Lettre aux démocrates et à la gauche

Ces derniers temps, on voit fleurir dans la presse et sur les réseaux sociaux des appels à un désistement du candidat qui sortira vainqueur de la primaire de gauche. Il n’y a rien de surprenant à voir des manœuvres d’intimidation et de désinformation sortir en campagne électorale, mais au-delà du côté peu glorieux de la chose, celle-là et particulièrement une stupidité et une provocation.

Stupidité parce qu’à moins de considérer qu’il n’y aura que 100.000 votants à cette primaire et qu’en conséquence on peut balayer leur vote d’un coup de pied de l’âne méprisant, on voit mal la ou le vainqueur expliquer que finalement elle ou il désire passer aux yeux de tous comme le traitre qui s’assoit sans vergogne sur un choix ouvert, libre et démocratique. Rappelons-le haut et fort : de la gauche au centre gauche, tous ceux qui le souhaitaient pouvaient venir s’expliquer dans cette primaire devant les français. Il n’y avait aucun piège et comme on le constate à l’issue du premier débat, ils sont respectueux et le résultat final reste totalement ouvert. Ne pas y participer signifie clairement se placer dans une opposition politique alors oui, qu’un opposant demande un désistement immédiat à un futur candidat après son élection est vraiment stupide.

Mais aussi provocation car qui peut imaginer que le vainqueur de la primaire trahirait dans le même élan sa parole, ses convictions et ses électeurs ? Il serait immédiatement mis en charpie par les autres compétiteurs et tous les votants de la primaire. Retraite immédiate assurée et ce ne serait que justice !

Il faut faire fi de ce genre de communication politique pour revenir à l’essentiel qui est d’avoir un processus électoral sain capable de choisir celui ou celle qui a une vision claire et en phase avec l’époque associée à la solidité émotionnelle et la compétence requise par la fonction.

Le premier débat a permis tout d’abord de montrer que nous avions des candidats qui avaient des choses à dire, qui pouvaient les dire de façon posée, qui pouvaient défendre leur différence, parfois marquée, sans s’invectiver.

Ces candidats ne sont par ailleurs ni trop jeunes ce qui évite l’effet aventurier opportuniste, ni trop vieux ce qui nous évite les vieux routards de la politique qui tentent leur chance une dernière fois.

Ces candidats osent également des orientations qui sont objectivement différentes. Parmi tout ce qui a été proposé à droite ou à gauche, combien d’idées avancées  vont au-delà de l’outil qui ne sert qu’à ajuster l’existant ? Combien ont une chance de changer votre quotidien demain ?

À l’extrême droite, il y a eu la proposition du clan Lepen de sortir de l’euro et de l’Europe, mais ce n’est plus si clair ni plus si certain, et à mon sens pas souhaitable.

Chez Fillon, il y a l’idée de se passer d’une partie des moyens de l’administration publique en supprimant un demi millions de fonctionnaire et d’attaquer la protection sociale à la hache, mais là non plus, ce n’est plus si sûr et pas souhaitable.

Quant à la gauche, il y a au moins une réforme majeure et marquante susceptible d’en finir avec la misère et la précarité : le revenu universel / décent (ou de toute façon que l’on voudra bien l’appeler) qui est une mesure effectivement capable de changer en profondeur notre modèle social et la vie quotidienne de chacun. Ce n’est par ailleurs pas une utopie car des tests de cette idée sont déjà en cours dans certains pays (c’est tout à fait finançable sans doubler les impôts !). C’est réellement une vraie réforme profonde de progrès et pas un ajustement fait pour conserver un modèle de société pourtant devenu insupportable à la majorité des français mais très confortable pour une minorité. Cette idée peut reconstruire cette société où l’on ment depuis trop longtemps à notre jeunesse en leur disant que s’ils travaillent bien à l’école ils trouveront le job de leur rêve qui leur permettra de construire une famille et une belle vie. C’est un mensonge ! De plus en plus, les bons jobs seront verrouillés par ce qui devient une caste qui se réduira fatalement à cause des progrès foudroyants de l’économie numériques. Aujourd’hui, on fait croire que les robots menacent « juste » l’emploi manuel, mais la réalité c’est que l’intelligence artificielle est championne du monde d’échec depuis 1999, championne du monde de go et que le meilleur diagnosticien sur le cancer c’est Watson, le robot d’IBM. Demandez à Cortana (ou Siri) qui est installée sur votre ordinateur et qui sera très bientôt votre indispensable majordome numérique si vous ne me croyez pas !

Alors, oui, il faut passer à une très profonde mutation politique. Il faut que les électeurs fassent émerger une personne capable de défendre de réels changements profonds, pas des mesurettes. Une personne capable de les assumer, pas de vaguement y adhérer sans conviction et valeurs affirmées. Une personne capable de s’appuyer sur une équipe solide, pas une équipe de mercenaires opportunistes. C’est pour cela que les débats des primaires sont essentiels

S’auto-proclamer révolutionnaire et homme providentiel est une hérésie en démocratie. Expliquer qu’un vote libre et démocratique n’a pas d’importance est indigne. Alors que tous ceux qui croient que la démocratie a un sens et qu’une voix a une importance viennent voter à la primaire de gauche. Moi j’y crois et je sais que nous sommes encore nombreux à y croire. Il y a dans cette primaire la possibilité de voter pour des programmes classiques ou radicalement différents. Il y a dans ces candidats des personnalités aux parcours et caractères différents. Il n’y a certes pas de perfection, mais il y a la possibilité d’un vrai choix, dans une vraie élection.

Peuple de gauche, ne te laisse pas abuser, indigne toi des offenses faites à ta liberté, révolte toi contre ceux qui veulent te forcer la main, fais un choix fier et émancipé !

Le crépuscule de l’intelligence

maxresdefaultGrèce, Espagne, Italie, Royaume Uni, Islande, pays de l’Est, Turquie, Irak/Syrie et maintenant États Unis.

Toutes ces zones du monde dont la liste n’est hélas pas exhaustive, ont en commun d’avoir fait d’étranges choix de gouvernement depuis quelques mois ou au plus quelques années. Il y a bien sûr une énorme différence entre le proto-état Daesh et le parti pirate en Islande, mais dans tous les cas ces pays ont évolué vers des choix politiques qui à l’évidence ne vont pas dans le sens de solutions pouvant rationnellement permettre de construire l’avenir de façon sereine.

Les peuples semblent vouloir choisir ou a minima accepter des gouvernements souvent brutaux du moment que cela marque une cassure avec leur présent.

Certes, il s’agit dans tous les cas de se débarrasser d’une classe politique jugée illégitime, une classe politique qui au fil du temps semble s’être changée en aristocratie de plus en plus fermée. Mais pas seulement.

Le pari de cette classe dirigeante était sans doute que les progrès, objectifs, qu’ils apportaient à leur peuple seraient suffisants pour les maintenir au pouvoir. Et ces progrès ne sont ni nuls ni négligeables. L’espérance de vie planétaire a largement augmentée (+6 ans ces 12 dernières années), grâce à internet il n’est plus impossible d’avoir un accès universel à la connaissance, le développement économique a enrichi de plus en plus de peuples, et la liste pourrait encore être longue.

Alors pourquoi rejeter si brutalement un personnel politique certes impopulaire mais loin d’être inefficace ?

Plusieurs éléments sont évidents :

  • il y a eu progrès certes, mais en même temps explosion des écarts inégalitaires
  • l’accès universel à l’information et la connaissance va de pair avec une plus grande autonomie d’analyse et donc de choix
  • l’écart entre le discours markettée et la réalité vécue et perçue au quotidien a atteint un tel point qu’elle tend à devenir une crise schizophrénique

Mais à mon sens, il y a encore au moins un autre élément extrêmement puissant qui est le vrai déclencheur de ces choix destructeurs de gouvernants. Les peuples comprennent ou perçoivent parfaitement que le monde dans lequel ils ont vécu jusqu’ici est au mieux en train de mourir et très probablement déjà mort. Il ne s’agit pas là d’une évolution conceptuelle mais d’une réalité très triviale et sensible.

Dans un monde d’hyperconnectivité, la notion de vie privée et probablement d’individu disparaît. Personne n’a jamais vécu quelque chose de semblable.

Dans ce mode de biologie avancée, un enfant ne nait plus de deux parents mais potentiellement de 6 (deux parents légaux, une mère porteuse et potentiellement trois parents génétiques). Ceci en attendant qu’une greffe d’utérus puisse être fonctionnelle chez un « homme ».

teaserbox_40464574Dans ce monde à la technologie triomphante, les champions d’échec et de go sont des machines, tout comme les meilleurs spécialistes diagnosticiens. Et ces intelligences greffées sur des robots sont maintenant en train de rendre réel ce qui n’était que science-fiction. La bonne vieille bagnole qui gonflait d’orgueil James Dean n’existera plus dans quelques années.

Dans ce monde au climat vacillant, on ne produira bientôt plus le même vin à Bordeaux et les blés de la Beauce seront bientôt remplacés par des orangers.

Et la liste pourrait être encore longue…

Que ce soit conscient ou pas, l’homme de la rue sait que le monde de demain n’est pas celui qu’il connait et il constate que les gouvernements actuels sont incapables de lui parler de cet avenir. Comment dans ce cas ne pas choisir ceux qui au moins lui disent qu’ils ont un projet pour demain, même lorsque c’est à l’évidence peu crédible. Peu crédible c’est toujours mieux que rien du tout !

Et en France ? Comme partout ailleurs, on se convint qu’aux futures élections cela sera comme d’habitude et que les discours extrémistes, excluants, violents, obscurantistes autant que complètement stupides ne passeront pas. Pas chez nous, pas ici ! Mais en quoi proposons-nous  une alternative différente de ce qui s’est passé ailleurs ? En quoi Juppé / Sarkozy, Hollande ou autres Macron sont-ils différents d’Hillary Clinton ?

Battre le clan Le Pen aux futures élections est simple et plutôt facile. Il suffit juste de présenter des candidats inattendus (à défaut d’être neufs) et de dire comment on va construire ce monde qui de toute façon changera de gré ou de force.

Il faut parler survie climatique.

Il faut parler survie de l’individu et de sa vie privée.

Il faut parler place des personnes dans un monde du travail où la machine et l’IA le surpasse.

Il faut faire ensemble les choix de l’avenir d’Homo Sapiens.

Il faut dire que l’on va ensemble affronter l’avenir et qu’on ne laissera tomber personne.

Il faut avouer que personne ne sait comment construire ce demain, mais qu’avec le courage, l’intelligence, le profond sens de l’intérêt commun on a une chance de réussir. Il n’y a pas de retour en arrière possible, autant se donner toutes les chances en commençant par ne pas choisir le crépuscule mais en recherchant où se lève le soleil.

Moi président, je mettrai en place l’Allocation Citoyenne Universelle

Oui sans restriction à l’Allocation Citoyenne Universelle

Ecoutez-nous !Manuel Valls vient d’ouvrir un chantier de fusion des allocations appelé revenu universel.

Ce chantier est un premier pas en direction de ce que j’avais appelé l’ACU (Allocation Citoyenne Universelle) qui s’appelle également dans des versions proches le revenu de base.

Voici enfin un débat qui s’ouvre et mérite mille fois d’aboutir à quelque chose de concret. Et ce débat s’ouvrant en préambule d’une campagne électorale qui s’avance, je vous le déclare tout net, je voterai sans hésitation pour tout candidat qui s’engagera à mettre en œuvre cette mesure dans les deux premières années de son mandat (exception faite des candidats non respectueux des valeurs républicaines naturellement).

Quelques précisions

Tout d’abord, sur le vocabulaire (nous sommes en France c’est important !)

  1. je préfère mille fois le mots allocation à revenu. Le second est plus connecté « résultat d’un travail » que le premier, or à mon sens, cette mesure doit être clairement détachée de la notion de travail.
  2. Pourquoi citoyenne ? Cette mesure se doit d’être la contre-partie et le socle de la citoyenneté. Affirmer que la citoyenneté peut librement s’exprimer lorsque l’on doit chaque jour se battre pour assurer sa survie est un mensonge. Affirmer que la citoyenneté a un sens lorsqu’on est dans l’impossibilité d’avoir un minimum d’information est un mépris. De même la citoyenneté ne peut s’exprimer pleinement lorsque l’on n’a pas la possibilité de se déplacer ou de se loger. La citoyenneté a un prix et ce prix serait clairement payé par l’ACU.
  3. Pourquoi universelle ? Si tout les citoyens sont égaux alors il ne peut y avoir d’autre distinction que la possibilité d’en jouir. Les seuls cas particuliers à traiter seraient donc ceux des mineurs ou adultes sous tutelle.

Comment cela fonctionnerait ?

Toutes les cotisations sociales obligatoires actuelles (hors maladie) serait collectées à l’identique mais redistribuées de façon identique entre chaque citoyen. Il semblerait que cela signifierait dans la pratique un montant entre 800 et 1000€ / citoyen et par mois.

Les modalités d’utilisation de cette somme pour les citoyens mineurs ou sous tutelle seraient à définir.

L’ACU serait soumis à l’impôt sur le revenu et on pourrait imaginer un système qui permette à qui le souhaite de renoncer provisoirement à percevoir l’ACU au bénéfice de fondations ou d’œuvres caritatives.

On notera que ce système permettrait de faire des économies à la fois par la reprise d’une partie des sommes via l’IRPP mais aussi et surtout par l’immense simplification administrative qu’il sous-tend.

Y-aurait-il des perdants par rapport au système actuels ?

Oui pour toutes les personnes touchant des allocations indexées sur leur cotisations passées (chômage, retraite, …).

Ceci pourrait être contrebalancé par une assurance complémentaire souscrite à titre personnel ou collectif (comme pour les retraites des cadres par exemple).

Qui seraient les gagnants certains d’un tel système ?

Les jeunes générations actuelles seraient les grandes gagnantes puisqu’elles pourraient arriver à l’âge actif avec un patrimoine là où elles n’ont aujourd’hui droit qu’à un immense mensonge sociétal, aux désillusions et à notre mépris plus ou moins honteux.

Par ailleurs, plutôt que d’espérer un travail alimentaire qu’elles ne trouvent pas, ces jeunes générations pourraient construire leur propre moyens de subsistance en fonction de leurs dons et aspirations. Il y a là la source d’un immense mouvement libérateur et créateur par le travail et plus une aliénation par ce même travail !

L’ACU redéfinit une vision constructive et positive de la société en privilégiant ceux qui sont porteurs de l’avenir et plus ceux qui sont héritiers du passé, mais en prenant bien soin de mettre en place un puissant outil de solidarité.

Conclusion

Notre société est malade est cela dure depuis des décennies. Les immenses et profonds changements en cours condamnent définitivement un modèle social Français qui a fait honneur à la France mais dont il faut acter la fin. L’Allocation Universelle Citoyenne est sans aucun doute la première pierre du nouveau modèle que nous devons collectivement rebâtir. Je note la très grande évolution entre les discussions que j’ai pu avoir sur le sujet il y a plus de 10 ans et aujourd’hui.

La France est mure pour reconstruire son modèle et son contrat social à partir de l’ACU et nous entrons en phase électorale. Alors comme moi, je vous invite à proclamer Moi président, je mettrai en place l’Allocation Citoyenne Universelle !

Les compteurs Linky vont arriver à Plougonvelin

Linky s’invite à Plougonvelin (et ailleurs !)

linky-compteurVu le peu d’information fait par la municipalité, vous ne savez peut-être pas que les nouveaux compteurs Linky vont être déployés par ERDF sur la commune de Plougonvelin en remplacement des compteurs actuels. Or ce déploiement qui a déjà commencé dans d’autres communes de France (mais aussi d’autres pays avec des appareils équivalents) posent des questions et génèrent un débat de plus en plus important.

Qu’est-ce qu’un compteur Linky ?

Linky est un compteur électrique qui comme tous les compteurs électriques a pour objet principal de relever votre consommation d’électricité. La nouveauté est ici que ce compteur est doté de possibilités de communication extérieures à la maison est d’un ensemble de fonctions telles que le relevé et le suivi de consommation à distance, le changement de puissance, …

Pour réaliser ces fonctions, le compteur est capable de communiquer vers l’extérieur de l’habitation mais également dans le logement à travers vos fils électriques par une technologie dite CPL (Courant Porteur en Ligne).

Quels sont les avantages annoncés ?

ERDF met en avant des avantages clairs comme la facilité de gestion (mise en route, relevé de consommation) et d’autres qui sont plus sujet à caution (développement des énergies renouvelables, satisfaction client).

Quels sont les problèmes avérés ou potentiels ?

Potentiel : dangerosité des ondes générées par le CPL

La technologie CPL existe depuis longtemps mais n’est pas largement utilisée dans les habitations. De façon objective, le CPL génère des ondes mesurables classées comme potentiellement novices. À ce stade, nous n’avons pas encore assez de recul pour savoir si oui ou non les compteurs Linky pourraient avoir un impact sur la santé. Les personnes électro-sensibles auront par contre à souffrir de façon certaine de cette installation.

On relèvera cependant, qu’à moins de faire signer une décharge, si ce risque devait se réaliser d’ici quelques années, ERDF se trouverait probablement face à quelques dizaines de millions de plaintes pour mise en danger de la vie d’autrui.

Potentiel : augmentation du prix de l’abonnement

Dans un faible nombre de cas, l’installation d’un compteur Linky peut aboutir à obliger l’abonné à augmenter la puissance de son abonnement (et donc d’alourdir sa facture).

Potentiel : risque d’incendie

Lors de l’expérimentation, il y a eu 8 cas recensés d’incendie pour 300 000 compteurs installés. Ceci est faible mais pas nul.

Potentiel : risque de surveillance policière

« L’écoute » des circuits électriques d’un domicile est a priori possible mais la nouveauté du dispositif la place probablement dans une zone grise du droit qui sera sans doute rapidement précisée. Il est cependant clair qu’un État autoritaire voire totalitaire disposerait d’un moyen intrusif puissant de surveillance à vaste échelle.

Avéré : cela a un coût pour l’utilisateur

Le remplacement des compteurs actuels dont l’immense majorité peut encore fonctionner pendant des dizaines d’années n’est bien sûr pas gratuit. Si ce coût n’est pas facturé directement, il sera naturellement répercuté d’une façon ou d’une autre.

Dans un second temps, la question de la réduction du coût de gestion (relevé des compteurs, etc…) répercuté par une baisse du prix de l’abonnement se pose.

Avéré : ces compteurs sont piratables

Comme tout système informatique connecté, il est possible de pirater ces appareils. Des pirates allemands en ont fait la démonstration sur des équipements équivalents. Ils ont en outre démontré que grâce à ce type de compteur, il était non seulement possible de connaître les habitudes des habitants mais également le type de biens électriques qu’ils possédaient.

Enfin, au-delà de l’utilisation de ces compteurs, on sait qu’il est possible de prendre la main sur un système informatique connecté, mais aussi de le détruire par différents moyens (création de surtensions, mouvements mécaniques répétitifs ou antagonistes, etc…).

Autres conséquences possibles d’un accès pirate : il est possible de connaître vos habitudes de consommation et de revendre les fichiers ou encore de savoir si vous êtes présents dans votre domicile ou pas et de planifier des cambriolages.

Avéré : l’intérêt pour le consommateur est nul

L’abonné ne demande rien quant à son compteur et Linky ne lui apporte vraiment pas grand chose.

Et alors ?

Le Canada a fait machine arrière sur l’installation de ce type de compteur.

Le refus d’installation des nouveaux compteurs monte en puissance. Certaines communes ont pris des arrêtés municipaux pour interdire leur installation. La validité juridique de ces arrêtés n’est à ce jour pas claire.

Concernant les habitants, certains se sont organisés pour interdire aux installateurs de stationner dans les rues et comme ils n’ont pas le droit d’entrer dans un logement privé, l’accès à un votre domicile n’est en rien une obligation.

En tout état de cause, les communes ont un vrai rôle à jouer, ne serait-ce que par la diffusion d’une information digne de ce nom.

Pour y voir un peu plus clair, nous vous proposons de visionner la vidéo ci-dessous et de remplir ce questionnaire.

Merci d’avance.

Choir et déchoir

ctwa9eoweaeakum_1Cette année 2015 a ressemblé à une traversée dans une mer houleuse parsemée d’écueils. Le voyage ne fut pas sans peine et sans douleur, mais nous pouvions espérer retrouver un peu de calme et de paix au sein de nos foyers pendant les quelques jours des fêtes de fin d’année.

Au lieu de cela, le gouvernement a décidé fort inopportunément de s’inviter au repas avec une proposition plutôt indigeste : élargir la déchéance de nationalité et l’inscrire dans la réforme constitutionnelle qui a été promise pour répondre aux derniers attentats de Paris.

La nationalité, un droit universel

L’article 15 de la déclaration des droits de l’Homme qui sert de préambule à notre constitution stipule sans ambiguïté que la nationalité est un droit fondamental et universel attaché aux individus. Un individu ne peut pas ne pas avoir de nationalité (être apatride).

La nationalité est également attachée à la liberté puisqu’un individu ne peut pas être privé du droit d’en changer.

Actuellement, l’article 25 du code civil permet d’envisager une déchéance de nationalité pour un certain nombre de raisons « graves » (bien que peu précises). Depuis la loi Guigou de 1998, seuls les binationaux depuis moins de 15 ans maximum peuvent être déchus de leur nationalité. En environ 25 ans, un peu plus d’une vingtaine de déchéances ont été prononcées.

La proposition gouvernementale s’inscrit donc dans un contexte où il n’y a pas de lacune du droit, pour un nombre de cas éventuels très restreints. Elle n’aurait en outre aucun effet concret permettant de résoudre les problèmes posés par les actes terroristes qui pourtant sont la motivation première de cette proposition : les individus concernés ont pour but ultime de se suicider en commentant leurs actes, dans un tel contexte la menace d’une déchéance de nationalité est dérisoire voire ridicule.

L’idée de la déchéance heurte les les idéaux de gauche puisqu’elle introduit une différence de statut et de droits, donc une inégalité, entre Français. Si cette inégalité peut être jugée acceptable pour une durée transitoire pour les naturalisés, rien ne justifie qu’un Breton ou un Corse de naissance soient demain déchus de leur nationalité et expulsé du territoire. Que leur âme soit sombre ou radieuse, les enfants de France naissent et demeurent égaux. Même lorsque l’un deux devient un immonde salaud, il est le fruit de notre échec collectif et nous n’avons pas à nous débarrasser de cet échec en le renvoyant dans un autre pays qui d’ailleurs ne voudra pas forcément l’accepter.

Quid de l’indignité nationale ?

L’indignité nationale est une sanction possible qui ne touche pas à la nationalité mais retire un certain nombre de droits. Elle fut surtout d’actualité après la seconde guerre mondiale. Cette notion pourrait être retravaillée et remise à jour de façon à être adaptée à l’époque et élargie à des circonstances qui vont au-delà du seul problème de terrorisme : crimes financiers à grande échelle, crimes dans l’exercice d’un mandat politique, …

Concernant le terrorisme, l’indignité nationale n’aurait là non plus pas beaucoup d’effet, mais elle ne heurte pas de principes constitutionnels ni d’idéaux.

Condamnation à mort

Je suis étonné du fait que l’on ne nous ait pas ressorti le rétablissement de la peine de mort concernant les terroristes. Il est vrai que cela avait été fait par le clan Le Pen après les attentats de Charlie Hebdo. Mais comme le rétablissement de la peine de mort contre des individus dont le but est de mourir avait paru à l’époque tellement ridicule, personne n’a voulu repasser les plats.

Grâce à Robert Badinter, la France peut s’enorgueillir d’avoir aboli la peine de peine de mort dans le cadre normal de la République. Elle ne subsiste plus qu’en période de guerre ou de façon grise à travers les opérations spéciales.

L’abolition de la peine de mort est une des très grandes victoires de la gauche, elle serait affaibli par l’introduction constitutionnelle d’une différence entre la nationalité des Français : commencer par la seconde aboutirait rapidement à l’idée que la première peut être remise en question « dans certains cas ». La nationalité étant consubstantielle à l’individu, la mort de l’un pose la question de la mort possible de l’autre.

Concernant l’efficacité, l’histoire a largement démontré que même avec le maximum de cruauté publique, la peine de mort s’est toujours montrée dramatiquement inefficace pour prévenir les crimes et qu’elle a a contrario éliminé nombre d’innocents.

Damnatio memoriae

Quant à explorer des pistes, il me semble intéressant d’examiner un type de condamnation qui n’a pas été utilisée de façon courante depuis l’antiquité : la damnatio memoriae.

Il s’agit ici d’une condamnation post-morten qui vise à effacer l’existence même d’un individu. Ce type de condamnation est particulièrement efficace pour prévenir les crimes qui seraient commis pour acquérir de la notoriété, ce qui est le cas de certains terroristes. Cette condamnation est également un effacement social impactant l’entourage du condamné.

Une version simple et restreinte de la damnatio memoriae est de faire disparaitre toute trace du corps d’un condamné après sa mort. C’est ce qui a été appliqué à la dépouille de Ben Laden. Une telle procédure présente les avantages d’être très simple à mettre en œuvre, d’éviter tout mémorial, et il présente aussi une menace d’ordre spirituel qui peut se révéler potentiellement efficace, en particulier pour des terroristes mystiques.

Ce type de condamnation pose des questions philosophiques et religieuses importantes.

Conclusion

J’ai le sentiment qu’en voulant tenir une promesse hasardeuse de réforme constitutionnelle, promesse faite dans un contexte émotionnel peu propice aux décisions réfléchies et tempérées, ce gouvernement s’est mis tout seul dans une situation inutilement difficile. Les derniers mois avaient pourtant été correctement gérés et les Français avaient fermé la porte au front national et montré à l’ex UMP combien il était vain de courir après leurs idées nauséeuses.

La réforme de déchéance de nationalité ressemble à une mauvaise triangulation politique qui vient heurter de plein fouet des idéaux d’égalité et des fondements sur la nationalité française qui ne sont pas que de gauche. Puisque l’émotion est grande dans un contexte post-attentat, le congrès pourrait hélas se fourvoyer et renoncer à une partie de ce qui fait de nous des Français, renoncer à une partie de ce qui a provoqué une illumination bleu blanc rouge du monde après les attentats. Les terroristes auraient alors atteint leur but : nous changer, nous obliger à renoncer à ce que nous sommes.

Tout l’amour de France

bebeDifficile de ne pas avoir été saisi d’une intense émotion en écoutant cette version de Quand on n’a que l’amour.

Difficile de ne pas trouver dans son entourage plus ou moins proche le nom d’une des 130 victimes du 13 novembre.

Dans de telles circonstances, on aurait pu trouver légitime, normal, compréhensible, un profond sentiment de colère, de vengeance et même, pourquoi pas, de haine.

Mais voilà, nous sommes le peuple d’un très vieux pays, un peuple qui a porté très haut la dignité de l’Homme, qui a porté très loin des valeurs qu’il veut défendre comme universelles, qui a défendu jadis contre le fascisme et la barbarie, comme il le défendra demain, ses idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

Et quand la Liberté fait à ce point partie de chacun d’entre nous, aucun fusil ne contient assez de balles pour faire taire ce peuple.

Et quand la Fraternité, que parfois on peut croire bien faible, est à ce point ancrée dans nos relations à l’autre, aucun bruit d’explosion ne couvrira les voix, même fragiles, même douces, même retenues de cette France qui s’appelle ici Nolwenn, Camelia, Yaël.

À la destruction nihiliste, notre pays a su répondre avec la force de son armée certes, mais aussi avec la force profonde de ses idéaux. L’armée est la réponse indispensable pour ne pas être vaincus, mais la puissance de l’Idéal est ce qui permettra de vaincre.

À travers nos larmes, nous avons vu le monde se colorer en bleu, blanc, rouge.

Derrière nos sanglots, nous avons entendu des Marseillaise s’élever partout dans le monde. Qui aurait pu croire qu’un jour le stade de Wembley serait un bout de France ?

Je ne crois pas qu’un autre peuple aurait pu avoir un tel hommage.

Pourtant, au-delà de l’émotion du moment, au-delà du solide rappel de ce qui fait de nous la France, je ne cesse de m’interroger sur les raisons qui font que nous avons une si mauvaise image de nous même, un tel goût pour l’auto-flagellation voire l’auto-mutilation.

Je n’arrive pas à comprendre comment une émotion et une fusion puissantes nous saisissent en écoutant Quand on n’a que l’amour et dans le même mouvement schizophrène, comment nous pouvons rejeter l’émigré qui l’a écrit et les jeunes femmes qui la chantent parce que leur identité française est remise en question par certains.

Je ne peux pas accepter que le monde nous apporte son soutien pour la fierté légitime que nous avons d’être Français et que nous soyons dans le même temps prêts à étouffer cette fierté avec la boue idéologique de gens qui ont toujours été historiquement dans les rangs du mal et de l’oppression.

Je n’ai aucun doute sur le fait que l’État Français a pris la mesure du danger et qu’il met en œuvre ce qui est nécessaire pour le combattre et l’annihiler. Mais j’ai un doute sur le fait que certains Français soient eux bien prêts à défendre, dans les faits autant que dans les mots, ce qui constitue réellement notre identité. Si demain je devais tomber sous les balles pour avoir défendu mes idées, pour avoir eu le plaisir de boire une bière à la terrasse d’un café ou celui d’aller à un concert, je ne voudrais pas que des gens aux haines recuites et idées moisies en prennent prétexte pour confisquer à mes filles leur idéal de liberté, leur ambition de construire un monde égalitaire, leur insolente prétention fraternelle à aimer l’autre. Je veux que tout l’amour de notre belle France leur soit transmis et qu’elles le partagent, encore et toujours.

Quelque part entre front national et affront républicain

Ce samedi aurait dû être une belle journée républicaine à Ploudalmézeau puisque les élus et le préfet étaient réunis pour inaugurer la nouvelle gendarmerie, un des grands corps de la République.

marguerite-lamour-voit-rougebleunvenMais c’était sans compter sans le maire, Madame Lamour, qui a eu un comportement tout à fait sidérant vis-à-vis de Jean-Luc Bleunven, député de la 3ème circonscription. Non seulement aucune chaise n’avait été prévue pour notre député mais madame Lamour a également refusé de lui donner la parole comme les règles républicaines le veulent.

A-t-elle eu peur que le discours de notre député ne pervertisse nos gendarmes au garde-à-vous ou s’agit-il plus tristement d’une mesquinerie assez pathétique d’une candidate battue aux élections législatives en 2012 et frustrée par les résultats de l’ex-UMP aux dernières départementales ? Je peux comprendre que madame Lamour n’aime pas monsieur Bleuven, je craints d’ailleurs qu’elle n’aime pas grand monde, mais même dans ces conditions, l’important ce ne sont pas ses sentiments mais son rôle en qualité d’élue de la République accueillant d’autres élus de la République lors d’une cérémonie républicaine.

L’élu sert ses concitoyens et représente la République, il ne sert pas ses états d’âme. S’il n’est pas capable de mener la mission qui lui a été confiée, s’il n’est pas capable de mettre son ego de côté pour respecter les règles de la République alors il doit en tirer les conséquences.

La République exige de la vertu et de la hauteur, tout le contraire de comedia del arte de ce matin à Ploudalmézeau.

ploudalmezeau-inoguration-gendarmerie

Respecter le choix de se tromper

brest2La démocratie est une drôle de chose. Les peuples sont prêts à verser leur sang pour l’obtenir, mais une fois que cela est fait, ces mêmes peuples se comportent avec une indifférence voire un dédain certain vis-à-vis d’elle.

Il y a quelques mois encore, la moitié de Brest était dans la rue pour crier son attachement à l’une des valeurs de cette démocratie, la liberté d’expression et peut-être aussi là la liberté elle-même. Et aujourd’hui, à la veille du scrutin des départementales, cette même liberté se transforme en liberté de ne pas avoir envie, en liberté de prendre part au vague brouhaha d’une fausse contestation bien consensuelle où les participants se renvoient jusqu’à plus soif les mêmes poncifs, tout en prenant l’air sérieux du révolutionnaire fier de son courage effronté. Ne pas choisir n’est ni sérieux, ni un principe politique viable.

Après la révolution Tunisienne, lors d’un échange avec un internaute, j’avais écrit que la démocratie c’était d’abord le respect du choix de l’autre, y compris le respect du droit de se tromper, de faire le mauvais choix. Ce point de vue était fort puisqu’en l’occurrence le choix de se tromper c’était celui de mettre les islamistes au pouvoir après une liberté démocratique chèrement payée.

Je n’ai as changé d’avis aujourd’hui.

Le choix de se tromper peut parfaitement être celui de ne pas aller voter et faire croire à une décision protestataire. Mécaniquement, l’abstention profitera à l’extrême droite dont finalement de moins en moins de gens comprennent la noirceur destructrice de leur pensée politique. Si vous faites partie de ces gens, voire de ceux qui s’imaginent bien sous un mandat d’extrême droite, alors je respecterai votre choix de faire le mauvais choix même si comme en Tunisie, revenir en arrière aurait un coût substantiel et douloureux.

Le choix de se tromper peut aussi parfaitement être celui de systématiquement inverser son vote d’une élection à l’autre sous le prétexte que puisqu’ils sont « tous pareils » mais qu’il faut voter, alors autant que l’élection soit une punition. Le vote systématiquement contre est aussi un mauvais choix car il ne construit rien, mais en bon démocrate je le respecterai.

Pour ma part, peut-être me tromperai-je, mais je ne ferai ni un choix passif d’abstention, ni un choix punition, ni un choix masochiste.

toul-an-ibilNon, d’autant plus qu’il est facile de savoir pourquoi on vote sur cette élection précise. Je voterai parce que la garderie de ma commune fonctionne bien. Je voterai parce que tous les matins de la semaine j’emprunte une route bien entretenue avec un nouveau rond-point qui me facilite la vie. Je voterai parce que le 3ème âge est quelque chose qui ne m’est pas indifférent et que je sais combien les maisons de retraite ont besoin de soutien. Je voterai parce que ma fille ira au collège l’année prochaine et qu’il y en a plusieurs autour de ma commune, dont bientôt un nouveau. Je voterai car je trouve agréable d’avoir un bateau navette pour aller sur les îles toutes proches. Je voterai car j’aime bien l’idée de développer le co-voiturage. Finalement, je voterai car tout cela touche ma vie quotidienne et que si une majorité de gens se trompent, ce qui fonctionne bien aujourd’hui risque fort de ne pas fonctionner correctement demain, voire pas du tout.

Sur mon canton, l’extrême droite n’a pas fait campagne, ils sont juste là pour faire un holdup électoral au cas où la porte du coffre resterait sans surveillance. La liste debout la France n’est là que pour se faire un nom, quant à la liste de droite classique, après avoir acté du bon bilan de la majorité sortante, elle n’a pas été en mesure de proposer un programme qui sorte des généralités que personne ne renierait.

La majorité sortante ayant fait le job, même si comme chacun d’entre nous j’en aurais le droit, je ne vois pas de raison de faire le mauvais choix et de ne pas voter pour reconduire la majorité sortante de gauche.

Affiche-canton-St-Renan