Frêche accueillant Royal) que par la politique. Comme notre vaillant journaliste insistait pour avoir sa petite phrase plus croustillante qu’une craquotte à cette heure matinale alors que Mosco n’arrêtait pas de lui expliquer qu’en qualité d’homme politique il voulait parler politique, il a fini par lui lâcher un “je m’en fous de cette fête ! “. Que l’on se le dise du côté des médias, à l’heure du petit dej’, le Mosco est un animal qui n’aime pas qu’on lui casse les pieds…

Paimpol OgerMais revenons à la vraie politique. Que dire de cette journée. D’abord que b2g existe effectivement en dehors du web et que l’on retrouve des soutiens chez les militants de base et chez les élus comme la députée Marie-Renée Oget qui était présente. Ce qui m’a frappé, c’est l’interrogation que suscite b2g : un nouveau courant, l’écurie d’un présidentiable, quelque chose de nouveau ? Nouveau assurément puisque justement le mouvement essaie de sortie du schéma classique du PS organisé en courants, nouveau parce qu’il doit réussir une quadrature compliquée entre besoin d’être porté par des voix fortes et reconnaissables mais qu’il ne doit pas être réduit à une voix forte et reconnaissable, nouveau parce qu’il parle méthode de refondation pour pouvoir ensuite entraîner l’adhésion et donner du contenu partagé à cette refondation. Mais c’est un exercice compliqué car même si les militants du PS déclarent presque unanimement en avoir marre avec la façon de fonctionner dans une opposition interne perpétuelle, finalement peu sont prêts à quitter sans appréhensions les vieilles pantoufles du PS.

Question de management relève Pierre qui relate sa conversation avec un voyageur. Oh que oui : management au quotidien, et plus encore management du changement. Il y a habituellement deux moyens de changer une organisation alors que toute organisation a un mal fou à se changer elle-même : d’abord la conviction partagée de la mort de cette organisation, ensuite l’arrivée d’éléments extérieurs focalisés sur ce changement. Tout le reste est littérature pour enfant.

Au PS, l’idée de la mort du parti est maintenant plus qu’une idée pour se faire peur : voilà qui devrait permettre à tout un chacun d’être plus attentif aux nécessités et moins conservateur.

Mais quid de l’aide venant de l’extérieur ? Cela peut être l’idée de l’élargissement des primaires (sujet évoqué à Paimpol), mais pas n’importe laquelle. Si un élargissement no-limit de la gauche-gauche au modem paraît peu raisonnable, il reste à choisir entre une primaire PC/vert/PS/MRG/MdC ou une primaire PS/MGR/MdC. Pierre hésite entre les deux mais à titre personnel, seule la dernière me paraît honnête et cohérente : je me vois mal demander à 1 ou 2 millions de personnes venir participer à un choix tout en pensant que quoi qu’il arrive, je n’ai pas envie de voter au premier tour pour Buffet ou Cohn-Bendit. Et puis ces derniers n’ont aucun intérêt à ne pas être visibles à la présidentielle. Soyons honnêtes et raisonnables : notre candidat doit être issu de nos rangs ou de celui de nos alliés très proches.

Question sur les jeunes ensuite. Cela n’a pas été vu comme une question de management, mais comment ne pas faire le lien entre ce parti de militants plutôt âgés qui se demande comment intégrer de nouvelles forces et les difficultés qu’ont les entreprises de manager la génération Y. Cette génération ne s’identifie pas à un plan de carrière, elle sait marcher à l’enthousiasme mais est aussi extrêmement volage : toute la difficulté est de trouver un cadre cohérent où implication et liberté marchent ensemble. C’est peut-être pour cela qu’on les retrouve plus sur internet qu’au sein des sections.

Et dernier point que j’évoquerai ici, à propos d’une remarque de Pierre. En substance, il disait que nos vieux quadras déjà foncièrement quinquas dans la tête n’avaient, jusqu’ici, pas prouvé grand chose quant à leurs capacités à diriger la France, avec une remarque en particulier “certains n’ont même pas été secrétaire d’état”. Or je suis tout à la fois d’accord et en désaccord avec Pierre sur ce point.

D’accord sur le fait que pour être président, il faut plus qu’une ambition. Sarkozy n’est qu’ambition, il a réussi à être élu mais il est pathétique au quotidien dans des habits beaucoup trop grands pour lui. Cependant, ces capacités et qualités se réduisent-elles à un exercice ministériel du pouvoir ? Comprendre les rouages de l’Etat est-il l’alpha et l’oméga de la direction de notre pays ? Et là je dis non : incarner un pays va au-delà de capacités techniques. Attirer à soi les meilleurs, être capable de tirer le meilleur d’une équipe sera toujours plus efficace qu’être soi-même le meilleur dans tous les domaines. Le chef n’est pas le meilleur en tout domaine, il est celui qui sait faire travailler les meilleurs pour lui, c’est-à-dire ici, pour la France. Ceci ne veut pas dire pour autant qu’il faille être une bille partout, et il est souhaitable d’être le meilleur à un endroit, mais la capacité essentielle est sans doute celle du leadership d’équipe associée à celle à inspirer confiance au-delà de l’équipe, au-delà de son camp, au-delà de son pays.

L’alchimie est complexe. En attendant il nous reste à préparer le terrain idéologique, avec tous. Paimpol fut une contribution intéressante, à vous de nous apporter la vôtre à b2g.

La politique européenne en action : le Président

Une fois n’est pas coutume, je me repose cette semaine sur un article publié par mon camarade Arthur Colin sur agoravox. Nous n’avons pas été bon aux élections européennes mais notre combat de tous les jours continue. Bonne lecture et merci à Arthur.

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Le feuilleton le plus exaltant de l’été : la reconduction de Barroso dans son fauteuil. Indécision, trahisons, calculs, incompréhension, et l’Histoire qui se fait à petits pas en toile de fond. Bien entendu, ceci ne se fait pas aux heures de grande écoute dans les grands médias : le public a eu sa ration d’Europe pendant les élections sans doute.

Une des questions chaudes de la précampagne fut la candidature Rasmussen à la tête de la Commission, en cas de victoire de la gauche. Daniel Cohn-Bendit pour Europe-Ecologie avait soutenu cette perspective, et François Bayrou pour le PDE également in fine. Faute d’accord en son sein (le Portugal, l’Espagne et les Anglais manquant à l’appel), le PSE avait fait silence sur la question, silence auquel le PS français avait fait un écho profond. Puis sont tombés les résultats des élections, et Sauvons l’Europe qui avait préparé une tribune en ce sens l’a rangée dans ses cartons. De même, les nombreux sites appelant à son remplacement ne connaissent plus guère d’activité depuis le scrutin (sauf…).

Barroso, prédésigné par les chefs de gouvernement, avait donc le champ libre. Restait une question angoissante : devait-il être désigné tout de suite dans le cadre du Traité de Nice, avec un simple vote du Parlement le 15 juillet, ou devait-on laisser la Commission actuelle perdurer le temps que rentre en force le Traité de Lisbonne, et faire sanctionner dans un débat par le Parlement le renouvellement du maoiste portugais en octobre ? Barroso lui-même faisait campagne activement pour la première option, allant jusqu’à théoriser en essence de l’Union européenne la méthode du compromis, ce qui signifiait que les affrontements politiques devaient être cantonnés au Parlement mais ne pas déborder au sein de la Commission. La clarté du résultat électoral a pourtant semblé déblayer cette question, restreignant l’effet pratique attaché à la possibilité de choix du Parlement, et Barroso a pu se permettre de réitérer sa position lors de sa désignation, excluant l’affrontement politique de la Commission – c’est-à-dire de la conception de la politique européenne.

Une candidature Rasmussen demanderait en effet l’union de tous les socialistes et des forces de gauche, le soutien de tout l’ALDE et une neutralité des souverainistes. Autant dire que Barroso disposait d’une base très favorable pour constituer sa majorité. Il lui suffisait, comme dans tout dispositif parlementaire classique, de s’attacher les éléments les plus faibles de toute autre coalition potentielle. Les socialistes Espagnols, Portugais et Grands Bretons, après leur première prise de position en sa faveur, pouvaient difficilement se rétracter sans mettre en péril les relations de leurs pays avec la future commission. Rasmussen s’est donc de fait retiré de la course en publiant une tribune reconnaissant – et déplorant – la victoire de la droite.

Une candidature centriste devenait alors plus dangereuse. On se remettait à parler de Guy Verhofstadt, mais surtout le PDE avait sorti le nom de Mario Monti du chapeau. Celui-ci s’était alors fendu d’une longue interview dans le Monde, pour expliquer que bien sur il n’était candidat à rien, mais que son opinion détachée des choses de ce monde était que l’Europe devait rééquilibrer sa politique vers le social et que si le Président de la Commission doit refléter l’équilibre du Parlement (un centriste, par exemple ?), il n’en va pas de même des autres membres. Pour conjurer le danger, Barroso proposa informellement de nommer Graham Watson à la tête du Parlement européen, ce qui était de nature à enlever les hésitations de l’ALDE.

L’affaire étant pliée, Barroso s’est offert le luxe de s’essuyer les pieds sur le Parlement, de se faire prédésigner par les chefs d’Etat et d’oublier Graham Watson pour laisser le PPE et l’APSD(PE) conclure un accord technique sur une présidence tournante du Parlement (Jerzy Buzek pour les premiers, Martin Schulz pour les seconds).

Cependant, la nomination de Guy Verhofstadt à la tête du groupe ALDE, et à l’unanimité, a changé quelque peu la donne. Barroso lui avait été préféré en 2004 après un veto de Tony Blair, qui le jugeait trop fédéraliste. Le titre de son dernier livre est : « Sortir de la crise : comment l’Europe peut sauver le monde », tout un programme ! S’ensuit un fort débat au sein de l’ALDE, pour savoir si la nomination de Barroso doit être validée le 15 juillet, ou plutôt en octobre (les français poussent beaucoup pour la seconde solution). Faute d’accord, Guy Verhofstadt a obtenu l’unanimité sur le compromis suivant, pour sauver l’influence politique du Parlement : les gouvernements doivent désigner officiellement leur candidat, et plus seulement le prédésigner, un mémorandum de l’ALDE lui sera adressé sur une feuille de route pour sortir de la crise (on peut appeler ça un programme de gouvernement) et Barroso devra produire son propre mémorandum pour discussion au Parlement. A défaut, l’ALDE refusera une nomination le 15 juillet. Or répondre à ces conditions dans les quinze jours est bien évidemment impossible et la question se trouve ainsi tranchée en fait, et une majorité négative ALDE / EE / APSD / GUE est apparue pour empêcher la désignation de Barroso en juillet.

Peu commenté en tant que tel, cet évènement a eu en pratique un impact considérable sur l’équilibre des institutions, et le modèle politique de l’Union a irrémédiablement changé. La question de la désignation du Président de la Commission a irrigué toute la campagne au niveau des responsables politiques (mais pas pour le bon peuple), et Barroso a été contraint de prendre avec les députés des contacts qui ressemblent à s’y méprendre à ceux d’un premier ministre potentiel cherchant à se constituer une majorité dans un parlement incertain. Lisbonne n’est pas encore entré en vigueur, mais dans l’esprit des politiques européens il est sans doute déjà dépassé par une réelle conscience de majorité parlementaire et de responsabilité ministérielle, même si celle-ci n’est pas encore explicitement énoncée. La prédésignation officieuse de Barroso n’est pas un diktat des gouvernements, c’est simplement la conséquence tirée de la situation sortie des urnes.

Barroso a donc préparé pendant l’été un programme de gouvernement à présenter début septembre aux groupes politiques, dans lequel il renie en grande partie ses positions de campagne, notamment sur le rôle du Parlement européen et surtout sur l’accroissement de la régulation financière qu’il répudiait encore il y’a trois mois à peine. Passant sur son bilan et cherchant le consensus le plus large possible, il propose ainsi une Europe plus libérale, plus sociale (et plus individuelle) et plus verte, régulant mieux les secteurs clés mais diminuant la contrainte bureaucratique, accroissant l’intervention européenne pour sortir de la crise, mais sans augmenter ses pouvoirs, ses compétences ni son budget. La qualité de ce document a produit le consensus inverse, au point que le nom de François Fillon a commencé à se répandre sérieusement au sein du PPE.

Il s’est lancé dans une série de grands oraux devant chaque groupe politique, l’accueil le plus chaleureux lui ayant été réservé par les eurosceptiques britanniques. Jean Luc Mélenchon en fait un compte rendu détaillé pour la GUE. Cet épuisant marathon nous amène au vote d’hier.

Souvenons-nous que l’ALDE avait empêché un vote sur la reconduction de Barroso en juillet, mais qu’en était-il de la suite ? Attendrait-on l’entrée en vigueur éventuelle du traité “simplifié” ? Ou pas ? Ici, un superbe pataquès à compter dans les annales du parlementarisme. En effet, la conférence des présidents de groupe s’est réunie le 10 septembre, afin de fixer l’ordre du jour à venir ; chaque président disposant d’un nombre de voix proportionnel aux membres de son groupe. Or le “front” anti-Barroso n’a tout simplement pas existé ! Non pas que certains se soient rendus à sa reconduction, mais simplement que faute de s’être simplement parlés, leurs initiatives ont été contradictoires.

Les socialistes, tout d’abord, ont demandé un report du vote. Pas de majorité. Les verts ensuite, plus fins, ont proposé la prolongation de la commission actuelle jusqu’à octobre. Pas de majorité. L’ALDE, plus fin encore, a proposé deux votes successifs, sous le droit actuel puis le cas échéant sous le traité de Lisbonne. Pas de majorité. Quant à la GUE (Front de gauche), elle s’est… abstenue !!! Dans la meilleure tradition de l’antiréformisme, la GUE étant opposée au Traité de Lisbonne a refusé de sembler l’entériner en demandant qu’il régisse la désignation du nouveau président de la Commission.

Prévu mercredi 15 septembre, ce vote à la majorité simple ne promet guère de suspense…

Et voilà comment on reprend le même et qu’on recommence.

Le venin de la Vème colonne

Permettez-moi de voir derrière l’aimable livre de MM Rissouli et André le dernier coup de canon de la Vème colonne qui a été à l’œuvre ces dernières années pour faire exploser le PS mais qui n’y a pas réussi, fort heureusement.

L’université de La Rochelle ayant été un vrai instant de réconciliation et d’apaisement, il n’était que temps pour eux de faire réchauffer une soupe déjà bien carbonisée. Reims n’a pas été un modèle d’arithmétique démocratique. Quelle découverte.

Et quel cynisme également d’oublier les primaires de 2006 qui n’ont pas besoin d’une analyse journaleuse orientée à charge pour être entachée de la marque du népotisme. Le PS n’aurait été vertueux qu’en 2006 alors que le premier secrétaire soutenait par tous les moyens à sa disposition son ex-compagne, que le numéro 2 du parti clamait à qui voulait l’entendre que seul ce couple était légitime à la candidature et que les barons du PS, dont la fédération du nord accusée de tous les maux dans ce livre, soutenaient également à bras le corps Royal ?

Le bon sens et l’honnêteté retrouvées auraient voulu que l’on fasse, tous, de tous courants, de toutes tendances, amende honorable et que l’on travaille à des statuts et des procédures honnêtes. Et c’est ce que nous avions commencé à faire. Mais voilà, les manipulateurs de l’ombre répandent leur venin et quelques militants égarés et bien mal encadrés réagissent à la manipulation dans le sens espéré par les saboteurs de la gauche.

Alors, moi, humble militant du bout du monde, je n’ai pas besoin de me lancer dans une opération marketing de teasing et de convoquer la presse en créant une atmosphère aussi grandiloquente que ridicule pour déclarer que ce livre est minable, orienté, et manipulateur. Et qu’accessoirement, il vient sans doute de sceller le sort de Royal si elle n’arrive pas à se démarquer sans ambiguïté d’amis journaleux si encombrants.