Question d’urbanisme (seconde partie)

L’équilibre entre terres agricoles, urbaines et industrielles doit être clairement un choix politique partagé.

Mais ce choix, ne peut pas se limiter à la recherche d’un équilibre entre ceux qui ont besoin du foncier. Notre époque est celle de défis extraordinairement difficiles ayant peu de précédents dans l’histoire. La bascule climatique et la rupture énergétique n’étant pas les moindre. Et bien évidemment, la façon dont nous concevons notre habitat et nos villes et villages sont un vrai pas vers des solutions.

Aujourd’hui, les normes de construction vont dans le sens de la baisse drastique des besoins énergétiques de la maison. C’est bien mais certains éléments comme la micro-production d’énergie n’ont rationnellement pas de sens à l’échelle d’une maison. Nous devons repenser nos villes et villages de façon à tendre vers l’auto-suffisance en matière d’énergie (hors besoins industriels locaux). Si une éolienne dans son jardin pose plus de problèmes qu’elle n’apporte de solution, il en est autrement dans les zones industrielles. Si un particulier paiera son équipement au prix fort, il en sera autrement si une communauté de communes se regroupe pour mettre en place un plan intercommunal d’urbanisme HQE.

Ce qui est fait pour les transports (autre source de gaspillage engendré par l’urbanisme actuel) peut aussi être fait pour l’auto-suffisance énergétique quotidienne. Nous aurions alors une production locale pour les besoins des particuliers et un recours à la production nationale pour les besoins industriels. La production énergétique locale a également une autre vertu car elle permettrait de prendre en charge la précarité énergétique des foyers les plus pauvres. Dans l’idéal, tout comme pour l’habitat, la République devrait assurer à chacun un niveau minimal d’énergie gratuite, car on ne peut espérer être un citoyen prenant sa pleine part dans la société si l’on est à la rue ou si l’on n’a pas le minimum vital énergétique. Le coût individuel de quelques kilowatts étant par ailleurs dérisoires et pouvant être assumé sans douleur par tous ceux qui consommeront plus que le minimum vital (modèle dit freemium appliqué au marché de l’énergie et aux services publics).

Enfin, dernier éléments, il faut absolument associer les citoyens à une telle évolution, et travailler en profondeur pour changer l’imaginaire collectif qui nous pousse à choisir un modèle d’urbanisme que l’on sait objectivement mauvais. Après tout, si l’image de l’habitat personnel idéal est le pavillon, l’image de la ville idéale est très différentes. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de gens à rêver de la banlieue « desperate housewife », cet alignement sans âme de villas parfaites. Joli paradoxe, on citera plutôt le petit village de Provence ou on vantera les charmes de Locronan en Bretagne. Nous avons là la source d’une solution possible. En nous appuyant sur les moyens modernes de communication et d’élaboration collective de projet, mettons en place des plateformes numériques avec des appels à projet sur le quartier rêvé à bâtir sur la colline d’en face.

Co-construisons à partir de tels projets le plan d’urbanisme qui demain répondra aux aspirations individuelles comme aux contraintes de nos pays.

Questions d’urbanisme (1ère partie)

Nos vies ont généralement deux ancrages : un ancrage humain composé des quelques personnes qui partagent notre quotidien et un « matériel » prenant la forme d’un abri tout à la fois refuge et point de départ de notre vie sociale et professionnelle. Une société ne peut pas espérer fonctionner harmonieusement si les hommes qui y vivent sont dans l’impossibilité de s’appuyer sur ces deux piliers. Or, si notre environnement humain ne doit dépendre que de la sphère privée et personnelle, il en est tout autrement de l’habitat.

La question de l’habitat n’a jamais été une question facile dans l’histoire. Habiter « chez soi » est un impératif culturel implanté dans nos esprits depuis notre plus jeune âge. Le bonheur parfait ne prend-il pas pour la plupart d’entre nous la forme d’une maison, d’un jardin avec des enfants qui rient ? Pouvoir y mettre en plus une piscine n’est-il pas l’expression même de la réussite ? Tout nous pousse à aspirer à devenir un jour propriétaire d’un ravissant pavillon. Cet élan se heurte pourtant à d’autres réalités.

Le coût tout d’abord : le foncier et la construction rendent l’image parfaite très hypothétique. Plus grave encore, même la location d’un logement a minima décent (salubre, propre et chauffé) n’est pas garanti. Ceci est profondément scandaleux dans un pays comme la France qui, même au pire des difficultés actuelles, pourrait, s’il le décidait, donner à chacun et chacune l’espace privé minimal de vie que la République lui doit. Toute politique d’urbanisme doit tendre vers cet objectif : rendre accessible, quelles que soient les difficultés personnelles, un espace de vie décent. Chacun pourra fixer le curseur de la décence où il le veut, mais l’action politique ne peut pas traiter le problème du logement comme un problème secondaire. Une personne qui ne loge pas dans un logement décent a peu de chance d’accéder pleinement à la citoyenneté.


D’autres éléments structurels s’opposent au besoin fondamental du logement. La croissance des populations et les migrations villes / banlieues / campagnes créent des besoins rapides de nouveaux terrains, besoins qui peuvent rencontrer d’autres forces comme des besoins fonciers industriels mais plus surement des besoins fonciers agricoles. L’idéal du pavillon personnel mite l’espace et consomme irrationnellement un espace souvent agricole. Les valeurs des terres agricoles, pavillonnaires ou industrielles étant tout à fait disproportionnées, aucun équilibre « de marché » ne peut fonctionner. Seuls des plans d’urbanisme réfléchis et établis à l’échelle d’un bassin géographique peuvent mener à une solution acceptable. Malgré toute leur bonne volonté, aucun maire ne pourra maintenir localement une politique équilibrée face à des forces structurelles puissantes.

L’équilibre entre terres agricoles, urbaines et industrielles doit être clairement un choix politique partagé.

La question du nucléaire

La déclaration d’Arnaud Montebourg à BFM TV me permet de revenir une fois encore sur la question nucléaire et d’exprimer un point de vue certes personnel mais que je sais assez largement partagé.

J’avais regretté pendant la présidentielle des points peu clairs, le temps du gouvernement semble nous obliger à entrer dans un processus plus ouvert et surtout plus affirmé quant à nos choix.

 Les trois nucléaires

Tout d’abord, il n’y  pas une question nucléaire, mais trois : le nucléaire militaire, le nucléaire médical et le nucléaire énergétique.

Concernant le nucléaire militaire, la position affirmée par le président Hollande est claire : nous maintiendrons notre puissance de dissuasion. Ce n’est pas que cela nous enchante, mais cela s’est objectivement montré efficace pour maintenir la paix en Europe depuis 60 ans et c’est un élément de rayonnement de notre pays.

Concernant le nucléaire médical, il est là aussi hors de question de se passer de moyens d’analyse et thérapeutiques efficaces. L’intérêt des hommes et des femmes à soigner prime sur les problèmes créés par les déchets.

Reste donc le nucléaire énergétique. Nous savons quel est le risque industriel induit par cette technologie. Nous savons que la gestion des déchets sur le très long terme est difficile et ne peut être absolument garantie. Nous savons également qu’économiquement, même si cette technologie n’est pas la pire, son intérêt est moins idyllique que ce qui a pu être longtemps vanté.

Gérer rationnellement le risque

Nous savons que l’opposition au nucléaire comporte des aspects totalement irrationnels voire pervers dans ses conclusions. On se souviendra de Fukushima pour le comprendre.

Cet accident qui illustre le pire de ce qui peut arriver à une centrale, a abouti à la fermeture de toutes les centrales nucléaires nippones et a accéléré la fin du programme nucléaire de certains pays. Des milliards ont été et vont être encore dépensés pour supprimer ce risque industriel et payer le surcoût de production. Était-ce rationnellement et objectivement la bonne solution ?

Le tsunami qui a provoqué l’accident de Fukushima a fait environ 20.000 morts, c’est une catastrophe naturelle qui peut se reproduire demain, et dont on peut en grande partie se préserver avec un urbanisme côtier plus adapté que ce qu’il n’était (les japonnais avaient pourtant fait beaucoup d’efforts).

Parallèlement, l’accident nucléaire de Fukushima a lui fait quelques victimes dont très peu ont une relation directe avec une irradiation.

Même pour un pays aussi riche que le Japon, l’argent qui sera mis dans la dénucléarisation hâtive du pays ne le sera pas dans la protection civile contre un futur tsunami. Pire que cela, nombre d’énergies alternatives au nucléaire dégradant fortement le bilan carbone, on peut supposer sans trop se tromper que la phobie nucléaire contribue à l’échec de la maîtrise de l’effet de serre, ce qui induira d’autres catastrophes, climatiques cette fois, et donc d’autres morts.

L’abandon hâtif du nucléaire retarde également la sortie de l’ère du pétrole, ce que nous payons chaque jour en prenant notre voiture ou un bus.

Alors oui il faut mieux gérer le risque nucléaire, oui on peut envisager de sortir du nucléaire, mais pas n’importe comment !

Pour une politique nucléaire claire

Il y a bien longtemps déjà, j’avais co-écrit un texte qui me semble toujours d’actualité. Aujourd’hui, on peut envisager de tracer une ligne politique simple et claire sur le sujet :

  1. la politique énergétique doit répondre aux besoins de la société, cette politique est faite de production autant que d’optimisation
  2. la politique énergétique doit assurer la pérennité de notre société et des écosystèmes dans lesquels nous nous développons
  3. la production d’énergie à partir de la fission nucléaire est une solution importante, qui permet la concentration et l’optimisation industrielle, mais qui pose de réels problèmes de sécurité
  4. la fission nucléaire n’est pas une technologie d’avenir, à la fois à cause des problèmes induits et de la consommation de ressources non renouvelables. En conséquence, réfléchir à son arrêt progressif est légitime et rationnel, mais cela doit se faire de façon optimale, en commençant par les centrales les plus problématiques et en les remplaçant soit par des centrales nucléaires plus puissantes et plus sûres, soit par des centrales à énergie à moindre impact sur les écosystèmes.
  5. la sortie de la filière à fission ne doit pas remettre en cause la recherche sur la production d’énergie par la fusion nucléaire, au contraire cette dernière étant le moyen le plus puissant pour produire de l’énergie à moyen terme. En ce sens, l’énergie nucléaire (la fusion) est une solution d’avenir.
  6. Notre politique énergétique doit tendre à fournir à notre société une énergie abondante, la moins coûteuse possible, avec une production la plus sûre possible, avec une pression sur les écosystèmes la moins forte possible.

C’est cette dernière équation que la politique gouvernementale doit à mon sens résoudre, par la concertation et l’explication des faits, par le combat contre l’irrationalité, par le courage des choix et la clarté des propos.

La question du mariage

Ce 15 août est animé d’un débat en forme de prière catholique sur la question du mariage. L’église de France s’est en effet emparée de la question, voulant réfuter par avance la mise en œuvre de l’évolution législative prévue par le nouveau gouvernement en application du programme approuvé par les Français.

Mais pourquoi cette question provoque-t-elle tant de passion, et in fine, qu’est-ce que le mariage puisque le fond du problème est bien là ?

Si vous vous amusez à poser la question autour de vous, y compris au sein de votre propre couple, vous vous apercevrez vite qu’il n’y a pas une définition universelle du mariage, mais bien des définitions personnelles.

L’église catholique définit le mariage par rapport au sacrement, l’union d’un homme et d’une femme devant dieu.  De ce point de vue, il n’y a aucun sens à vouloir une évolution. Mais cette définition est loin d’être la seule, loin d’être majoritaire.

Le fondement du mariage contemporain est plutôt celui, très romantique, du prolongement du sentiment amoureux, supposé éternel au moment où il est scellé.

La définition bourgeoise du mariage est elle basée sur l’union des patrimoines et la préservation des biens matériels. On notera au passage que le PACS est en fait la version la plus moderne du mariage bourgeois lorsqu’on y réfléchit bien.

La définition du mariage de la noblesse vise elle à préserver le nom et l’histoire familiale.

Bien d’autres définitions sont possibles, comme la volonté de transmettre ses gènes, où encore ce que j’appelle le mariage « a contrario » (l’union libre) qui est un mariage se définissant comme un anti-mariage puisque qu’on ne scelle l’union dans aucun contrat mais sous la forme d’une libre acceptation sans autres contraintes que la volonté de rester ensemble.

Enfin, et sans avoir vraiment fait le tour complet des définitions possibles, on retiendra que la question de l’enfant est très souvent un point majeur qui scelle ou découle du mariage.

Certes, mais pourquoi diable l’État se mêle-t-il d’une question qui finalement pourrait n’être qu’un élément très personnel ne concernant que les mariés ? Parce que justement, l’État a un intérêt à donner sa propre définition du mariage, dans sa propre logique. À travers le mariage, la République voit un moyen de stabiliser le comportement des individus, à les rendre plus responsables, à les impliquer plus fortement dans la vie collective et surtout, à être l’élément qui va faire émerger les futurs citoyens éduqués, responsables et impliqués.

Le mariage est donc fondamental pour la République, il est nécessaire à sa survie, la question n’est pas que d’ordre privé. La définition républicaine pourrait donc être que c’est une union entre deux personnes, s’engageant formellement sur la durée et ayant un projet d’enfant. En contrepartie, l’État aidera les mariés à travers des lois ad hoc et des avantages fiscaux. On notera que cette définition est suffisamment large pour y inclure naturellement les couples homosexuels et traite sans soucis les versions transsexuelles (l’église catholique est bien empruntée avec les couples XX/XY transsexuels qui pourtant répondent à leur définition !).

Dernière question, celle du nombre. Pourquoi ne pas admettre des mariages polygames ou polyandres ? Si on ne prend que le strict point de vue rationnel, parce que ce type d’union n’aurait de sens qu’en cas de déséquilibre démographique persistant très marqué entre hommes et femmes. C’est le seul cas, où pour des raisons de stabilité sociale, on peut admettre un mariage étendu au-delà d’un couple, ce qui se produit très rarement.

Il est donc plus que temps que nos lois sur le mariage s’accordent enfin avec la raison et les aspirations des couples quelle que soit leur nature, cette réforme allant de pair avec celles des lois sur l’adoption et la procréation. La définition du mariage du point de vue de la République peut être différent des définitions personnelles que nous avons tous, elle ne s’y oppose cependant pas. Quelle que soit la loi de la République, cela ne changera en rien la raison pour laquelle chacun de nous s’est unit (ou pas) avec quelqu’un(e), par contre cela supprimera une source de souffrance pour certains couples et harmonisera la société.

Voilà une réforme au combien humaine et nécessaire.

Le refus du malthusianisme ambiant

Je sorts quelques instant de la torpeur estivale pour quelques réflexions sur un sujet  qui me trotte dans la tête depuis un bon petit bout de temps.

Je n’aime pas trop l’atmosphère actuelle, certes parce que les temps sont particulièrement durs et que notre nouveau gouvernement n’a fait qu’entamer son travail de réforme, mais surtout parce qu’elle est animée par un profond mouvement de recul et de repli sur des valeurs passéistes (« c’était mieux avant« ) lorsqu’elles ne sont pas carrément anti-progrès.

Cela prend mille et une formes, mais le débat sur l’économie en est une bonne synthèse. Il me semble que ce débat, qu’il prenne l’angle de la « démondialisation« , de la « décroissance« , ou de la sempiternelle invasion (dont on ne sait plus très bien d’où elle vient d’ailleurs), se nourrit à la fois d’éléments très objectifs (la crise, la perte d’emploi avec les sociétés qui ferment, …), d’éléments plus ou moins philosophiques (l’insatisfaction et le mal-être de la société de consommation) et d’erreurs de compréhension.

L’une des erreurs les plus graves pourrait être lié au constat du monde fini dans lequel les sociétés humaines évoluent. Le XXième siècle a été le siècle où les hommes ont effectivement compris que leurs frontières géographiques ne pouvaient plus être poussées plus loin et qu’en plus, les moyens mis à leur disposition pouvaient parfaitement aboutir à l’épuisement complet des ressources de leurs territoires. De là nait un raccourcis malthusien : si les ressources sont finies dans un espace fini, il faut arrêter de croître, en particulier de façon économique.

Raisonnement simple mais parfaitement faux puisqu’il postule sans le dire que la croissance n’est issue que des biens physiques (matières premières, production agricole, …) alors que la croissance peut aussi se nourrir de l’énergie (dont nous n’avons pas atteint les limites), des services (la « matière première » des sociétés humaines) et de la connaissance (on pourrait ajouter à cette liste la finance, mais malgré la capacité de croissance de ce secteur, les années que nous vivons montrent combien les risques de cette industrie sont mal maîtrisés !).

Chercher à opérer un recul économique malthusien est une position qu’un parti de progrès comme le PS ne peut en aucun cas défendre. Notre combat en la matière doit être d’optimiser et d’équilibrer l’économie liée aux secteurs qui consomment les ressources physiques des écosystèmes et de réorienter l’économie pour développer l’économie de l’énergie, des services et de la connaissance.

Nous devons favoriser tout ce qui permet d’avoir de l’énergie, des services et des connaissances abondants et bon marché. Nous devons le faire avec force, conviction et enthousiasme.

Un monde malthusien est un monde de rareté et de récession, un monde qui ne peut que s’éteindre. Nous n’avons aucune raison d’entrer dans ce monde là, et au contraire, nous devons repartir à la conquête des espaces qui restent infinis et inépuisables et baser nos économies là-dessus. Nous sommes aujourd’hui à un point d’inflexion puisque les modèles marxistes & capitalistes sont arrivés à leur terme, à nous de faire les bons choix pour construire le nouveau monde.

Revenu de Base, Revenu de Citoyenneté, Allocation Citoyenne Universelle

Revenons aux idées de fond et à l’avenir de la France. Il y a longtemps déjà j’avais théorisé l’idée que l’idéologie politique devait marcher sur deux jambes :

  1. les outils (programmatiques) à mettre en œuvre pour gérer le quotidien
  2. une « utopie » permettant  de dessiner l’horizon, le cap vers lequel nous devions diriger la société.

Un film dont le lien m’a été envoyé par Laurence (merci à elle), me permet de vous soumettre un sujet de réflexion sur lequel j’avais travaillé avec plusieurs de mes camarades il y a aussi pas mal de temps (c’est le week-end ce qui nous laisse un peu plus de loisirs).

Ce sujet « utopique » a la particularité d’être un sujet discuté et défendu par un large panel de personnes d’opinions très différentes, de droite et de gauche, mais pour des raisons et selon des modalités assez différentes. Il s’agit de l’idée de ce que j’appelle personnellement l’Allocation Citoyenne Universelle, que d’autres nomment Revenu de Citoyenneté en encore dans le film ci-dessous « salaire de base ». Cela consiste (en très synthétique) à assurer à chacun et chacune un revenu minimum soumis à aucune condition particulière.

Pour ma part, le point de départ de cette idée est que pour être citoyen, il faut pouvoir l’être ce qui ne se limite pas à un critère d’âge et de nationalité. Si l’on prend une approche Maslowienne une personne qui vit dans la rue, qui n’a pas de moyens de transport ou de communication, pas d’éducation, est mal nourri ou mal soigné, n’a pas la possibilité dans les faits d’être un citoyen, c’est à dire participer vraiment à la vie de la République et travailler pour un avenir commun. La citoyenneté est un contrat entre la République et un individu, la République lui donnant les moyens nécessaires pour qu’il tienne son rôle, ces moyens pouvant être financiers (le plus facile mais pas forcément le plus efficace) ou en nature (la CMU, l’école gratuite par exemple en sont des exemples).

Il s’agit donc à la fois d’une révolution et d’un prolongement retravaillé de bien des choses qui ont été mises en place, majoritairement d’ailleurs par la gauche.

Je vous invite donc à prendre le temps de voir ce film, de comprendre certains mécanismes ou certaines objections comme ce paradoxe :

Avec le « revenu de base », 90% des gens déclarent qu’ils iraient quand même travailler, 80% pensent que les autres n’iraient plus travailler.

 

Réforme de l’article 1er de la constitution

François Hollande a promis de réformer la constitution, pour faire disparaître le mot « race » et pour y inscrire la laïcité. Comme c’est un double sujet de réflexion personnelle depuis longtemps, ma contribution dominicale sera donc cette proposition de rédaction constitutionnelle :

Article 1er
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de génotype, de phénotype ou de conviction et croyance spirituelle ou philosophique. Son organisation est décentralisée.

L’identité, la loi, la biométrique et plus encore

Le parlement a adopté début mars une loi sur la nouvelle carte d’identité biométrique, loi qui incluait la création d’un fichier des éléments biométriques de chacun (taille, couleur des yeux, empreintes digitales et photographie).

Fidèle à son idéologie sécuritaire et contre l’avis de la gauche, ce fichier pourra être utilisé dans le cadre des recherches sur une affaire judiciaire en cours ce qui transforme de facto tous les citoyens disposant de la future carte d’identité en suspect potentiel liés de près ou de loin à n’importe quelle affaire.

Au-delà de cette loi, et sans hélas pouvoir aller trop loin dans la réflexion d’un débat aussi technique, que philosophique ou encore culturel, il me semble nécessaire de réfléchir sur ce qu’est l’identité (au sens de la loi) dans ce monde qui subit une mutation gigantesque.

Jusqu’ici, l’identité d’un individu comme vous et moi, était en synthèse liée à trois choses : sa personne, une mention dans un registre officiel (généralement l’acte de naissance) et un lieu physique où l’état pouvait le trouver en cas de besoin. La nouvelle loi  sur la carte d’identité biométrique avait pour but originel de résoudre le problème de l’usurpation d’identité légale (éviction d’une personne au profit d’une autre pour une identité donnée).

Oui et alors me direz-vous ? Et bien je vous dirai tout de go que cette notion d’identité est aujourd’hui totalement obsolète et que cette obsolescence découle directement de l’entrée de notre société dans l’ère de l’information numérique.

Dans le monde numérique, il faut d’abord comprendre que les propriétés de l’identité numérique et physique sont différentes.

D’abord, une personne numérique peut mourir et naître plusieurs fois (avec la charge émotionnelle afférente). La mort numérique est parfois utilisée par certaines vedettes du show biz pour défendre telle ou telle cause (ou juste à des fins marketing personnelles).

La notion d’individu numérique n’a par ailleurs pas réellement de sens, car une personne physique peut avoir plusieurs identités numériques distinctes (sans pour autant être schizophrène). Inversement, une identité numérique peut être liée à plusieurs acteurs physiques, peut-être transmise d’un acteur  physique à un autre, peut survire au-delà de la mort d’un acteur physique.

Une identité numérique a des caractères d’ubiquité, une présence qui n’est pas synchrone avec son pendant physique (vous me lisez alors je je ne suis peut-être pas connecté, certains automates numériques peuvent répondre à ma place).

Tout ceci n’est pas qu’un jeu intellectuel et il serait très hasardeux de considérer que notre définition actuelle de l’identité physique est « supérieure » à l’identité numérique. Ce que chacun laisse paraître à travers son identité numérique a autant de valeur que son identité du monde physique, sinon plus. Elle peut être totalement irréelle certes (« le prince des elfes ») mais aussi bien plus profonde et réelle que ce qui peut transparaître de nos interactions du monde physique. Le numérique transcende les distorsions de notre physique, de notre couleur de peau, de notre timbre de voix, mais aussi des étiquettes culturelles qui nous ont été collées par notre histoire et nos activités.

Enfin, la loi a tout intérêt à s’intéresser de façon précise et pertinente à cette aspect numérique, car le monde numérique a au moins un point en commun avec le monde physique, à savoir la capacité et l’envie de certains de porter préjudice aux autres. Il est nécessaire de réfléchir à ce qu’est la loi est la justice dans cet univers étrange et déstabilisant.

L’identité numérique doit être comprise, pensée, intégrée à la loi de notre société. Mais c’est un monde radicalement nouveau, un choc aussi puissant que celui qu’un aveugle pourrait avoir en acquérant la capacité de voir. Un vaste chantier pour notre futur gouvernement et surtout pour ses futurs législateurs.

Politique énergétique en nord Finistère

Le ministère de l’industrie vient d’annoncer en présence du président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, que le site de Landivisiau était retenu pour l’implantation de la future centrale électrique à cycle combiné au gaz dont le démarrage devrait être effectif en 2016. Cette annonce s’inscrit dans le pacte énergétique breton destiné à sécuriser l’approvisionnement en électricité et connu sous le nom Triskell Breton.

Un plan nécessaire et porté par les socialistes bretons

La région Bretagne ne produit qu’un peu plus de 8% de l’électricité qu’elle consomme, et l’on sait que la demande va être croissante dans le futur. Les habitants comme les entreprises demandent plus d’énergie, il faut donc répondre à cette demande par plusieurs moyens.

Produire pour sécuriser

D’abord à court-moyen terme, en augmentant les capacités de production par des moyens qui allient puissance et souplesse. Les centrales au gaz ne sont pas idéales du point de vue rejet de CO2, mais à court terme, elles répondent à l’exigence de notre société et de ses citoyens. C’est pourquoi les élus PS nord finistériens soutiennent le Triskell Breton alors que d’autres partis ou comités le combattent. Il serait bon d’ailleurs que la candidate EELV à la législative dans la troisième circonscription du Finistère (Brest-rural) clarifie sa position sur le sujet et donne sa position aux citoyens d’Iroise.

Produire avec un impact minimal sur les écosystèmes

Mais le programme de production ne se limite pas à cette décision. Le pacte énergétique donne pour objectif principal à terme, la production énergétique à partir de sources renouvelables, solaire, éolien et bien sûr hydrolien dont Brest pourrait devenir un des pôles majeurs pour peu que nos futurs députés puissent s’emparer de façon concertée du dossier pour parler d’une seule voix et défendre un projet stratégique pour le nord Finistère. Une énergie abondante et peu chère est un élément fondamental de compétitivité et de création de richesse.

On notera au passage l’échec de la politique UMP sur le sujet : concernant EDF, on a depuis quelques années longuement entendu parlé de la nomination rocambolesque de M. Proglio, de sa bataille avec la patronne d’Aréva, de l’augmentation des tarifs de l’électricité, des centrales nucléaires à l’arrêt ou mal protégées ou encore des actions EDF en chute libre. Par contre les annonces sur les succès de la compagnie nationale et de l’amélioration du service public de l’énergie ont été plus que rares pour ne pas dire absentes !

Économiser

Le triskell est basé sur trois piliers, sécuriser, produire renouvelable mais aussi économiser. Loin des polémiques autour d’une vision malthusienne du problème énergétique, d’une contestation systématique quelle que soit la proposition (contre le nucléaire, contre le gaz, contre l’éolien, contre l’hydrolien, …) qui reporte hypocritement la responsabilité de produire chez le voisin (le plus lointain possible ce qui est une aberration puisque plus le centre de production est loin et plus on gaspille de l’énergie pour le transport !). Les choix de la région Bretagne en général et des socialistes Bretons en particulier sont faits dans l’intérêt des citoyens, en prenant en compte toutes les contraintes pour aboutir au meilleur compromis possible, compromis qui ouvre les perspectives d’avenir tout en assumant ses responsabilités.

Avec le cas Breton, c’est toute la future politique énergétique du futur gouvernement socialiste qui est concrètement illustrée ici, une politique équilibrée et efficace qui renvoie dos à dos ceux qui soutiennent l’imprévoyance de la politique énergétique UMP et ceux qui soutiennent un replis sur soi égoïste et malthusien.

Il ne manque donc plus pour généraliser ce progrès, que d’élire un président qui défend cette orientation, et des députés qui la soutiennent et voteront les lois nécessaires.