Elections fédérales finistériennes : enfin des informations officielles

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Notre fédération PS vient enfin de reprendre en main sa communication et a publié sur le site PS29.org des informations plus complètes sur la séquence électorale en cours (celle du Finistère, pas aux US !).

Si j’ai pu contribuer quelque peu à cette publication j’en serai heureux et cela illustre au moins sur un exemple concret quel genre d’actions je pourrais mener avec utilité dans le cadre d’un mandat de délégué de circonscription.

Et dans la foulée des informations utiles, je pense qu’il serait bon de rappeler les règles des différents scrutins (règles des différents débats, qui vote, quel type de vote, etc…).

Concernant les candidatures à la fonction de délégué de circonscription, la liste officielle est donc la suivante.

1ere circonscription 
Jean-Marc Tanguy
2eme circonscription
Jean-Pierre Porée 
Rachel Nicolas
3eme circonscription 
Philippe Ris
Natacha Tessier
Gabriel Steff
4eme circonscription 
Jean-Paul Vermot
5eme circonscription 
Yohann Nédélec
6eme circonscription 
Yves Formentin
7eme circonscription 
Laurent Cavaloc 
Michel Dath
8eme circonscription 
Michel Loussouarn

Les professions de fois des candidats sont ici (dans l’ordre alphabétique pour respecter la neutralité de présentation)  :

 

PS : dates des AG de circonscription

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Comme promis, je relaie les informations liées au renouvellement des secrétaires et délégués finistériens.

Dates & lieux des assemblées générales de présentation des candidats au poste de délégué de circonscription et de premier secrétaire fédéral :

  • Le mercredi 7 novembre, de 18h30 à 20h30 au foyer communal de Plozévet pour la 7eme circonscription
  • Le jeudi 8 novembre, à 18h30 au local du PS rue de Portzmoguer à Brest, pour les 2 et 3eme circonscriptions.
  • Le vendredi 9 novembre, à 18h30 pour les 4eme et 5eme circonscriptions (lieu à confirmer)
  • Le samedi 10 novembre, à 10h30 au centre culturel de Rosporden pour la 8eme circonscription
  • Le samedi 10 novembre à 14h30, salle du conseil municipal au Faou pour la 6eme circonscription.
  • Le mercredi 14 novembre, à 20h00 au siège de la fédération à Quimper pour  la 1ere circonscription

Question d’éducation (seconde partie)

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Et pour l’école de mon village aujourd’hui ?

Contrairement à l’époque de Jules Ferry, la situation actuelle peut parfaitement être prise en charge au niveau local, puisque les ressources sont déjà universelles et largement gratuites.

Qui sait que l’on peut dores et déjà bénéficier gratuitement des cours des plus prestigieuses universités mondiales via Coursera ? Plus près de nous, Télécom Bretagne met en ligne un certain nombre de cours sous forme numérique.

Certes la majorité de ces cours sont en anglais, ne sont que des transpositions numériques encore basiques, mais ce n’est qu’une question de temps pour que la puissance du numérique fasse dépasser en qualité les cours originaux, pour que plus de cours soient en français. Sans oublier que nous verrons un jour arriver le traducteur universel.

Coursera et Télécom Bretagne nous montrent un chemin possible : la mise à disposition d’un enseignement de très haute qualité n’est pas très compliquée et bien moins chère qu’une université « en dur ». En matière d’éducation numérique, la priorité numéro une des collectivités et d’aller chercher la connaissance locale, toute la connaissance, et de la mettre en forme pour la rendre accessible à tous. Cette mise en forme pourra ensuite être agrégée au niveau national, ou plus exactement, au niveau de la communauté linguistique la plus large (francophonie en l’occurrence).

Si l’accès à la connaissance numérique s’offre à nous, nous ne pourrons en bénéficier pleinement qu’à une seule condition : que nous maîtrisions les principes de base du numérique, que nous en comprenions la logique. Pour faire un parallèle, lorsque nous apprenons à lire nous devons nous approprier l’écrit (les lettres et leur agencement en syllabes puis l’orthographe). Nous devons également nous approprier la grammaire.

Le numérique a son orthographe et sa grammaire. L’enjeu de la bataille est là : qui ne sait lire et écrire, ne peut prendre pleinement sa place dans le monde numérique. Qui ne maîtrise pas les outils et les modèles numériques ne peut accéder pleinement au monde qui se construit. Ceci est vrai pour toutes les générations, toutes les catégories socio-professionnelles, y compris les classes dirigeantes.

La République a su mettre en place des lois, un tissu dense d’enseignement et des « hussards » pour gagner la bataille de l’alphabétisation et de la connaissance pour tous.

La République doit mettre en place des structures similaires pour gagner la bataille de l’alphabétisation numérique. Qui ne sait pas correctement lire ne peut pas accéder à la connaissance d’une bibliothèque.

Résultats provisoire du Finistère sur le vote pour le congrès PS

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La fédération PS du Finistère a publié les résultats suivants sur son site :

inscrits      2148
votants       1159
blancs et nuls       37
exprimés      1122
[important]motion 1      70,41%[/important]
motion 2      6,24%
motion 3      9,80%
[important]motion 4      12,12%[/important]
motion 5      0,53%

Un peu d’émotion pour le vote des motions ?

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Lorsque le processus pour le futur congrès du PS a été lancé, j’étais bien embêté. Pour cause de solidarité gouvernementale, il n’était pas question que Besoin de Gauche fasse valoir sa différence par un texte autonome. Nous en avons été réduits à produire quelques contributions en ordre dispersé.

Solidarité avec François Hollande et le gouvernement Ayrault certes, mais le texte proposé n’avait pas grand chose pour soulever l’enthousiasme (j’ai été sauvé de l’assoupissement en toute fin de texte par la volonté affichée de prolonger la rénovation démocratique du parti, ouf !). La présentation des choses et la désignation extraordinairement maladroite du premier signataire avaient en plus tout pour repousser les militants à la recherche d’une ligne forte et conquérante dans la continuité de ce début d’année.

J’étais fort marri mais quand même pas assez agacé pour être prêt à exprimer ma mauvaise humeur en allant soutenir le camarade Filoche et la gauche du PS.

Entre Harlem et le Venezuela se trouvait un océan de perplexité, morne étendue salée en vue d’un morne congrès…

Puis, sortie du diable vauvert est arrivée la motion Hessel. La force de cette motion ne réside pas tant dans ses propositions que l’on retrouve facilement dans le corpus général du PS, non elle réside à la fois dans le volontarisme et l’intensité de ces propositions (plus loin, plus vite, plus fort !) et dans la personnalité de Stéphane Hessel. Les socialistes se méfient (avec raison) des « sauveurs » ou grandes figures tutélaires, mais il s’agit là de toute autre chose.

Imaginez pendant quelques minutes la victoire de cette motion. Stéphane Hessel vu son âge ne pourrait prétendre à être un premier secrétaire « exécutif », mais comme caution morale du parti, quel extraordinaire impact cela aurait ! Copé et ses petits (co)pains, LePen fille et son fond de commerce, Borloo et sa recherche d’un compas centriste perdu en seraient réduits aux deuxièmes parties de soirées pour émissions d’insomniaques atrabilaires.

Stéphane Hessel porte sur son visage le poids de l’histoire autant que la force de l’indignation. Nous savons d’où nous venons mais nous n’irons nulle part sans énergie, sans puissance dans le mouvement, sans enthousiasme à l’heure des choix. Pendant un à deux ans, notre gouvernement va naviguer au cœur d’une effroyable tempête. Les militants socialistes peuvent-il se contenter d’être d’aimables gestionnaires d’un agenda vidé de substance ? La bataille se mène au gouvernement et au parlement, mais elle se gagne au plus près des Français. Et au plus près des Français, je veux me battre avec force et enthousiasme, en m’appuyant sur une personnalité qui inspire le respect, qui incarne la sagesse.

Indignons-nous, osons plus fort et plus vite !

De profundis clamavi ad te, Stupidité

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Cette fin de semaine semble marquée par le sceau de la stupidité sur fond d’alibi religieux.

Il y a d’abord eu ce film pamphlet qui par la grâce des médias, nouveaux ou anciens, s’est transformé en motif d’émeutes, avec hélas des morts au bout de la colère. Le but du réalisateur était incontestablement de choquer et de provoquer, la meilleure réponse à tant de bêtise aurait sans doute été de tourner le réalisateur en dérision et de dresser l’étendard de la dignité et de la raison. Mais voilà, le vice ayant tendance à répondre au vice, certain semblent avoir été trop contents de reprendre la stupidité au bond et se sont ingéniés à alimenter la haine au nom de dieu. Les gens qui brûlent les consulats et les ambassades se trompent et ont été trompés.

Piètre manipulation qui salit les âmes sincères. Nulle doute que d’ici quelques semaines cet épisode finira oublié dans la fosse commune des non-sens de l’histoire.

Puisse le bassin Méditerranéen trouver un jour son Gandhi.

Et comme pour rétablir l’équilibre entre les trois religions de ce bassin, un docte cardinal répondant au nom de Barbarin s’est lui aussi fendu d’une déclaration à visée universelle avec son lot de pépites. Je vous recommande tout particulièrement dans la vidéo ci-dessous celle où la femme est réduite à un « lieu ».

Les femmes sont sont battues pour ne plus être considérées comme des potiches, avec Barbarin, l’égalité homme-femme a fait un bond, mais dans le mauvais sens…

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Mariage homosexuel : Inceste, Polygamie, le… par telelyonmetropole

 

Depuis que François Hollande a inscrit la redéfinition du mariage dans son programme, les forces conservatrices se sont mises au travail, et n’ayant pas réussi à empêcher son élection, elles tentent maintenant tout et plus particulièrement n’importe quoi pour agiter l’opinion. En l’occurrence, ce cardinal nous déclare tout de go que l’adoption de cette réforme nous mènera tout droit vers une société où l’inceste et la polygamie seront légaux. C’est évidemment une provocation et une stupidité (j’ai traité la question de la polygamie dans un post précédent). La redéfinition du mariage répond tout à la fois à une réalité, quoi qu’en pensent les réactionnaires, autant qu’à l’intérêt de la République. Cette redéfinition n’impacte en rien la conception personnelle que chacun peut avoir du mariage, elle définit simplement un cadre légal et cohérent à un fait sociétal.

Enfin, sur le dernier sujet qui est celui de l’enfant, je reprocherais pour le coup à Christiane Taubira d’avoir été trop timorée en limitant le sujet à l’adoption homoparentale. La question de l’enfant est effectivement un des éléments qui fondent le mariage, et dans ce sens, et puisque que d’innombrables études ont montrés la neutralité de l’effet de l’homoparentalité sur l’enfant, il était tout à fait justifié de clarifier une fois pour toute la situation et de le reconnaître sans ambiguïté par la loi. Là où la loi s’arrête trop tôt, c’est qu’elle ne traite pas des cas de procréation, naturelle ou médicalement assistée. Lors d’un récent conseil fédéral du PS où j’ai interpelé JJ Urvoas sur ce point, ce dernier m’a répondu en substance que l’avancée de la future loi Taubira était déjà importante et qu’à chaque jour suffit sa peine (sa réponse était en fait plus imagée).

Dont acte, nous accueillerons avec satisfaction la loi Taubira, mais je continuerai à militer pour achever la réforme, loin des délires incestueux de Barbarin, mais proche de l’espoir merveilleux que représente un projet d’enfant pour un couple.

Le gouvernement dans le dur du combat

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Après avoir procédé à un premier apurement du budget de la France, le gouvernement s’attaque désormais aux réparations profondes de la maison France.

Pierre Moscovici avec les 6 centimes sur l’essence a cherché à donner un peu d’air aux ménages pour les 3 prochains mois, et même si quelques euros sur un plein ne sont pas de nature à nous transformer en gagnants du loto, je ne fais pas partie de ceux qui claironnent que cela ne sert à rien. D’ailleurs, si 6 cts ne servent à rien, alors que ces personnes suggèrent à Bercy d’augmenter de 6 cts l’essence, cela fera toujours cela de moins sur la dette sans que cela pèse sur leur portefeuille ! L’appel à une augmentation de la production est également un second élément de court-terme capable d’amplifier l’effort de baisse des prix. Là où par contre une critique est possible, c’est que PM n’a pas encore annoncé de mesures structurelles pour sortir de la trajectoire fondamentalement haussière de l’énergie issue du pétrole. Je crois que le moment est venu de mettre sur pied le démarrage d’un plan de sortie de l’ère du pétrole, ce qui pourrait par exemple prendre la forme de mesures comme :

  • interdiction à court terme (1 an) à la vente des chaudières domestiques utilisant le fuel et à moyen terme (d’ici la fin du quinquennat) des chaudières industrielles à pétrole.
  • interdiction à court terme de l’immatriculation de voitures neuves de grosse cylindrée non hybridée et interdiction d’ici la fin du quinquennat de circulation de ces voitures
  • interdiction d’ici la fin du quinquennat de la mise en circulation de véhicules de transport collectif urbain à pétrole non hybridé
  • réajustement à la baisse des seuils permettant de bénéficier du bonus écologique sur l’achat des véhicules neufs
  • mis en place d’un plan de reconversion des travailleurs de la filière pétrolière

Autre mesure annoncée par le gouvernement, la mise en place des emplois d’avenir. À nouveau, ceci ne suffira pas à résoudre définitivement le problème du chômage, mais cette première mesure est loin de n’être que symbolique et contraste fortement avec ce qu’avait fait l’UMP en 2007 en abandonnant l’effort de lutte contre le chômage (la démographie était censée résoudre le problème toute seule !).

Déficit, énergie, chômage, en 100 jours la gauche n’a pas fait de miracle, elle a pris les commandes avec rigueur et compétence, elle a commencé à faire ce qu’il fallait pour sauver le bateau France.

Créer c’est résister. Résister c’est créer…

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… et à l’image de la troisième circonscription d’Iroise (Brest Rural), le Finistère a su créer sur ses convictions et ses valeurs !

Pourtant, si j’en crois Ouest France de samedi dernier, il semble difficile à quelques uns de comprendre la vie du PS Finistérien sans avoir recours à des images conflictuelles (en référence aux dernières législatives). Cet épisode a été complexe à gérer puisque deux visions s’opposaient, mais il a été correctement géré et nous en sommes sortis de la meilleure façon possible au regard des circonstances, à savoir une belle victoire de la gauche en Iroise, victoire appuyées par les deux candidats écologiste et front de gauche qui s’étaient eux-aussi présentés au 1er tour.

Voilà qui permet de tracer un horizon des relations politiques dans notre région : nous affirmons nos différences avec conviction mais sans animosité, nous essayons de trouver des compromis (et se sera bien plus facile pour les prochaines élections que pour les législatives où très peu de sièges étaient disponibles), et in fine, ce sont les électeurs qui tranchent.

Cette façon de travailler à gauche vaut bien évidemment aussi au sein du PS, a fortiori lorsqu’il s’agit de préparer le futur congrès de Toulouse. Un congrès se prépare en deux temps : d’abord par la soumission de contributions (textes largement ouverts) pour alimenter la réflexion, puis par la rédaction de motions qui serviront à tracer le chemin idéologique des différents courants. Nous en sommes à la première étape et il est absolument naturel que le contenu de ces contributions ne se limitent pas à un auto-satisfecit lénifiant. Le texte mentionné par Ouest France (reproduit plus bas) est un texte qui se veut structurant pour la fédération du Finistère. Les temps changent, nous devons évoluer, et nous voulons dire comment pour décider en commun de la vie de notre fédération.

Après avoir signé une contribution Besoin de Gauche sur l’Europe, je suis fier d’avoir signé celle qui doit nous amener à « forger de nouvelles règles pour que notre fédération renoue avec le nécessaire débat d’idées« .

Finistère : retrouver l’audace de l’exemplarité pour construire le succès de la gauche au pouvoir

 

Le succès inégalé de François Hollande le 6 mai 2012 (58,86 %) nous confie des responsabilités particulières pour l’avenir.

Nous devons d’abord faire de notre congrès un moment utile pour tous les Finistériens qui ont élu des députés socialistes dans les huit circonscriptions du département. Il nous faudra conduire nos débats dans le double souci du rassemblement final et de la cohérence avec l’action gouvernementale. Il ne s’agit en effet pas de tourner une page mais d’en écrire une autre dans le même livre. Nous souhaitons donc que cette nouvelle étape de notre parti réponde au légitime besoin d’unité des militants tout en forgeant les règles pour que notre fédération renoue avec le nécessaire débat d’idées (I).
Il nous faudra ensuite engager une nouvelle phase du développement de notre fédération. Notre expérience, construite dans l’euphorie des bons jours et dans l’amertume des mauvais nous a appris combien l’issue du quinquennat qui débute s’écrira sur le terrain, là où la conscience politique se nourrit de la vie quotidienne, là où les rapports sociaux prennent racine. Le rôle du PS sera donc essentiel même si comme l’écrivait Léon Blum en 1945 « Dans cette vie de militant, n’espérez jamais trouver une tâche facile ». C’est pourquoi, nous proposons de retrouver, grâce à des propositions concrètes, l’audace réformatrice au service de l’exemplarité démocratique qui fait la marque reconnue de notre fédération (II).
Enfin, nous devrons répondre aux velléités de reconquête électorale de la droite. Celle-ci espère se reconstruire après avoir clarifiée son identité politique et en misant sur les prochaines consultations locales. A nous de déjouer ce calcul en bâtissant un projet fédéral qui sache anticiper ces étapes, qui fournit des repères aux finistériens et qui trace des perspectives politiques (III).

1 – Réussir un congrès d’unité garantie d’une vie fédérale animée
L’ampleur historique du succès électoral de ce printemps ne s’est pas construite en quelques semaines de campagne. Tous les commentateurs ont d’ailleurs relevé la singularité bretonne dans la vague progressiste du mois de juin. La force politique de notre parti vient de loin. Si les électeurs nous ont manifesté comme jamais leur confiance en nous permettant de réaliser le grand chelem législatif, c’est d’abord parce qu’ils se sont retrouvés dans nos pratiques politiques faites de choix courageux et de comportements innovants. Si dans le Finistère partout la droite a reflué alors qu’ailleurs elle a pu résister – et parfois même vaincre -, c’est évidemment parce que les socialistes n’y sont pas tout à fait comme ailleurs.
Nous n’avons pas le doit de renoncer à cet héritage. Nous ne voulons pas d’un parti qui s’épanouisse dans l’opposition et qui ronronne dans la majorité. Mais dans le même temps, si l’opinion ne comprendrait pas qu’il ne soit pas solidaire du gouvernement, les militants eux n’entendent pas rester passifs. Notre fédération ne peut se résumer à n’être qu’une simple machine électorale sauf à vouloir déjà préparer son déclin.
Pour convaincre, pour porter le dialogue, pour mobiliser les énergies disponibles autour des réformes que va conduire le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, il faut un parti qui, par sa façon de travailler, donne l’envie d’être socialiste. Nous ne pourrons fidéliser notre implantation électorale et l’élargir qu’en apportant une contribution originale sur les enjeux et défis de demain inhérents à notre territoire. Une telle approche réclame un niveau d’exigence rehaussé sur le contenu du projet et de se montrer exemplaire sur la méthode.
Le débat doit donc redevenir une dimension essentielle de notre vie fédérale. Il ne peut exister qu’en étant direct, permanent et sans artifice. Il doit recommencer à irriguer notre organisation, de la plus modeste section aux instances départementales. Un parti qui pense est un parti en avance. Oui ou non voulons-nous un parti tourné vers l’offensive et la mobilisation ? Où bien devons-nous nous résigner à n’être plus que quelque courroie de transmission confinée dans l’action électorale ?
Si notre fédération, qui a toujours mis un point d’honneur à organiser dans ses rangs la confrontation politique, se laissait aller à se replier frileusement sur des tâches de pure gestion administrative, le risque alors serait grand de susciter un fort sentiment de démotivation chez un grand nombre de nos militants et, au-delà, de nous couper de la population.
Nous proposons donc de redonner du sens politique et de remettre du contenu programmatique dans le fonctionnement de nos instances. Le monde et la société sont des puzzles en mouvement qu’il faut analyser en permanence. Les solutions sont aussi perpétuellement à inventer. La vocation de notre conseil fédéral n’est pas se transformer en une simple chambre d’enregistrement où l’on se borne à commenter – brièvement – l’actualité. De même, conformément à nos statuts, le bureau fédéral doit se réunir régulièrement afin d’élaborer la stratégie de notre fédération permettant ainsi des choix politiques clairs.
En effet, si depuis toujours on vote beaucoup au PS, ces votes sont de plus en plus ritualisés et ne suffisent plus à nourrir notre vie militante. Bien sûr, il est appréciable d’avoir à se prononcer sur un enjeu mais un vote ne peut prendre son sens qu’après un débat. Or dans les dernières années, reconnaissons que ceux-ci furent trop souvent pauvres, absents ou bâclés. Pourquoi se priver d’une telle capacité délibérative ? Le parti doit être un lieu d’élaboration de notre conception de la vie publique et de l’action politique. La bataille des idées que conduit une organisation comme la notre se gagne aussi bien grâce à l’expression de ses dirigeants nationaux que par la force de persuasion démultipliée de tous ses militants.

2 – Retrouver l’audace réformatrice au service de l’exemplarité démocratique
Plus que d’autres, la fédération du Finistère s’est depuis plus d’une décennie préoccupée de la crédibilité de l’action politique. Avant tant d’autres, elle s’est concrètement lancée dans des procédures destinées à permettre un renouveau de la vie démocratique.
En quelques années, nous avons su bâtir une fédération dont tous les militants peuvent être légitimement fiers. Des premiers bâtisseurs dont l’impulsion opiniâtre permit pour la première fois au PS d’être présent en 1972 dans toutes les circonscriptions à ceux qui, grâce à leur rigoureuse gestion financière, contribuèrent à nous sauver de l’abîme électoral de 1993, de l’élection d’une femme au premier secrétariat dès 1981 à l’adoption de règles audacieuses en matière de non cumul des mandats, de la volonté constante d’associer les militants à l’élaboration des programmes départementaux à l’animation déterminée du réseau des élus locaux, notre histoire conjugue en permanence la vitalité de nos initiatives et la constance de nos réformes fédérales. A chaque pas, nous n’avons eu de cesse de répondre à la crise de la représentation en cherchant à faire renaître la confiance entre les citoyens et les élus.
Quelle autre fédération s’est-elle librement imposée dès 1998, des règles de transparence dans l’élaboration de sa liste régionale ? Sans quel autre département, lors de tous les renouvellements cantonaux, l’exigence de parité tant au niveau des candidatures qu’à celui des élus a-t-elle été aussi opiniâtrement poursuivi ? Qui, sinon le Finistère, peut se féliciter de compter autant de députés socialistes sortants n’exerçant qu’un seul mandat ?
Ce sont l’originalité et la constance de notre démarche qui ont valu – un temps – à notre fédération de faire l’objet d’une forte attention de la part de nos instances nationales. Notre façon de travailler collectivement en confiance, avec loyauté et franchise, était citée en exemple. L’éthique finistérienne était enviée par d’autres fédérations qui n’hésitaient pas à s’inspirer des documents votés par notre conseil fédéral quand ce n’était pas directement par les adhérents comme notre « charte fédérale de la rénovation » de juin 2009 issue d’une longue maturation.
Nous invitons donc à retrouver le chemin de cette audace car faire vivre une organisation comme le PS, ce n’est pas anodin. Cela dit beaucoup de la société que nous voulons construire. Pour notre part, nous voulons un parti rassemblé pour aider François Hollande à réussir dans les cinq prochaines années. Nous voulons une fédération qui cultive sa capacité à penser l’avenir sans tabou. Nous voulons un PS finistérien qui redevienne une véritable force de propositions et l’efficace relai des aspirations des citoyens.
Pour atteindre ces objectifs, il faut d’abord, au sein de notre fédération, instaurer trois droits fondamentaux au profit de tous : le droit à l’information, le droit à la parole et le droit à la publication. A cette fin, il convient notamment, en premier lieu, que le militant soit écouté et respecté. On ne peut rien construire de solide sur la division des socialistes. Dans cette perspective, le rôle d’un premier secrétaire doit être celui d’un fédérateur, pas d’un représentant d’intérêts territoriaux ou partisans. Sans la reconnaissance et la pleine jouissance de ces droits, sans une gouvernance renouvelée, inutile de tabler sur l’émergence de nouvelles forces pour assumer les devoirs d’un parti de gouvernement.
Pour que la voix de fédération recommence à porter aux niveaux national et régional, il convient de rompre avec des pratiques opaques ou claniques qui génèrent un indéniable sentiment de frustration, voire de colère chez les militants. Notre message
ne redeviendra audible et attractif que si nous sommes en mesure de faire preuve d’une incontestable transparence dans la méthode et les processus de décision.
Reprenons donc notre marche en avant en rompant avec une gestion fédérale qui a trop volontiers obéi à des considérations tactiques à court terme. Il faut clairement reprendre l’offensive dans le domaine de l’éthique, de l’exemplarité et de la démocratie, en s’attachant prioritairement à assainir notre fonctionnement interne. C’est dans son quotidien qu’une organisation comme la nôtre doit démontrer sa force.
Puisque nous souhaitons une démocratie plus transparente, plus délibérative, la parité, une meilleure séparation des pouvoirs, des contre-pouvoirs efficaces, engageons sans attendre ces changements.
Sans parler de bouleversements de structures, quelques novations simples et concrètes peuvent s’envisager. Par exemple, pourquoi ne pas doter la fédération d’un médiateur fédéral susceptible d’arbitrer les conflits en amont de la procédure prévue par nos statuts ?
Pourquoi ne pas s’inspirer des pratiques en vigueur dans les collectivités régionales en imaginant une possibilité pour le conseil fédéral de voter une « motion de défiance constructive »1 à l’encontre du premier secrétaire en cas de désaccord lourd et durable ? L’exercice d’un pouvoir personnel ne peut trouver place dans notre vie démocratique.
Pourquoi ne pas octroyer au conseil fédéral la faculté de maîtriser une partie de son ordre du jour, de manière à lui permettre d’inviter des personnalités extérieures susceptibles d’éclairer certains débats ? Une telle instance doit cesser d’être un enclos pour redevenir un carrefour. On ne réfléchit pas en circuit fermé.

3 – Rebâtir un projet fédéral pour assurer l’ancrage durable des socialistes
Le travail qui nous attend pour les trois années à venir est à la mesure de la densité du calendrier électoral. Il est donc considérable puisque, pour le moment, en 2014, cinq consultations sont programmées : en mars les municipales, les cantonales et les régionales puisque nous allons abroger le conseiller territorial, en juin les européennes et en septembre les sénatoriales. Il est possible que des aménagements soit trouvées par un décalage de certains de ces scrutins mais cela ne diminuera pas les conséquences politiques de ces rendez-vous.
Où la droite parvient à reconquérir des territoires et la seconde moitié de quinquennat débutera dans le pessimisme. Où nous conservons nos positions et même nous réussissons à en remporter de nouvelles et l’heureuse perspective d’une réélection de François Hollande commencera à s’esquisser.
C’est évidemment cette dernière perspective que les décisions de notre prochain congrès doivent nous permettre de préparer. Il n’y a pas de sens déchiffrable de l’histoire. Il n’est nulle part écrit que l’opinion sanctionnera inévitablement les sortants
1 Autorisée par la Loi fondamentale allemande, il s’agit d’une procédure qui permet à une assemblée de voter la censure du responsable exécutif de l’action tout en prévoyant la désignation de celui appelé à le remplacer.
socialistes. Au contraire les possibilités de progression sont à notre portée : le gain de nouveaux cantons est à notre portée (Briec, Taulé, Ouessant, Morlaix… ) de même que la reconquête de villes perdues en 2008 (Morlaix, Landerneau, Quimperlé, Concarneau, Guilers, Douarnenez…) ce qui contribuera à conforter la courte majorité de gauche existante au Sénat (trois voix).
Les élections législatives viennent encore de le rappeler : les socialistes sont les mieux placés pour faire gagner la gauche. Nos atouts sont solides : notre réseau militant maille tout le département et nous disposons d’un nombre conséquent d’élus locaux dotés d’une légitimité incontestable et doués d’une vraie compétence.
Dès lors, la fédération est le bon outil pour anticiper ce moment. C’est à elle qu’il appartient de créer les conditions d’émergence de nouveaux candidats. C’est largement d’elle dont dépendra la façon dont nos propositions seront élaborées. C’est enfin sur elle que reposera la formation nécessaire des militants pour qu’ils puissent prendre toute leur place dans les confrontations à venir.
Cette responsabilité appelle des changements dans notre organisation fédérale. D’une part parce que pour la première fois depuis dix ans, nous sommes à nouveau dans la majorité et que cela nous confère des devoirs nouveaux. Et d’autre part parce que la période qui s’est terminée le 17 juin a marqué une profonde évolution dans le rôle et le fonctionnement de notre parti. Les signes plus visibles en sont la fin de la désignation en interne de notre candidat grâce au succès des primaires, l’influence capitale dans l’animation du débat public d’acteurs extérieurs aux organisations politiques (clubs et fondations) et la professionnalisation des moyens engagés pour mener campagne. Nous devons donc prendre acte de cette mutation à laquelle nous avons d’ailleurs tous participé.
Notre fédération ne peut donc se contenter d’être un lieu confortable où l’on éprouve le plaisir des convictions partagées. Mais transformer un parti, c’est affronter la part d’inconnu qui l’entoure, voir de nouveaux visages, entendre de nouveaux discours, connaître de nouveaux talents. Pas facile pour tous.
Ainsi, il faut investir dans notre communication. Le « Cap Finistère » est aujourd’hui le seul lien qui unit les militants au parti. Son existence est un atout. Mais si beaucoup d’efforts ont été faits dans le passé, il reste néanmoins trop peu vivant. Il faut donc en revoir la maquette en ajoutant des tribunes libres, un suivi du travail des parlementaires ou des secrétaires fédéraux. Il doit surtout être plus interactif en privilégiant le débat contradictoire dans ses colonnes par rapport à un consensus affiché qui nuit à son dynamisme.
Pourquoi aussi ne pas favoriser la naissance de « sections thématiques » qui seraient un complément aux sections territoriales ? Ainsi un militant intéressé par un sujet, soucieux d’apporter sa contribution ou son expérience, pourrait-il s’inscrire dans une section thématique en restant adhérant dans sa section locale. Elles pourraient être un terreau particulièrement fécond pour participer à la prochaine réflexion programmatique qui accompagnera impérativement les renouvellements cantonaux et régional. Domaine par domaine, des statues sont à renverser et des pistes à éclairer.
Evidemment, il faut revitaliser l’Université Permanente Fédérale afin de donner corps à l’art. 2.6. de nos statuts qui prévoit que « tout adhérent/e du PS a droit à une formation ». A titre d’exemple, quels efforts ont été fait pour permettre à chacun de connaître les règles de participation au prochain congrès ? Combien de militants connaissaient le calendrier autorisant le dépôt d’une contribution telle que celle-ci ? Une telle initiative n’était pourtant pas réservée aux seuls « responsables fédéraux », chaque adhérent pouvait rédiger un document et l’adresser à la fédération. Mais qui le savait ? Les combats qui attendent les socialistes (répondre à la droite et à l’extrême droite, riposter aux campagnes de dénigrement des médias, résister à l’air du temps) exigent plus que jamais des militants politiquement bien formés.
Enfin, il faut construire, en lien avec l’UESR, un « séminaire 2014 » uniquement dédié aux prochains scrutins. Espace privilégié de préparation pour les futurs candidats, il s’articulera autour de séances plénières, d’ateliers et de débats organisés « hors les murs », en présence d’invités spécialisés. L’ensemble complet et cohérent conjuguera un apport de connaissances théoriques et l’apprentissage de méthodes d’animation politique.

Au final, ces quelques idées ne sont que des pistes destinées à reconstruire un équilibre serein et harmonieux entre la fédération, les sections, les militants et les élus. Nous espérons qu’elles pourront faire consensus, notre objectif étant de favoriser un rassemblement des socialistes autour d’une démarche novatrice et constructive. Elles ne prétendent ni à l’exhaustivité ni à la perfection et seront enrichies par l’apport de tous les militants qui voudront bien nous rejoindre. Elles ont vocation à initier le débat de telle sorte que ce congrès s’épargne les querelles de personnes ou les luttes d’appareils. Elles ont en commun la volonté de renouer avec la voie finistérienne de l’innovation démocratique. Elles sont enfin à l’image des valeurs que devrait porter notre parti : humilité, collégialité, responsabilité.
Pour engager le dialogue ou apporter votre soutien :
contact : lefinistere-en-marche@orange.fr
Twitter : @29enmarche
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Premiers signataires au 20 Juillet 2012.
1.Patricia Adam, députée, bureau fédéral,
2.Eliane Auffret, secrétaire de section par intérim Landivisiau,
3.Gilbert Bellec, premier adjoint au maire Lannilis,
4.Marguerite Bléas, conseillère municipal Landivisiau,
5.Daniel Créoff, conseiller général,
6.Damien Deschamps, adjoint au maire de Plouzané,
7.Brigitte François, secrétaire de section de St Yvi,
8.Florent Gayte, secrétaire de section de Guipavas,
9.Bruno Grall, délégué de 1ère circonscription,
10.Gilbert Gramoullé, conseil fédéral, adjoint au maire de Quimper,
11.Chantal Guittet, députée, bureau fédéral,
12.Fabrice Huret, vice-président de Brest Métropole Océane,
13.Pascal Inizan, conseiller municipal Landerneau,
14.André Jugan, délégué de 3ème circonscription,
15.Tino Kerdraon, commission fédérale des conflits,
16.Georges Kergonna, conseiller général,1er adjoint au maire de Quimper,
17.Jean-Michel Le Bihan, secrétaire de section de Milizac,
18.Danièle Le Bot-Ségal, secrétaire de section de Fouesnant,
19.Didier Le Gac, vice-président du conseil général, maire de Lampaul Plouarzel,
20.Marc Le Hénanf, conseil fédéral (Quimper),
21.Loïc Le Menedeu, secrétaire de section de Plabennec,
22.Jean-Claude Lessard, bureau fédéral, conseiller régional,
23.Andrew Lincoln, secrétaire fédéral (Plouguerneau),
24.Marie-Jo Louarn, secrétaire de section du Cap Sizun,
25.Michel Loussouard, conseiller général (Rosporden),
26.Yohann Nédélec, bureau fédéral, maire du Relecq Kerhuon,
27.Roger Mellouet, vice-président du Conseil général, maire de Pont de Buis,
28.Gérard Mével, conseiller régional,
29.Jacqueline Olivet, secrétaire de section de Landerneau,
30.Christian Plassard, conseiller général de Plabennec,
31.Jean-Pierre Porée, trésorier fédéral,
32.Alain Queffelec, maire de Guipavas,
33.Yves Quémeneur, secrétaire de section de Plouzané,
34.Stéphane Riou, secrétaire fédéral,
35.Bernard Rioual, maire de Plouzané, vice-président de Brest Métropole Océane,
36.Forough Salami, secrétaire fédérale, membre du conseil national, vice-présidente du conseil régional,
37.Reza Salami, conseiller général, adjoint au maire de Brest, secrétaire de section de Brest Rive Gauche,
38.Nathalie Sarrabezolles, vice-présidente du Conseil général,
39.Renaud Sarrabezolles secrétaire de section du Relecq Kerhuon, conseil fédéral, vice-président de Brest Métropole Océane,
40.Natacha Tessier, secrétaire de section Iroise,
41.Jean-Jacques Urvoas, député, bureau fédéral

Le bilan d’un an et demi de campagne.

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Nous avons gagné, et c’est très bien.

Gagné le pari des primaires, gagné la présidentielle, gagné la législative.

L’heure est maintenant au travail intense pour les élus, mais aussi à la réflexion pour les militants et sympathisants. La victoire n’est pas une fin en soit et je refuse de tomber dans la facilité paresseuse.

Les leçons nationales depuis 2007

Notre parcours depuis 2007 a été ponctué de trois grands tremblements.

  • l’impossibilité en 2007 de nous choisir une personnalité sur des critères rationnels, une personne acceptable par la majorité (symbolisé par le cas Royal).
  • l’extraordinaire difficulté dans les années qui ont suivi à retrouver le sens du débat collectif, à évacuer l’affectif et  nous remettre à travailler dans un cadre commun pour un but commun (symbolisé par le congrès de Reims)
  • enfin l’impossibilité d’établir une ligne de conduite commune en ce qui concerne les liens entre morale privée, morale publique et efficacité opérationnelle (symbolisé par le cas Strauss-Kahn)

Par apport à ces éléments, deux attitudes sont possibles : soit on considère que la victoire permet en elle-même de passer à autre chose et de ne pas les traiter, soit on considère que la victoire donne au contraire la force de traiter chaque problème sur le fond et de prévenir le retour de tels tremblements. Pour ma part je préfèrerais la deuxième solution, mais faut-il encore ne pas être le seul.

Il me paraît fondamental de tracer les contours privés, professionnels, intellectuels et idéologiques de l’élu socialiste type et de créer les conditions pour favoriser de tels profils. Le darwinisme politique s’oppose il me semble au projet idéologique que nous portons.

Les leçons issues de la législative en Iroise

Ce qui s’est passé en Iroise est à la fois singulier et emblématique.

Singulier parce que ce territoire avait été abandonné à la droite : elle ne pouvait pas être gagnée parait-il. Or les militants qui ont labouré ce pays depuis 40 ans avaient vu l’évolution et les moins anciens comme moi avaient bien vu qu’objectivement la réalité n’était pas celle qui était présentée à tous.

Emblématique parce que cet écart a provoqué une indignation et un refus des militants, au nom des citoyens de gauche et de nos idées. Nous nous sommes retrouvés avec un affrontement entre deux légitimités : celle de l’appareil du parti et celle des militants et sympathisants (renforcés par le poids des primaires). Cette situation s’est reproduite dans de multiples circonscriptions et a plus ou moins bien été gérée selon les cas (La Rochelle ayant été probablement le pire).

Or lorsque l’on oppose légitimité hiérarchique à légitimité d’idée ou de projet, cela m’évoque immédiatement une opposition qui est en fait générationnelle et que l’on retrouve en entreprise. Le mode hiérarchique fort est la marque des générations les plus anciennes, l’adhésion prioritaire à des idées ou à un projet celle de la génération la plus jeune (dite Y), la génération intermédiaire (la mienne dite X) faisant actuellement le travail de passage d’un mode à l’autre.

L’emblème est donc celui d’un renouvellement générationnel qui induit un changement de mode de management. Qui plus est, ce changement sur le fonctionnement d’un parti et les responsabilités de chacun est amplifié par l’évolution numérique qui court-circuite complètement les canaux classiques de communication. C’est une des leçons des révolutions méditerranéennes, mais aussi de façon moins visible, une des leçons de cette législative : aucune organisation hiérarchique n’est aujourd’hui en mesure de verrouiller la communication, donc le message politique.

Autre constat démographique en Finistère : nous avons réussi la parité ! Ce n’est pas le cas partout en France, mais cette avance locale nous permet d’envisager l’étape suivante qui est de voir si cette parité tient dans la durée sans obligation explicite. C’est dans ce cas et seulement dans ce cas que nous pourrons affirmer qu’électoralement au moins, une femme et un homme c’est un(e) citoyen(ne) comm(e) un(e) autre ! Il est à noter que sur ce point également, les relations hommes/femmes ne posent pas les mêmes problèmes en fonction des générations.

Conclusion

Un de mes commentateurs avait qualifié (avec un brin d’ironie) de révolution bruyère ce que je décrivais en Iroise. Or sur notre terre parfois bien rude, ce qui s’est passé aux législatives est exemplaire car non seulement nous avons réussi à envoyer un député qui représente la gauche de Brest Rural au parlement, mais la contestation et l’évolution qui en découlent se font de façon positive sans casse majeure. Voilà un dernier message positif adressé cette fois à tous ceux qui traceront le contour idéologique de notre prochain congrès.

François Hollande est le pivot qui doit faire enfin entrer la France dans le XXIème siècle : reste à conquérir l’espace qui s’ouvre !