Le socle du programme socialiste


Depuis des mois, deux visions s’affrontaient au sein du PS pour le déroulement de l’avant-campagne des primaires.

La première, s’appuyant sur le fonctionnement de la Vème République, avançait qu’il était nécessaire de désigner un chef rapidement, et que sous la direction de ce chef, le parti devait mettre au point un programme.La seconde, largement défendue par les sociaux-démocrates, défendait au contraire l’idée qu’il fallait d’abord améliorer le fonctionnement du parti, puis travailler sur des propositions pour enfin trouver un chef qui pourrait reprendre ce texte, l’incarner, le développer avec ses qualités et sa vision.

Les tenants de la première solution sont partis très tôt (en décembre) ou un peu plus récemment, mais avant que le socle du programme PS soit connu. Force est de constater que ceux qui sont partis en décembre n’ont pas percé et ne pèsent pas sur le débat, quant à Hollande parti en dernier pour ce premier groupe, un peu plus d’une semaine après le souffle commence déjà à manquer.
La ligne défendue par les sociaux-démocrates semblait donc être la bonne. Mieux que cela, un récent sondage montre que les Français ont accueilli très favorablement ce socle de programme : ils l’approuvent à 70% ce qui tient carrément du plébiscite !

Voilà donc un motif de satisfaction qui nous conforte dans notre vision de cette future présidentielle.

Mais revenons rapidement sur les points de ce programme.

D’abord, j’ai lu les commentaires UMP avec un certain amusement. Ils ont essayé de jouer sur tous les clichés sans se rendre compte à quel point certains arguments tenaient du comique vu la situation. Essayer de faire croire que les socialistes ne savent pas gérer le pays tient de la farce tant la comparaison avec la période 1997-2002 (et surtout 1997-99) avec la période UMP depuis 2002 tient de la gifle cinglante.

Sur le contenu lui-même de ce programme, je dois avouer mon ravissement lorsque j’ai lu le premier chapitre et le tire du premier paragraphe « Le changement climatique, l’explosion démographique et la fièvre énergétique mettent en jeu l’avenir de la planète » : voilà qui nous renvoie directement à 3 des 4 thématiques que j’avais abordées il y a quelques mois dans le texte du dormeur,  texte qui lui-même était l’évolution d’un texte de… 2006. Voilà qui montre au moins que le PS est bien une communauté d’idées et que le débat n’est pas un vain mot. Il ne manque donc à ces 3 thématiques (climat, énergie, démographie) que le 4ème sur la dématérialisation, bouleversement sans doute encore trop récent pour être clairement compris. J’espère pouvoir à l’avenir apporter ma petite pierre à l’édifice sur ce sujet plus que perturbant pour nos identités. Mais revenons aux temps présents.

J’ai déjà donné ces derniers jours, indirectement, mon avis sur le point 26 du programme qui concerne l’évolution de la définition du mariage aux yeux de la République. La notion de mariage sous toutes ses formes (mariage républicain, pacs, …) doit évoluer dans le sens d’une reconnaissance moins discriminatoire de la cellule familiale et, point qui m’est sans doute plus personnel, centré autour d’un couple ayant un projet d’enfants. C’est cela qui aux yeux de la République justifie que l’on s’oblige à légiférer sur cette sphère privée. Quelle que soit la nature du couple, quelle que soit la nature du projet d’enfants, si les deux sont réunis alors l’État doit protéger ce couple et ce projet dans un intérêt mutuel et bien compris.

Quoi d’autres ? Je ne m’appesantirai pas sur les évolutions fiscales, domaine très technique mais elles sont à l’évidence plus que nécessaires. Je me contenterai juste, par prudence, de suggérer une manière de faire pour éviter le travail de sape des lobbyistes. Dès le premier mois de la législature, faisons passer une loi qui annule dans leur intégralité l’ensemble des niches fiscales à la date du 30 septembre 2013 : il restera alors un peu plus d’un an pour rebâtir le système fiscal et au lieu de devoir résister à ceux qui veulent empêcher le changement, nous pourrons travailler avec eux sereinement sur des lois qui quoi qu’il arrive seront forcément nouvelles… Et oui au point 8, utilisons des mécanismes de TVA modulables pour orienter la consommation dans le sens voulu (et revoyons cette modulation chaque année pour éviter le problème de l’éco-taxe des voitures qui n’est pas budgétairement neutre).

Point 4 sur les emplois aidés. Très bien mais là aussi soyons malins. Certaines de nos administrations sont obsolètes dans leur fonctionnement autant que dans leurs objectifs de services publics. Servons-nous de ces emplois jeunes pour construire les nouveaux services administratifs de zéro, nouveaux services qui remplaceront au fur et à mesure du temps d’autres devenus sans objet.

Oui au point 10 sur une sortie raisonnée du nucléaire. A nouveau je vous renvoie à un texte de 2006 qui décrivait un mécanisme lent mais réaliste. Si l’on doit construire de nouvelles centrales nucléaires, arrêtons-en plus qu’on n’en construit.

Ravissement à nouveau lorsque je vois repris l’idée de l’encadrement de l’écart des rémunérations (j’ai bien écrit rémunération et pas salaire !). L’idée est très ancienne (certains l’attribuent à  Henri Ford) mais nous l’avons débattue il y a déjà pas mal de temps. Voilà une mesure qui n’empêche en rien de donner les rémunérations que l’on veut au sein d’une entreprise mais qui évite les dérives qui tiennent parfois plus du détournement de fond ou d’abus de bien sociaux qu’autre chose. J’affirme haut et fort que personne au sein d’une même entreprise en vaut 10000 fois plus que le salarié en CDI le moins rémunéré ! L’écart est sans doute négociable, mais quoi qu’il en soit, il doit être débattu au sein des entreprises !

Le point 12 sur les loyers ne me semble pas être la bonne approche. Oui, les loyers (parisiens surtout) sont à un niveau qui ne correspond pas aux possibilités des foyers. Mais le problème est d’abord un problème de pénurie. Il faut déployer une politique plus qu’ambitieuse de reconstruction, et coupler cette politique avec la résolution des problèmes écologiques et sociaux. Il faut créer ex-nihilo des quartiers, des villages, des petites villes, en associant à la constructions les futurs habitants et les futurs acteurs économiques pour ne pas refaire les erreurs des méga-projets de villes nouvelles. C’est là aussi l’objet d’une déjà vieille réflexion.

Point 16 sur les retraites : pour moi c’est un point foireux car on laisse croire aux Français que l’on discute d’une retraite pleine et entière, ce qui n’est pas le cas. Par ailleurs, c’est le système lui-même qui doit être repensé. Je plaide pour un âge de retraite pleine et entière fixé par rapport à l’espérance de vie en bonne santé (un peu plus de 63 ans actuellement). Si quelqu’un veut et peut partir avant, tant mieux, qu’on l’y autorise avec la décote avenante (et mettons-la à 50 ans si on le veut). Mais soyons honnêtes et clairs sur le sujet.

Le chapitre sur l’égalité réelle défendue depuis très longtemps par les sociaux-démocrates est important, mais il appartiendra au futur candidat du PS de prendre à bras le corps ce difficile chantier. Il faudra innover et dépasser le possible pour que cela dépasse les déclarations d’intentions et les approches habituelles qui n’ont pas réussi à résoudre les problèmes de déclassement sociaux.

En conclusion, je trouve que ce socle de programme est une bonne chose et que sa publication renforce l’approche du PS pour la future présidentielle et invalide la position caricaturale de la droite en pleine déconfiture organisationnelle et idéologique. Nous devons continuer sereinement sur cette voie et choisir d’ici quelques mois le candidat qui nous représentera. Le candidat pressenti pour les sociaux-démocrate reste Dominique Strauss-Kahn, mais qu’il ne précipite pas son entrée dans la campagne. Qu’il finisse son travail gigantesque au FMI, en attendant nous continuerons notre travail de militant, travail que manifestement, anonymes ou élus, nous n’avons pas trop mal mené.

Rois de l’embrouille, politique de gribouille

La récente résurgence de l’affaire Tapie / Crédit Lyonnais nous a offert un bel exemple du naufrage actuel de certains politiques .

Reprenons un peu le fil de cette histoire avant d’en venir à la bobardesque manœuvre de la semaine.

Au tout début du n-ième rebondissement de cette longue, très très longue histoire, il y a un rapport de la Cour des Comptes qui met en accusation un haut fonctionnaire de Bercy qui par ailleurs avait agi sur ordre du ministre de l’économie, Christine Lagarde, dans l’affaire qui opposait Tapie à l’État dans l’affaire du Crédit Lyonnais.
Craignant peut-être que cela ne finisse sous le tapis, les socialistes s’emparent de l’affaire et demandent que la justice s’intéresse à tous les protagonistes de cette nouvelle affaire, ce qui inclut la ministre.

Une fois encore l’UMP se retrouve dans la panade avec un début de scandale qui pourrait en rappeler d’autres encore chauds. Nous attendrons donc la suite dans l’espoir qu’effectivement l’enquête, si elle devait pouvoir démarrer, éclaircice tout cela, mais en attendant, que ne voit-on poindre à l’horizon ? Une jolie tentative d’enfumage avec comme ligne mélodique « mais l’affaire du Lyonnais, c’est la faute à la gauche » et mieux encore, n’ayons peur de rien, « c’est la faute à Strauss-Kahn » on a une lettre qui le prouve !

Calomniez, calomniez, il en restera bien quelque chose d’utile sur le tas fumant de fumier !

Du coup, bonheur non feint de certains qui osent encore se prétendre à gauche, une nouvelle opération de bobardisation peut être menée puisque l’affamateur des peuples, celui qui forcément n’est pas de gôche, l’ami de Bildeberg et des extra-terrestres ne peut qu’être coupable de ce dont l’accuse une droite aux abois.

Oui, sauf qu’une rapide vérification menée par le site dskvraifaux.fr donne une toute autre vision de l’histoire, preuve à l’appui cette fois.

Dans la fameuse lettre de 1999 brandie par l’UMP comme la flamme étincelante de leur trouillardise, Dominique Strauss-Kahn ne fait que préciser, en tant que ministre de l’Économie et des Finances, la garantie de l’État sur le passif de la banque en 1999 lors de sa cession.

Vous en doutez ? Et bien voici le facsimilé :

Vous trouverez plus de détails sur le site dskvraifaux.

Une fois encore certains sont prêts à n’importe quelle manœuvre pour se disculper ou entacher l’honneur et la probité de leurs adversaires. Pauvre République, pauvre France.

Mais pourquoi la République refuse-t-elle à ces enfants le droit d’exister ?!

Ceux qui lisent régulièrement mes écrits savent que j’ai une sensibilité particulière pour toutes les questions touchant au droit de la vie et de la mort, en encore plus particulièrement aux droits touchant aux enfants.

L’actualité du jour me donne l’occasion, plutôt triste et très irritante à vrai dire, d’y revenir.

J’ai déjà évoqué le combat de Sylvie et Dominique Mennesson pour donner à leurs jumelles une identité aux yeux de la loi de la République. Ces enfants, nées aux États-Unis d’une chaîne d’amour, de solidarité et de bonté se voient refuser le droit d’avoir une existence légale en France parce que la GPA (Gestation Pour Autrui) n’y est pas reconnue. Le couple se bat maintenant depuis plus de 10 ans pour devenir une famille « normale » aux yeux de la loi et espérait aujourd’hui voir la Cours de cassation reconnaître officiellement l’existence des deux petites filles.

En vain.

Au nom de l’Etat, la justice a refusé une fois encore à ces enfants le droit d’exister officiellement jugeant « contraire à l’ordre public, la décision étrangère qui comporte des dispositions heurtant des principes essentiels du droit français« , et ceci alors même que le ministère public était favorable à leur reconnaissance. C’est un non-sens total, un aveuglement, un acharnement, qui plus est en violation des conventions internationales sur le sujet. L’affaire devrait donc maintenant être portée auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.

Peut-être est-ce un mal pour un bien futur, mais ce jugement est rendu la même semaine où le parti socialiste publie le socle du futur programme à la présidentielle. Le thème de la famille y est abordé dans le sens de son évolution. Il me paraît important de donner une plus grande ambition encore à cette proposition, en mettant le projet d’enfant au cœur de cette réforme. Un État n’a pas d’avenir s’il ne favorise pas le projet d’enfant d’un couple quel qu’il soit, et quel que soit le moyen de son arrivée au sein de ce couple (du moment où il n’y a de préjudice pour personne).

Par ce post, j’apporte une fois encore, mon soutien à Sylvie et Dominique en leur demandant d’embrasser leurs petites filles de ma part. La loi finira forcément par reconnaître la vie et l’amour.

DSK vrai faux : l’analyse de Matthieu Aron sur France Info

Vraie manipulation, désinformation volontaire ou accidentelle, complot imaginaire, opération de déstabilisation économique ou simple canular, Le vrai et le faux décrypte les ressorts d’une rumeur. Comment naît-elle, pourquoi le public y croit-il, à qui profite-t-elle ?

Dans son billet du samedi 2 avril (13h47) de sa chronique « Le vrai du faux« , Matthieu Aron décortique le site dskvraifaux.fr.

L’UMP et la démocratie 0.0

L’UMP prend décidément l’eau de toute part et ne sachant plus comment stopper l’hémorragie, le ministère des finances en est réduit à essayer de bloquer l’information venant du site dskvraifaux (information révélée par La Tribune) !

N’ont-ils donc rien appris nos gouvernants après les révolutions Tunisiennes, Égyptiennes, la révolution Libyenne en cours, sans oublier le reste du moyen orient ? Ne savent-ils donc pas qu’à l’heure d’internet, on n’arrête plus la vérité d’un décret autoritaire ?

La vérité passera, elle triomphera du mensonge et de la censure, comme nous triompherons en 2012 de ce gouvernement Sarkozy-Fillon-Juppé-Guaino qui a tant abimé la France !

Combattons le mensonge sur internet en attendant de pouvoir le combattre dans les urnes en rejoignant le cercle des amis de DSK sur facebook.

Guaino, le cruciverbiste amateur

Ils sont sympas à l’UMP. On aurait pu pensé qu’après les réaffectation de Lefebvre et Paillé, après les bévues de Rantaplan à l’assemblée nationale, après l’évacuation sous le tapis d’Hortefeux et le retour de MAM aux réalités du canton de Saint Jean de Luze, la droite avait épuisé son stock de gaffeurs impénitents.

Et bien non ! Le ci-devant sieur Guaino, troisième premier ministre de ce gouvernement et tout frétillant d’être enfin sous les feux de la rampe a dignement pris le relais. Certes sa saillie verbale sur la croisade du preux chevalier pompadourien aurait pu en rester au niveau de la maladresse regrettable, mais quand on est à l’UMP, en matière d’ânerie, on aime persister et signer. Au lieu d’esquiver et d’admettre la maladresse, notre jihadiste de la définition littéraire nous a sorti ses dictionnaires à l’assemblée nationale pour essayer de nous convaincre par a plus b que décidément le mot croisade ne renvoyait en rien à une image impérialiste, extrémiste et religieuse, particulièrement sur les rives de la Méditerranée. Ceci dit, sans doute avons-nous mal compris son intention et peut-être ne cherchait-il ici qu’à rendre hommage au défunt maître Capello, ou peut-être s’agissait-il là d’un acte de contrition et que tel un pénitent de l’opus dei, Guaino cherchait là à serrer son cilice et se donner la discipline à l’assemblée, qui sait ?

Comme pour ma part j’ai quelques souvenirs d’histoire, je comprends combien ce terme de croisade est malvenu, combien il ne correspond en rien au sens que nous voulons donner à notre action en Libye. Et d’ailleurs, quel sens devons-nous y donner ?

Certes pas une action d’assassinat ciblée contre le camp Kadhafi. Ce type a beau être un tyran qui figurera en bonne place parmi les pires que nous ayons connu, des États de droits démocratiques doivent rendre justice par la loi, non par les pratiques que l’on reproche justement aux tyrans.

S’il y avait un brin de vision géopolitique au sein du gouvernement sarko-fillon-juppé-guaino, le projet euro-méditerranée aurait pu être cette vision, une vision de démocratie, de paix, de prospérité forgée par une histoire commune. Mais hélas, bien qu’ayant essayé de reprendre une idée qui n’était pas de lui, Sarkozy n’a même pas pu amorcer un démarrage dans ce sens. Du coup, au lieu d’une volonté commune des peuples de la Méditerranée, on va rapidement se retrouver avec une action occidentale de police internationale contre les musulmans d’Afrique du Nord, action qui risque fort de s’enliser qui plus est. En résumé, il y avait en Afrique du nord matière à un grand mouvement d’union démocratique, mais parce que nos dirigeants n’ont d’autres talents que la joute verbale plus ou moins foireuse, tout ceci risque fort de finir en une soupe indigeste. Hélas, mille fois hélas !

Dégageons-les, et commençons à le faire dès dimanche en allant voter.

DSK victime d’un lynchage médiatique en Grèce

Ce post m’a été envoyée par Catherine S. et c’est avec plaisir que je le relaie.

Selon un article d’Alexia Kefalas paru dans le Figaro du 14 mars, le ʺfilmʺ  de Canal + sur DSK aurait provoqué un tollé en Grèce et ce seraient les petites phrases lâchées par DSK « La Grèce est dans la merde » et « La fraude atteint des sommets en Grèce » qui seraient à l’origine de ce presque ʺincident diplomatiqueʺ entre la Grèce et le FMI.

Grecque par mes origines, cet article du Figaro, mais aussi l’écho de la presse française sur la prétendue bourde de DSK, m’ont vivement interpellée d’autant plus que j’étais en Grèce la semaine dernière pour raisons professionnelles et que je me souviens très bien du reportage que j’ai vu jeudi 10 mars sur Alpha News (alphatv.gr, Στρος Καν: « Η απάτη πάει σύννεφο στηνΕλλάδα » http://www.alphatv.gr. Il y était question de ce documentaire, la scène des manifestants était la même, mais après, on voyait Papandréou et DSK assis ensemble en train de discuter. Le son était coupé et le tout était reproduit en traduction simultanée accompagnée de quelques sous titres. Il faut savoir que la chaîne grecque avait passé cette information à l’ouverture du journal du soir et qu’elle n’en avait reproduit qu’un tout petit extrait.

Et voilà ce qu’a donné la version grecque du documentaire français : DSK aurait dit « La réalité est que la Grèce est dans le caca et très profondément même ! Quand une femme dit qu’elle ne peut plus acheter du pain, elle dit la vérité. Toute cette colère est légitime. Les gens dans la rue ont le sentiment d’avoir été trompés alors que ce sont eux-mêmes qui ont mijoté les ingrédients (de la crise) et qui ne payent pas d’impôts avant d’ajouter littéralement « la fraude monte jusqu’au ciel en Grèce ».

Ce qui a déchaîné l’opinion publique, ce n’est pas le documentaire de Canal + comme l’affirme la correspondante du Figaro mais l’interprétation des propos de DSK par les journalistes grecs qui ont divulgué l’information en rajoutant des choses et en grossissant les traits.

D’autre part, dans le petit extrait qu’ils ont montré, ils ont affirmé aussi que Papandréou aurait sollicité l’intervention du FMI dès fin 2009 (à peine deux mois après son élection) alors qu’à l’époque le discours officiel du Premier ministre était qu’il rejetait complètement cette éventualité. Il ne s’agissait-là que d’une consultation privée entre les deux hommes puisque la décision de demander l’intervention du FMI a eu lieu après le vote de la loi fiscale du 5 mars, autrement dit après le plan d’austérité du 14 décembre, celui du 5 janvier, celui du 5 février … . Déjà en février 2011, le journal grec « Kathimerini » avait titré « Stauss-Kahn, une bombe pour la Grèce » dans son quotidien du 20 février http://news.kathimerini.gr/4dcgi/_w_articles_politics_2_20/02/2011_433401 en annonçant que le documentaire à venir réserverait des révélations sur Nicolas Sarkozy.

De retour en France, j’ai visionné le documentaire incriminé et je dois avouer qu’il n’y a rien dans ce reportage qui m’ait choqué vraiment, si ce n’est la scène où un mannequin à l’effigie de DSK est pendu par des manifestants sur une place publique. Si l’expression « la Grèce est dans la merde » est un peu dans la limite du politiquement correct, je ne comprends pas l’acharnement des journalistes qui en ont fait une montagne.

À titre de comparaison, je vous mettrai la transcription des propos réellement tenus par DSK sur la chaîne française avant de vous présenter les commentaires grecs de ces mêmes propos. Ainsi vous pourrez juger par vous-mêmes, si oui ou non, ce n’est pas d’un lynchage médiatique dont il s’agit.

Extrait du documentaire français : ʺUn journaliste interroge les manifestants dans la rue « Que pensez-vous de DSK ? » Réponse de la première dame en grec : « Qu’il aille se noyer » avant l’intervention d’une deuxième qui dit : « Moi, je lui donne un euro pour s’acheter un petit pain grec au sésame (genre donuts salé). Voilà ce que j’ai, c’est tout l’argent qu’il me reste (en montrant quelques pièces de monnaie qu’elle tient dans sa main) ». « Oui, ils nous ont tout pris » lance une troisième, « ils ont appris qu’il y avait de l’or en Grèce et ils sont venus tout nous prendre … » et on voit une foule en colère et quelques personnes qui portent trois potences avec trois mannequins dont l’un à l’effigie de DSK. Le reportage continue : Pour les Grecs, le plan de sauvetage est surtout synonyme de trois augmentations de TVA, d’un gel des retraites, d’une diminution des salaires des fonctionnaires, d’un allongement de la durée du travail et des baisses de crédit dans l’éducation. À leurs yeux, un seul coupable : DSK. Réponse de l’intéressé : « C’est normal et inévitable qu’ils nous en veuillent, même si on n’y est pour rien. Ça, c’est le raisonnement à froid. La réalité est que ces gens sont dans la merde et ils y sont gravement. Quand la dame dit « je ne peux plus acheter mon pain », la formule est un petit peu exagérée, mais c’est quand-même vrai. Et donc la colère qui s’exprime tombe sur ces salauds du FMI qui viennent et qui leur ont tout pris. Ce n’est pas vrai, on ne leur a rien pris. C’est le contraire, on leur a apporté de l’argent. Mais cette colère est légitime, les gens dans la rue ont le sentiment qu’ils ont été blousés, trompés. Eux-mêmes, ils ont beaucoup bricolé, ils savent très bien qu’ils ne payent pas d’impôts, que c’est un sport national de ne pas payer d’impôts en Grèce parce que ça truande un maximum et d’un autre côté, si on n’était pas venu à la dernière minute, quand ils nous ont demandé de venir, ils seraient tombés au fond du gouffre, c’est-à-dire deux semaines plus tard, le Gouvernement ne payait plus les fonctionnaires, il commençait à avoir des files devant les banques pour y retirer les sous, les banques fermaient, donc l’écroulement total. C’est injuste ce qu’ils nous reprochent, mais c’est normal » avant de poursuivre en anglais « tout le monde du haut au bas de l’échelle sociale doit comprendre qu’il doit participer à l’effort et plus vous êtes riches, plus votre participation sera grande ». DSK a beau vouloir faire payer les riches, les plus remontés ne l’entendent plus depuis longtemps. (…)ʺ.

Comme on le voit, le langage de DSK est loin du langage populaire et vulgaire que lui prêtent les médias grecs qui pendant quelques jours ont passé cet extrait en boucle sur toutes les chaînes. On voit bien que ce n’est pas la bourde de DSK mais l’interprétation des propos de DSK qui a déchaîné l’opinion publique en Grèce ! C’est comme si les journalistes cherchaient un bouc émissaire et qu’ils l’avaient trouvé en la personne de DSK, car il est plus facile pour eux de taper sur un étranger que sur les politiciens du pays. Même si c’est dur à entendre, DSK a raison de dire que la fraude fiscale atteint des sommets en Grèce, c’est une réalité ! Oui les Grecs ont triché sur tous les plans (fraude, corruption, pots de vin etc.). Pour plus d’informations sur ce point, vous pouvez également lire mes deux autres posts ʺCrise grecque – Qui est responsable ?ʺ et ʺUn autre regard sur la Grèceʺ dont voici les liens : http://www.lepost.fr/article/2010/05/03/2059361_un-autre-regard-sur-la-grece-crise-grecque-qui-est-responsable_1_0_1.html

et http://www.lepost.fr/article/2010/05/03/2059354_un-autre-regard-sur-la-grece_1_0_1.html

Même le Ministre de l’économie grec, M. Papaconstantinou, l’avait dit ouvertement en admettant que l’économie souterraine était évaluée de 30 à 40 % du PIB. http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2011/02/la-dette-grecque-bientôt-restructurée.html

Depuis la sortie de ce reportage, la presse, les journaux télévisés et les émissions politiques se sont relayés pour réagir aux propos de DSK oubliant complètement le travail de journaliste qui consiste à vérifier ses sources avant de divulguer des déclarations aussi polémiques qui ne sont basées que sur des traductions. Ainsi, le documentaire de Canal +, si inoffensif en apparence, a donné libre cours à l’imagination des journalistes qui ont tous affirmé que DSK aurait eu des propos très durs sur la Grèce.

Ainsi le journal ʺKathimeriniʺ a titré dans son édition du 10 mars http://news.kathimerini.gr/4dcgi/_w_articles_politics_100073_10/03/2011_435299 que Strauss-Kahn s’était exprimée sur la Grèce en utilisant les pires des mots « La réalité est que ces gens sont dans le caca (…) même si c’est eux qui ont cuisiné un peu, ils ne payent pas d’impôts, c’est un peu un sport national, du vagabondage à l’extrême ».

Selon le journal ʺto vimaʺ

http://www.tovima.gr/opinions/article/?aid=388946&h1=true

DSK aurait dit « Les gens sont dans le caca et même très profondément. Toute cette colère est juste. Les gens dans la rue ont le sentiment d’avoir été escroqués. Et ce même si ce sont eux-mêmes qui ont mijoté cette cuisine, qui ne payent pas d’impôts. La fraude atteint des sommets. On n’avait pas besoin de la confession de Strauss-Kahn pour voir le trou noir dans lequel nous nous trouvons. Ce qui nous dérange, c’est quand certaines vérités sont dites par des étrangers et tout particulièrement par le patron du FMI qui, du moins selon l’avis de l’opposition, est responsable de tout le mal qui nous arrive ».

 

Le journal ʺta neaʺ

http://www.tanea.gr/default.asp?pid=2&ct=3&artid=4621749

a fait sa une sur DSK en titrant « Si nous n’avions pas été là, VOUS seriez tombés dans l’abysse » comme si l’intéressé avait tenu ces propos en s’adressant directement aux Grecs.

 

D’autres journaux ont cru utile d’écrire que selon DSK « Les Grecs baignaient ou nageaient dans le caca » ou encore « qu’ils étaient plongés dans le caca jusqu’au cou » en expliquant que DSK aurait parlé d’eux de la pire des manières imaginables, traitant tous les Grecs de voleurs, de fraudeurs, d’escrocs et de tout ce qu’on veut.

 

Comme vous le voyez, l’acharnement des journalistes est incroyable et ils vont jusqu’à lui prêter des mots qu’il n’a jamais prononcés.

 

Qu’en pensent les Grecs que j’ai rencontrés sur place de tout cela ?

 

Et bien, il y a ceux qui ont très bien compris que l’Europe les a sauvés et qui reconnaissent volontiers qu’il y a plus de choses qui ont changé en six mois dans ce pays que pendant dix ans sous les gouvernements précédents tout en affirmant que la vie est devenue très dure pour eux. Après, il y a les mécontents qui tapent à fond sur Papandréou, surtout les fonctionnaires et les indépendants qui voient leur activité asphyxiée depuis qu’ils ne peuvent plus tricher comme avant et puis, il y a ceux qui pensent sincèrement que la Grèce s’en serait mieux sortie s’il elle était sortie de l’euro en disant que tout allait bien avant et que tous leurs problèmes sont venus avec l’euro.

 

Après, il faut dire aussi qu’ils ont l’impression que l’effort demandé n’a pas été réparti équitablement. Selon eux, les salariés et les retraités seraient les plus pénalisés. Mais ce qui fait râler les Grecs, c’est surtout le fait que ceux qu’ils croient responsables de leur situation n’ont pas été traduits devant la justice. Ils ont le sentiment que certaines personnes se sont enrichies impunément sur leur dos alors qu’on vient leur prendre leurs dernières économies.

 

Pour les supposés propos de DSK, il faut dire qu’ils ont du mal à digérer et on peut le comprendre. Il y en a un qui m’a dit : « Et bien si nous, on est dans le caca, on n’a qu’à le payer avec notre caca, comme ça, il sera aussi dans le caca et l’Europe avec ». On a beau leur expliquer, ils ont tellement été bombardés avec cette information qu’ils ne vous croient plus quand vous leur dites que DSK n’a pas dit ces choses-là.

Pour ce qui est du prochain déplacement du patron du FMI dans ce pays, je pense qu’il est un peu prématuré et qu’il ferait mieux d’attendre que les choses se soient clarifiées. J’estime qu’il est en droit d’exiger une rectification, voire des excuses publiques de la part des médias grecs qui se sont tellement acharnés sur lui. Quelles que soient nos convictions politiques, quoi que l’on pense de DSK par ailleurs, j’estime que Dominique Strauss-Kahn n’a pas mérité un tel traitement de la part des Grecs.

http://www.lepost.fr/article/2011/03/18/2439234_dsk-victime-d-un-lynchage-mediatique-en-grece.html?doFbPublish=2439234

DSK : Combattre la rumeur, faire triompher la vérité

Le site http://www.dskvraifaux.fr/destiné à mettre les points sur les i et faire taire toutes les rumeurs et les calomnies sur Dominique Strauss-Kahn vient d’ouvrir.

A consommer et faire consommer sans modération.

 

Stupeur et tremblements

Quelle terrible début d’année !

Après la révolte des peuples du bassin méditerranéen, la semaine passée a été celle d’un début de renversement contre-révolutionnaire en Libye et surtout, le Japon a connu une série de catastrophes qui laissera longtemps des traces profondes. Voilà qui mérite qu’on s’y arrête pour en tirer un certain nombre de premiers enseignements.

Le Japon d’abord. Plus que nul autre peut-être, le Japon c’est le pays qui se voulait celui du triomphe de la technologie. Même si chacun au fond de lui le sait, dure leçon que celle qui nous rappelle que l’homme est loin, très loin, d’avoir les moyens de résister aux fureurs de la planète. Le pays qui est sans doute le mieux préparé aux tremblements de terre et aux tsunamis n’a pas pu empêcher grand chose cette fois-ci : deux catastrophes naturelles qui s’enchaînent c’est une de trop, et les catastrophes industrielles qui en découlent ne font qu’achever le triste constat.

Les images qui passent en boucle doivent maintenant nous renvoyer à notre propre cas. Même si nous ne sommes pas sur des failles sismiques aussi actives que celles du Japon, la France (métropolitaine ou pas), a elle aussi ses points chauds, est elle-aussi sous la menace d’un tremblement de terre suivi d’un raz-de-marée. Le golfe du lion est par exemple un bon candidat. Par ailleurs, Xynthia nous a montré, à toute petite échelle à côté du Japon, ce que pouvait donner chez nous un raz-de-marée.
Or il me semble évident que notre urbanisme côtier en particulier, est très en dessous d’un niveau de sécurité ne serait-ce que raisonnable vis-à-vis de tels phénomènes, et qu’il est même très probablement condamné face à la montée prévue des niveaux de l’océan suite au réchauffement climatique. J’avais écrit il y a quelques années un texte sur les éléments qui rendaient nécessaire le lancement d’un nouveau programme d’urbanisme, je crois que ce texte trouve une de ses justifications ici.
Après la catastrophe naturelle, sont venues les catastrophes industrielles. D’abord il me semble que l’on se focalise un peu vite sur le nucléaire en oubliant le reste. Les incendies des raffineries et dépôts de carburants auront-ils si peu de conséquences ? Aucune usine chimique n’aurait-elle été détruite ou cela aurait-il été sans conséquence également ? Probablement non, mais il est vrai que notre prisme de lecture est un peu déformé lorsqu’il s’agit de nucléaire. Le débat mérite cependant bien d’être mené et les écologistes s’en sont naturellement emparés rapidement.
La question posée est de savoir s’il faut supprimer ou pas toute production d’électricité nucléaire. Les plus radicaux des écologistes nous répondent oui, avec les images des explosions des centrales nucléaires japonaises à l’appui. Pour ma part, je poserai la question un peu différemment : quelles mesures peut-on mettre en œuvre pour diminuer régulièrement et fortement le risque lié à la production d’énergie (nucléaire ou pas) ?
Les écologistes sont allergiques au nucléaire et en font une question première. Pour ma part, je n’en suis pas fan, mais la question première est la production sécurisée d’énergie. Aujourd’hui, si vous décidez du jour au lendemain de supprimer la production nucléaire (ce qui est possible), il faut que chacun soit prêt à diminuer sa consommation électrique des 3 quarts (concrètement, sur 24h vous coupez votre électricité pendant 18h et vous diminuez drastiquement votre consommation pendant le temps restant). Sans oublier que ce que consomme les ménages est finalement assez faible en regard des besoins industriels. Ne demandez donc pas qui l’acceptera, demandez-vous si vous le ferez et si oui, commencez maintenant.
Faut-il alors considérer (comme au Japon) que nous n’avons raisonnablement pas d’autre choix ? Il se trouve qu’au sein du mouvement social-démocrate, nous avons pas mal réfléchi sur le sujet, et pour ma part, j’avais écrit en coopération avec quelques camarades un texte sur le sujet il y a quelques années. Sur cette question, l’idée de sortir du nucléaire ne nous était pas apparue comme hérétique, mais nous avions tracé un chemin qui était certes long mais raisonnable. L’idée était de dire qu’il fallait diminuer régulièrement le nombre de réacteurs, mais qu’il était possible d’en construire de nouveaux, plus puissants et sûrs remplaçant les anciens. Si on construit 2 réacteurs de nouvelle génération pour remplacer 3 réacteurs d’ancienne génération, on comprend bien qu’à terme, il ne restera que très peu, voire plus de production nucléaire mais que l’objectif premier (produire de l’électricité bon marché pour tous) est conservé.
Couplée à l’idée d’un nouvel urbanisme capable de produire sa propre énergie (entre autre), nous aurions là deux nouveaux outils de grande qualité. Voici donc un sujet tout à fait d’actualité, sujet auquel les sociaux-démocrates ont réfléchi et sont à même d’apporter des propositions intéressantes. Nous avons bel et bien des choses à proposer aux Français pour 2012 !

Deuxième sujet, la Libye. Je serai plus bref. Autant j’approuve la position de Nicolas Sarkozy lorsqu’il met en avant la défense de la révolution Libyenne (pour une fois que je suis d’accord avec lui !), autant je trouve que cela a mal été mené et pour l’heure contre-productif voire préjudiciable. Oui à la défense de la liberté contre l’oppression, oui à l’idée d’aider ce peuple, oui à l’étendard des valeurs universelles défendues par la France, mais non à cette manière irréfléchie qui court-circuite manifestement et la diplomatie française et nos alliés, qui fait dans le déclaratif, accélère les actions militaires du régime dictatorial Libyen et lui laisse le temps de faire sa sinistre besogne. Si l’on est pas capable de montrer rapidement le nez de ses avions, si l’on n’est pas capable de prendre les risques à la hauteur de ses ambitions et de son discours, alors que l’on assume son cynisme et sa lâcheté et que l’on reste au chaud.

LePen : la seule réussite de Sarkozy et de l’UMP

Après avoir amené la France dans le trou économique, social, géopolitique et philosophique, l’UMP, Sarkozy en tête, s’apprête à écrire le chapitre final de son oeuvre de destruction : comment permettre à l’extrême droite d’achever la France ?
Le dernier sondage LH2/Le Parisien donne Marine LePen en tête du premier tour contre Nicolas Sarkozy et Martine Aubry. Cela appelle quand même quelques analyses et objections.

L’analyse à droite, c’est que Sarkozy ayant depuis des années fait le lit de l’extrême droite avec des thèses sécuritaires aussi fantasmées que vouées à l’échec, l’échec étant avéré il ne reste plus au FN qu’à occuper le lit amoureusement préparé. Alors oui, il est logique d’envisager une éviction de la droite UMP dès le 1er tour, en avril 2012, cela ne tient qu’à un fil !

L’analyse à gauche, c’est que même si nous avons progressé, nous l’avons surtout fait sur notre fonctionnement et pas sur notre idéologie, sur nos idées, sur notre futur programme. Pire que cela, un noyau s’accroche coûte que coûte au marxiste (sans pour autant en afficher clairement la couleur) et flingue à tout va tout ceux qui font la promotion à la fois d’une gauche sociale et d’un marché certes libre, mais surtout régulé dès que des limites sont franchies. Le libéralisme échevelé, comme le marxisme, ont échoué : qu’on nous laisse défendre, mettre en place et développer la seule idéologie socio-économique qui tienne encore la route, même si nous savons qu’il faut en réformer les bases historiques !
Il est tout à fait pitoyable de subir continuellement des attaques de son camp alors que la droite est dans une situation d’échec absolu et est sur le point d’être supplantée par l’extrême droite. C’est gonflant autant que stupide, et cela pourra bien finir par être criminel !

Ce fichu sondage a omis (et ce n’est pas un hasard) de tester l’hypothèse DSK au 1er tour. J’ai peu de doute sur le fait que dans ce cas, LePen ne serait pas arrivée en tête. Or cette candidature est justement la candidature d’une gauche qui se veut réaliste et efficace du point de vue social autant qu’économique. Cette voie n’a que très partiellement été prise lors du mandat de Lionel Jospin, pourtant le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a été profitable à tous, j’ai bien écrit tous, pas les gens X contre les gens Y, mais tous les Français.

Il faut être aveugle ou suicidaire pour continuer à combattre l’espoir porté par les sociaux-démocrates lorsque l’on se dit d’une gauche de gouvernement.

Je dis à ceux à droite qui continuent à jouer le petit jeu de la peur, comme à ceux à gauche qui continuent à jouer celui du suicide, vous avez le droit de tout faire pour favoriser le FN, mais dans ce cas, ayez au moins le courage de prendre une carte au FN, vous serez en harmonie avec vous-même à défaut d’être en paix.

Pour ma part, je continuerai à me battre pour défendre la voix de la social-démocratie, pour construire un avenir avec de nouveaux outils, avec de l’enthousiasme, avec de la force, de la conviction, et surtout, surtout, de l’honnêteté et de la lisibilité dans mes intentions.

Arrêtez de tortiller du popotin et de biaiser : que chacun assume son combat et arrête de calculer.