Toulouse : Le droit de poser les questions

Il semblerait  qu’il soit interdit de poser des questions ou de s’exprimer sur la triste affaire Merah. Et bien tant pis, au risque de m’attirer les foudres de la cellule « riposte » de l’UMP, de ses officines et de son président border line, bien qu’instruit par la vindicte lancée à l’encontre de Jean-Jacques Urvoas hier,  je ne vais pas me limiter à un tweet mais je veux poser des questions, non en qualité de militant mais bien de citoyen qui s’interroge sur le fonctionnement de la police, des renseignements et de l’État Français.

Ces questions ne remettent pas en cause les fonctionnaires de la DCRI ou du RAID dont l’engagement et le courage a été démontré une fois encore dans cette affaire.

La DCRI

Le gouvernement Sarkozy a restructuré les renseignements français. Cette restructuration a-t-elle atteint ses objectifs, à savoir au minimum assurer aux Français d’avoir de meilleurs renseignements pour une meilleure sécurité ?

Il apparaît que la DCRI a eu, avant les tueries et durant la période de cette série d’assassinats, en sa possession beaucoup d’éléments qui pouvaient lui permettre au minimum d’appliquer une surveillance particulière à une personne dont les condamnations multiples montraient sa dangerosité, dont le discours, ses fréquentations,  ses voyages et les diverses plaintes contre lui montraient sa détermination. Pourquoi tous ces éléments n’ont-ils pas pu être assemblés à temps ? Est-ce un problème de moyens techniques ? Est-ce une conséquence de la baisse des effectives liée à la politique de non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux ? Autre chose ?

Le RAID

Le RAID comme le GIGN ont toujours prouvé aux Français qu’ils étaient des policiers et des gendarmes d’élites dont les missions ont été à de multiples reprises des succès. Or à Toulouse, la mort de Merah, les policiers blessés et le risque encouru par les habitants à cause d’une évacuation tardive conduisent à constater que c’est un échec. Les explications données par le responsable de l’opération laissent penser que Merah a été sous-estimé et que les choix tactiques n’ont pas été les bons. Je ne suis pas en mesure d’en juger précisément, mais qu’est-ce qui n’a pas marché ? Pourquoi l’arrestation n’a-t-elle pas pu être faite au premier assaut ? Quels moyens ont réellement été engagés ?

Le ministre de l’intérieur

Eva Joly a évoqué la possibilité d’une faute de procédure concernant la présence et les actions menées par Guéant à Toulouse. A-t-il oui ou non outre-passé son rôle de ministre du pouvoir exécutif et privé le pouvoir judiciaire local de ses prérogatives ? Sa présence explique-t-elle en partie les dysfonctionnements de l’opération ? Sa politique du chiffre explique-t-elle que la police nationale n’a pas pu se concentrer sur ses actions de fond en matière de sécurité au profit d’actions permettant plus facilement de remplir les « quotas ». Ses multiples prises de position de stigmatisation communautaire (les roms, la viande halal pour les derniers en date) ont-elles contribué à renforcer le climat général qui a conforté Merah dans sa dérive vers la folie meurtrière ?

Conclusion

Si nous n’étions pas en campagne, ces questions seraient normales et chacun chercherait ensuite à en tirer les leçons pour améliorer le fonctionnement des renseignements, de la police et de l’État. Ne laissons donc pas des gens comme Copé essayer de faire diversion. A gauche, au centre, comme à droite avec Alain Juppé qui se montre comme un homme d’État responsable, nous demandons à comprendre où sont les failles actuelles des services assurant la sécurité des Français.

Toulouse : après l’émotion l’analyse politique

Une des conséquences de la série de meurtres à laquelle nous venons d’assister, est de remettre les choses en perspective, le combat politique en particulier.

Il y a une semaine, le débat sur l’avenir de la France se résumait dans les médias à savoir si Sarkozy dépasserait Hollande dans les sondages. Or ces tragiques événements nous ramènent à d’autres réalités, à d’autres choix.

La laïcité a perdu une bataille

Je suis d’abord frappé de voir combien le communautarisme est triomphant dans cette actualité. Les médias n’ont pas relaté une série d’assassinats odieux contre des citoyens, non, dans leur grande majorité ils ont relatés des assassinats contre des juifs, des militaires, musulmans, des antillais. Étrange amalgame en vérité que celui-ci. « Antillais » serait-il une nouvelle religion ? « Militaire » serait-il un sacerdoce ?

Même dans leur volonté de bien faire et d’apaiser, beaucoup de ceux qui sont intervenus n’ont fait que renforcer l’esprit communautaire en appelant à la fraternité entre les communautés ! C’est tout de même extraordinaire : en quoi les convictions spirituelles ont-elles à intervenir dans la compassion que l’on ressent pour la famille d’une fillette assassinée !

La seule fraternité qui vaille est celle de la République dans son ensemble, sans aucune distinction directe ou indirecte, positive ou discriminatoire ! Il n’existe dans notre pays qu’une seule communauté : la France !

Alors oui il faut redonner à la laïcité sa place, dans la constitution, dans les esprits, dans les faits. Et le travail est immense !

La politique étrangère de la France

Le parcours du ou des tueurs présumés leur est à la fois personnel et très lié à nos choix en matière de politique étrangère. Que ce soit de leur part un prétexte à leur folie ou un vrai raisonnement, ces actes s’appuient sur notre présence en Afghanistan et sur la position française dans le conflit israelo-palestinien. J’ai à de multiples reprises, hélas, rencontré ce genre de positions sur internet, positions tout à la fois défendues par l’extrême droite et par l’extrême gauche. Que le courage politique manque face à ces extrêmes aussi détestables l’un que l’autre !

La politique étrangère de la France doit être fondée sur les valeurs universelles que nous prétendons porter, sur l’intérêt de la France et des Français, de l’Europe et de nos alliés. Il arrive parfois que nous ayons à défendre une politique qui nous coûte douloureusement, mais tel est le prix que nous devons assumer. Par contre, en ce qui concerne l’Afghanistan, plus rien ne justifie notre présence là-bas depuis longtemps et il y a des mois que notre retrait aurait dû être engagé. Nous sommes fautifs, en dehors de cette actualité, de ne pas l’avoir fait.

En ce qui concerne le conflit israelo-palestinien (qui soit dit en passant risque fort de repartir lorsque la Syrie sera tombée si on n’avance pas sur le sujet), la France a eu tord de louvoyer. Les Palestiniens, comme les Israéliens ont droit à un pays libre, indépendant et sûr. Aucune autre position n’est moralement défendable. Aucune autre position n’amènera à la paix. Ce problème concerne tout le bassin méditerranéen, il nous concerne.

La sécurité en France

Sentiment partagé sur le sujet. On ne peut que regretter que la police n’ait pas réussi à arrêter cette tuerie à temps, mais on ne peut pas dire qu’elle ait été inefficace, loin de là. Notre police vaut mieux que son ministre de l’intérieur qui il y a peu encore s’occupait plus de créer une polémique sur la viande halal que de régler les problèmes. Trop d’armes circulent en France, en particulier d’armes de guerre, et elles ne servent pas qu’à assassiner des voyous dans les bas quartiers de Marseille. On voit aussi que les statistiques dont on nous rebat régulièrement les oreilles ne disent rien du danger ou du niveau de sécurité réel. La politique du chiffre, en matière de sécurité comme ailleurs, est totalement inappropriée. C’est une politique de gribouille qui permet de maquiller la réalité, une politique de petit chef incompétent.

Conclusion

Puisse un bien sortir d’un mal absolu. Laîcité, politique étrangère, sécurité et naturellement économie, voilà de quoi remplir la deuxième phase de la campagne présidentielle. Que chacun s’avance avec son bilan, ses idées, son programme et que tous soient jugés là-dessus à l’heure du vote.

Elections législatives 2012 : un candidat divers gauche pour Brest Rural

Nous avons relayé plusieurs fois sur ce blog le malaise que provoquait auprès des militants et sympathisants, l’absence d’un candidat socialiste, radical de gauche ou proche de ces deux partis qui avaient participé aux primaires à l’automne dernier.

La politique comme la nature ayant horreur du vide, Jean-Luc Bleunven maire de Plabennec s’est donc déclaré cette semaine.

Nulle doute que nous reviendrons sur le parcours de ce candidat.


Victoire de Jean Luc Bleunven et de sa liste… par VivrePlabennec

Douleur

Les enfants de la République n’ont pas de couleur, pas d’ethnie, pas d’origine, pas de communauté, leur âme n’appartient à personne.

Ils sont les enfants au sein d’une famille, ils sont les enfants dans les bras protecteurs de la République.

Les larmes de ceux qui les pleurent ce soir appellent en nous-même celles que nous aurions versées pour nos propres enfants si le hasard et la folie avaient par malheur frappé à notre porte.

L’avenir dira sans doute quel est le chemin qui a mené un homme à perdre son humanité en versant gratuitement le sang, mais je doute que son histoire soit autre chose qu’une suite d’échecs et de renoncements, et je ne crois pas que nous y trouvions un quelconque motif de soulagement ou d’apaisement.

Cet homme a tué. Nous sommes fautifs de ne pas avoir pu l’en empêcher.

Fautifs pour certains d’avoir cultivé jusqu’à l’ivresse la haine de l’autre.

Fautifs pour d’autres d’avoir transformé ce discours de haine en discours politique cultivant l’exclusion, l’ostracisme, la catégorisation, la différence, en désignant tour à tour la couleur, l’ethnie, l’origine, la communauté, la religion, en un mot la différence, comme source des maux, source du mal.

Fautifs enfin pour tous de ne pas s’être assez révoltés contre cette idéologie, ce discours.

Fautifs de croire qu’il n’y a pas de conséquences, de liens entre la violence ordinaire des mots et l’impact des balles. Chaque jour des milliers de balles faites d’idées malsaines sont tirées, certaines se sont changées en plomb au petit matin.

Qu’au moins ces enfants ne soient pas morts en vain. Montrez et regardez ces petits corps sans vie ! Que nos yeux voient le résultat de notre impuissance !

Ils sont morts parce que nous avons renoncé à les défendre en ne défendant pas assez nos valeurs, notre foi en la vie, la solidarité entre les hommes, la fraternité et l’amour.

Ils sont morts parce que nous nous sommes habitués à l’inacceptable.

Je ne peux ce soir qu’écrire ces quelques mots et envoyer mes condoléances aux parents de ces enfants. C’est bien peu, bien trop peu.

Brêve de campagne en Finistère : l’histoire de « cons » de la semaine

La campagne électorale continue de battre son plein à gauche et nous préparons toujours activement la venue de Benoit Hamon mercredi prochain.

J’ai également remarqué que les militants du FN étaient de sortie pour coller les affiches de leur candidate qui a mis un point final à l’interminable drame familial rejoué à toute les élections présidentielles : la famille LePen aura-t-elle ses 500 signatures pour pouvoir se présenter ?

Et une fois encore, le « miracle » s’est produit, la fille comme son père pourra concourir. Ouf, on a eu peur pour la démocratie !

Côté UMP, cela semble également se préciser puisqu’ils se sont décidés à présenter leurs candidats à la législatives. Et j’ai peut être également trouvé pourquoi l’UMP finistérienne en général et Marguerite Lamour en particulier mettaient si peu d’entrain à entrer en campagne.

Il y a certes un bilan apocalyptique qui peut difficilement être défendu sinon avec une incroyable dose de mauvaise foi et de cynisme, mais il y a aussi une gêne certaine à représenter l’UMP et le sarkozysme lorsque l’on est Breton avec un peu de mémoire. En effet, il n’y a pas que les Basques qui aient quelques sujets de récriminations envers le naufrageur de la France, il n’y a qu’à se souvenir de ses déclaration de mai 2007 alors qu’il devait venir en terre Bretonne : « Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte! ».

Et qui l’accompagnait pour cette mémorable lecture des cartes du Corsen ? Notre députée sortante Marguerite Lamour qui depuis 10 ans vote sans broncher les lois des pirates de la République ! Il est plus que temps pour Messire Hervé de Porzmoguer de reprendre la mer et d’aller faire exploser les vaisseaux ump en mai puis en juin !

L’art de la manipulation politique numérique

Il y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de faire une étude de cas sur le sujet. Nous avons tous pu constater que depuis 1 bon mois, l’UMP dépensait des sommes assez faramineuses pour permettre à son candidat sortant d’une part de passer sous silence la montagne d’erreurs et de résultats catastrophiques de son mandat et d’autre part d’atteindre le Graal sondagier supposé lui permettre de rattraper le retard accumulé sur François Hollande et l’empêcher d’être avalé par Marine LePen.

Le dernier meeting de Villepinte a en effet coûté aux alentours de 3  millions d’euros (sur un budget maximal au premier tour de 16,8 millions d’euros, soit 20%), ce qui fait cher de la journée…

Le point de départ de notre analyse est un coup classique en matière de sondage lié à un grand meeting, à savoir le faire au bon moment. En 2007, l’ump avait commandé un sondage juste avant le meeting d’investiture de la candidate socialiste, ce qui correspondait à une période où ses intentions de vote baissaient, le meeting devant stopper cette baisse. Mais, timing futé, le résultat de sondage obtenu avant le meeting fut publié juste après, faisant croire à un mauvais impact de l’événement.

La manip se répète aujourd’hui d’une façon un peu différente puisque l’objectif visé est de présenter comme une victoire décisive le croisement des courbes d’intention de vote au 1er tour (enfin d’un seul sondage en l’occurrence). Depuis plusieurs semaines, NS et FH ont un score proche, avec un léger avantage à François Hollande (ce qui au passage n’a aucun précédent dans la Vème République pour un candidat socialiste). L’UMP s’est donc débrouillé pour mettre en avant un sondage effectué juste après le meeting de Villepinte qui fut un extraordinairement coûteux exercice de communication. Objectif sondagier atteint mais l’opération ne pourra certes pas être refaite 2 fois et le risque est grand pour la droite de voir les choses s’arrêter là, voir être infirmées par les futurs sondages, à commencer par le « rolling ifop – Ficucial – Paris Match« … d’aujourd’hui :

Visitez le QG de François Hollande Visitez le QG de Nicolas Sarkozy Visitez le QG de Marine Le Pen Visitez le QG de François Bayrou Visitez le QG de Jean-Luc Melenchon

    FH : 28.5%        NS : 28%       MLP : 16.5%      FB : 12%       J-LM : 9.5%

L’Ifop publie donc 2 sondages contradictoires le même jour alors que la Sofres annonce… une chute de 2 points de Sarkozy !

Et le numérique dans tout cela me direz-vous ? Ces derniers temps, on constate une augmentation de la présence des petites mains sur les blogs, ce qui n’est pas étonnant. Mais il y a mieux. Avez-vous entendu parler de l’institut électionscope ? En fait d’institut, on trouve surtout un site internet (mal fichu d’ailleurs) dont les archives remontent toutes au… 17/02/2012 (toutes publiées à la même date très récente, certaines pages du site remontent cependant à 2011). Ce site n’a pas de mentions légales et semble être dirigé en tout et pour tout par deux personnes qui sont par ailleurs très actives sur internet et sur les ondes, la radio d’opinion BFM Business en tête. Et que nous dit cet institut ? Que leurs dernières analyses montrent que Nicolas Sarkozy va gagner, c’est sûr, leur simulation politico-économique (?) le démontre. J’ai bien cherché la description de leur méthodologie, leurs hypothèses, leur modèle de simulation, que nenni, il faut nous contenter de quelques tableaux de chiffres, des courbes ou leur écrire ce qui est une façon de procéder un peu étrange et méthodologiquement peu scientifique. Difficile d’y voir définitivement malice, mais clairement, si on ne creuse pas la question, la reprise d’éléments ponctuels hors contexte et la répétition à haute dose de ce genre d’affirmation peut passer pour une vérité ce qui arrangerait bien les affaires très mal engagées de l’UMP…

Résumons. Pour une bonne manipulation d’opinion il faut :

  • des sous (beaucoup si on est vraiment dans les choux)
  • un gros meeting relayé largement par les médias (d’où l’intérêt d’y avoir des amis)
  • l’art du bon timing dans la publication de sondage
  • un argument d’autorité comme une étude non ou difficilement vérifiable issue d’un site internet que vous baptisez institut (augmentation de l’argument d’autorité) et qui vous permet de renforcer l’effet sondage en faisant croire que c’était écrit, inévitable, etc…
  • en utilisant massivement les médias numériques (facile, rapide et assez peu coûteux)
  • et… ne pas vous faire prendre par la patrouille !

Conclusion

Comme je le répète souvent, les sondages ne sont pas en eux-même bidonnés, mais le diable se cache généralement dans leur timing, leur construction et la capacité à imposer une interprétation. Internet est à la fois un canal de liberté, d’émancipation, d’information, mais aussi de coercition et de formatage des esprits et du jugement. Ne tenez pour vrai que ce que vous pouvez vérifier ou à défaut recouper.

Réforme de l’article 1er de la constitution

François Hollande a promis de réformer la constitution, pour faire disparaître le mot « race » et pour y inscrire la laïcité. Comme c’est un double sujet de réflexion personnelle depuis longtemps, ma contribution dominicale sera donc cette proposition de rédaction constitutionnelle :

Article 1er
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de génotype, de phénotype ou de conviction et croyance spirituelle ou philosophique. Son organisation est décentralisée.

L’identité, la loi, la biométrique et plus encore

Le parlement a adopté début mars une loi sur la nouvelle carte d’identité biométrique, loi qui incluait la création d’un fichier des éléments biométriques de chacun (taille, couleur des yeux, empreintes digitales et photographie).

Fidèle à son idéologie sécuritaire et contre l’avis de la gauche, ce fichier pourra être utilisé dans le cadre des recherches sur une affaire judiciaire en cours ce qui transforme de facto tous les citoyens disposant de la future carte d’identité en suspect potentiel liés de près ou de loin à n’importe quelle affaire.

Au-delà de cette loi, et sans hélas pouvoir aller trop loin dans la réflexion d’un débat aussi technique, que philosophique ou encore culturel, il me semble nécessaire de réfléchir sur ce qu’est l’identité (au sens de la loi) dans ce monde qui subit une mutation gigantesque.

Jusqu’ici, l’identité d’un individu comme vous et moi, était en synthèse liée à trois choses : sa personne, une mention dans un registre officiel (généralement l’acte de naissance) et un lieu physique où l’état pouvait le trouver en cas de besoin. La nouvelle loi  sur la carte d’identité biométrique avait pour but originel de résoudre le problème de l’usurpation d’identité légale (éviction d’une personne au profit d’une autre pour une identité donnée).

Oui et alors me direz-vous ? Et bien je vous dirai tout de go que cette notion d’identité est aujourd’hui totalement obsolète et que cette obsolescence découle directement de l’entrée de notre société dans l’ère de l’information numérique.

Dans le monde numérique, il faut d’abord comprendre que les propriétés de l’identité numérique et physique sont différentes.

D’abord, une personne numérique peut mourir et naître plusieurs fois (avec la charge émotionnelle afférente). La mort numérique est parfois utilisée par certaines vedettes du show biz pour défendre telle ou telle cause (ou juste à des fins marketing personnelles).

La notion d’individu numérique n’a par ailleurs pas réellement de sens, car une personne physique peut avoir plusieurs identités numériques distinctes (sans pour autant être schizophrène). Inversement, une identité numérique peut être liée à plusieurs acteurs physiques, peut-être transmise d’un acteur  physique à un autre, peut survire au-delà de la mort d’un acteur physique.

Une identité numérique a des caractères d’ubiquité, une présence qui n’est pas synchrone avec son pendant physique (vous me lisez alors je je ne suis peut-être pas connecté, certains automates numériques peuvent répondre à ma place).

Tout ceci n’est pas qu’un jeu intellectuel et il serait très hasardeux de considérer que notre définition actuelle de l’identité physique est « supérieure » à l’identité numérique. Ce que chacun laisse paraître à travers son identité numérique a autant de valeur que son identité du monde physique, sinon plus. Elle peut être totalement irréelle certes (« le prince des elfes ») mais aussi bien plus profonde et réelle que ce qui peut transparaître de nos interactions du monde physique. Le numérique transcende les distorsions de notre physique, de notre couleur de peau, de notre timbre de voix, mais aussi des étiquettes culturelles qui nous ont été collées par notre histoire et nos activités.

Enfin, la loi a tout intérêt à s’intéresser de façon précise et pertinente à cette aspect numérique, car le monde numérique a au moins un point en commun avec le monde physique, à savoir la capacité et l’envie de certains de porter préjudice aux autres. Il est nécessaire de réfléchir à ce qu’est la loi est la justice dans cet univers étrange et déstabilisant.

L’identité numérique doit être comprise, pensée, intégrée à la loi de notre société. Mais c’est un monde radicalement nouveau, un choc aussi puissant que celui qu’un aveugle pourrait avoir en acquérant la capacité de voir. Un vaste chantier pour notre futur gouvernement et surtout pour ses futurs législateurs.

Présidentielle 2012 : analyse à la mi-temps

Tous les candidats sont en lice depuis plusieurs semaines, ils ont eu le temps de dévoiler leur stratégie et leurs principales orientations et idées programmatiques.  L’élection n’est pas jouée, mais on peut déjà faire un bilan et un certain nombre de constats.

Les gagnants

Les socialistes ont incontestablement gagné une première bataille sur eux-même. Ce parti qui a failli exploser après 2007 fait aujourd’hui plaisir à voir et à être vu. La mobilisation interne est exemplaire et nos déplacements tant en meeting que sur les marchés sont accueillis très favorablement. Les Finistériens pour ne citer qu’eux, sont manifestement impatients de voter Hollande à la présidentielle, et Richard Ferrand, Chantal Guittet, Gilbert Le Bris, Patricia Adam, Marylise Lebranchu, Annick Le Loc’h et Jean-Jacques Urvoas à la législative. Il ne manque plus qu’une candidature PS en Iroise aux législatives sur la 3ème circonscription pour que le tableau soit parfait !

Autre gagnant, le Frond de Gauche qui a réussi à rassembler la gauche radicale. Il restera à Jean-Luc Mélenchon à construire quelque chose sur la durée en évitant les écueils de certaines dérives et à trouver sa place dans une politique gouvernementale de gauche.

Les perdants

En plus de ceux qui ont jeté l’éponge à gauche (Chevenement) comme à droite (Borloo, Boutin, Morin, Nihous), il y a deux grandes victimes de cette première partie de campagne : la gauche « révolutionnaire » (Arthaud, Poutou qui n’arrivent pas à remplacer Besancenot) et EELV.

L’échec de la gauche révolutionnaire montre clairement, une fois encore, que les Français n’attendent pas le grand soir qui casse tout, mais bien une politique menée par une équipe qui sait où elle va.

Le cas d’EELV est particulièrement singulier puisque les circonstances actuelles (bascule climatique, rupture énergétique, …) auraient dû les aider à capitaliser sur leurs positions. Mais les Français ne les suivent pas, et à l’évidence font même confiance aux autres partis pour mettre en place une politique environnementale cohérente en phase avec leurs attentes et les exigences de l’économie. Le PS en particulier qui a fait l’effort de sa remise en question sur le sujet apparaît plus crédible en matière de politique économique, sociale et environnementale que les écologistes.

Suite à maintes erreurs électorales, à un positionnement politique non approuvé par les Français, à des difficultés financières qui vont être aggravées par cette campagne, l’avenir de ce parti est posé et il risque fort de redevenir ce que finalement il est profondément, une fédération d’associations qui défendent des causes environnementales.

Reste le cas Sarkozy et celui de l’UMP. Quel étrange bonhomme ! Depuis le début de son mandat, il aura vraiment fait tout et n’importe quoi, et depuis ce début de campagne, dit et promis tout et n’importe quoi. Son dernier éclat en date par la voix de son « collaborateur » François Fillon est particulièrement consternant puisqu’il prétend dire à chacun et chacune ce qu’il est politiquement « bon » de mettre dans l’assiette familiale pour résoudre un non-problème d’abattage. On comprend que beaucoup dans les cabinets ministériels ont commencé à chercher un point de chute pour le début de l’été : ils ont bien analysés les sondages et compris que puisque le croisement des courbes d’intention de vote ne s’est pas effectué depuis 15 jours, un vent de sauve-qui-peut s’était levé à l’UMP. Il est d’ailleurs tout à fait incroyable que le staff UMP ait lui-même affirmé qu’il fallait que ces courbes se soient croisées dans les jours suivants la déclaration d’entrée en campagne de Sarkozy sinon c’était « foutu » !

Conclusion

Le combat ne sera terminé qu’au début de l’été, lorsque les Français auront envoyé une majorité PS à l’assemblée nationale. Or ce combat n’est pas du tout gagné actuellement. Sarkozy est mal parti, mais d’une part il n’est pas encore battu et d’autre part le niveau électoral de l’UMP est sans doute supérieur à celui de son calamiteux chef. Nous devons mener de front les deux batailles, avec comme priorité l’élection de François Hollande, mais aussi avec l’idée d’un nécessaire prolongement pour élire une majorité législative PS-PRG. La boucle initiée avec les primaires sera alors bouclée.

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