Justice : la République Française vs Lagarde

Après le rapport de la cours des comptes concernant la gestion de l’affaire Tapie par madame Lagarde :



Après la demande des Députés de l’Assemblée Nationale :

Après la demande du procureur de la cours de cassation, la cours de justice de l’État a décidé d’ouvrir une enquête sur la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, en requalifiant les motifs de l’enquête, passant d’une enquête pour « abus d’autorité » à une enquête pour « complicité de détournement de biens publics et complicité de faux ». Les faits retenus sont beaucoup plus graves car passibles de 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende, contre 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende pour « abus d’autorité ».

Cette ouverture d’enquête n’est pas une surprise, mais les motifs le sont et renforcent la gravité et l’impact des accusations. Nous sommes ici devant une affaire d’État, ayant des retombées internationales et allant porter un grave préjudice à la France à cause de l’incroyable maladresse de Nicolas Sarkozy.

Christine Lagarde a été nommée au FMI suite à la démission forcée de Dominique Strauss-Kahn accusé par une personne dont la crédibilité a été mise en doute par le procureur de NY en charge de l’affaire suite à des mensonges proférés sous serment. Bien qu’ayant accès à des informations qui auraient pu permettre de contrer les rumeurs médiatiques qui ont construit une culpabilité médiatique sur des éléments erronés, le gouvernement n’a pas cherché à rétablir les faits, affichant au contraire un silence officiel qui lui permettait d’éliminer un candidat de premier ordre pour 2012 et de proposer la candidature de Christine Lagarde au FMI.

Christine Lagarde est ici poursuivie par la République Française suite à un travail approfondi de la cours des comptes dont le rapport a été repris par les députés puis le procureur de la cours de cassation. Les différents corps de l’État n’ont agi ni à la légère, ni à la va-vite ce qui met Christine Lagarde dans une situation particulièrement difficile et nécessitera toute son énergie pour sa défense. A la différence du cas DSK, nous ne sommes pas ici dans une situation parole contre parole, d’un individu contre un autre.

Le gouvernement français, Nicolas Sarkozy en tête, a choisi non seulement de ne pas défendre l’image de la France dans l’affaire Strauss-Kahn, mais pire encore, a délibérément pris le risque d’aggraver les choses en proposant à la présidence du FMI une personne qui se retrouve aujourd’hui accusée de faits passibles de 10 ans de prison. En somme, et même si comme cela semble possible les charges devaient être abandonnées par la justice américaine dans l’affaire DSK, l’image de la France ne pourrait être restaurée par la faute impardonnable de Nicolas Sarkozy, l’instruction du cas Lagarde prenant du temps et étant étayée par des éléments particulièrement solides.

Jusqu’à l’aboutissement de la procédure, Christine Lagarde est présumée innocente, mais à l’évidence, aux yeux du monde la France en la personne de son président a commis une faute lourde.

Algues vertes et tambouille politique

Les algues vertes de Bretagne sont tout à la fois le résultat d’une rupture de l’équilibre de quelques écosystèmes de bord de mer et de l’absence de courage politique.

On le sait sans l’ombre d’un doute, ces algues sont la conséquence directe d’un excès cumulé d’épandage agricole, les problèmes de rejets en nitrates urbains ayant trouvé leur solution à travers les stations d’épuration depuis longtemps. Or d’un constat très clair et factuel, personne ne semble avoir été en mesure de proposer et de mettre en œuvre une solution efficace. Pourquoi ?

A mon sens, essentiellement parce qu’en Bretagne comme ailleurs, la culture de la négociation et du compromis dans l’intérêt de tous n’est pas très développé (l’autre ayant par définition et a priori tord) et aussi parce qu’à l’image d’un Nicolas Sarkozy de passage, il est plus facile de brosser le cochon dans le sens du poil en se cachant derrière une idée fumeuse comme la méthanisation que de réunir des pugilistes dans une salle pour qu’ils fassent des concessions (l’idée que l’on peut transformer dans un réacteur un problème nauséabond en or énergétique est fort séduisante, mais elle n’est qu’industriellement très hypothétique et financièrement plus proche du plomb de l’investissement que de l’or des revenus espérés). Au passage on notera que la compassion affichée par le refus « de désigner des coupables, de montrer du doigt les agriculteurs» n’est qu’une gentille hypocrisie électorale (les agriculteurs votant a priori plutôt à droite) tant que les bords de mer seront là pour montrer aux yeux et aux nez de tous l’immensité du problème, désignant de facto la source du problème.

Mais alors si les agriculteurs sont de vilains pollueurs qui gazent les sangliers à coup de sulfure d’hydrogène, c’est donc que la vérité se trouve en face, dans le camp aussi vert que les algues. Supprimons le cochon est tout redeviendra bon, c’est d’une logique imparable ! Sauf que cette logique se heurte directement à la réalité du tissu économique et social breton, sans oublier l’intérêt par définition vital de produire de la viande de porc, facile à fabriquer à des coûts très faibles.

L’équation à résoudre est en fait la suivante :

  • diminuer la pression sur les écosystèmes en rejetant moins de nitrates, donc soit en diminuant la quantité de lisier (i.e. le nombre de cochons), soit en le traitant (à court terme, on ne sait pas bien le faire)
  • maintenir globalement une industrie (qui n’est pas que porcine) capable de nourrir les français à moindre coût pour une qualité acceptable
  • maintenir un emploi pour ces agriculteurs qui font vivre leur famille et l’économie locale par leur travail
  • ne pas oublier de financer collectivement et de façon équitable tout cela
  • arrêter d’attiser les passions

La solution de facilité consistant à vouloir « tuer » les agriculteurs en même temps que leurs cochons est inacceptable, individuellement et collectivement, tout autant que celle qui consiste à fermer les yeux et à se boucher le nez dans certaines zones littorales et à continuer comme avant.

Le bon sens voudrait me semble-t-il que l’on commence très rapidement par se doter d’un outil objectif permettant de détecter les endroits où la pression agricole sur les écosystèmes dépasse ce qui est assimilable par ces derniers, puis de chercher par tous les moyens techniques et organisationnels à diminuer cette pression pour la ramener à un niveau acceptable, et enfin pour tous les agriculteurs qui n’auront d’autres solutions que de diminuer leur production, à trouver et financer une reconversion partielle de leur production en répartissant les efforts de chacun. Je ne doute d’ailleurs pas qu’un certain nombre d’acteurs soient déjà dans une telle démarche, je préfèrerais que ce soit leurs voix qui soient entendus et que la parole politique vienne les renforcer plutôt que de procéder par effet de manches devant les caméras.

Je suis militant social-démocrate, je n’ai pas un rapport romantique à l’écologie (je préfère d’ailleurs parler d’écosystème), je suis attaché comme tout un chacun à vivre dans un environnement sain, riche et diversifié. Mais je n’oublie en aucun cas que je fais partie d’une société d’hommes et de femmes qui a ses propres contraintes et qui elle aussi à l’impératif besoin de trouver un équilibre sain, socialement et économiquement dans la dynamique de son histoire. L’écosystème de nos sociétés interagit avec l’écosystème naturel, nous ne pouvons pas détruire ce dernier, nous ne sommes pas (plus ?) soumis à celui-ci, mais nous avons l’impérative nécessité de le gérer avec sagesse pour l’avenir. Le problème des algues vertes en est une bonne illustration, résolvons-le avec sagesse.

Sarkozy veut offrir une breloque plaquée or à Marianne

Comme internet est cruel : on ne peut pas dire une imbécilité sans que cela soit stocké dans un coin et avec les moteurs de recherche, c’est trop facile de le retrouver. Dans hadopi 27, il faudra que l’ump pense à glisser un paragraphe pour résoudre ce problème.

En l’occurrence il est intéressant de retrouver les anciennes déclarations, à l’heure où notre virtuose de la finance nous a concocté une nouvelle communication sur le thème « c’est moi ki gère le mieux les sous de notre bon pays« , et s’est fendu d’un courrier iconoclaste à nos parlementaires (c’est plus cher que le mail mais le papier à entête c’est classieux) dans lequel il explique combien il serait important d’ajouter un article de plus à la constitution pour interdire les déficits. Quoi de plus vertueux ? Contrairement à ces vilains socialos, not’ bon sarko est préoccupé des deniers de la France… (Le vrai message à faire passer est là pour ceux qui par quelque égarement croiraient encore en la sincérité de parole élyséenne.)

Oubliées donc les dépenses très symboliques à son profit (son augmentation de salaire de 140%, air sarko one à 176 millions pour parader sur le tarmac), oubliées les presque 10 années de gouvernement UMP où le déficit s’est creusé de façon forte de 2002 à 2008 (eh oui la crise n’explique pas tout !) pour plonger de façon vertigineuse depuis, oubliées les déclaration de Guaino qui déclarait début 2008 que « les critères de Maastricht, qui prévoient un déficit sous les 3% du PIB ne sont plus la priorité », oublié le discours sarkozyste du congrès de versailles où ce dernier déclamait sans rire son discours sur la bonne et la mauvaise dette. Qu’on se le dise, à partir d’aujourd’hui (enfin de demain ou un peu après), les déficits c’est interdit, promis juré on n’en fera plus.

Oubliés aussi les résultats plus que solides des socialistes entre 1997 et 2002.

En plus d’être profondément cynique et manipulatrice, cette idée ne tient tout simplement pas la route et on peut bien l’écrire dans la constitution (certains États l’on fait), ce n’est pas elle qui décrète la vertu des gouvernements et on sait parfaitement qu’en cas de force majeure, elle sera mise de côté (on se retrouve alors dans une situation du style des États Unis où les démocrates et les républicains jouent une partie de poker menteur pour pouvoir changer les limites actuelles).

Le simple bon sens et une gestion raisonnée et raisonnable des deniers publics voudrait que l’on applique, de soi-même, une règle de gestion plus simple et moins clinquante : en période faste on génère un peu d’excédent (au plus 3% du PIB par exemple) pour réduire son endettement, en période compliquée on accepte de créer du déficit pour amortir la crise et faire de la relance keynésienne. De cette règle, chacun peut en fonction de sa sensibilité politique bouger le curseur, et il me semble que c’est acceptable par tous sans avoir recours à l’agitation et aux discours plaqué or de Sarkozy et de son gouvernement UMP.

L’or, relique sacrée, rend fou, mais son éclat dans la bouche du futur candidat ne trompera personne, il ne s’agit que d’une opération de com’ low cost.

NB : selon les chiffres de l’INSEE, la dette s’établit à 84.5% à la fin du T1 2011.
Vous trouverez ici une réponse du député Jean-Jacques Urvoas.

A mes amis sociaux-démocrates le septième candidat

Je ressens comme un trouble dans la Force…

Le PS a publié sa liste de candidats à la primaire et la seule (petite) surprise est d’y retrouver JM Baylet. Logiquement, les militants n’ont plus qu’à aller là où leurs convictions les poussent, et pour les sociaux-démocrates à choisir pour des raisons plus ou moins bonnes entre Martine Aubry et François Hollande. C’est la logique au PS.

Oui, sauf que ce que je ressens donc, n’a pas grand-chose à voir avec cela. Il faut dire que depuis 2005 le cyber-militant que je suis est largement connecté sur la social-démocratie cybernétique dont la population dépasse de beaucoup celle de la plus grosse section, voire de certaines fédérations puisque ces connexions incluent des sympathisants en plus des militants. Et si j’ai constaté que les cadres du courant socdem ont acté de la situation et agi conformément aux habitudes prévisibles en choisissant un candidat plutôt qu’un autre, si une partie des militants a effectivement acté de cette même situation et ont fait de même, je vois aussi qu’aucun d’eux ne l’a fait avec l’excitation de l’odeur de la poudre et surtout qu’une bonne partie d’entre nous, dont moi, en sont restés à une position singulière. Certes nous savons qu’il faudra choisir, certes nous veillerons à aider tel ou tel face à la droite, mais pour l’heure notre vote et notre espérance vont à un septième candidat qui s’appelle la social-démocratie, ce candidat n’est pas incarné mais il est très certainement décisif, justement parce qu’il est constitué de personnes qui ne sont pas que militants PS, parce qu’il est fédéré par une attente singulière sans autre réponse à ce jour, parce qu’il est en soit un projet politique collectif là où aujourd’hui on affiche des individus, parce qu’il est mû par un profond sentiment d’injustice et une volonté farouche de ne pas laisser passer cette injustice, parce que nous allons faire payer les manipulateurs. Nous ne laisserons pas la démocratie et la République plombées par des combines de petits marquis, nous ne laisserons pas la France aux mains de gens qui ont ruiné notre pays, son image aussi bien que ses finances, qui veulent détruire plus encore notre identité, notre modèle.

La campagne internet de 2012 ne ressemble en rien à celle de 2007. A l’évidence, l’espace médiatique classique est totalement dépassé par l’espace numérique où l’information se diffuse au niveau mondial à une vitesse qui déstabilise totalement les possibilités de contrôle normaux et raisonnables. Les révolutions méditerranéennes en ont été précurseur vis-à-vis des régimes autoritaires, nous sommes en train d’en tester les effets au niveau de la justice, des médias et de la politique des régimes démocratiques avec la campagne présidentielle en France. L’affaire DSK n’est pas une affaire privée isolée, c’est le paradigme d’un déséquilibre des institutions confrontées aux dérapages d’une e-campagne politique. Si ce que je vois est exact, la démocratie est effectivement en danger et, à ma connaissance, le seul rempart qui se soit à ce jour érigé face à cette menace, le seul groupe numérique qui ait réagi, ce sont les e-citoyens socdem qui se sont spontanément organisés, qui agissent, qui dénoncent, qui contrent la manipulation, qui se battent au nom de leur idéal pour la France.

Nous sommes le premier mouvement politique du XXIème siècle. Nous sommes le septième candidat, c’est nous qui avons les clés de 2012.

14 juillet : plus d’artifices que de feu


Nicolas Sarkozy avait choisi de profiter du 14 juillet pour gonfler son torse si peu présidentiel.
Une visite à nos troupes en Afghanistan suivie de la martiale parade annuelle aurait dû donner quelque épaisseur à la construction de la nouvelle image Sarkozyste, pondérée, sérieuse, à la tâche, et faire oublier l’agitation stérile, le clinquant, la « blagounette » déplacée lors de sa dernière visite en Afghanistan, le tapis rouge déployé aux pieds de nos nouveaux « amis » dictateurs, les peu recommandables Kadhafi et Assad hier choyés aujourd’hui bombardés.



La blague de Nicolas Sarkozy à l'hommage funèbre… par Raoul3B

Mais voilà, Nicolas Sarkozy n’est pas que catastrophique du point de vue international et incompétent économiquement, car en dehors de sa capacité à comploter politiquement, il rate tout ce qu’il fait. En allant en Afghanistan peu avant notre fête nationale, il offrait une tribune médiatique inespérée aux talibans qui ne se sont pas privés de capter l’attention en appliquant les tristement efficaces méthodes mises au point en Irak, attentat suicide ciblé pour avoir l’effet médiatique maximum. Résultat, cinq de nos soldats morts le lendemain de son passage, un sixième le surlendemain. Le plan com’ s’en est retrouvé perturbé, et ce ne sont pas les pauvres décisions annoncées (augmenter la sécurité des militaires sur place, comme si les casernes afghanes étaient jusque là gardées comme des camps scouts) qui répareront les dégâts. Il est bien difficile d’écrire avec la retenue nécessaire due à la douleur des familles…

Suite à cet événement, la question de notre présence là-bas se repose. Il y a 10 ans, on pouvait trouver des raisons valables d’intervenir, en sachant cependant qu’il était illusoire de prétendre gagner une guerre. La légitimité et l’objectif étaient autre : intervenir massivement et sans faiblesse pour détruire un futur état terroriste. Ce qui fut fait. Mais dix ans plus tard, il est plus que difficile de voir nos soldats mourir. Certains ont dit qu’ils étaient morts pour rien. Si leur mort peut paraître effectivement absurde et évitable, leur engagement pour la France et ses valeurs ne permet pas de prétendre que ce fut pour rien. Eux ont fait leur travail et leur devoir dans l’intérêt de la France et des Français. Il n’en reste pas moins que nous devons maintenant quitter ce pays dans des délais brefs et compatibles avec la sécurité de nos troupes et de nos alliés. L’Afghanistan doit recouvrer sa souveraineté pleine et entière et assumer son destin. Nous pouvons les aider s’ils le demandent, comme un pays amis s’ils le souhaitent, mais le temps n’est plus à l’engagement guerrier de la France.

Ce 14 juillet ne fut pas seulement triste parce qu’endeuillé, il nous a rappelé que dernière la fierté de nos troupes défilant se trouvait un homme qui n’a jamais réussi à être à la hauteur de la charge et de l’honneur qui lui étaient confiés. Qu’il dégage !

Affaire Dreyfus Strauss-Kahn : la chronologie des faits


Je relaie un travail très intéressant de sur la chronologie des faits de l’affaire DSK.

On remarquera que le tweet du militant UMP et son relais par Dassier se sont faits dans un délai incroyablement court après l’arrestation à l’aéroport (une demi-heure) et on n’oubliera pas que ce tweet étonnant faisait le lien entre le Sofitel et l’aéroport ce qui nécessitait d’être au courant et de relier deux événements qui se sont passés dans deux lieux éloignés l’un de l’autre.

Il était éventuellement possible d’être par hasard au courant de l’événement du Sofitel, on pouvait par hasard se retrouver assis dans l’avion de DSK et avoir entendu la police demander à DSK de la suivre, mais comment pouvait-on être par hasard au courant des deux, par hasard avoir un pote insomniaque à Paris et lui téléphoner en pleine nuit, par hasard lire le tweet et par hasard avoir la possibilité de lui donner une audience nationale sur un site internet de droite ?

On se rappellera également que la droite UMP avait promis le « feu nucléaire » à DSK s’il se présentait, on se rappellera des menaces de Lefebvre à son encontre, on se rappellera des éructations de Debré juste après l’arrestation.

Faut-il sonner le tocsin au PS ?


Peut-être aurais-dû revêtir mon vêtement de devin druidique lorsque j’expliquais la semaine dernière aux membres de ma section pourquoi ils avaient tord de considérer l’affaire DSK comme une affaire privée en dehors du PS, et qu’après Dominique Strauss-Kahn venait le tour de François Hollande (« mouillé » fort innocemment dans la très elliptique histoire Banon) puis celui de Martine Aubry qui serait attaquée sur une fumeuse suspicion d’islamisme.
Toujours est-il que cet avis semble partagé par MA qui, consciente du danger de ces rumeurs alimentées à propos, est montée à la tribune pour exprimer son rejet de ces lâches et nauséeuses pratiques.

La droite, UMP en tête, se défend naturellement d’y être pour quoi que ce soit, dommage pour eux que l’affaire DSK nous enseigne combien il faut se protéger des épidémies de coincidences qui font croiser la route de la droite française à chaque fois que l’on pose une question (le chef de la police de NY, le demi-frêre chez Carlyle, les services secrets au Sofitel, les braves petits militants qui sont les premiers à connaître l’affaire et à établir un lien entre l’hôtel et l’aéroport, le bon site Atlantico qui de la Porsche à Banon en passant par NY devient un as du scoop, en attendant la suite).

Chacun se fera son opinion, mais au pays des Korrigans, lorsque l’on réussit à faire le lien entre tant de coincidences et que l’on est en mesure de prédire la suite, c’est soit que l’on touche à la vérité, soit que l’on est bon pour ouvrir un service de divination druidique sur internet. Que dois-je faire selon vous ?

Mon propos du jour n’est cependant pas de traiter du e-chamanisme, mais de dire ma préoccupation. Si d’un côté Nicolas Sarkozy ne peut pas gagner cette élection et risque même d’être victime du souffle de contestation révolutionnaire qui court autour du bassin méditerranéen tant il révulse les Français, y compris de droite, d’un autre côté, du notre, je ne vois au PS que des attitudes défensives, un manque de puissance et de force qui renverse la table et abat les obstacles.

Le sentiment de colère et de rejet qui anime les Français est laissé sous la serviette de plage.

Le sentiment de profonde injustice que je perçois chez les sociaux-démocrates ne reçoit aucun relais.

C’est insupportable ! Une bulle de colère est il me semble en train de croitre et d’accumuler une puissance inédite alors que la droite semble se spécialiser dans une forme étrange de politique et que la gauche nous la joue premier de la classe préparant sa copie dans un monde à part. Que nous avons du mal à être à la fois rationnel et en phase avec les émotions de la France, à être stratège et « à la castagne », à tracer le plan de bataille et à donner son sang sur le champ de bataille !

Depuis ce week-end, une nouvelle voie semble s’être ouverte, et si elle est toujours favorable à la gauche, elle met en danger le futur candidat PS quel qu’il soit. Toutes ces affaires, implicitement et très probablement involontairement, poussent dans une direction : si le PS ne réagit pas, si les candidats déclarés ou à venir ne réagissent pas, les Français vont être amenés à voter Eva Joly parce que c’est une juge, parce que le pouvoir judiciaire apparaît depuis le début du quinquennat sarkozyste comme le pouvoir qui s’oppose aux sarkozystes, plus encore que le pouvoir législatif où l’opposition est naturellement minoritaire, plus que les médias qui comme on l’a vu avec DSK sont prompts à relayer n’importe quelle histoire même mal ficellée.
On peut voir dans la probable et surprenante victoire de Joly sur Hulot une première preuve de ce que j’avance. Si j’ai raison, la deuxième viendra d’une hausse rapide de sa popularité. Il sera alors un peu tard pour s’exciter sur la cloche…

Alors oui la gauche va gagner 2012, et sans doute que l’assemblée sera plutôt PS (nouvelle cohabitation inédite si Joly est effectivement à l’Elysée), mais il faut aujourd’hui sonner l’alarme pour que notre candidat soit mieux qu’acceptable, mieux que simplement correct et capable de faire correctement le job. Pour l’heure, il m’apparaît qu’un tel candidat est soit empêché à NY, soit en sommeil estival, soit inconnu à ce jour. Ce n’est pas acceptable, sonnons le tocsin jusqu’à en faire vibrer nos os et nos âmes, montons à l’assaut et balayons le théâtre des ombres sarkozystes, nous devons nous battre pour pouvoir reconstruire la France !

Liberté, Egalité, Fraternité : Appel de Thorens-Glières

En 2004, à l’occasion de l’anniversaire des 60 ans du programme conseil national de la résistance, un premier appel avait été lancé :


Appel du Conseil National de la Résistance par Baptiste_L06

Cet appel a été prolongé le 14 mai dernier à Thorens-Glières.


Appel de Thorens-Glières

La substance de l’appel de Thorens-Glières :

Avec l’association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre 3 engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine « Liberté Egalité Fraternité ».

Premièrement, afin de garantir l’égalité :

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

– Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.

– Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et restaurer les conditions du principe d’ailleurs défini à l’article 2 de la constitution actuelle : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

– garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d’ « Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.

Troisièmement, afin de garantir la fraternité :

Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.

Écarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Pour mémoire, j’avais pris ce programme du CNR comme point de départ du texte « Refondations, PS, Socialisme et Social-démocratie, Le dormeur doit se réveiller«